{"id":1927,"date":"2021-03-13T15:43:01","date_gmt":"2021-03-13T14:43:01","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1927"},"modified":"2021-03-13T15:43:03","modified_gmt":"2021-03-13T14:43:03","slug":"blues-boom","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1927","title":{"rendered":"BLUES BOOM"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration69-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1928\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration69-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration69-300x300.jpg 300w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration69-150x150.jpg 150w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration69-768x768.jpg 768w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration69-900x900.jpg 900w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration69-600x600.jpg 600w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration69-30x30.jpg 30w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration69.jpg 1048w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>blues et folk festival de Newport<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Apr\u00e8s le jazz, le blues pour dix albums, peut-\u00eatre pas les meilleurs mais en tout cas parmi les plus repr\u00e9sentatifs du genre. Avec les m\u00eames avertissements que pour le jazz&nbsp;: c\u2019est totalement subjectif et personnel. La plupart de mes albums viennent d\u2019un disquaire de Bruges, qui animait parall\u00e8lement une \u00e9mission sur le blues \u00e0 la BRT. Une pens\u00e9e pour lui chez qui on pouvait passer tout un dimanche apr\u00e8s-midi en buvant des bi\u00e8res ou du caf\u00e9. Real cool cat&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>1. ROBERT JOHNSON \u2013 <em>King of the delta blues singers <\/em><em>vol. 1 et 2<\/em> \u2013 <\/strong>CBS<strong>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le blues du delta du Mississippi d\u2019abord et ses l\u00e9gendes, les Charlie Patton, Skip James, Sleepy John Estes, Bukka White ou Son House, sans parler des aveugles, les Blind Blake, Blind Lemon Jefferson ou Blind Willie Mc Tell.<\/p>\n\n\n\n<p>Robert Johnson est bien le roi de ce courant rural du blues o\u00f9 les guitares n\u2019\u00e9taient pas encore \u00e9lectrifi\u00e9es. La l\u00e9gende veut qu\u2019il ait vendu son \u00e2me au diable \u00e0 un carrefour (crossroad) de Clarkdale (Mississippi) pour se voir dot\u00e9 de ce jeu de guitare virtuose et qu\u2019il cachait ses doigts lorsqu\u2019il jouait en public, peur qu\u2019on s\u2019aper\u00e7oive que ses mains \u00e9taient guid\u00e9es par le malin&nbsp;? Mystique vaudou \u00e0 part, une trentaine de morceaux parmi lesquels une bonne dizaine repris par les Stones, Cream, Led Zep ou Canned Heat&nbsp;: \u00ab&nbsp;Crossroads Blues&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Me And The Devil Blues&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Sweet Home Chicago&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Stop Breakin\u2019 Down&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Love In Vain&nbsp;\u00bb\u2026 La meilleure et la plus jouissive des mani\u00e8res pour s\u2019initier au genre. Vive le roi&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2. <\/strong><strong>SON HOUSE<\/strong> \u2013 <em><strong>The legendary Son House \/ Father of the blues<\/strong><\/em> \u2013 CBS&nbsp;.<\/p>\n\n\n\n<p>Eddie J. \u00ab&nbsp;Son&nbsp;\u00bb House \u00e9tait aussi un pionnier du blues, du blues du delta. Enregistr\u00e9 une premi\u00e8re fois dans les ann\u00e9es 30 alors qu\u2019il conduisait son tracteur dans les champs de coton, et revu en 1942 par l\u2019ethnomusicologue Alan Lomax, House part \u00e0 Rochester (\u00e9tat de New York) o\u00f9 il devient ouvrier et laisse tomber sa guitare. L\u2019auteur de \u00ab&nbsp;Preachin\u2019 Blues&nbsp;\u00bb (repris par Johnson) sera rattrap\u00e9 par son pass\u00e9 quand trois jeunes critiques blancs viendront le remettre dans le circuit en 1961 et House reprendra la guitare et se produira au festival de Newport en 1964, avec Peter, Paul &amp; Mary et Judy Collins. Pour Al Wilson, chanteur et pianiste de Canned Heat, il \u00e9tait le meilleur et \u00ab&nbsp;Empire State Express&nbsp;\u00bb comme le long \u00ab&nbsp;Levee Camp Moan&nbsp;\u00bb seront r\u00e9enregistr\u00e9s par lui. <em>\u00ab&nbsp;Le blues n\u2019est rien qu\u2019une fra\u00eec<\/em><em>he secousse pour les d\u00e9prim\u00e9s<\/em><em>. Si vous n\u2019avez jamais ressenti \u00e7a, les enfants, j\u2019esp\u00e8re que vous ne le ressentirez jamais&nbsp;\u00bb.