{"id":1798,"date":"2020-12-30T18:21:06","date_gmt":"2020-12-30T17:21:06","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1798"},"modified":"2021-01-10T23:18:43","modified_gmt":"2021-01-10T22:18:43","slug":"mon-rene","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1798","title":{"rendered":"MON REN\u00c9"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/illustration49-1024x768.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1817\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/illustration49-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/illustration49-300x225.jpeg 300w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/illustration49-768x576.jpeg 768w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/illustration49-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/illustration49-1200x900.jpeg 1200w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/illustration49-900x675.jpeg 900w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/illustration49-600x450.jpeg 600w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/illustration49-30x23.jpeg 30w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/illustration49.jpeg 1600w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Audiard, Carmet, Fallet, Brassens. La bande \u00e0 Fallet (pas au complet).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Que reste-t-il de Ren\u00e9 Fallet&nbsp;? D\u2019\u00e9ternelles rediffusions t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es de sa <em>Soupe au<\/em><em>x<\/em><em> chou<\/em><em>x<\/em>, qui fut s\u00fbrement son plus mauvais livre. Un grand \u00e9crivain oubli\u00e9, un de plus. Plus que le romancier populaire que les anthologies litt\u00e9raires ont retenu, Ren\u00e9 Fallet est d\u2019abord et avant tout un po\u00e8te, dans la noble lign\u00e9e des Villon et des Verlaine. Un grand styliste, amoureux de cyclisme, de p\u00eache \u00e0 la ligne, de jazz et de bonne chanson, celle de son ami Georges (Brassens), dont il fut le biographe, en particulier.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La carri\u00e8re litt\u00e9raire du jeune Fallet commence comme un feu d\u2019artifice, alors qu\u2019il vient de se faire embaucher comme secr\u00e9taire de r\u00e9daction au <em>Lib\u00e9ration<\/em> de D\u2019Astier de la Vigerie. Trois romans publi\u00e9s de 1947 \u00e0 1949. <em>Banlieue Sud-Est<\/em> d\u2019abord, alors qu\u2019il a \u00e0 peine 20 ans. La chronique tendre et am\u00e8re de quelques adolescents banlieusards sous l\u2019occupation, o\u00f9 on entend les rires et les pleurs d\u2019une jeunesse sacrifi\u00e9e couvrir les claquements des bottes allemandes. <em>La Fleur et la souris<\/em>, ou l\u2019\u00e9ducation sentimentale d\u2019un jeune homme passionn\u00e9 de jazz, de sport et de po\u00e9sie. Puis ce <em>Pigalle<\/em>, de 500 pages cette fois, l\u2019histoire d\u2019un personnage qui ressemble \u00e0 l\u2019auteur, lequel, apr\u00e8s avoir tu\u00e9 un milicien, s\u2019engage dans l\u2019arm\u00e9e avant de d\u00e9serter et de s\u2019\u00e9tablir dans un bouge de Pigalle o\u00f9 il vit de toutes sortes de trafic en toute immoralit\u00e9. Ses \u00e9diteurs ont parl\u00e9 d\u2019apologie du crime et il a d\u00fb revoir un roman maudit, premier \u00e9chec commercial plus tard rejet\u00e9 par son auteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, il a mis beaucoup de lui dans ce ratage. Engag\u00e9 volontaire \u00e0 17 ans \u00e0 l\u2019heure de la lib\u00e9ration, voyou coquillard \u00e0 la Villon avant de trouver sa r\u00e9demption dans l\u2019\u00e9criture, publi\u00e9 \u00e0 19 ans gr\u00e2ce aux anges tut\u00e9laires &#8211; Cendrars et Pr\u00e9vert &#8211; pench\u00e9s avec tendresse sur sa destin\u00e9e. Paul Fallet, son p\u00e8re, \u00e9tait cheminot \u00e0 la gare de Villeneuve Saint-Georges, communiste et fort en gueule, emprisonn\u00e9 en 1943 puis licenci\u00e9 pour avoir chant\u00e9 <em>l\u2019Internationale<\/em> un soir de beuverie et peint des slogans communistes sur les murs de la ville. Il faudra une lettre de son fils au mar\u00e9chal P\u00e9tain pour obtenir sa lib\u00e9ration. Une humiliation que Fallet le fils n\u2019oubliera jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>Lui n\u2019est pas communiste, trop individualiste et