{"id":1914,"date":"2021-02-27T20:13:00","date_gmt":"2021-02-27T19:13:00","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1914"},"modified":"2021-02-27T20:13:02","modified_gmt":"2021-02-27T19:13:02","slug":"les-supremes-la-reine-diana-et-sa-dauphine-mary-wilson","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1914","title":{"rendered":"LES SUPREMES \/ LA REINE DIANA ET SA DAUPHINE, MARY WILSON"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"741\" height=\"988\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/illustration66.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1915\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/illustration66.jpg 741w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/illustration66-225x300.jpg 225w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/illustration66-675x900.jpg 675w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/illustration66-450x600.jpg 450w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/illustration66-23x30.jpg 23w\" sizes=\"(max-width: 741px) 100vw, 741px\" \/><figcaption>Sweet Mary (absolutely), au temps des Supremes<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Si Diana Ross a pris toute la lumi\u00e8re au sein du trio vocal f\u00e9minin de Detroit sign\u00e9 par Tamla Motown &#8211; The Supremes &#8211; peu de place aura \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9e \u00e0 sa dauphine, Mary Wilson. Pourtant, la chanteuse avait aussi du chien. Elle est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e \u00e0 Las Vegas le 8 f\u00e9vrier dernier, soit 45 ans apr\u00e8s la troisi\u00e8me de ce chavirant brelan de dames, Florence Ballard. Voici leurs histoires&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mary Wilson est n\u00e9e le 6 mars 1944 \u00e0 Greenville (Mississippi), avant de suivre ses parents, victimes de l\u2019exode rural, \u00e0 Detroit. C\u2019est dans ces ann\u00e9es-l\u00e0 que beaucoup d\u2019ouvriers agricoles du sud vont conna\u00eetre les charmes des bagnes industriels du nord et du midwest. Detroit et Chicago tiennent la corde. La petite Mary d\u00e9barque donc \u00e0 Motor city \u00e0 12 ans et, dot\u00e9e d\u2019une voix de contralto et d\u2019un physique avenant, elle forme avec \u2013 d\u00e9j\u00e0 \u2013 Diana Ross et Florence Ballard (plus une d\u00e9nomm\u00e9e Betty Mc Glown que la gloire n\u2019aura pas convoqu\u00e9e) les Primettes, sign\u00e9es par le label Lu-Pines qui fera faillite en 1959, justement l\u2019ann\u00e9e de la fondation par Berry Gordy du label Tamla Motown.<\/p>\n\n\n\n<p>Les trois chanteuses connaissent d\u00e9j\u00e0 deux futurs Temptations, Eddie Kendricks et Paul Williams, et elles avaient choisi leur nom en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 leur groupe, les Primes. Et puis, Smokey Robinson est voisin de Diana Ross dans un quartier ouvrier du nord-est de Detroit, \u00e7a aidera.<\/p>\n\n\n\n<p>Le quatuor s\u2019appellera les Supremes sous le nouveau label, et Betty Mc Glown se verra remplac\u00e9e par Barbara Martin qui s\u2019en ira \u00e0 son tour, en 1962. Les Supremes seront donc un trio. Elles ne signeront au profit de l\u2019usine \u00e0 tubes qu\u2019en 1961.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Primettes s\u2019\u00e9taient content\u00e9es de faire les ch\u0153urs sur des enregistrements des Falcons ou de Eddie Floyd. Un single quand m\u00eame \u00e0 leur actif, avec \u00ab&nbsp;Tears Of Sorrow&nbsp;\u00bb, chant\u00e9 par Diana Ross, et \u00ab&nbsp;Pretty Baby&nbsp;\u00bb en face B, laiss\u00e9e \u00e0 Mary Wilson.<\/p>\n\n\n\n<p>Les d\u00e9buts des Supremes ne sont pas sp\u00e9cialement glorieux non plus. Berry Gordy les fait enregistrer mais la plupart de leurs titres restent dans les tiroirs, \u00e0 l\u2019instar de \u00ab&nbsp;After All&nbsp;\u00bb, pourtant de Smokey Robinson. Les autres morceaux de la p\u00e9riode ne figureront plus tard que sur des compilations. Un galop d\u2019essai mais leur premier single, \u00abI Want A Guy&nbsp;\u00bb, comme le deuxi\u00e8me \u00ab&nbsp;Popcorn Buttered&nbsp;\u00bb se ramassent. Gordy ne croit plus trop aux chances du trio et il souhaite les employer comme choristes derri\u00e8re Smokey Robinson.