{"id":1828,"date":"2021-01-15T15:36:46","date_gmt":"2021-01-15T14:36:46","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1828"},"modified":"2021-01-15T15:36:48","modified_gmt":"2021-01-15T14:36:48","slug":"gerry-et-les-stimulateurs-pour-ne-plus-jamais-marcher-seul","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1828","title":{"rendered":"GERRY ET LES STIMULATEURS, POUR NE PLUS JAMAIS MARCHER SEUL"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/ILLUSTRATION50.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1829\" width=\"576\" height=\"432\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/ILLUSTRATION50.jpg 500w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/ILLUSTRATION50-300x225.jpg 300w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/ILLUSTRATION50-30x23.jpg 30w\" sizes=\"(max-width: 576px) 100vw, 576px\" \/><figcaption>La porte (Bill) Shankly, du nom de leur entra\u00eeneur mythique, \u00e0 Anfield.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Gerry Marsden est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 3 janvier dernier. Fondateur du combo liverpuldian Gerry And The Pacemakers et figure attachante du Merseybeat, il \u00e9tait surtout connu pour avoir repris et popularis\u00e9 l\u2019\u00e9mouvant \u00ab&nbsp;You\u2019ll Never Walk Alone&nbsp;\u00bb, ce chant solennel qui s\u2019\u00e9chappait des milliers de poitrines des stades d\u2019Anfield Road, du Celtic Park et d\u2019ailleurs. Leur histoire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On ne compte plus ces groupes de Liverpool du d\u00e9but des ann\u00e9es 60 (tous issus du courant musical appel\u00e9 commun\u00e9ment Merseybeat, du nom de ce fleuve c\u00f4tier du Lancashire) souvent pr\u00e9sent\u00e9s comme des rivaux des Beatles. <em>\u00ab&nbsp;Ils auraient pu \u00eatre aussi grands que les Beatles&nbsp;\u00bb<\/em>, entend-on souvent prononcer \u00e0 leurs sujets. Oui, avec de bonnes chansons, un autre entourage, des physiques avenants, du talent et un peu de g\u00e9nie pour tout dire. Le Mersey Sound est ce courant musical d\u00e9riv\u00e9 du Skiffle (avec une pinc\u00e9e de rhythm\u2019n\u2019blues) qui annonce, d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 60, la supr\u00e9matie anglaise du Swinging London, au milieu de ces ann\u00e9es-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais a-t-on jamais dit \u00e7a des modestes Pacemakers, groupe fond\u00e9 en 1959 par Gerry Marsden, son fr\u00e8re Fred, Les Chadwick et Arthur \u00ab&nbsp;Mack&nbsp;\u00bb Mc Mahon vite remplac\u00e9 au piano par Les Maguire. Chez les Marsden, toute la famille fait dans la pop music et la petite s\u0153ur Baryl entamera une carri\u00e8re de chanteuse de rhythm\u2019n\u2019blues au sein, notamment, du Shotgun Express de Peter Bardens (et de Rod Stewart).<\/p>\n\n\n\n<p>Comme les Beatles, ils sont manag\u00e9s par Brian Epstein, comme les Beatles, ils seront produits par George Martin et, comme les Beatles, il feront le circuit des clubs de Liverpool aux bouges de Hambourg. Comme les Beatles encore, ils signeront chez EMI \/ Parlophone. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 beaucoup de points communs et on peine \u00e0 dire que la comparaison s\u2019arr\u00eate l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Beatles \u00e9taient encore les Silver Beatles ou autres Johnny And The Moondogs quand les Pacemakers s\u2019appelaient, eux, les Mars Bar, du nom de la confiserie qui allait inonder l\u2019Europe et ab\u00eemer tant de juv\u00e9niles ratiches. Mais <em>Mars <\/em>attaque, et leur fait un proc\u00e8s pour utilisation abusive de la marque. Soit, ils seront les Pacemakers (les fabricants de stimulateurs cardiaques les laisseront tranquilles).<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que les Fab Fours s\u2019appr\u00eatent \u00e0 triompher dans le monde entier, Gerry And The Pacemakers sont encore cantonn\u00e9s aux salles des f\u00eates du Lancashire et aux programmes musicaux \u00ab&nbsp;across the Channel&nbsp;\u00bb des travers\u00e9es Calais \u2013 Douvres.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils d\u00e9crochent enfin la timbale en mars 1963 avec \u00ab&nbsp;How Do You Do It&nbsp;?&nbsp;\u00bb qui fait un n\u00b01 en Angleterre, avant de r\u00e9cidiver avec \u00ab&nbsp;I Like It&nbsp;\u00bb en mai. Deux morceaux gentillets et entra\u00eenants, toniques et rythm\u00e9s, mais nettement inf\u00e9rieurs \u00e0 ce que proposent des groupes rivaux comme les Beatles, on l\u2019a dit, mais aussi les Searchers ou les Hollies, par exemple. Qu\u2019importe, le public suit.