{"id":1593,"date":"2020-09-05T23:13:49","date_gmt":"2020-09-05T21:13:49","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1593"},"modified":"2020-09-15T07:50:16","modified_gmt":"2020-09-15T05:50:16","slug":"les-prenoms-ont-ete-changes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1593","title":{"rendered":"LES PR\u00c9NOMS ONT \u00c9T\u00c9 CHANG\u00c9S"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Suite de nouvelles sur \u00ab\u00a0le passage de quelques personnes \u00e0 travers une courte unit\u00e9 de temps\u00a0\u00bb (Guy Debord).<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"338\" height=\"450\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ILLUSTRATION18.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1601\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ILLUSTRATION18.jpg 338w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ILLUSTRATION18-225x300.jpg 225w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ILLUSTRATION18-23x30.jpg 23w\" sizes=\"(max-width: 338px) 100vw, 338px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong><em>Fabrice<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sa disparition \u00e9tait d&rsquo;autant moins explicable que nous avions tous deux pris le parti d&rsquo;en rire. J&rsquo;avais r\u00e9ussi \u00e0 lui faire adopter, et reprendre, le vocable sous lequel je d\u00e9signais l&rsquo;entreprise&nbsp;: la Cosmod\u00e9moniaque, en souvenir de lectures de Henry Miller qui avait ainsi baptis\u00e9 ATT, l&rsquo;op\u00e9rateur national am\u00e9ricain pas encore d\u00e9mantel\u00e9 pour lequel il avait d\u00fb travailler \u00e0 un moment de sa vie. Cosmo pour plan\u00e9taire, un service public en r\u00e9seau devenu une multinationale qui rayonnait sur tous les continents. D\u00e9moniaque pour cette atmosph\u00e8re incommodante de secte qui y r\u00e9gnait. Combien de fois avions-nous assist\u00e9, rieurs, Fabrice et moi, \u00e0 ces r\u00e9unions de hauts cadres qui prenaient des mines de comploteurs pour \u00e9voquer la marche des affaires&nbsp;? Combien de fois n&rsquo;avions-nous pas ri sous cape en fixant les transparents qu&rsquo;ils se relayaient pour nous convertir \u00e0 leurs th\u00e8ses, lesquelles pouvaient se r\u00e9sumer en quelques phrases lapidaires&nbsp;: trop de personnel, trop de protections, trop de s\u00e9curit\u00e9s, trop de culture du service public&nbsp;; pas assez d&rsquo;ambitions, pas assez d&rsquo;esprit concurrentiel, pas assez d&rsquo;efforts. Souvent, nous \u00e9coutions ces discours martiaux en nous regardant l&rsquo;un l&rsquo;autre, avec un sourire complice qui s&rsquo;effa\u00e7ait vite \u00e0 mesure que les incantations \u00e0 nous lib\u00e9rer des carcans administratifs et les odes aux march\u00e9s se faisaient plus agressives.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;avais rencontr\u00e9 Fabrice le premier jour de mon admission dans ce service qui s&rsquo;\u00e9tait sp\u00e9cialis\u00e9 dans le traitement des r\u00e9clamations nationales, avec un volet haut de gamme, dit encore VIP qui \u00e9tait presque enti\u00e8rement assum\u00e9 par lui. Les responsables avaient d\u00e9tect\u00e9 chez lui une \u00ab&nbsp;belle plume&nbsp;\u00bb qui pouvait se plier aux exigences de contrition de grands bourgeois et d&rsquo;institutionnels (hommes politiques, hauts fonctionnaires, pr\u00e9sidents d&rsquo;associations de consommateurs, chefs d&rsquo;entreprises et \u00e9lus locaux) qui interpellaient le directeur ou ses d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s et d\u00e9l\u00e9guaient \u00e0 Fabrice le soin de r\u00e9pondre, lui faisant remettre cent fois l&nbsp;&lsquo;ouvrage sur le m\u00e9tier avant que de daigner apposer leur paraphe. C&rsquo;\u00e9tait un travail ingrat et stressant, juste r\u00e9compens\u00e9 par la signature finale qui valait congratulations et gratitude.