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1962, Gordy et Robinson constatent un l\u00e9ger fr\u00e9missement&nbsp;: \u00ab&nbsp;Your Heart Belongs To Me&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Let Me Go The Right Way&nbsp;\u00bb, leurs deux singles de l\u2019ann\u00e9e, se sont class\u00e9s dans le Top 100 et leur premier album,<em> Meet The Supremes<\/em>, sorti en d\u00e9cembre, a inscrit les trois jeunes filles dans le paysage musical de l\u2019Am\u00e9rique. Trois car Barbara Martin est partie. Gordy et Robinson sont aux manettes et un coup de main est donn\u00e9 par Lamont Dozier et Eddie Holland. La dream team est \u00e0 la man\u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors Berry Gordy fait du trio une priorit\u00e9 pour Tamla. Mais le prototype sorti des usines Motown conna\u00eet encore des rat\u00e9s. \u00ab&nbsp;My Heart Can\u2019t Take It No More&nbsp;\u00bb comme \u00ab&nbsp;A Breathtaking Guy&nbsp;\u00bb, leurs simples de 1963, ne font pas recette et elles brouillent leur image en enregistrant un album de reprises de standards (<em>The Supremes sing Country, Western and Pop<\/em>) qui ne sortira que deux ans plus tard. Pire, un autre album du m\u00eame tonneau (<em>The Supremes sing ballads and blues<\/em>) ne para\u00eetra jamais. Les sylphides noires commencent \u00e0 \u00eatre la ris\u00e9e du milieu et la revue maison, <em>Motortown<\/em>, les surnomme les \u00ab&nbsp;no-hit Supremes&nbsp;\u00bb. Il est plus que temps de r\u00e9agir.<\/p>\n\n\n\n<p>Les patrons de Motown ne rient pas, eux. Si les Marvelettes ont d\u00e9croch\u00e9 un hit avec le \u00ab&nbsp;Please Mr Postman&nbsp;\u00bb repris par les Beatles, pourquoi pas les Supremes, qui chantent aussi bien et font un peu moins godiches. On met les grands moyens. Les fr\u00e8res Holland (Eddie et Brian) et Lamont Dozier \u00e9criront d\u00e9sormais leurs chansons. Une \u00e9quipe qui gagne avec Martha And The Vandellas et qui triomphera avec les Four Tops ou les Temptations. On am\u00e9liore la production en s\u2019inspirant des Girls groups de Phil Spector et, surtout, on met Diana Ross en vedette alors que c\u2019est Mary Wilson qui \u00e9tait la pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de Gordy, m\u00eame s\u2019il croyait beaucoup en Diana, nagu\u00e8re la seule vendeuse noire du grand magasin Harrod\u2019s \u00e0 Detroit. La favorite est rel\u00e9gu\u00e9e dauphine, mais l\u2019\u00e9l\u00e9gance pr\u00e9vaut.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s deux autres semi-\u00e9checs (\u00ab&nbsp;When The Lovely Starts Shining Through Your Eyes&nbsp;\u00bb fin 1963 et \u00ab&nbsp;Run Run Run&nbsp;\u00bb d\u00e9but 1964), c\u2019est enfin la gloire et l\u2019olympe des teenagers avec \u00ab&nbsp;Where Did Our Love Go&nbsp;\u00bb en juin de la m\u00eame ann\u00e9e. Num\u00e9ro un et disque d\u2019or pour cette bluette inspir\u00e9e et sautillante qui les envoie au sommet des hit-parades. La chanson avait \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e par les Marvelettes et Mary Wilson parlait \u00e0 son sujet de \u00ab&nbsp;truc pour gamins&nbsp;\u00bb au micro de Dick Clark.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019album \u00e9ponyme fait aussi un triomphe avec son lot de hits (\u00ab&nbsp;Baby Love&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Come See About Me&nbsp;\u00bb, tous deux n\u00b01). En octobre, c\u2019est la sortie de leur troisi\u00e8me album, <em>A little bit of Liverpool<\/em>, avec des reprises des Beatles, du Dave Clark Five et de Gerry And The Pacemakers.<\/p>\n\n\n\n<p>Les d\u00e9sormais reines de Detroit se posent en Beatles au f\u00e9minin. Puis c\u2019est une tourn\u00e9e triomphale \u00e0 travers le pays et un hommage \u00e0 Sam Cooke (<em>We remember Sam Cooke<\/em>). 1965 est l\u2019ann\u00e9e des Supremes et des \u00ab&nbsp;trucs pour gamins&nbsp;\u00bb (et gamines) encore appel\u00e9s \u00ab&nbsp;symphonies pour adolescents&nbsp;\u00bb, ils vont en sortir une tann\u00e9e&nbsp;; une avalanche de hits. Rien que pour 1965&nbsp;: le torride \u00ab&nbsp;Stop&nbsp;! In The Name Of Love&nbsp;\u00bb puis le magique \u00ab&nbsp;Back In My Arms Again&nbsp;\u00bb avant l\u2019\u00e9mouvant \u00ab&nbsp;Nothing But Heartaches&nbsp;\u00bb et l\u2019un des plus grands albums de la pop music&nbsp;: <em>More hits by the Supremes<\/em>. La m\u00eame ann\u00e9e, une autre tourn\u00e9e triomphale aux \u00c9tats-Unis, avec le Lovin\u2019 Spoonful en premi\u00e8re partie. Bien accompagn\u00e9es. Le groupe de John B. Sebastian et de Zal Yanovsky va d\u2019ailleurs s\u2019inspirer