profond\u00e9ment inapte \u00e0 la discipline militante. Il est et a toujours \u00e9t\u00e9 anar. Anarchiste en pantoufles, anarchiste de bistrot, mais anar quand m\u00eame. Dame anarchie est assez bonne fille pour tol\u00e9rer les non pratiquants. Anar de droite, diront certains, irrit\u00e9s par des remugles misogynes, homophobes, voire un tantinet racistes tout au long de son \u0153uvre. Pas faux, mais la bienveillance mettra tout \u00e7a sur le compte des errements d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration d\u2019\u00e9crivains post-c\u00e9liniens traumatis\u00e9e par la guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais si les Simonin ou les Boudard se revendiquent de l\u2019ermite de Meudon, lui a plus \u00e0 voir avec la po\u00e9sie r\u00e9aliste d\u2019un Pierre Mac Orlan ou d\u2019un Francis Carco. Fallet, on l\u2019a dit, est avant tout un po\u00e8te, d\u2019une prose riche et imag\u00e9e, bourr\u00e9e de trouvailles et d\u2019inventions dans des constructions romanesques au cordeau o\u00f9 l\u2019on rit plus souvent qu\u2019\u00e0 son tour. Dans les ann\u00e9es 50, la parution de ses romans s\u2019espace car il taquine la muse et publie de la po\u00e9sie, tient chronique au <em>Canard Encha\u00een\u00e9<\/em> (o\u00f9 il signe R.F comme R\u00e9publique Fran\u00e7aise)<em>, <\/em>\u00e9crit un feuilleton pour <em>Europe 1 <\/em>et, surtout<em>, <\/em>r\u00e9dige son journal, dont l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 para\u00eetra dans les trois volumes de ses <em>Carnets de jeunesse<\/em> qui sortiront apr\u00e8s sa mort. Fallet y consigne tout&nbsp;: ses amiti\u00e9s trahies, ses amours d\u00e9\u00e7ues, son entourage qui ne le comprend pas, son fr\u00e8re Claude qui lui envie son succ\u00e8s et n\u2019admet pas qu\u2019on puisse \u00e9chapper \u00e0 l\u2019usine par la gr\u00e2ce de l\u2019\u00e9criture. Malgr\u00e9 l\u2019amiti\u00e9 qui l\u2019unira \u00e0 Blondin, on ne voudra pas de lui chez les jeunes turcs des Hussards, jug\u00e9 trop popu pour ces esth\u00e8tes et, surtout, trop \u00e0 gauche pour ces \u00e9crivains de droite vomissant aussi bien De Gaulle et Mauriac que Sartre et les communistes. Et puis, mieux valait \u00eatre le premier \u00e0 Jaligny que le septi\u00e8me \u00e0 Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u2019\u00e9poque de ses romans populaires qui feront des succ\u00e8s de cin\u00e9ma et lui permettront de vivre de sa plume. <em>Le Triporteu<\/em>r avec Dary Cowl, ou l\u2019odyss\u00e9e pour rire d\u2019un coursier qui traverse le pays pour assister \u00e0 une finale de Coupe de France. <em>Les Vieux de la Vieille<\/em> (Gabin, Fresnay, No\u00ebl-No\u00ebl), ou la geste comique de trois vieillards alcooliques et mal embouch\u00e9s ne supportant pas le r\u00e9gime (et les eaux du m\u00eame nom) de leur maison de retraite. <em>La Grande Ceinture<\/em> aussi, et le retour \u00e0 la banlieue, \u00e0 la p\u00e8gre et \u00e0 la vie d\u2019artiste pour ce qui donnera le film <em>Porte Des Lilas<\/em>, de Ren\u00e9 Clair, avec Pierre Brasseur, Dany Carrel et Brassens dont ce sera la seule apparition \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Absorb\u00e9 par le cin\u00e9ma, Fallet \u00e9crit aussi des sc\u00e9narios et passe une t\u00eate dans quelques films adapt\u00e9s de ses romans, comme un Hitchcock qui aurait troqu\u00e9 la cup de Earl Grey pour le ballon de beaujolpif.<\/p>\n\n\n\n<p>On en arrive aux ann\u00e9es 60 et au bredin (idiot de village du Bourbonnais) incarn\u00e9 par Jean Lefebvre pour <em>Un Idiot \u00e0 Paris <\/em>ou \u00e0 l\u2019amoureux inconsolable apr\u00e8s une passade estivale de <em>Paris au mois d\u2019ao\u00fbt<\/em>, qui a les traits de Charles Aznavour. Prix interalli\u00e9 1964, si les prix litt\u00e9raires avaient quelque signification pour lui qui d\u00e9testait par-dessus tout les acad\u00e9miciens (Goncourt ou autres), les grands auteurs et les critiques. Pour situer, son Bourbonnais est une ancienne province regroupant presque int\u00e9gralement le d\u00e9partement de l\u2019Allier et la partie sud de la Bourgogne. Une province dont Fallet se fera le chantre, jusqu\u2019\u00e0 se faire taxer d\u2019\u00e9crivain r\u00e9gionaliste. Un comble&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Fallet se pique