<\/p>\n\n\n\n<p>Fabrice avait jou\u00e9 le r\u00f4le du client myst\u00e8re, le jour de mon arriv\u00e9e, et les chefs avaient \u00e9t\u00e9 pr\u00e9venus contre ce syndicaliste irresponsable qui crachait dans la soupe et niait contre toute \u00e9vidence la n\u00e9cessit\u00e9 pour l&rsquo;entreprise de \u00ab&nbsp;changer de logiciel&nbsp;\u00bb (ils aimaient l&rsquo;expression qui revenait souvent dans leurs discours), de s&rsquo;adapter \u00e0 un univers o\u00f9 la concurrence faisait rage et o\u00f9 la guerre \u00e9conomique ne pouvait s&rsquo;encombrer de d\u00e9serteurs. Fabrice avait donc jou\u00e9 le r\u00f4le du client m\u00e9content, avec une voix aux accents outr\u00e9s de grand bourgeois exc\u00e9d\u00e9, et j&rsquo;avais tenu le choc, prenant \u00e0 mon tour le contre-emploi de l&#8217;employ\u00e9 docile et pr\u00eat \u00e0 tout pour r\u00e9parer. Le tout avait donn\u00e9 lieu \u00e0 un sketch du plus haut comique que nous avions interpr\u00e9t\u00e9 sous l\u2019\u0153il goguenard du chef de service, couv\u00e9 par le regard amus\u00e9 de la directrice. Ce rituel, auquel j&rsquo;aurais pu me soustraire en remettant en question ce genre de test qui ne faisait pas partie r\u00e9glementairement des conditions d&#8217;embauche (mais \u00e7a aurait fait t\u00e2che et trahi un manque \u00e9vident de motivation) s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9roul\u00e9 sans trop de formalisme et, apr\u00e8s m&rsquo;avoir prodigu\u00e9 quelques conseils et m&rsquo;avoir fait \u00e9crire une lettre \u00e0 un client fictif mais n\u00e9anmoins m\u00e9content \u2013 d\u00e9cid\u00e9ment ils l&rsquo;\u00e9taient tous \u2013 j&rsquo;\u00e9tais enr\u00f4l\u00e9 dans ce service de prestige qui s&rsquo;enorgueillissait de fid\u00e9liser le client et de constituer une robuste interface \u2013 c&rsquo;est comme \u00e7a qu&rsquo;ils disaient \u2013 entre l&rsquo;entreprise et ses clients institutionnels.<\/p>\n\n\n\n<p>Fabrice travaillait devant moi. Son bureau, semblable au mien, \u00e9tait recouvert de dossiers verts ou roses, couleurs attribu\u00e9es aux clients professionnels ou r\u00e9sidentiels. Certains dossiers \u00e9taient particuli\u00e8rement signal\u00e9s avec des post-it et des annotations en rouge qui lui valaient des recommandations du chef de service, lequel tenait particuli\u00e8rement \u00e0 attirer son attention sur un cas sensible et \u00e0 traiter avec doigt\u00e9. Il \u00e9tait l&rsquo;homme de la situation et, loin de s&rsquo;affliger d&rsquo;une situation qu&rsquo;on tendait \u00e0 dramatiser, il chantonnait des airs ringards de B\u00e9caud ou d&rsquo;Aznavour, comme confiant en sa bonne \u00e9toile et \u00e0 la r\u00e9ussite de la mission de confiance dont on le savait digne. Sa bonne humeur un peu surjou\u00e9e contrastait avec l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 dont ne se cachaient pas ses sup\u00e9rieurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but, on se parlait peu, si ce n&rsquo;est le midi dans une salle de repos convertie en coin repas. J&rsquo;ignorais tout \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des contraintes particuli\u00e8res de son poste et j&rsquo;apprenais un m\u00e9tier qui consistait pour l&rsquo;essentiel \u00e0 enfiler les phrases ronflantes, \u00e0 battre sa coulpe et celle de l&rsquo;entreprise, \u00e0 se confondre en plates excuses et, \u00e0 la fin de l&rsquo;envoi, \u00e0 envisager un geste commercial qu&rsquo;il \u00e9tait difficile d&rsquo;obtenir. Au bout de quelques semaines, je remarquais que son z\u00e8le d&#8217;employ\u00e9 mod\u00e8le laissait place progressivement \u00e0 la d\u00e9rision et m\u00eame parfois \u00e0 une forme de cynisme. J&rsquo;y voyais non sans fiert\u00e9 un r\u00e9sultat concret de l&rsquo;influence que j&rsquo;avais sur lui et nous \u00e9tions maintenant dans des dispositions presque analogues o\u00f9 il s&rsquo;agissait de brocarder les importants qui nous mena\u00e7aient, nous intimidaient ou nous tan\u00e7aient de leur suffisance comme de m\u00e9priser les roquets qui nous aboyaient aux basques. Le tout dans un esprit frondeur et fort peu corporate, comme on disait dans les hautes sph\u00e8res qu&rsquo;il nous arrivait d&rsquo;entrevoir.