{"id":1854,"date":"2021-01-29T18:16:23","date_gmt":"2021-01-29T17:16:23","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1854"},"modified":"2021-01-29T18:16:24","modified_gmt":"2021-01-29T17:16:24","slug":"notes-de-lecture-5","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1854","title":{"rendered":"NOTES DE LECTURE (5)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"800\" height=\"1025\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/illustration56.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1855\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/illustration56.jpg 800w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/illustration56-234x300.jpg 234w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/illustration56-768x984.jpg 768w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/illustration56-702x900.jpg 702w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/illustration56-468x600.jpg 468w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/illustration56-23x30.jpg 23w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption>Faulkner, gentleman du sud et \u00e9crivain prodigieux<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>De si jolis petits chevaux \u2013 Cormac Mc CARTHY \u2013 Points Seuil.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Plus connu pour son roman <em>La route<\/em>, qui d\u00e9crit l\u2019errance d\u2019un p\u00e8re et de son fils dans un paysage post-apocalyptique o\u00f9 les dangers sont constants, Cormac Mc Carthy s\u2019est impos\u00e9 comme un g\u00e9ant de la litt\u00e9rature am\u00e9ricaine contemporaine. Le cin\u00e9ma lui a rendu maintes fois hommage et ce n\u2019est que justice, tant son style est imag\u00e9 et son \u00e9criture tr\u00e8s cin\u00e9matographique. Pas tr\u00e8s loin des <em>Nature writers<\/em> non plus&nbsp;; une nature qui explose \u00e0 chaque page et dont la beaut\u00e9 sauvage forme contraste avec les hommes et les femmes qui l\u2019habitent.<\/p>\n\n\n\n<p>On a ici trois adolescents qui quittent leurs familles dysfonctionnelles pour tenter leur chance et \u00e9lever des chevaux de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du Rio Grande, au Mexique. Une \u00e9pop\u00e9e de quatre sous mais surtout une course vers la libert\u00e9 et l\u2019autonomie qui finira mal. On peut \u00eatre parfois rebut\u00e9 par un style original fait de longues phrases quasiment sans ponctuation, mais c\u2019est aussi ce qui fait l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une \u00e9criture rythm\u00e9e comme une respiration, un souffle qui s\u2019\u00e9chapperait du saxophone d\u2019un bopper et qui n\u2019est pas sans lien avec les po\u00e8tes de la Beat Generation.<\/p>\n\n\n\n<p>Le plus jeune des trois sera ex\u00e9cut\u00e9 par un militaire mexicain pour un meurtre ayant suivi un vol de chevaux qu\u2019il n\u2019a jamais commis. Un autre repartira chez ses parents, \u00e0 Angelino (Texas), las des vicissitudes du voyage. Seul le h\u00e9ros, John Grady Cole, ira au terme de son \u00e9quip\u00e9e mais y laissera ses illusions et ses r\u00eaves. On pense au film <em>Les D\u00e9sax\u00e9s<\/em> (<em>The Misfits<\/em>) de John Huston avec ses personnages attachants r\u00e9tifs \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 l\u2019Am\u00e9rique moderne tant leur est cher un autre pays, leur Am\u00e9rique, faite de grands espaces, d\u2019animaux et de libert\u00e9. Un pays devenu mythique que quelques romantiques indomptables essaient encore d\u2019habiter, loin du dieu dollar, du mode de vie am\u00e9ricain et de la modernit\u00e9. Des rebelles, des hors-la-loi, des marginaux, aussi beaux et sauvages que leurs chevaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une histoire simple \u2013 Leonardo SCIASCIA \u2013 Fayard.