{"id":1765,"date":"2020-12-14T16:13:16","date_gmt":"2020-12-14T15:13:16","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1765"},"modified":"2020-12-16T09:49:31","modified_gmt":"2020-12-16T08:49:31","slug":"roberto-bolano-mexico-city-blues","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1765","title":{"rendered":"ROBERTO BOLANO : MEXICO CITY BLUES"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/ILLUSTRATION44.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1780\" width=\"579\" height=\"1115\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/ILLUSTRATION44.jpeg 162w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/ILLUSTRATION44-156x300.jpeg 156w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/ILLUSTRATION44-16x30.jpeg 16w\" sizes=\"(max-width: 579px) 100vw, 579px\" \/><figcaption>portrait de l&rsquo;artiste par Francisco Javier Olea<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>N\u00e9 au Chili mais ayant pass\u00e9 sa vie au Mexique, Roberto Bolano (1953 \u2013 2003) est un ph\u00e9nom\u00e8ne de la litt\u00e9rature mondiale. \u00c0 la fois styliste hors pair et moraliste s\u00e9v\u00e8re, po\u00e8te inspir\u00e9 et romancier virtuose, ses deux romans les plus connus (<em>Les <\/em><em>D\u00e9tectives Sauvages<\/em> \u2013 1998 \u2013 et <em>2666<\/em>, paru apr\u00e8s sa mort en 2004, tous deux chez Bourgois) sont des chefs-d\u2019\u0153uvre \u00e0 la fois de construction romanesque, de r\u00e9flexion philosophique et de po\u00e9sie m\u00e9taphysique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est donc n\u00e9 en 1953 \u00e0 Santiago, d\u2019origines modestes, d\u2019un p\u00e8re chauffeur-routier et boxeur \u00e0 ses heures et d\u2019une m\u00e8re enseignante. C\u2019est \u00e0 15 ans qu\u2019il suit sa famille \u00e0 Mexico City o\u00f9, renvoy\u00e9 de son lyc\u00e9e, il devient journaliste en autodidacte dans des publications de gauche et militant politique.<\/p>\n\n\n\n<p>On est en 1968, apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec d\u2019une r\u00e9volution mondiale qui, \u00e0 Mexico City, a vu l\u2019arm\u00e9e tirer sur des \u00e9tudiants contestataires sur la place des Trois cultures, durant les Jeux Olympiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>Les D\u00e9tectives Sauvages<\/em>, Bolano raconte ces \u00e9v\u00e9nements vus depuis les toilettes de l\u2019universit\u00e9 de Mexico o\u00f9 le narrateur s\u2019est enferm\u00e9 pour \u00e9chapper \u00e0 la r\u00e9pression. C\u2019est un roman magique o\u00f9 se m\u00ealent la litt\u00e9rature beat et le baroque sud-am\u00e9ricain&nbsp;; Kerouac et Borg\u00e8s main dans la main, si on peut imaginer \u00e7a. Lui n\u2019a aucun mal \u00e0 imaginer ces \u00e9tudiants mexicains r\u00eaveurs et dilettantes qui ont d\u00e9cid\u00e9 de fonder une revue et un courant litt\u00e9raire&nbsp;: les infrar\u00e9alistes, s\u2019inspirant des surr\u00e9alistes et des avant-gardes litt\u00e9raires europ\u00e9ennes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le roman s\u2019attache \u00e0 retracer le parcours de ces trois personnages, sortes de dandys lunaires, perdants magnifiques qui cherchent un nouveau langage po\u00e9tique et d\u00e9clament des po\u00e8mes au beau milieu du d\u00e9sert du Sonora, autant dire au sud de nulle part. Le morceau de bravoure d\u2019un r\u00e9cit dense et touffu est aussi la tentative d\u2019enl\u00e8vement du po\u00e8te national, Octavio Paz, avec tous les travaux d\u2019approche et les man\u0153uvres pour endormir sa m\u00e9fiance. L\u2019\u00e9pisode est d\u00e9sopilant et Bolano r\u00e9v\u00e8le l\u00e0 un humour grin\u00e7ant que l\u2019on retrouvera souvent dans ses \u0153uvres, m\u00eame les plus noires.