de leur \u00ab&nbsp;Baby Love&nbsp;\u00bb pour \u00e9crire l\u2019intro de leur \u00ab&nbsp;Daydream&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En robes du soir \u2013 toutes pareilles \u2013 et coiffures appr\u00eat\u00e9es, les Supremes sortent, \u00e0 la fin de cette ann\u00e9e-l\u00e0, un live au Copa, le Copacabana de New York o\u00f9 Sinatra \u00e9tait en r\u00e9sidence, plus un disque de No\u00ebl. Elles en font un peu trop et on sent bien que Gordy veut tirer le maximum de ses poules (de luxe) aux \u0153ufs d\u2019or. Apr\u00e8s le Copa, c\u2019est le Philharmonic Hall de New York et leur premier hit de 1966, le somptueux \u00ab&nbsp;I Hear A Symphony&nbsp;\u00bb avant l\u2019\u00e9patant \u00ab&nbsp;You Can\u2019t Hurry Love&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 et le trouble \u00ab&nbsp;You Keep Me Hangin\u2019 On&nbsp;\u00bb, le disque de la maturit\u00e9 o\u00f9 une Diana Ross devenue femme crie un d\u00e9finitif \u00ab&nbsp;get out of my life&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Elle doit s\u2019adresser \u00e0 tous ces m\u00e2les qui l\u2019ont fait reine mais qui ne la respectent pas pour autant. Fin 1966, l\u2019album <em>Supremes A Gogo <\/em>est leur chant du cygne, avec des reprises imparables du catalogue Tamla, des Four Tops aux Temptations en passant par les Miracles de Smokey Robinson.<\/p>\n\n\n\n<p>Florence Ballard s\u2019en va apr\u00e8s un ultime cr\u00eapage de chignon avec lady Diana qui, encourag\u00e9e par Gordy, parle de plus en plus d\u2019une carri\u00e8re solo, loin de ses partenaires qu\u2019elle croit jalouses d\u2019elle. Elle doit inaugurer son nouveau statut de chanteuse en solitaire au Flamengo de Las Vegas, mais Gordy d\u00e9cide de remplacer Ballard par Cindy Birdsong, la bien nomm\u00e9e. Deux albums pour 1967, les Supremes se prolongent&nbsp;: elles chantent d\u2019abord les songwriters maisons, Holland \/ Dozier \/ Holland, puis Rogers and Hart, le duo qui a fait les beaux jours de Broadway. Diana Ross se voit toujours triompher en solitaire \u00e0 Las Vegas et Berry Gordy, pour la faire patienter, accepte, sur sa suggestion, de rebaptiser le groupe Diana Ross And The Supremes. Merci pour les copines.<\/p>\n\n\n\n<p>Une demi-douzaine d\u2019albums (live et studio) sans int\u00e9r\u00eat entre juillet 1967 et fin 1970, jusqu\u2019\u00e0 ce <em>Farewell<\/em> qui marque les adieux du groupe \u00e0 son public.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u00e0 qu\u2019on retrouve Mary Wilson qui, avec Cindy Birdsong et Jean Terrell, va permettre au groupe de survivre jusqu\u2019en 1977, avec de nombreux changements de personnel et encore une dizaine d\u2019albums largement dispensables. Dirty Diana est partie faire la carri\u00e8re solo que l\u2019on sait tout en s\u2019appr\u00eatant \u00e0 marrainer le \u00ab&nbsp;roi de la pop&nbsp;\u00bb, un certain Michael Jackson.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Supremes de Mary Wilson obtiennent quand m\u00eame un hit mineur avec une reprise de \u00ab&nbsp;River Deep Mountain High&nbsp;\u00bb et elle entame une carri\u00e8re solo \u00e0 la fin des ann\u00e9es 70. Elle donne des concerts de charit\u00e9 et \u00e9crit deux biographies des Supremes (<em>Dreamgirls&nbsp;: my life is a supreme<\/em> 1986 et <em>Supreme faith&nbsp;: someday we\u2019ll be together<\/em> en 1990. Juste avant son d\u00e9c\u00e8s, elle avait annonc\u00e9 la parution d\u2019enregistrements avec son amie Florence Ballard, un peu avant son d\u00e9part des Supremes.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle aura donc \u00e9t\u00e9 l\u2019ultime Supreme, gardienne d\u2019un temple d\u00e9di\u00e9 au rhythm\u2019n\u2019blues, \u00e0 la musique de l\u2019\u00e2me \u00e0 la n\u00e9gritude et \u00e0 la f\u00e9minit\u00e9. We believe you, mrs Wilson.<\/p>\n\n\n\n<p><em><u><strong>Tous les disques des Supremes ont paru chez Tamla Motown.<\/strong><\/u><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>23 f\u00e9vrier 2021<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si Diana Ross a pris toute la lumi\u00e8re au sein du trio vocal f\u00e9minin de Detroit sign\u00e9 par Tamla Motown &#8211; The Supremes &#8211; peu de place aura \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9e \u00e0 sa dauphine, Mary Wilson. Pourtant, la chanteuse avait aussi du chien. 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