{"id":1704,"date":"2020-11-15T18:13:58","date_gmt":"2020-11-15T17:13:58","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1704"},"modified":"2020-11-16T15:10:01","modified_gmt":"2020-11-16T14:10:01","slug":"notes-de-lecture-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1704","title":{"rendered":"NOTES DE LECTURE (3)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/illustration38.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1721\" width=\"576\" height=\"896\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/illustration38.jpg 382w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/illustration38-193x300.jpg 193w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/illustration38-19x30.jpg 19w\" sizes=\"(max-width: 576px) 100vw, 576px\" \/><figcaption>S\u00e9rotonine de Michel Houellebecq<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>C\u00e9sar A\u00cfRA \u2013 Les Fant\u00f4mes \u2013 Christian Bourgois<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est comme \u00e7a des livres qui vous tombent des mains. Comme disait C\u00e9line \u00e0 Antoine Blondin \u00e0 propos de ses premiers romans qu\u2019il soumettait r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 l\u2019ermite de Meudon en attendant anxieusement l\u2019oracle&nbsp;: \u00abau moins&nbsp;vos romans sont pas \u00e9pais, quand ils me tombent des mains, ils me font pas mal au pied&nbsp;\u00bb. Ce qui ne d\u00e9notait pas un enthousiasme d\u00e9mesur\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Les Fant\u00f4mes<\/em>, d\u2019A\u00efra, nous sont tomb\u00e9s des mains et \u00e7a n\u2019a pas fait trop de bruit, vu leur caract\u00e8re ectoplasmique. Pourtant, un ami m\u2019avait recommand\u00e9 l\u2019auteur dont le grand Roberto Bolano avait dit le plus grand bien. Et puis, il faut bien avouer que la litt\u00e9rature sud-am\u00e9ricaine regorge de tr\u00e9sors tapis derri\u00e8re les monuments que sont Borg\u00e8s, Sabato ou Bioy Casar\u00e8s, pour se limiter \u00e0 l\u2019Argentine.<\/p>\n\n\n\n<p>Car A\u00efra est argentin et, en litt\u00e9rature comme en football, c\u2019est pour moi une r\u00e9f\u00e9rence. On a ici un court roman o\u00f9 l\u2019intrigue est mince&nbsp;: les travaux en cours dans un immeuble en construction o\u00f9 une famille a d\u00e9cid\u00e9 de s\u2019\u00e9tablir et de f\u00eater la Saint-Sylvestre, m\u00eame si les finitions de leur appartement sont toujours en cours. Rien que d\u2019assez banal mais, ce qui l\u2019est moins et qui attise la curiosit\u00e9&nbsp;: des fant\u00f4mes ont investi le chantier et sortent des murs et des cloisons&nbsp;; seule la famille Vinas, les primo-occupants, pouvant les voir. Leur fille se laissera emporter par ces fant\u00f4mes, au final.<\/p>\n\n\n\n<p>Des fant\u00f4mes aux caract\u00e9ristiques physiques proches des \u00eatres humains et des \u00eatres humains souvent aussi inconsistants qu\u2019eux, qui \u00e9puisent leurs journ\u00e9es en bavardages incessants et en activit\u00e9s aussi d\u00e9risoires qu\u2019inutiles. Les quelques 150 pages n\u2019en finissent pas et on s\u2019attend \u00e0 des rebondissements, des trouvailles, des p\u00e9rip\u00e9ties. En vain.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur pr\u00e9f\u00e8re les longues digressions sur l\u2019architecture ou les diff\u00e9rences entre Chiliens et Argentins. \u00c7a doit \u00eatre de la litt\u00e9rature post-moderne genre \u00ab&nbsp;comment sortir de l\u2019impasse du roman&nbsp;?&nbsp;\u00bb, mais c\u2019est tout simplement p\u00e9nible et ennuyeux. Il existe d\u2019autres romans de lui certainement plus r\u00e9ussis, notamment <em>Varamo<\/em>, que l\u2019on m\u2019a recommand\u00e9. On lui laissera une deuxi\u00e8me chance.