<\/em> Bluesman et philosophe, pl\u00e9onasme&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3. <\/strong><strong>JIMMY REED<\/strong> \u2013 <em><strong>The ultimate Jimmy Reed<\/strong><\/em> \u2013 Bluesway ABC.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec Jimmy Reed et les siens arrive le blues moderne. Les m\u00e9tayers cueilleurs de coton du deep south ont investi les usines des grandes m\u00e9tropoles de l\u2019est ou du Midwest. Detroit, Chicago, Saint-Louis, New York\u2026 Refus\u00e9 par Chess, et ce sera sa grande humiliation, cet excellent guitariste et compositeur \u00e9m\u00e9rite a vu ses morceaux les plus connus repris par beaucoup de groupes du Swinging London (Rolling Stones, Animals, Pretty Things\u2026). Une mani\u00e8re de revanche. Il est, avec Elmore James et Howlin\u2019 Wolf, le p\u00e8re du Chicago blues et son style heurt\u00e9 et rageur pr\u00e9figure le rhythm\u2019n\u2019blues comme le rock\u2019n\u2019roll.<\/p>\n\n\n\n<p>On aurait pu choisir ses disques sur Musidisc, mais celui-ci contient la plupart de ses hymnes&nbsp;: \u00ab&nbsp;Hush Hush&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Honest I Do&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Shame Shame Shame&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Hush Your Mouth&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Bright Lights, Big City&nbsp;\u00bb ou le classique des classiques \u00ab&nbsp;Baby What You Want Me To Do&nbsp;\u00bb. Plus le \u00ab&nbsp;Big Boss Man&nbsp;\u00bb de Willie Dixon, le plus grand m\u00e9lodiste du blues. Alcoolique chronique et sujet \u00e0 des crises de delirium, Reed oubliait souvent les paroles de ses chansons et sa femme devait suppl\u00e9er sa m\u00e9moire. Il meurt dans une crise d\u2019\u00e9pilepsie en ao\u00fbt 1976. Everyday I have the blues\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>4. <\/strong><strong>MUDDY WATERS<\/strong> \u2013 <em><strong>Muddy Waters at Newport 1960<\/strong><\/em> \u2013 Chess.<\/p>\n\n\n\n<p>Mc Kinley Morganfield peut \u00eatre \u00e0 bon droit consid\u00e9r\u00e9 comme le cha\u00eenon manquant entre blues du delta et blues de Chicago, un courant dont il est le p\u00e8re. Son parcours ira lui aussi du Mississippi \u00e0 l\u2019Illinois et, \u00e0 l\u2019instar de Son House, c\u2019est l\u2019\u00e9quipe de Alan Lomax qui viendra l\u2019enregistrer dans les champs de coton pour le b\u00e9n\u00e9fice de la biblioth\u00e8que du congr\u00e8s. Il arrive donc \u00e0 Chicago et essuie plusieurs refus de Leonard Chess avant de pouvoir enregistrer pour le label \u00e9ponyme, en 1955.<\/p>\n\n\n\n<p>Il deviendra pourtant l\u2019un des piliers du catalogue avec une formation o\u00f9 s\u2019illustrent James Cotton (harmonica) et Otis Spann (piano). Plusieurs de ses morceaux sont l\u2019\u0153uvre de Howlin\u2019 Wolf, son rival de chez Chess (\u00ab&nbsp;I Wanna Put A Tiger In Your Tank&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Hoochie Coochie Man&nbsp;\u00bb) ou Big Bill Broonzy (\u00ab&nbsp;I Feel So Good&nbsp;\u00bb). Mais on retrouve aussi ses classiques, \u00ab&nbsp;Got My Mojo Working&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Baby Please Don\u2019t Go&nbsp;\u00bb (souvent attribu\u00e9 \u00e0 Big Joe Williams). Manquent \u00ab&nbsp;Rollin\u2019 And Tumblin&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Rolling Stone&nbsp;\u00bb, ce classique dont Brian Jones s\u2019est inspir\u00e9 pour nommer son groupe. Muddy Waters est d\u2019ailleurs v\u00e9n\u00e9r\u00e9 en Angleterre o\u00f9 on a pu le voir, \u00e0 Londres, o\u00f9 le vieux a livr\u00e9 une prestation inoubliable. Les eaux boueuses du delta ont trouv\u00e9 leur chantre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>5. <\/strong><strong>HOWLIN\u2019 WOLF<\/strong> \u2013 <em><strong>Chicago Golden Years 26<\/strong><\/em> \u2013 Chess.<\/p>\n\n\n\n<p>Le loup hurlant est n\u00e9 Chester Arthur Burnett dans le Mississippi, lui aussi. C\u2019est la perle du label Chess et l\u2019un des grands noms du blues chicagoan. Le colosse (1m. 92 pour 125 kg) du blues moderne est l\u2019un des premiers \u00e0 avoir refus\u00e9 de travailler comme ouvrier agricole et il a quitt\u00e9 ses parents pour partir sur les routes apprendre la guitare avec Charley Patton, puis l\u2019harmonica avec Sonny Boy Williamson. Il est aussi l\u2019un des tous premiers \u00e0 avoir \u00e9lectrifi\u00e9 sa guitare. Disc-jockey dans l\u2019Arkansas, il fonde ensuite son propre groupe, The Houserockers (avec James Cotton), avant d\u2019\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 par Ike Turner \u00e0 Sam Philips, de chez Sun puis de signer sur le label Chess dont il deviendra l\u2019un des artistes maison avec Willie Dixon.