{"id":1841,"date":"2021-01-15T17:48:04","date_gmt":"2021-01-15T16:48:04","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1841"},"modified":"2021-01-15T17:48:06","modified_gmt":"2021-01-15T16:48:06","slug":"roger-vailland-dandy-et-communiste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1841","title":{"rendered":"ROGER VAILLAND: DANDY ET COMMUNISTE"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/illustration53.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1842\" width=\"578\" height=\"772\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/illustration53.jpg 194w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/illustration53-22x30.jpg 22w\" sizes=\"(max-width: 578px) 100vw, 578px\" \/><figcaption>caricature de Roger Vailland ; libertin, bourreau de travail et bolch\u00e9vik. <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Appel\u00e9 aussi le hussard rouge, ce stendhalien adepte du beau style mis au service de causes sociales, aura \u00e9t\u00e9 tour \u00e0 tour un \u00e9tudiant surr\u00e9aliste, un communiste intransigeant et un dandy moraliste. Il aura \u00e9t\u00e9 surtout un immense \u00e9crivain, trop souvent n\u00e9glig\u00e9 par une critique et une universit\u00e9 qui semblent l\u2019avoir oubli\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Vailland est n\u00e9 dans l\u2019Oise, mais c\u2019est \u00e0 Reims, sa ville d\u2019adoption, qu\u2019il se fera conna\u00eetre et dans l\u2019Ain, dans la maison de ses grands-parents, qu\u2019il passera le plus clair de sa vie. C\u2019est aussi l\u00e0, \u00e0 Meillonnas, qu\u2019il est enterr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es 30, en m\u00eame temps que ses d\u00e9buts de journaliste \u00e0 <em>Paris Midi <\/em>(suppl\u00e9ment de<em> Paris Soir) <\/em>sous la houlette de Pierre Lazareff, il s\u2019associe avec Ren\u00e9 Daumal, Roger-Gilbert Lecomte et quelques \u00e9tudiants r\u00e9mois pour fonder <em>Le Grand Jeu<\/em>, une revue d\u2019inspiration surr\u00e9aliste qui attire l\u2019attention d\u2019Andr\u00e9 Breton. Pas le temps de faire plus ample connaissance avec le groupe surr\u00e9aliste, m\u00eame si Desnos sera son meilleur ami de l\u2019\u00e9poque, car c\u2019est d\u00e9j\u00e0 la guerre. Vailland se replie \u00e0 Lyon et, apr\u00e8s d\u00e9j\u00e0 une cure de d\u00e9sintoxication, s\u2019engage dans un r\u00e9seau de r\u00e9sistance tour \u00e0 tour gaulliste puis communiste.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son essai <em>Le surr\u00e9alisme contre la r\u00e9volution <\/em>(1948), Vailland vilipendera les surr\u00e9alistes, des enfants g\u00e2t\u00e9s n\u2019ayant jamais eu \u00e0 gagner leur vie et qui pratiquent finalement un art bourgeois \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de la culture populaire qu\u2019il pr\u00f4ne. Il continue \u00e0 travailler dans les journaux, ce qui le disqualifie encore plus aux yeux de Breton et des siens (ou du petit cercle qui l\u2019entoure encore)&nbsp;: <em>Action<\/em> ou <em>Lib\u00e9ration<\/em> (celui de l\u2019apr\u00e8s-guerre). Mais c\u2019est principalement Aragon qui instruira le proc\u00e8s contre lui, l\u2019accusant d\u2019avoir fait l\u2019\u00e9loge du pr\u00e9fet de Paris Jean Chiappe, fasciste notoire. Il est vrai que Vailland n\u2019est pas \u00e0 une contradiction pr\u00e8s et qu\u2019il fait montre d\u00e9j\u00e0 d\u2019un stalinisme teint\u00e9 de nationalisme qu\u2019on qualifierait aujourd\u2019hui de \u00ab&nbsp;rouge-brun&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ce n\u2019est l\u00e0 qu\u2019une facette du personnage, de ce dandy qui prom\u00e8ne son \u00e9l\u00e9gante silhouette et son profil d\u2019aigle dans des soir\u00e9es libertines en ayant pour mod\u00e8les Choderlos De Laclos ou le cardinal De Bernis (il sera leur biographe \u00e0 tous deux), tout en travaillant \u00e0 des sc\u00e9narios de films pour Louis Daquin, Ren\u00e9 Cl\u00e9ment ou Roger Vadim et en \u00e9crivant sur l\u2019usine, la condition ouvri\u00e8re et les rapports de classe. Vailland n\u2019est pas \u00e0 un paradoxe pr\u00e8s et tous ces aspects de sa personnalit\u00e9 se sont rejoints dans la r\u00e9sistance.