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Craig JOHNSON \u2013 Tous Les D\u00e9mons Sont Ici \u2013 Gallmeister Noire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Johnson est un honn\u00eate artisan du roman policier, pas de la dimension d\u2019un James Elroy, d\u2019un James Lee Burke ou d\u2019un Don Winslow, mais quelqu\u2019un qui sort r\u00e9guli\u00e8rement des livres agr\u00e9ables \u00e0 lire, dr\u00f4les et enlev\u00e9s. Le bonhomme a l\u2019air d\u2019un cow-boy jovial avec stetson et chemise western. Il a fait trente-six m\u00e9tiers (flic, charpentier, professeur d\u2019universit\u00e9, p\u00eacheur) avant de devenir un auteur \u00e0 succ\u00e8s couronn\u00e9 de nombreux prix litt\u00e9raires aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n<p>On aime lire les histoires du sh\u00e9rif Walter Longmire qui sort parfois de son comt\u00e9 (fictif) d\u2019Absaroka pour tenter l\u2019aventure. Il est flanqu\u00e9 de deux acolytes qui sont aussi ses adjoints&nbsp;: un basque du nom de Santiago Sancho Saizarbitoria et Henry Standing Bear, un indien cheyenne sorti de sa r\u00e9serve, si on ose dire. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019intrigue du roman peut se r\u00e9sumer facilement&nbsp;: le sh\u00e9rif est appel\u00e9 \u00e0 convoyer trois truands \u00e0 travers les montagnes noires et les hautes plaines du Wyoming pour les livrer au FBI. L\u2019un d\u2019eux, Raymond Shade, est un tueur schizophr\u00e8ne d\u2019origine indienne (de la tribu Crow). Il doit montrer \u00e0 Longmire o\u00f9 il a enterr\u00e9 le corps d\u2019un jeune indien qu\u2019il a occis. \u00c9videmment, le criminel qui entend des voix r\u00e9ussira \u00e0 s\u2019\u00e9chapper et le r\u00e9cit raconte sa longue traque dans les Bighorns mountains du Wyoming, ancien territoire cheyenne. Mais l\u00e0 n\u2019est pas l\u2019int\u00e9r\u00eat principal de ce r\u00e9cit captivant.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sh\u00e9rif Longmire communique avec les esprits, notamment un vieil indien crow v\u00eatu d\u2019une peau d\u2019ours dont Shade a en fait tu\u00e9 le petit-fils. Virgil White Buffalo, c\u2019est son nom, parle avec les morts et, comme ses cong\u00e9n\u00e8res, m\u00e9lange all\u00e9grement le pass\u00e9 et le futur, l\u2019ici et l\u2019au-del\u00e0, les vivants et les tr\u00e9pass\u00e9s. On pense \u00e0 <em>Dead Man<\/em>, le film de Jim Jarmush.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme un Tony Hillerman avec ses navajos, Johnson a une vraie complicit\u00e9 avec ses crows ou ses cheyennes, comprenant et s\u2019appropriant la cosmologie et les mythologies indiennes. De plus, Longmire a un exemplaire de <em>La Divine Com\u00e9die<\/em> de Dante dans sa doudoune, et des extraits du livre rythment ce qui prend des allures de descente aux enfers, aux sources du mal.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bien triomphera, comme souvent dans les romans, mais le talent de Johnson r\u00e9side dans cette capacit\u00e9 \u00e0 faire correspondre sa belle \u00e9criture \u2013 entre nouveau western et nature writing \u2013 avec les d\u00e9lires et les divagations du h\u00e9ros, lesquelles se substituent de plus en plus \u00e0 sa raison \u00e0 mesure que se d\u00e9roule le r\u00e9cit. On notera aussi beaucoup de personnages secondaires croqu\u00e9s de fa\u00e7on cocasse et, surtout, cet humour, entre la farce bon enfant et le grincement cynique, pr\u00e9sent \u00e0 chaque coin de page.<\/p>\n\n\n\n<p>Saluons Craig Johnson, chantre du Wyoming et cow-boy humaniste. Surtout un fin conteur, \u00e9toile solitaire du polar am\u00e9ricain.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Michel HOUELLEBECQ \u2013 S\u00e9rotonine \u2013 Flammarion (r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en poche collection J\u2019ai Lu).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Que penser de Michel Houellebecq&nbsp;? Faut-il d\u2019ailleurs obligatoirement en penser quelque chose&nbsp;? Pour moi, il y a deux Houellebecq, le Houellebecq des fictions (<em>Plateforme<\/em>, <em>La Possibilit\u00e9 d\u2019une \u00cele<\/em> ou <em>Soumission<\/em>) que je trouve souvent \u00e0 la limite du ridicule, et le Houellebecq des r\u00e9cits plus ou moins autobiographiques o\u00f9 il nous fait partager sa vision pessimiste de l\u2019existence \u00e0 travers ses doubles (<em>Extension du Domaine de la Lutte<\/em>, <em>Les Particules \u00c9l\u00e9mentaires<\/em> ou ce <em>S\u00e9rotonine<\/em>). Celui-l\u00e0 ne manque pas d\u2019int\u00e9r\u00eat. <em>S\u00e9rotonine<\/em> est d\u2019ailleurs \u00e0 mon sens son meilleur roman.