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1973, Bolano se souvient qu\u2019il est n\u00e9 au Chili, compagnon de mis\u00e8re et de classe d\u2019un peuple soumis \u00e0 la dictature sanglante d\u2019un Pinochet conseill\u00e9 par Milton Friedman et ses Chicago Boys. On sait le r\u00f4le jou\u00e9 par Nixon, Kissinger et la CIA dans ce coup d\u2019\u00c9tat militaire qui a renvers\u00e9 un gouvernement d\u2019unit\u00e9 populaire d\u00e9mocratiquement \u00e9lu. Gr\u00e8ve des camionneurs et boycott du cuivre par ITT. Allende se suicidera et Bolano va accourir \u00e0 Santiago pour se joindre \u00e0 la r\u00e9sistance, dans un acc\u00e8s de romantisme r\u00e9volutionnaire. Il sera emprisonn\u00e9 et lib\u00e9r\u00e9 par deux ge\u00f4liers amis d\u2019enfance avec qui il avait \u00e9t\u00e9 scolaris\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Trotskiste et grand voyageur, Bolano passe quelque temps \u00e0 Los Angeles puis au Salvador avec le po\u00e8te Roque Dalton, qui deviendra son ami, chez les guerilleros du Front Farabundo Marti de lib\u00e9ration nationale. Car Bolano, enfant terrible de la litt\u00e9rature latino-am\u00e9ricaine, n\u2019a rien d\u2019un gauchiste de salon. En tout, il a l\u2019habitude de payer de sa personne.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1977, il largue les amarres et part en Europe, d\u2019abord \u00e0 Barcelone o\u00f9 il sera tour \u00e0 tour plongeur, groom et \u00e9boueur&nbsp;; puis \u00e0 Blan\u00e8s, sur la c\u00f4te catalane, o\u00f9 il sera gardien de camping. Un beatnik transcontinental au chagrin constant et \u00e0 l\u2019\u00e2me tourment\u00e9e. Ce n\u2019est qu\u2019aux abords de la quarantaine qu\u2019il d\u00e9laisse la po\u00e9sie pour se mettre au roman et, apr\u00e8s des \u00e9checs \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition, ce sont <em>Les D\u00e9tectives Sauvages <\/em>qui lui vaudront un succ\u00e8s d\u2019estime. C\u2019est en fait la naissance de son premier enfant qui l\u2019obligera \u00e0 \u00e9crire pour gagner \u2013 si modestement que ce soit \u2013 sa vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Ses premiers petits succ\u00e8s de librairie lui valent de donner des interviews o\u00f9 il prend un malin plaisir \u00e0 d\u00e9monter toutes les institutions litt\u00e9raires du sous-continent, et surtout de d\u00e9noncer les fausses valeurs et les impostures, au premier rang desquelles il classe sa compatriote Isabel Allende.<\/p>\n\n\n\n<p>Ses d\u00e9go\u00fbts et ses inimiti\u00e9s vont jusqu\u2019au harc\u00e8lement pour quelqu\u2019un qui refuse une gloire \u00e0 port\u00e9e de main et choisit la vie d\u2019un \u00e9crivain maudit, en perp\u00e9tuel doute sur son \u0153uvre et en proie \u00e0 l\u2019ostracisme des milieux litt\u00e9raires.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est <em>2666<\/em>, qu\u2019il \u00e9crit de 1999 jusqu\u2019\u00e0 sa mort, qui sera son chef-d\u2019\u0153uvre, si le mot a le moindre sens pour quelqu\u2019un comme Bolano. Ce roman-monde, d\u2019une intelligence diabolique, entrem\u00eale plusieurs histoires qui finissent par se fondre dans un final grandiose qu\u2019on se gardera bien de g\u00e2cher. Qu\u2019on sache seulement que l\u2019histoire commence avec des critiques universitaires fascin\u00e9s par un \u00e9crivain allemand du nom de Benno Von