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9sistance qui constitue le cadre de son premier roman, <em>Dr\u00f4le de jeu<\/em>, paru en 1945 et qui situe bien la complexit\u00e9 du personnage principal pris comme un double de l\u2019auteur&nbsp;: Marat, chef d\u2019un r\u00e9seau de r\u00e9sistance respect\u00e9 et craint, mais aussi manipulateur et d\u00e9sinvolte, jouant au chat et \u00e0 la souris avec les gens qu\u2019il est cens\u00e9 organiser. Le roman obtiendra le prix Interalli\u00e9. Pour un coup d\u2019essai\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sera ensuite <em>Les mauvais coups<\/em>, trois ans plus tard, plus intimiste, plus pervers aussi. Le roman examine un couple en crise comme un entomologiste le ferait d\u2019un groupe d\u2019insectes. Milan, le h\u00e9ros au nom d\u2019oiseau de proie, et ses ma\u00eetresses&nbsp;; Milan qui ne supporte pas les crises de jalousie de sa femme, Roberte, laquelle finira par se suicider. Un roman d\u2019amour passion o\u00f9 les amants se sentent prisonniers de leur relation infernale, comme un alcoolique ou un junkie ressentent un m\u00e9lange d\u2019amour et de haine pour l\u2019objet de leur d\u00e9pendance.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s 1952, Vailland s\u2019engage avec passion chez les communistes et il est un militant heureux, passant son temps entre voyages et \u00e9criture. Il annonce la publication d\u2019un cycle romanesque intitul\u00e9 <em>L\u2019Homme Nouveau<\/em> et on ne peut s\u2019emp\u00eacher de penser \u00e0 son ennemi jur\u00e9, Aragon, entamant son <em>Monde R\u00e9el <\/em>dans les ann\u00e9es 30. La comparaison s\u2019arr\u00eate l\u00e0. C\u2019est en communiste que Vailland entreprend ce projet colossal qui comprendra quatre romans, parus entre 1950 et 1955: <em>Bon pied bon \u0153il<\/em>, <em>Un jeune homme seul<\/em>, <em>Beau masque<\/em> et<em> 325000 francs<\/em>. C\u2019est Stendhal s\u2019essayant au r\u00e9alisme socialiste, si on peut imaginer \u00e7a. Une plume \u00e9l\u00e9gante et raffin\u00e9e qui narre avec verve et didactisme des situations sociales se voulant apolog\u00e9tiques et exemplaires.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord <em>Bon pied, bon \u0153il<\/em>, qui reprend peu ou prou le personnage du Marat de <em>Dr\u00f4le de jeu<\/em> sous le nom de Lamballe. Lamballe peu \u00e0 peu \u00e9cart\u00e9 puis jet\u00e9 dans les poubelles de l\u2019histoire dans l\u2019ombre de l\u2019ascension de Rodrigue, le jeune communiste qui monte au sein du parti, \u00e9paul\u00e9 par Antoinette, sa compagne. Antoinette qui sera remplac\u00e9e par l\u2019avocate de Rodrigue et qui finira sa vie avec Lamballe, devenu borgne et boiteux. On aura reconnu dans Lamballe un auto-portrait (ou auto-critique) de Vailland lui-m\u00eame et dans Antoinette, celui d\u2019Elisabeth Naldi, son \u00e9pouse. Des gens d\u00e9j\u00e0 trop compromis avec le monde bourgeois et qui doivent laisser la place \u00e0 des hommes nouveaux, militants exemplaires et sans \u00e9tats d\u2019\u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p>Exemplaire aussi le Favard de <em>Un jeune homme seul<\/em>, un jeune bourgeois ressentant la honte de la d\u00e9faite et de l\u2019occupation qui trouve son salut dans des actes de r\u00e9sistance alors qu\u2019il est m\u00eal\u00e9 \u00e0 une enqu\u00eate de la police de Vichy sur des saboteurs. Favard, comme Vailland, \u00e9chappe \u00e0 l\u2019alcoolisme et \u00e0 ali\u00e9nation par son comportement h\u00e9ro\u00efque au sein de la r\u00e9sistance. Un grand roman, o\u00f9 la m\u00e9lancolie discr\u00e8te de l\u2019auteur affleure dans un r\u00e9cit ayant