d\u2019anglophilie et intrigue pour attirer dans ses r\u00eats Bourbonnais Andr\u00e9 Hardellet, romancier post-surr\u00e9aliste admir\u00e9 par Breton. Viendront<em> Charleston<\/em> et <em>Comment fais-tu l\u2019amour Cerise&nbsp;? <\/em>deux romans qui puent le smog et la Guinness, o\u00f9 un Fallet un rien snob se met \u00e0 la page du Swinging London. Il boit du th\u00e9 au bistrot de Jaligny (Allier) pour imiter Hardellet, lui qui n\u2019avait toujours jur\u00e9 que par le Saint-Pour\u00e7ain. Les \u00e9t\u00e9s de Jaligny-sur-Besbre voient d\u2019ailleurs la r\u00e9union annuelle de la bande \u00e0 Fallet o\u00f9, entre une partie de p\u00eache et une course cycliste pour rire, banquettent Brassens, Hardellet, le dessinateur Escaro, le conteur Jean-Pierre Chabrol, l\u2019\u00e9diteur cycliste Louis Nuc\u00e9ra&nbsp;et Jean Carmet ; plus, les bonnes ann\u00e9es, des invit\u00e9s de marque comme Michel Audiard, Charles Aznavour ou Lino Ventura. \u00c0 Thionne (prononcez Thiounn), le village de ses grands-parents, il y a une promenade Brassens \u2013 Fallet avec les silhouettes stylis\u00e9es des deux illustres amis nous invitant \u00e0 la marche.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cimeti\u00e8re de Thionne, j\u2019ai pu me recueillir sur la tombe de Fallet comme, \u00e0 Jaligny, j\u2019ai fr\u00e9quent\u00e9 les bistrots qu\u2019il hantait. Son beau-fr\u00e8re &#8211; le fr\u00e8re d\u2019Agathe, son \u00e9pouse, sa Mathilde (\u00ab&nbsp;La Gatte&nbsp;\u00bb comme il disait, soit \u00ab&nbsp;la fille&nbsp;\u00bb en patois Bourbonnais) &#8211; tenait une sorte de mus\u00e9e Fallet avec ses \u0153uvres compl\u00e8tes et quelques photos et manuscrits offerts \u00e0 la curiosit\u00e9 du promeneur. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 lui que j\u2019ai pu m\u2019int\u00e9resser \u00e0 ce coin de l\u2019Allier voisin de la Sa\u00f4ne-et-Loire, un coin de campagne o\u00f9 chaque trogne crois\u00e9e nous rappelle Fallet et son bestiaire. M\u00eame s\u2019il n \u2018avait pas bonne presse en son pays, des femmes qui l\u2019ont connu nous parlant d\u2019un \u00e9nergum\u00e8ne grossier, va-de-la-gueule et mal embouch\u00e9. Nul n\u2019est proph\u00e8te\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis il y a son \u0153uvre parall\u00e8le, ses po\u00e8mes, sa biographie de Brassens (1967), son essai sur le cyclisme illustr\u00e9 par Blachon ou sur la p\u00eache \u00e0 la ligne. Et ses derniers romans,<em> Le Braconnier de Dieu <\/em>qui donnera lieu \u00e0 un film avec un Jean Carmet inoubliable&nbsp;; son <em>Il \u00e9tait un petit navire<\/em> adapt\u00e9 par Audiard sous le titre <em>Le drapeau noir flotte sur la marmite&nbsp;; <\/em><em>Le Beau Rivage<\/em>, ou la difficile reconversion d\u2019une guinguette en night-club&nbsp;; <em>Ersatz<\/em>, qui met Hitler, rescap\u00e9 de son bunker apr\u00e8s un vrai-faux suicide, dans une maison de retraite, en France et <em>Le beaujolais nouveau est arriv\u00e9 <\/em>qui para\u00eet fin novembre 1975, juste le jour de l\u2019arriv\u00e9e dans les bistrots du breuvage \u00e0 go\u00fbt de banane ou de fraise, selon les ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans oublier la trilogie amoureuse, l\u00e0 o\u00f9 Fallet rumine avec truculence ses peines de c\u0153ur et avec aussi <em>\u00ab&nbsp;une discr\u00e9tion de cor de chasse&nbsp;\u00bb<\/em>, comme disait Blondin. \u00c7a commence avec le splendide <em>L\u2019Amour baroque<\/em> (1971), de loin son plus beau roman, un cri d\u2019animal bless\u00e9 pris au pi\u00e8ge de l\u2019amour fou&nbsp;; \u00e7a continue avec <em>Y a-t-il un docteur dans la salle&nbsp;? <\/em>(1977), du m\u00eame tonneau, l\u00e0 o\u00f9 le vieux lion retir\u00e9 en solitaire dans son appartement face \u00e0 Beaubourg s\u2019amourache d\u2019une jeune fille moderne&nbsp;; et \u00e7a se termine avec son dernier cadeau, <em>L\u2019Angevine<\/em> (1981), ultime variation sur le m\u00eame th\u00e8me, version provinciale. Une d\u00e9cade d\u2019amour, une carte du tendre que l\u2019on arpente entre euphorie et d\u00e9pression.