Archimboldi, qu\u2019on pourrait aussi bien voir comme un croisement de Max Frisch, d\u2019Ernst Junger ou d\u2019Alfred Doblin. Ils d\u00e9cident d\u2019aller sur ses derni\u00e8res traces, dans la ville de Santa Teresa, au Mexique. Il y a aussi un professeur de philosophie qui devient fou et ne peut emp\u00eacher les mauvaises fr\u00e9quentations de sa fille&nbsp;; un journaliste sportif noir am\u00e9ricain qui, en reportage pour un combat de boxe, se retrouve \u00e0 enqu\u00eater sur des meurtres d\u2019ouvri\u00e8res dans ces maquiladoras (ateliers) des villes fronti\u00e8res comme Ciudad Juarez ou Tijuana&nbsp;; et puis une longue s\u00e9rie de meurtres dont on ne sait s\u2019ils sont l\u2019\u0153uvre des cartels et de leurs sicaires, de l\u2019arm\u00e9e ou de la police. Le tout en cinq parties distinctes et coh\u00e9rentes \u00e0 la fois. Ce qui donne aussi au roman un cousinage avec l\u2019\u0153uvre de Don Winslow et sp\u00e9cialement la trilogie (<em>La Griffe Du Chien, Cartel, La Fronti\u00e8re<\/em>) dont on a d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 ici.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la comparaison s\u2019arr\u00eate l\u00e0 car, si les deux auteurs d\u00e9crivent le Mexique comme un v\u00e9ritable enfer sur terre, et Mexico une sorte de capitale du mal, Winslow s\u2019en tient \u00e0 une vision naturaliste et crue d\u2019auteur de roman policier quand Bolano, \u00e0 travers ses personnages, atteint une dimension m\u00e9taphysique m\u00ealant le mal ontologique \u00e0 la r\u00e9demption, \u00e0 la folie et \u00e0 l\u2019extase, po\u00e9tique ou mystique.<\/p>\n\n\n\n<p>Et cette derni\u00e8re image obs\u00e9dante qui justifie ce titre bizarre&nbsp;: des hommes qui scrutent un ciel rouge sang d\u2019apocalypse en plein d\u00e9sert en s\u2019imaginant \u00e0 la m\u00eame place, 666 (le chiffre de la b\u00eate) ann\u00e9es plus tard, quand tout sera consomm\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les 1000 pages et plus de ce <em>2666 <\/em>se lisent avec autant de plaisir que de facilit\u00e9 tant Bolano sait mieux que personne cr\u00e9er des personnages fascinants et mener son r\u00e9cit de fa\u00e7on captivante en v\u00e9ritable conteur, semant rebondissements et intrigues comme un romancier populaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Un roman monstrueux et sublime qui a \u00e9t\u00e9 port\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre, en France. \u00c0 quand une adaptation cin\u00e9matographique qui serait forc\u00e9ment d\u00e9cevante mais pourrait n\u00e9anmoins nous offrir une tentative pour visualiser un univers si \u00e9trange, si foisonnant. Bunuel aurait peut-\u00eatre pu s\u2019attaquer \u00e0 \u00e7a, mais \u00e0 part lui&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Au total, Roberto Bolano aura publi\u00e9 11 romans, 6 recueils de nouvelles et 7 recueils de po\u00e9sie. Une \u0153uvre abondante d\u2019une qualit\u00e9 exceptionnelle o\u00f9 il rivalise avec le meilleur de la litt\u00e9rature sud-am\u00e9ricaine et en premier lieu les ma\u00eetres argentins, Borges, Sabato, Bioy Casar\u00e8s ou Cortazar. Au milieu des g\u00e9ants. Sur leurs \u00e9paules.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 14 juillet 2003, il meurt d\u2019 insuffisance h\u00e9patique en attente d\u2019une greffe du foi et, six semaines avant sa mort, une conf\u00e9rence internationale r\u00e9unissant les plus grands auteurs d\u2019Am\u00e9rique centrale et du sud le saluent comme il se doit, comme le plus grand \u00e9crivain de sa g\u00e9n\u00e9ration, ce qu\u2019il est, \u00e0 n\u2019en point douter.