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un court roman ou une longue nouvelle (\u00e0 peine 70 pages) pour une histoire on ne peut plus simple&nbsp;: un homme t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 la police en disant simplement \u00ab&nbsp;j\u2019ai trouv\u00e9&nbsp;\u00bb, la communication est coup\u00e9e et on retrouve son cadavre, un revolver \u00e0 la main, dans une maison inhabit\u00e9e. Tout est simple, mais tout se complique \u00e0 chaque page, avec des faits qui viennent se superposer et leur interpr\u00e9tation particuli\u00e8re \u00e0 chaque personnage, des enqu\u00eateurs qui finissent par s\u2019entre-tuer aux voisins ou connaissances de la victime.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Chacun sa v\u00e9rit\u00e9&nbsp;\u00bb, disait d\u00e9j\u00e0 Pirandello, et Sciascia n\u2019est pas sicilien pour rien, qui v\u00e9n\u00e8re son compatriote dramaturge presque autant qu\u2019il admire Stendhal. Seul le personnage du brigadier cherche la v\u00e9rit\u00e9 quand tout le monde cherche \u00e0 la fuir et \u00e0 \u00e9chafauder des r\u00e9cits qui laissent en paix leur conscience et leurs faibles capacit\u00e9s d\u2019entendement. On ne croit pas un instant au d\u00e9nouement et au fin mot de l\u2019histoire, tant les pistes explor\u00e9es nous ont amen\u00e9 \u00e0 nous m\u00e9fier de la v\u00e9rit\u00e9 officielle, fut-elle celle de l\u2019auteur. Cette histoire simple est aussi un roman tr\u00e8s politique o\u00f9 planent les ombres de la mafia et ses affaires de trafic de drogue, sans que Sciascia ne cite jamais la pieuvre et ses m\u00e9faits.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 qu\u2019on retrouve le Sciascia auteur de contes policiers (doit-on parler de polars \u00e0 son sujet?) qui sont souvent des m\u00e9taphores de l\u2019actualit\u00e9 politique italienne du XX\u00b0 si\u00e8cle, de Mussolini aux Brigades rouges en passant par la mafia. Ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas un hasard si des cin\u00e9astes politiques comme Elio Petri ou Francesco Rosi mettront en image plusieurs de ses romans. Sciascia fera aussi une r\u00e9sistible carri\u00e8re politique dans les rangs du PCI o\u00f9 il se fait l\u2019avocat du compromis historique avec la D\u00e9mocratie Chr\u00e9tienne, avant de rejoindre le Parti Radical de Marco Panella sur la fin de sa vie.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Nous nous souviendrons de cette plan\u00e8te&nbsp;\u00bb, tel est l\u2019\u00e9pitaphe, inspir\u00e9 de Villiers de l\u2019Isle Adam, qu\u2019on peut lire sur sa tombe. Nous nous souviendrons aussi de Leonardo Sciascia, romancier, journaliste, essayiste et homme politique. Un homme complet, un homme complexe, po\u00e8te et th\u00e9oricien \u00e0 la fois mais surtout, un brillant humaniste.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Rem\u00e8des d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s \u2013 Thomas HARDY \u2013 Points Seuil.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec Charles Dickens, Thomas Hardy est un peu le Victor Hugo britannique. Sans chauvinisme aucun, il faut bien en citer deux pour \u00e9galer le grand homme. Si on conna\u00eet plut\u00f4t bien les romans de la maturit\u00e9 (<em>Jude l\u2019obscur<\/em>, <em>Loin de la foule en col\u00e8re<\/em> ou <em>Tess d\u2019Uberville<\/em>) o\u00f9 l\u2019on peut souvent voir, dans la province imaginaire du Wessex (qui n\u2019est autre que les Cornouailles), de jeunes paysannes candides s\u00e9duites puis abandonn\u00e9es par des suborneurs sans scrupule&nbsp;; on conna\u00eet mal ce premier roman qu\u2019il avait renonc\u00e9 \u00e0 faire publier et qui ne para\u00eetra qu\u2019apr\u00e8s sa mort.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ses romans de la maturit\u00e9, Hardy se compla\u00eet \u00e0 d\u00e9crire des c\u0153urs purs et des \u00e2mes romantiques souill\u00e9es par la ville, sa modernit\u00e9 corruptrice et ses vaines tentations. Point de Wessex ici mais Londres et ses environs, o\u00f9 se situe l\u2019intrigue. Une intrigue \u00e9minemment complexe qu\u2019on ne tentera pas de r\u00e9sumer mais o\u00f9 les constantes de l\u2019\u0153uvre de Hardy sont pr\u00e9sentes&nbsp;: jeune orpheline flanqu\u00e9e de son fr\u00e8re honn\u00eate et de son fianc\u00e9 d\u2019une droiture exemplaire qui ont \u00e0 subir les assauts d\u2019une vieille aristocrate fantasque et du r\u00e9gisseur de ses terres \u2013 qui n\u2019est autre que son fils cach\u00e9 \u2013 qu\u2019elle tient \u00e0 marier avec la jeune fille pure. On suit l\u2019\u00e9volution des sentiments des uns et des autres tout au long d\u2019un r\u00e9cit rocambolesque o\u00f9 il est question de secrets de famille, d\u2019usurpation d\u2019identit\u00e9 et de machinations diaboliques.