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;\u00e9tais devenu ami avec Fabrice, et nous composions tous les deux des petites chansons sur des airs connus pour d\u00e9noncer nos tourmenteurs comme pour nous d\u00e9charger de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 qui faisait partie int\u00e9grante du m\u00e9tier o\u00f9 il s&rsquo;agissait pour l&rsquo;essentiel de canaliser l&rsquo;agressivit\u00e9 de clients ex usagers qui voyaient en nous les repr\u00e9sentants, coupables expiatoires, d&rsquo;une entreprise vou\u00e9e aux g\u00e9monies pour son manque de r\u00e9activit\u00e9, son incomp\u00e9tence \u00e0 tous les \u00e9chelons, sa culture technique et bureaucratique\u2026 La liste n&rsquo;\u00e9tait pas exhaustive et on pouvait d&rsquo;ailleurs s&rsquo;interroger sur le bien fond\u00e9 de ses griefs qui entraient en tout cas en phase avec les discours m\u00e9diatiques ambiants.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre hymne commun \u00e9tait une adaptation du \u00ab&nbsp;Mar\u00e9chal nous voil\u00e0&nbsp;\u00bb revisit\u00e9 en \u00ab&nbsp;lib\u00e9ral nous voil\u00e0&nbsp;\u00bb et j&rsquo;avais presque converti mon nouvel ami \u00e0 des th\u00e8ses gauchisantes auxquelles ni son milieu familial ni ses r\u00e9f\u00e9rences scolaires ou universitaires ne l&rsquo;avaient pr\u00e9par\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le connaissant mieux, j&rsquo;avais appris, venant de lui ou de coll\u00e8gues pas toujours bienveillants, des histoires qui couraient sur le compte de Fabrice. Une sombre histoire de campagne \u00e9lectorale pour un parti \u00e9colo-centriste dont il \u00e9tait le mandataire et qui n&rsquo;avait pas pass\u00e9 la barre des 5&nbsp;%. Il n&rsquo;aurait pas rembours\u00e9 les frais de campagne, pr\u00e9tendait un coll\u00e8gue qui lui \u00e9tait hostile. Je ne cherchais pas \u00e0 savoir. On disait aussi qu&rsquo;il avait failli se d\u00e9fenestrer un jour qu&rsquo;on lui apprenait la suppression de son emploi, quelques ann\u00e9es auparavant. On allait jusqu&rsquo;\u00e0 \u00e9voquer un s\u00e9jour en h\u00f4pital psychiatrique. Sur tous ces points, je n&rsquo;avais que les \u00e9claircissements d&rsquo;une coll\u00e8gue qui nous avait \u2013 Fabrice et moi \u2013 plut\u00f4t \u00e0 la bonne. Elle me dit un jour, faussement \u00e9nigmatique, que tout cela \u00e9tait exag\u00e9r\u00e9 mais qu&rsquo;il y avait un fond de v\u00e9rit\u00e9. J&rsquo;\u00e9tais renseign\u00e9. Elle me dit aussi, sur un ton presque larmoyant, que Fabrice \u00e9tait fragile, \u00ab&nbsp;psychologiquement fragile&nbsp;\u00bb, avait-elle r\u00e9p\u00e9t\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on un rien th\u00e9\u00e2trale, et qu&rsquo;il fallait en tenir compte, comme si elle souhaitait me faire comprendre que mes critiques et mes moqueries n&rsquo;\u00e9taient pas dans sa nature et que mon influence n&rsquo;\u00e9tait pas forc\u00e9ment bonne pour ce qui le concernait. Je me le tins pour dit.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne fus pas vraiment distant, mais plus prudent dans mes d\u00e9nigrements et moins expansif dans mes expressions parodiques, qu&rsquo;elles fussent chant\u00e9es ou parl\u00e9es. Loin de s&rsquo;en tenir \u00e0 ce statu quo, c&rsquo;est lui qui me poussait \u00e0 sortir de ma r\u00e9serve et \u00e0 retrouver cet esprit mutin qui \u00e9tait devenu notre marque de fabrique. De plus en plus, ses hautes fonctions se trouvaient par lui-m\u00eame d\u00e9nigr\u00e9es et, loin de porter pr\u00e9judice \u00e0 ses comp\u00e9tences, elles \u00e9taient au contraire assum\u00e9es \u00e0 un tr\u00e8s haut degr\u00e9 de professionnalisme, mais m\u00e2tin\u00e9es d&rsquo;ironie et de d\u00e9rision.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis vint la p\u00e9riode o\u00f9 l&rsquo;on apprenait presque chaque semaine une tentative de suicide ou un suicide \u00ab&nbsp;r\u00e9ussi&nbsp;\u00bb de salari\u00e9. J&rsquo;\u00e9tais de plus en plus \u00e0 mon syndicat, persuad\u00e9 qu&rsquo;il convenait d&rsquo;agir et de faire payer cher une clique de grands bourgeois sadiques qui, de hauts fonctionnaires bonasses, \u00e9taient devenus en quelques ann\u00e9es des z\u00e9lateurs d&rsquo;un march\u00e9 qui leur r\u00e9clamait des sacrifices humains. Ils avaient aussi \u00e9t\u00e9 bien dress\u00e9s, mais leur farouche volont\u00e9 de d\u00e9montrer que ce monde impitoyable ne les intimidait gu\u00e8re avait quelque chose d&rsquo;\u00e0 la fois path\u00e9tique et effroyable.