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est devenu de bon ton de citer Bolano \u00e0 tous bouts de champ, souvent par des gens qui l\u2019ont d\u00e9couvert tout r\u00e9cemment. C\u2019est devenu, dans les milieux culturels, presque un tic, une mode, comme ont pu l\u2019\u00eatre John Fante, Raymond Carver ou Charles Bukowski avant lui. Mais l\u2019\u0153uvre de Bolano n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 ce qu\u2019elle est s\u2019il avait rencontr\u00e9 ses lecteurs de son vivant. Il a v\u00e9cu presque toute sa vie dans la mis\u00e8re, condition presque n\u00e9cessaire \u00e0 sa cr\u00e9ativit\u00e9 et \u00e0 son g\u00e9nie litt\u00e9raire.<\/p>\n\n\n\n<p>Bolano qui nous raconte des histoires terribles situ\u00e9es dans sa g\u00e9ographie mentale qui nous emm\u00e8ne du Chiapas aux fronti\u00e8res du Texas ou de l\u2019Arizona en passant par le d\u00e9sert du Sonora et la capitale de l\u2019\u00e9tat du m\u00eame nom, Hermosillo. Mais c\u2019est encore dans sa folie qu\u2019on voyage le mieux, lui qui nous entra\u00eene dans son univers mental prodigieux.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Qu&rsquo;est-ce qui fait une \u00e9criture de qualit\u00e9? Savoir s&rsquo;immerger dans la noirceur, savoir sauter dans le vide et comprendre que la litt\u00e9rature constitue un appel fondamentalement dangereux.\u00a0\u00bb Discours d\u2019acceptation d\u2019un prix litt\u00e9raire par Roberto Bolano. Du danger, de la noirceur et du vide, jusqu\u2019au vertige, c\u2019est l\u00e0 une description parfaite de l\u2019art de Bolano.<\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait d\u00e9fini par Philippe Lan\u00e7on, critique litt\u00e9raire de <em>Lib\u00e9ration<\/em>, comme un chevalier ou un troubadour. Et c\u2019est vrai qu\u2019il y a du Cervantes et du Quichotte en lui.<\/p>\n\n\n\n<p>La soif du mal, le vortex de l\u2019horreur, les vertiges de la folie. Mais aussi le go\u00fbt de l\u2019aventure, de l\u2019histoire, de la politique et, avant tout, des mots, des phrases et de la litt\u00e9rature. Au plus pr\u00e8s des tr\u00e9fonds de l\u2019\u00e2me.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9 au Chili mais ayant pass\u00e9 sa vie au Mexique, Roberto Bolano (1953 \u2013 2003) est un ph\u00e9nom\u00e8ne de la litt\u00e9rature mondiale. \u00c0 la fois styliste hors pair et moraliste s\u00e9v\u00e8re, po\u00e8te inspir\u00e9 et romancier virtuose, ses deux romans les plus connus (Les D\u00e9tectives Sauvages \u2013 1998 \u2013 et 2666, paru apr\u00e8s sa mort en&#8230;<\/p>\n<div class=\" [&hellip;]\"><a href=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1765\">Read More <i class=\"os-icon os-icon-angle-right\"><\/i><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1780,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[44,31],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1765"}],"collection":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1765"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1765\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1791,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1765\/revisions\/1791"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1780"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1765"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1765"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1765"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}