<\/p>\n\n\n\n<p>Houellebecq est un peu comme Virginie Despentes, deux chroniqueurs impassibles d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019ils vomissent. M\u00eame quasi absence de style, m\u00eame fascination &#8211; r\u00e9pulsion pour le sexe, m\u00eames aversions pour ce monde immerg\u00e9 dans ces eaux glac\u00e9es du calcul \u00e9go\u00efste, et m\u00eame d\u00e9tachement dandy pour cette fourmili\u00e8re jamais en repos o\u00f9 l&rsquo;on cherche les meilleures combines pour faire du fric, pour se faire mousser et pour trouver le ou la partenaire de baise. Inlassablement. Une vision du monde cauchemardesque et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e mais, comme l\u2019\u00e9crit Houellebecq, les conditions du bonheur ne sont plus r\u00e9unies en ces temps. Soit.<\/p>\n\n\n\n<p><em>S\u00e9rotonine<\/em> (une substance comme la dopamine ou l\u2019adr\u00e9naline&nbsp; que des anti-d\u00e9presseurs peuvent activer), c\u2019est l\u2019histoire d\u2019un \u00ab&nbsp;h\u00e9ros\u00bb double de l\u2019auteur, &nbsp;un d\u00e9nomm\u00e9 Florent-Claude Labrouste, ing\u00e9nieur agronome ayant travaill\u00e9 chez Monsanto avant de devenir consultant pour le minist\u00e8re de l\u2019agriculture et finalement recrut\u00e9 par une collectivit\u00e9 locale pour faire la promotion de fromages AOC de Normandie \u00e0 travers le monde. Un beau pedigree, d\u2019autant que notre homme a h\u00e9rit\u00e9 de ses parents, tous les deux suicid\u00e9s alors que le p\u00e8re \u00e9tait atteint d\u2019un cancer du cerveau. Il a de quoi voir venir et l\u2019auteur le surprend au sortir de vacances en Espagne (ce qui nous vaut un discret hommage \u00e0 Franco pour ses r\u00e9alisations touristiques) avec sa compagne japonaise et de d\u00e9crire leur triste retour \u00e0 Paris o\u00f9, apr\u00e8s avoir d\u00e9couvert les infid\u00e9lit\u00e9s d\u2019icelle (partouze et zoophilie), il d\u00e9cide de tout plaquer et de s\u2019\u00e9tablir, en mort en sursis, dans un h\u00f4tel de la porte d\u2019Italie. Les derniers jours d\u2019un condamn\u00e9 \u00e0 vivre.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une longue tradition de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise (<em>En Joue<\/em> de Philippe Soupault ou <em>Le Feu Follet<\/em> de Drieu La Rochelle), ces romans o\u00f9 le personnage principal, aux confins du d\u00e9sespoir et au bord du suicide, revoit les principales \u00e9tapes de sa vie et celles et ceux qui l\u2019ont habit\u00e9e. Comme un noy\u00e9 revoit, dit-on, l\u2019ensemble de son existence en quelques minutes. Ici, quelques ma\u00eetresses et compagnes et un seul ami, un fils d\u2019aristocrate qui a d\u00e9cid\u00e9 de devenir agriculteur \u2013 \u00e9leveur dans le ch\u00e2teau de ses anc\u00eatres transform\u00e9 en ferme&nbsp;. Sa femme, qui le quittera, s\u2019occupe de bungalows pour des touristes, dont les occupants actuels sont un ornithologue p\u00e9dophile allemand et notre anti-h\u00e9ros qui y a pris ses quartiers. Son but est de reconqu\u00e9rir celle qu\u2019il a aim\u00e9 devenue v\u00e9t\u00e9rinaire dans un bourg voisin. Mais ses derniers espoirs vont vite s\u2019effondrer, alors qu\u2019il songe \u00e0 tuer le fils de son ex compagne pour la reconqu\u00e9rir, avec un fusil \u00e0 lunette puisqu\u2019il est devenu champion de tir sous la direction de son ami qui finira tu\u00e9 par les CRS au terme d\u2019une jacquerie paysanne dont il a pris la t\u00eate. Presque un suicide.