<\/p>\n\n\n\n<p>Hardy est proche ici des grands feuilletonistes fran\u00e7ais du XIX\u00b0 (les Eug\u00e8ne Sue, Hector Malot, Michel Z\u00e9vaco ou Paul F\u00e9val), et il en endosse aussi les d\u00e9fauts avec des rebondissements improbables et des intrigues qu\u2019on voit venir de loin. Pas son meilleur livre, certes, mais plut\u00f4t un brouillon pour les merveilles \u00e0 venir, l\u00e0 o\u00f9 Hardy se fait le peintre de la campagne anglaise et le chantre des \u00e2mes innocentes tout en fustigeant l\u2019aristocratie f\u00e9odale comme la bourgeoisie industrielle. Un moraliste implacable au service des opprim\u00e9s, rompant des lances avec les puissants. Une sorte de Don Quichotte britton. Un chevalier.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bleubite \u2013 Alphonse BOUDART \u2013 La Table Ronde.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De la r\u00e9sistance \u00e0 la r\u00e9volution&nbsp;!, tel \u00e9tait le slogan, et le programme des gens de gauche embringu\u00e9s dans la lutte contre l\u2019occupant. Pour Boudart, anar de droite qui n\u2019avait pas en odeur de saintet\u00e9 aussi bien les gaullistes que les communistes, ce sera un chemin de traverse de la r\u00e9sistance \u00e0 la truanderie avec, en bout de course, la prison et l\u2019h\u00f4pital mais aussi &#8211; dieu merci &#8211; la litt\u00e9rature.<\/p>\n\n\n\n<p>Boudart est certainement l\u2019h\u00e9ritier le plus digne de C\u00e9line, son ma\u00eetre. Il en a la verve, la truculence, la bouffonnerie, la faconde et l\u2019humour rabelaisien, comme il a aussi h\u00e9rit\u00e9 de ses mani\u00e8res les plus contestables&nbsp;: \u00e9ternels croche-pattes contre les intellectuels d\u00e9crits comme des salonnards donneurs de le\u00e7on, m\u00e9pris des humanistes assimil\u00e9s \u00e0 des tartufes bien pensants, animosit\u00e9 contre tout ce qui penche (et pense) \u00e0 gauche. Sans parler de ses tendances racistes, homophobes et misogynes. De quoi feuilleter avec des pincettes m\u00eame ses ouvrages les plus jouissifs, de <em>La m\u00e9tamorphose des cloportes<\/em> au <em>Corbillard de Jules<\/em>, sans oublier sa magistrale <em>Hostobiographie<\/em> ou sa d\u00e9sopilante<em> M\u00e9thode \u00e0 Mimile, <\/em>ou l\u2019argomuche tel qu\u2019on le jacte. Le talent n\u2019est pas toujours de gauche, surtout en litt\u00e9rature.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Bleubite<\/em>, c\u2019est l\u2019histoire d\u2019un jeune homme et de ses faits d\u2019arme dans les FFI, en septembre 1944 o\u00f9 ce sont les Allemands cette fois qui r\u00e9sistent. Trois soldats de fortune qui vont traquer ce qui reste d\u2019Allemands jusqu\u2019\u00e0 Nancy et \u00e0 qui il arrive toutes sortes d\u2019avanies. Leur parcours en traction depuis Pantruche jusqu\u2019aux confins de l\u2019Allemagne. Une odyss\u00e9e de carnaval. On s\u2019aper\u00e7oit au fil du r\u00e9cit que ce n\u2019est pas si simple et que le chef est un collabo fra\u00eechement d\u00e9guis\u00e9 en r\u00e9sistant et que son second \u00e9tait truand dans le civil. C\u2019est bien connu&nbsp;: tous collabos pendant la guerre et tous r\u00e9sistants en 1944. \u00c7a doit beaucoup \u00e0 San Antonio avec force sexe (pour rire) et scatologie. On pense aussi au Fallet de <em>Banlieue Sud-Est<\/em> ou au Blondin de <em>L\u2019Europe buissonni\u00e8re<\/em>. C\u2019est dire si on est en bonne compagnie avec cette g\u00e9n\u00e9ration perdue d\u00e9vast\u00e9e par la guerre qui a pris le parti d\u2019en rire pour oublier la d\u00e9b\u00e2cle, les blessures, la douleur et les traumatismes. Car on rit beaucoup avec le p\u00e8re Alphonse, m\u00eame si tout cela laisse un arri\u00e8re go\u00fbt amer qui passe quand m\u00eame gr\u00e2ce \u00e0 un style heurt\u00e9, syncop\u00e9, agressif, argotique. C\u2019est un langage travaill\u00e9, poli, \u00ab&nbsp;rendu \u00e9motif&nbsp;\u00bb comme disait C\u00e9line. Un langage que les moins de 60 ans ne doivent d\u00e9j\u00e0 plus comprendre. Un style C\u00e9linien pour tout dire&nbsp;; pour le pire parfois, mais souvent pour le meilleur.