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;<\/em><em>Au regard des gros sujets que lui sugg\u00e8re parfois son imagination cr\u00e9atrice, sa d\u00e9licatesse de facture fait songer \u00e0 un fabricant de porcelaine dans un magasin d\u2019\u00e9l\u00e9phants&nbsp;\u00bb<\/em> (Antoine Blondin). De Fallet, c\u2019est encore son ami Blondin qui en parle le mieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Des Fallet, devrait-on dire. Le Fallet naturaliste des romans picaresques fleurant bon la France profonde comme le Fallet intimiste des peines de c\u0153ur et de l\u2019introspection douloureuse. Le Fallet jazz (fan irr\u00e9ductible de Mezz Mezzrow ou de Bix Biederbecke) et le Fallet java. Le Fallet whisky de la m\u00e9lancolie et de l\u2019amertume comme le Fallet beaujolais de la ga\u00eet\u00e9 et de l\u2019insouciance.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;<\/em><em>Celui qui n\u2019est pas capable de boire 7 litres de vin par jour, c\u2019est qu\u2019il n\u2019est pas en bonne sant\u00e9&nbsp;\u00bb,<\/em> disait-il, goguenard, \u00e0 Bernard Pivot sur le plateau d\u2019<em>Apostrophes<\/em>, en 1979, rev\u00eatu d\u2019un maillot de coureur cycliste pour faire la promotion de sa <em>Soupe au<\/em><em>x<\/em><em> chou<\/em><em>x<\/em>. Il avait m\u00eame organis\u00e9 \u00e0 Jaligny un tour de France pour rire (les boucles de la Bresbe), o\u00f9 toute \u00e9chapp\u00e9e \u00e9tait interdite et les arr\u00eats au bistrot obligatoires. Sans parler des t\u00e9moins de G\u00e9v\u00e9or, dont il \u00e9tait le seul membre avec Jean Carmet, et cette S.P.A, soci\u00e9t\u00e9 protectrice des amoureux, dont il \u00e9tait le d\u00e9vou\u00e9 secr\u00e9taire.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la fin, il tournait en rond dans sa maison de Jaligny, r\u00e9p\u00e9tant avec des mines chagrines \u00e0 son Agathe de femme&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;la gatte, j\u2019ai plus de talent&nbsp;!\u00bb<\/em>, sans jamais cesser d\u2019\u00e9crire, jusqu\u2019au bout. On peut y voir une vanit\u00e9 d\u2019auteur ayant besoin de se rassurer.<\/p>\n\n\n\n<p>Le vin frais, les cigarettes brunes et les brutaux \u00e9mois amoureux auront eu raison de lui, mort d\u2019un cancer g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1983. Le lendemain de la victoire de Laurent Fignon sur la grande boucle. Jean-Paul Li\u00e9geois pourra \u00e9crire sa biographie, Michel L\u00e9cureur entretenir sa m\u00e9moire, Agathe Fallet ch\u00e9rir son souvenir. Et tous les rebelles, les ivrognes et les malpolis chanter ses louanges et se raconter ses frasques en riant, verre en main et clope au bec. <em>\u00ab\u00a0Se rencontrent chez lui le pastoureau et le casseur\u00a0; Virgile et Ravachol\u00a0\u00bb, <\/em>\u00e9crivait dans une pr\u00e9face Michel Audiard. On lui laissera volontiers ce dernier mot.<\/p>\n\n\n\n<p><em><u><strong>Tous les romans de Ren\u00e9 Fallet sont parus chez Deno\u00ebl, r\u00e9\u00e9dit\u00e9s en poche chez Folio \/ Gallimard.<\/strong><\/u><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>26 d\u00e9cembre 2020<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Que reste-t-il de Ren\u00e9 Fallet&nbsp;? D\u2019\u00e9ternelles rediffusions t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es de sa Soupe aux choux, qui fut s\u00fbrement son plus mauvais livre. Un grand \u00e9crivain oubli\u00e9, un de plus. Plus que le romancier populaire que les anthologies litt\u00e9raires ont retenu, Ren\u00e9 Fallet est d\u2019abord et avant tout un po\u00e8te, dans la noble lign\u00e9e des Villon et des&#8230;<\/p>\n<div class=\" [&hellip;]\"><a href=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1798\">Read More <i class=\"os-icon os-icon-angle-right\"><\/i><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1817,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[44,31],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1798"}],"collection":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1798"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1798\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1826,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1798\/revisions\/1826"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1817"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1798"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1798"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1798"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}