<\/p>\n\n\n\n<p>Je voyais de moins en moins Fabrice, qui continuait \u00e0 r\u00e9diger ses lettres \u00e0 des messieurs qu&rsquo;on nommait grands. Je le voyais de loin en loin, lorsque j&rsquo;allais distribuer un tract ou tenir une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, mais je ne m&rsquo;adressais plus \u00e0 lui sp\u00e9cifiquement. Il n&rsquo;en prenait pas ombrage et me demandait \u00e0 chaque fois o\u00f9 on en \u00e9tait, combien de temps tout cela allait encore durer et, surtout, quand cela finirait-il. Je le rassurais en lui disant, ce qui \u00e9tait la v\u00e9rit\u00e9, que les m\u00e9dias s&rsquo;\u00e9taient empar\u00e9s du sujet, qu&rsquo;une fen\u00eatre de tir s&rsquo;\u00e9tait ouverte et que nos dirigeants \u00e9taient sous haute surveillance. Mes paroles avaient comme un effet laudateur sur lui et j&rsquo;avais l&rsquo;impression d&rsquo;apaiser ses craintes, de dissiper le malaise que je lisais en lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Je reprenais mon poste quand le soufflet m\u00e9diatique \u00e9tait retomb\u00e9 et ma complicit\u00e9 avec Fabrice n&rsquo;avait pas eu \u00e0 souffrir de mon absence, m\u00eame si nos pr\u00e9occupations n&rsquo;\u00e9taient plus totalement les m\u00eames, lui toujours soucieux de ses correspondances et moi sur le terrain syndical. Sans que nos relations soient ternies, il y avait maintenant une certaine gravit\u00e9, une pesanteur qui freinait sensiblement notre propension heureuse \u00e0 rire de tout. Certainement une pudeur par rapport aux disparus et cette injonction populaire qui veut qu&rsquo;on ne rit pas dans un cimeti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Il partait en vacances le lendemain et nous nous \u00e9tions crois\u00e9s \u00e0 la photocopieuse, lui soucieux et moi en col\u00e8re devant la r\u00e9silience d&rsquo;une hi\u00e9rarchie qui en \u00e9tait \u00e0 organiser des cercles de parole et des th\u00e9rapies de groupe. \u00ab&nbsp;\u00c7a pourrait bien \u00eatre les derni\u00e8res&nbsp;\u00bb, l&rsquo;entendis-je dire sans m\u00eame faire le lien avec des vacances familiales qu&rsquo;il avait tant attendues. Je ne m&rsquo;arr\u00eatais pas \u00e0 ses paroles, les interpr\u00e9tant apr\u00e8s coup comme une volont\u00e9 de rompre avec ses habitudes, de changer de vie et non comme le pressentiment du drame qui allait suivre.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne fus pas \u00e9tonn\u00e9 quand on m&rsquo;apprit sa disparition, apr\u00e8s d&rsquo;infructueuses recherches, au cours de vacances pass\u00e9es dans les Alpes de Haute Provence. Disparition inqui\u00e9tante, comme on dit dans la gendarmerie, devenue au fil du temps disparition tout court sans espoir de retour.<\/p>\n\n\n\n<p>La Cosmod\u00e9moniaque ne s\u00e9vissait pas qu&rsquo;aux heures de bureau, m\u00eame si nos chefs n&rsquo;avaient rien de plus press\u00e9 que de dire \u00e0 qui voulait l&rsquo;entendre que cette disparition n&rsquo;\u00e9tait en rien, absolument en rien, li\u00e9e au travail. Ils avaient tant besoin de s&rsquo;en persuader.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;\u00e9tais, moi, persuad\u00e9 du contraire, mais je pr\u00e9f\u00e9rais me taire et penser \u00e0 lui. A celui qui \u00e9tait devenu mon ami et qui, de fils de bonne famille et employ\u00e9 mod\u00e8le, avait fait quelques pas vers la subversion et la r\u00e9volte. Peut-\u00eatre pour le pire&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Suite de nouvelles sur \u00ab\u00a0le passage de quelques personnes \u00e0 travers une courte unit\u00e9 de temps\u00a0\u00bb (Guy Debord). Fabrice Sa disparition \u00e9tait d&rsquo;autant moins explicable que nous avions tous deux pris le parti d&rsquo;en rire. 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