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Absalon&nbsp;! Absalon&nbsp;! &#8211; William FAULKNER \u2013 L\u2019imaginaire Gallimard.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019immense Faulkner et son Sud maudit qu\u2019il a pass\u00e9 sa vie \u00e0 observer comme un dieu perch\u00e9 dans les nuages planant au-dessus de Jefferson (Mississippi). Faulkner et ses th\u00e8mes de pr\u00e9dilection&nbsp;: la guerre de s\u00e9cession, l\u2019esclavage, le racisme et toutes ces histoires de sang m\u00eal\u00e9, de quarterons ou d\u2019octavons o\u00f9 le pire pour ces riches familles de planteurs serait d\u2019avoir ne serait-ce qu\u2019une once de sang noir.<\/p>\n\n\n\n<p>Lev\u00e9 d\u00e8s 5h du matin avec la bouteille de Southern Comfort \u00e0 port\u00e9e de main, il \u00e9crit inlassablement et raconte souvent les m\u00eames histoires de haine racont\u00e9es depuis une universit\u00e9 de nouvelle Angleterre par le dernier descendant d\u2019une dynastie sudiste d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e. \u00ab&nbsp;Une histoire racont\u00e9e par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien&nbsp;\u00bb, selon Shakespeare. Les \u0153uvres compl\u00e8tes de Shakespeare dans une main et la sainte bible dans l\u2019autre, Faulkner nous emm\u00e8ne dans l\u2019ancien paradis du Sud devenu un enfer apr\u00e8s la guerre de s\u00e9cession. Ses h\u00e9ros sont des fermiers bravaches qui ont fond\u00e9 des familles pathog\u00e8nes min\u00e9es par des haines ancestrales et un ressentiment constant. Les noirs sont finalement les seuls personnages qui \u00e9chappent \u00e0 la mal\u00e9diction, eux qui font semblant de ployer sous le joug des ma\u00eetres tout en les moquant gentiment car, finalement, ils sont les vainqueurs. Ne manquent que le blues et ses douze mesures.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, c\u2019est l\u2019histoire de la famille Suptren qui est cont\u00e9e \u00e0 travers Thomas le patriarche, lequel se venge d\u2019une humiliation enfantine (des noirs qui ne l\u2019ont pas laiss\u00e9 entrer pour d\u00e9livrer un message \u00e0 un riche planteur) par une soif de r\u00e9ussite finissant par faire le d\u00e9sespoir de son clan. On r\u00e9sume \u00e0 gros traits, car le tout d\u00e9passe les 400 pages.<\/p>\n\n\n\n<p>Le style de Faulkner est d\u2019une densit\u00e9 parfois \u00e9touffante. Ce n\u2019est pas un auteur facile \u00e0 lire et il \u00e9tait r\u00e9put\u00e9 pour brouiller les pistes et parfois m\u00eame tirer aux cartes l\u2019ordre des chapitres de ses livres. On se demande parfois qui parle (et \u00e0 qui) et o\u00f9 et quand se situe l\u2019action tout au long de monologues int\u00e9rieurs qui seront la caract\u00e9ristique principale de toute la litt\u00e9rature moderne, \u00e0 commencer par Joyce et le nouveau roman. Mais on est emport\u00e9s par le souffle mystique et l\u2019ampleur du flot des mots.<\/p>\n\n\n\n<p>Car William Faulkner, qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas, est \u00e0 mon avis le plus grand \u00e9crivain tous genres, toutes latitudes et toutes \u00e9poques confondues. Le cha\u00eenon manquant entre les p\u00e8res de la litt\u00e9rature am\u00e9ricaine (Twain, Poe ou Melville) et la g\u00e9n\u00e9ration perdue des Miller, Dos Passos, Hemingway ou Fitzgerald. Un monument.<\/p>\n\n\n\n<p>26 janvier 2021<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De si jolis petits chevaux \u2013 Cormac Mc CARTHY \u2013 Points Seuil. 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