<\/p>\n\n\n\n<p>Leur premier album <em>How Do You Like It<\/em>, un titre valise de leurs deux premiers hits, fait un honorable n\u00b0 2 dans les charts albums et on peut, \u00e0 ce stade, se demander si les Pacemakers ne vont pas marcher sur les bris\u00e9es des Beatles. La r\u00e9ponse est non, car ils vont vite s\u2019essouffler. C\u2019est avec les singles suivants (\u00ab&nbsp;I\u2019m The One&nbsp;\u00bb, puis surtout \u00ab&nbsp;Don\u2019t Let The Sun Catch Your Crying&nbsp;\u00bb) qu\u2019ils se font conna\u00eetre du public am\u00e9ricain et avec leur <em>Second Album<\/em> (plut\u00f4t le deuxi\u00e8me car il y en aura deux autres) qu\u2019ils font une timide entr\u00e9e au Billboard.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais c\u2019en est d\u00e9j\u00e0 fini pour eux&nbsp;. Malgr\u00e9 quelques hits plus tardifs (\u00ab&nbsp;I\u2019ll Be There&nbsp;\u00bb ou le m\u00e9lancolique et poignant \u00ab&nbsp;Ferry Cross The Mersey&nbsp;\u00bb en 1964), deux autres albums au milieu des ann\u00e9es 60 et une compilation pour le march\u00e9 am\u00e9ricain o\u00f9 ils figurent en bonne place avec Cilla Black, les Fourmost, les Searchers, les Swinging Blue Jeans ou Freddy And The Dreamers (<em>Ferry Cross The Mersey<\/em>), le groupe se s\u00e9pare en 1966 non sans avoir tir\u00e9 une derni\u00e8re cartouche, \u00ab&nbsp;Girl On A Swing&nbsp;\u00bb (single et album).<\/p>\n\n\n\n<p>De reformations \u00e9pisodiques dans les ann\u00e9es 70 (ils feront quand m\u00eame une <em>Peel Session<\/em> de John Peel en 1973 pour la <em>BBC<\/em>), en r\u00e9\u00e9ditions discographiques, on entendra plus parler des Pacemakers autrement que par leur pr\u00e9sence au concert de charit\u00e9, en 1989, pour les victimes de la catastrophe de Hillborough, ce stade de Sheffield o\u00f9 une tribune s\u2019\u00e9tait effondr\u00e9e le 15 avril, officiellement sous la pression des supporters, faisant 96 victimes lors d\u2019une demi-finale de coupe entre Liverpool et Nottingham Forrest. You\u2019ll never die alone\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Mais on ne parlerait pas de Gerry Marsden et de ses Pacemakers s\u2019il ne s\u2019\u00e9tait pas produit un petit miracle, ce \u00ab&nbsp;You\u2019ll Never Walk Alone&nbsp;\u00bb justement, sorti en d\u00e9cembre 1963 \u2013 leur troisi\u00e8me n\u00b01 &#8211; et devenu l\u2019hymne des supporters du Liverpool F.C. C\u2019est ici que cet article h\u00e9site \u00e0 se placer entre le rock et le foot. Le titre est \u00e0 l\u2019origine une vieille scie de Broadway \u00e0 mettre \u00e0 l\u2019actif du duo de compositeurs Richard Rodgers et Oscar Hammerstein (citons-les pour m\u00e9moire)&nbsp;; une rengaine sentimentale pour une com\u00e9die musicale qui aura son petit succ\u00e8s apr\u00e8s-guerre&nbsp;: <em>Carousel<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Anecdotique, certes. Sauf que la reprise qu\u2019en propose Marsden et les siens a tout ce qu\u2019il faut de suffisamment populaire et \u00e9mouvant, avec des accents m\u00e9lodramatiques, pour en faire un hymne fraternel en l\u2019honneur d\u2019un club de foot et de tout ce qu\u2019il peut repr\u00e9senter de ferveur. Et quel&nbsp;club ! Ces reds de Liverpool dont la geste fut narr\u00e9e par le romancier David Peace (<em>Red Or Dead<\/em>, <em>Rouge ou Mort<\/em> chez Rivages Rouge).<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un peu au club, toutes proportions gard\u00e9es, ce que seront \u00ab&nbsp;Les Corons&nbsp;\u00bb, de Pierre Bachelet, pour le R.C Lens, et je d\u00e9fie quiconque de rester insensible quand r\u00e9sonne la chanson, aussi tartignolle qu\u2019on puisse la trouver, \u00e0 la mi-temps d\u2019un match \u00e0 Bollaert.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;You\u2019ll Never Walk Alone&nbsp;\u00bb ne restera d\u2019ailleurs pas l\u2019hymne d\u2019un seul club, cette superbe m\u00e9lodie un rien grandiloquente sera tout aussi solennellement adopt\u00e9e, comme par contagion, par les \u00c9cossais du Celtic Glasgow, les N\u00e9erlandais du Feyenoord Rotterdam ou les Allemands du Borussia Dortmund (entre autres). C\u2019est l\u2019un des rares exemples qui voient deux passions \u2013 le rock et le foot \u2013 aux publics en apparence si \u00e9loign\u00e9s, s\u2019unir et se fondre par-del\u00e0 les g\u00e9n\u00e9rations de fans et de supporters.<\/p>\n\n\n\n<p>Gerry Marsden deviendra un habitu\u00e9 des trav\u00e9es d\u2019Anfield et des regards se tourneront toujours vers lui \u00e0 l\u2019entame de la chanson magique qu\u2019il avait eu la bonne id\u00e9e de r\u00e9inventer. Jusqu\u2019\u00e0 ce jour fatal o\u00f9 il a rejoint son fr\u00e8re Fred et les cendres de tous les supporters dispers\u00e9es aux quatre coins de la pelouse.<\/p>\n\n\n\n<p>Et les milliers de poitrines \u00e0 travers l\u2019Europe pourront chanter pour lui seul, le temps d\u2019un deuil.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gerry Marsden est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 3 janvier dernier. 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