lui aussi valeur d\u2019exemplarit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Un peu plus connu est ce <em>Beau masque<\/em>, titre l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9marqu\u00e9 du nom d\u2019un ouvrier d\u2019origine italienne, Belmaschio qui a fui l\u2019Italie apr\u00e8s avoir tu\u00e9 deux fascistes pendant la guerre. Mais le personnage principal n\u2019en est pas moins une ouvri\u00e8re du textile du nom de Pierrette Amable, partag\u00e9e entre sa passion pour le s\u00e9duisant Beau masque et son amour pour son patron, Letourneau, rencontr\u00e9 dans un bal du Parti communiste. Tout se terminera de fa\u00e7on tragique dans une grande gr\u00e8ve \u00e0 l\u2019issue de laquelle Beau masque trouvera la mort. Vailland a longuement enqu\u00eat\u00e9 dans des usines de sa r\u00e9gion pour documenter ce drame r\u00e9aliste sur l\u2019intrusion de l\u2019amour dans la lutte des classes. En plus d\u2019un t\u00e9l\u00e9film de Peter Kassovitz en 2005, un film de Bernard Paul sera tir\u00e9 du roman, avec Richard Bohringer dans le r\u00f4le du bel italien.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut parler de roman marxiste avec <em>325000 francs<\/em>, une sorte de d\u00e9monstration math\u00e9matique o\u00f9 un jeune ouvrier n\u2019a que les courses cyclistes (Vailland a toujours \u00e9t\u00e9 un passionn\u00e9 de cyclisme) pour d\u00e9passer sa condition, projetant de tenir un bistrot et pouvoir pr\u00e9tendre ainsi \u00e0 l\u2019amour de Marie-Jeanne, qui refuse d\u2019\u00e9pouser un ouvrier. Mais le stakhanoviste Busard (c\u2019est son nom comme Milan \u00e9tait celui du h\u00e9ros de <em>Dr\u00f4le de jeu<\/em>) doit faire ses preuves et il promet \u00e0 Morel, son directeur d\u2019\u00e9quipe et ami de Marie-Jeanne, de fabriquer en s\u00e9rie et pendant six mois sur une presse un mod\u00e8le de carrosse en plastique, malgr\u00e9 les mises en garde du contrema\u00eetre lui reprochant son individualisme et son z\u00e8le. Las, Busard perdra un bras dans la man\u0153uvre et reprendra tristement son bistrot, comme si la mal\u00e9diction attendait au tournant celui qui a honte d\u2019appartenir \u00e0 la classe ouvri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis Vailland recevra le prix Goncourt pour<em> La loi<\/em> (en 1957). Un ma\u00eetre roman qui donnera lui aussi un film, de Jules Dassin cette fois, avec Gina Lollobridgida, Montand, M\u00e9lina Mercouri et Mastroianni. Entre la t\u00e9tralogie de <em>L\u2019Homme nouveau<\/em> et <em>La loi<\/em>, il y a eu le rapport Khrouchtchev et Vailland, stalinien irr\u00e9ductible, s\u2019est mis \u00e0 douter. Il attendait l\u2019homme nouveau sortir du monde communiste et on lui met sous le nez le prisonnier du goulag, le juif pers\u00e9cut\u00e9 ou l\u2019opposant massacr\u00e9. <em>La Loi<\/em> a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit apr\u00e8s un voyage dans les Pouilles. Le titre fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un jeu de taverne o\u00f9 le gagnant peut tout exiger des perdants, les critiquer, les humilier, les voler, les battre\u2026 Vailland extrapole \u00e0 partir de l\u00e0 pour d\u00e9crire une soci\u00e9t\u00e9 patriarcale et d\u00e9cortiquer les ressorts du pouvoir du patriarche, Don Cesar, qui a tous les droits sur son entourage, y compris celui de cuissage. Il ne reste plus, pour les opprim\u00e9s, qu\u2019\u00e0 attendre que le jeu tourne et que la loi change, pour pouvoir enfin inverser la tendance et dominer \u00e0 leur tour. Seules les femmes \u00e9tant exclues du jeu. Un roman d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 o\u00f9 on sent que Vailland n\u2019est plus anim\u00e9 par ses id\u00e9aux r\u00e9volutionnaires, d\u00e9crivant une soci\u00e9t\u00e9 nietzsch\u00e9enne o\u00f9 les principaux ressorts sont le sadisme, le d\u00e9sir et l\u2019envie.