<\/p>\n\n\n\n<p>Car il y a aussi \u00e7a chez Houellebecq. Sous des dehors de dandy impassible et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, c\u2019est un remarquable sismographe de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, du pays r\u00e9el. La description qu\u2019il fait du malaise paysan et de la faillite du monde agricole est sid\u00e9rante de pr\u00e9cision. Elle fait penser \u00e9videmment aux Gilets jaunes et \u00e0 cette France p\u00e9riph\u00e9rique en souffrance, m\u00e9pris\u00e9e et ignor\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u00e0 que Houellebecq est grand, en chroniqueur de la France profonde qui quitte la d\u00e9froque du dandy cynique pour devenir un fr\u00e8re en humanit\u00e9. On en vient presque \u00e0 lui pardonner ses r\u00e9flexes de provocateur r\u00e9ac&nbsp;: les \u00e9cologistes sont des bobos ignares et les communistes et toute la gauche sont des vestiges navrants d\u2019un monde o\u00f9 l\u2019on pouvait encore esp\u00e9rer. La m\u00eame haine pour les post soixante-huitards, Freud, Marx et les baba-cools gauchistes responsables de la d\u00e9b\u00e2cle g\u00e9n\u00e9rale. Mai 68 et tout fout le camp&nbsp;! France Insoumise et R\u00e9publique En Marche m\u00eame combat avec cette d\u00e9bauche d\u2019\u00e9nergie optimiste imb\u00e9cile. On conna\u00eet la chanson. On peut d\u2019ailleurs situer politiquement Houellebecq, qui est un nihiliste de droite, sans risquer l\u2019oxymore ou le pl\u00e9onasme, quelqu\u2019un qui n\u2019est pas satisfait de ce monde mais qui ne voit aucune possibilit\u00e9 ni aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 le changer. Les militants sont des jobards et les politiques des escrocs. Quand aux autres&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Aimer la vie me semble aussi stupide que d&rsquo;\u00eatre patriote. &#8211; Vive la putr\u00e9faction, premier degr\u00e9 vers la sagesse, vive la mort. Cette citation de Chaval, Houellebecq pourrait la reprendre \u00e0 son compte. Cette vie sans joie et sans but qui ne peut s&rsquo;illuminer que par le v\u00e9ritable amour, seule \u00e9claircie possible dans une nuit sans fin.<\/p>\n\n\n\n<p>Vers la fin du livre, il y a ce court passage o\u00f9 Houellebecq se d\u00e9sole de ce que les plus grands esprits &#8211; il cite Thomas Mann et Proust &#8211; en viennent au final \u00e0 renier des si\u00e8cles de savoir humaniste au profit d&rsquo;un  beau petit cul. C&rsquo;est pour lui la d\u00e9faite de la culture et de la civilisation. On comprend pourquoi Houellebecq a consacr\u00e9 l&rsquo;un de ses premiers ouvrages \u00e0 H.P Lovecraft, p\u00e8re du surnaturel en litt\u00e9rature, mais aussi puritain raciste de la Nouvelle Angleterre du XIX\u00b0 si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>Les derni\u00e8res lignes du roman laissent entrevoir une lueur. Houellebecq, on le sent, a une culture scientifique en surplomb et il n\u2019est pas loin de voir l\u2019\u00eatre humain comme un ensemble d\u2019organes et de visc\u00e8res mis en action par de la chimie. Des machines \u00e0 souffrir ou \u00e0 jouir. Tout cela n\u2019explique pas des lumi\u00e8res, des fulgurances, des \u00e9piphanies, des \u00e9lans mystiques ou amoureux qui viennent parfois transcender la mati\u00e8re. Il n\u2019est pas loin d\u2019y voir une intervention divine, ultime recours d\u2019un monde d\u00e9sert\u00e9 par la gr\u00e2ce. On pense ici au Emmanuel Carr\u00e8re du <em>Royaume<\/em> ou \u00e0 tous ces d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s qui se recommandent \u00e0 dieu pour ne pas sombrer corps et biens (et \u00e2mes).<\/p>\n\n\n\n<p>Houellebecq, peut-\u00eatre plus qu\u2019un \u00e9crivain, est un sociologue doubl\u00e9 d\u2019un philosophe. Il peut \u00eatre tr\u00e8s int\u00e9ressant, quand il abandonne ses postures d\u2019\u00e9crivain \u00ab&nbsp;fin de si\u00e8cle&nbsp;\u00bb maudissant son temps, quand il prend la plume du moraliste clairvoyant qui peut \u00eatre dr\u00f4le et fraternel. Quand il s\u2019abandonne \u00e0 une humanit\u00e9, une bont\u00e9 que l\u2019on sent parfois poindre sous sa plume, lorsque le vernis du misanthrope r\u00e9actionnaire vient \u00e0 se craqueler.<\/p>\n\n\n\n<p>Des moments rares, mais des moments de gr\u00e2ce.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u00e9sar A\u00cfRA \u2013 Les Fant\u00f4mes \u2013 Christian Bourgois Il est comme \u00e7a des livres qui vous tombent des mains. 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