<\/p>\n\n\n\n<p>Ses deux derniers ouvrages&nbsp;: <em>La f\u00eate<\/em> (1960) et surtout le superbe <em>La Truite<\/em> (1964) tirent d\u2019ailleurs le m\u00eame fil, sauf qu\u2019il se rapproche des auteurs libertins du XVIII\u00b0 si\u00e8cle qu\u2019il aime tant. Deux derniers romans d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s et lucides. Dans <em>La f\u00eate<\/em>, il met en sc\u00e8ne son couple qui a troqu\u00e9 les espoirs mis dans une soci\u00e9t\u00e9 nouvelle pour la recherche effr\u00e9n\u00e9e des plaisirs de la nuit. Un couple libertin qui cherche inlassablement la volupt\u00e9 tout en veillant \u00e0 garder le contr\u00f4le, la souverainet\u00e9 dans ce monde interlope. Vailland est maintenant le h\u00e9ros de ses romans et se d\u00e9crit en id\u00e9aliste d\u00e9sabus\u00e9 redevenu alcoolique et voluptueux. Les corps physiques ont remplac\u00e9 les corps sociaux, et la soci\u00e9t\u00e9 sans classes a fait place aux individus livr\u00e9s \u00e0 leurs d\u00e9sirs.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque para\u00eet <em>La Truite<\/em>, Vailland se sait atteint d\u2019un cancer du poumon et il en mourra en mai 1965, \u00e0 57 ans. Il l\u2019a \u00e9crit dans la douleur son roman le plus dur, et peut-\u00eatre le plus beau. Le d\u00e9but est superbe&nbsp;: un couple, Galuchat et Fr\u00e9d\u00e9rique, admire la beaut\u00e9 d\u2019une fille \u2013 Lou &#8211; au bowling du Point du jour, pr\u00e8s des usines Renault. Tout un symbole. Lou, c\u2019est la truite (merveilleusement jou\u00e9e par Isabelle Huppert dans le film \u00e9ponyme de Losey), ondoyante et insaisissable. Des jeux de s\u00e9duction comme m\u00e9taphores d\u2019un syst\u00e8me n\u00e9o-lib\u00e9ral qui broie et oppresse les faibles tout en laissant les dominants \u00e0 leurs plaisirs. Galuchat est la victime d\u00e9sign\u00e9e et les autres personnages ne s\u2019en sortent gu\u00e8re beaucoup mieux. Seule la truite, imperturbable, peut se jouer de leurs vies, faire na\u00eetre leur d\u00e9sir avant de les r\u00e9duire au d\u00e9sespoir. Comme les astres, les corps s\u2019attirent et la beaut\u00e9 peut aussi \u00eatre mortelle. Des corps qui sont des produits mis sur le march\u00e9 du sexe, ob\u00e9issant eux aussi aux lois de l\u2019offre et de la demande. La vision du monde de Vailland est terrifiante de lucidit\u00e9. C\u2019est au fond un monde qui, sans projet de soci\u00e9t\u00e9 et sans utopie fraternelle, laisse des individus sans \u00e2me tenter de surnager dans les eaux glac\u00e9es du calcul \u00e9go\u00efste, selon la belle formule de Marx.<\/p>\n\n\n\n<p>Vailland, dandy et communiste, libertin et alcoolique, moraliste et fraternel, aura d\u00e9peint comme personne un monde d\u00e9sert\u00e9 par la gr\u00e2ce d\u2019o\u00f9 on a \u00e9vacu\u00e9 tous les id\u00e9aux. Ses neuf romans apparaissent aussi bien comme des \u00e9loges indirects de la lutte des classes que comme des illustrations m\u00e9taphoriques de l\u2019enfer capitaliste tel qu\u2019il l\u2019imaginait. Une \u0153uvre exceptionnelle pour une vie men\u00e9e tambour battant du r\u00eave communiste aux impasses de la chair.<\/p>\n\n\n\n<p><em><u><strong>Les romans de Roger Vailland son parus chez Gallimard \u00e0 partir de <\/strong><\/u><\/em><strong>Beau Masque<\/strong><strong><em>. Les quatre premiers sont parus chez Corr\u00eaa, la plupart r\u00e9\u00e9dit\u00e9s chez Grasset.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>8 janvier 2021.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Appel\u00e9 aussi le hussard rouge, ce stendhalien adepte du beau style mis au service de causes sociales, aura \u00e9t\u00e9 tour \u00e0 tour un \u00e9tudiant surr\u00e9aliste, un communiste intransigeant et un dandy moraliste. Il aura \u00e9t\u00e9 surtout un immense \u00e9crivain, trop souvent n\u00e9glig\u00e9 par une critique et une universit\u00e9 qui semblent l\u2019avoir oubli\u00e9. 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