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il reprendra plusieurs morceaux sign\u00e9s par Dixon (\u00ab&nbsp;Little Red Rooster&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Spoonful&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Back Door Man&nbsp;\u00bb), il va aussi produire son propre mat\u00e9riel, des classiques du r\u00e9pertoire blues comme \u00ab&nbsp;Who\u2019s Been Talkin\u2019&nbsp;\u00bb (absent sur ce disque), \u00abThe Killing Floor&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Louise&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Poor Boy&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Natchez Burnin\u2019&nbsp;\u00bb. Manquent aussi \u00ab&nbsp;Sitting On Top Of The World&nbsp;\u00bb, repris par Cream ou \u00ab&nbsp;Smokestack Lightning&nbsp;\u00bb, par les Yardbirds. Inutile de pr\u00e9ciser que, comme Muddy Waters ou Jimmy Reed, Wolf aura une influence immense sur le Swinging London et son British Beat. Le loup garou de Chicago va vite devenir celui de Londres, avant de retourner dans l\u2019Illinois pour y mourir d\u2019un cancer du rein, en 1976, comme Jimmy Reed. 1976, une ann\u00e9e noire pour le blues.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>6. <\/strong><strong>B<\/strong><strong>IG BILL BROONZY<\/strong> \u2013 <em><strong>Feelin\u2019 low down vol. 2<\/strong><\/em> \u2013 Blues Legacy \/ Vogue.<\/p>\n\n\n\n<p>Broonzy a enregistr\u00e9 d\u00e8s 1927 et il peut aussi figurer comme trait d\u2019union entre le blues rural du delta et le blues moderne. On portera une attention toute particuli\u00e8re \u00e0 ses textes qui font montre d\u2019une conscience sociale et d\u2019un humanisme constants, t\u00e9moin ce \u00ab&nbsp;Black Brown And White&nbsp;\u00bb, remarquable hymne antiraciste&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;<\/em><em>If you\u2019re white, it\u2019s allright \/ If you\u2019re brown, stick around \/ But if you\u2019re black, get back&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9 Lee Conley Bradley dans le Mississippi, il est ouvrier agricole puis soldat durant la premi\u00e8re guerre mondiale avant d\u2019apprendre la guitare avec Papa Charlie Jackson et d\u2019enregistrer \u00ab&nbsp;Big Bill Blues&nbsp;\u00bb chez Paramount. Ce sera le pr\u00e9lude \u00e0 l\u2019enregistrement de 300 chansons dont \u00ab&nbsp;Willie Mae Blues&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Feelin Low Down&nbsp;\u00bb. Il va partir en Europe, y \u00e9pouser une N\u00e9erlandaise et jouer pour des com\u00e9dies \u00e0 Broadway avant de devenir un pilier de la sc\u00e8ne folk new-yorkaise avec Sonny Terry, Brownie Mc Ghee, Pete Seeger ou Tom Paxton. Le folk apr\u00e8s le spiritual et le blues chicagoan. Toujours avec la m\u00eame ferveur, la m\u00eame conviction, la m\u00eame g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. Great Bill&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>7<\/strong>. <strong>SONNY BOY WILLIAMSON<\/strong> \u2013 <em><strong>The real folk blues \/ Chicago golden years 10<\/strong><\/em> \u2013 Chess.<\/p>\n\n\n\n<p>Le plus grand harmoniciste de blues dont la biographie est obscure. Willie Dixon, qui devait l\u2019\u00e9crire, a fini par y renoncer tant Ellis, ou encore Aleck Miller (de son vrai nom) s\u2019est ing\u00e9ni\u00e9 \u00e0 brouiller les pistes. D\u2019abord, plusieurs noms et surnoms (the boy, little blue boy, footsie ou encore the goat\u2026) pour un seul bonhomme n\u00e9, au choix, en 1899, 1908 ou 1912.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s des d\u00e9buts tout aussi myst\u00e9rieux avec des mentors comme Robert Johnson ou Elmore James, Miller est rebaptis\u00e9 Williamson pour participer \u00e0 <em>King Biscuit Time<\/em>, un programme de blues sur une radio de Helena (Arkansas).<\/p>\n\n\n\n<p>Il signe chez Trumpet Records en 1951, une maison de disques qui fera faillite et sera rachet\u00e9e par Chess en 1955. Suivront les succ\u00e8s du bluesman au chapeau melon qui transportait son harmonica (amplifi\u00e9 sur sc\u00e8ne) dans une mallette. Avec des titres comme \u00ab&nbsp;Bye Bye Bird&nbsp;\u00bb (repris \u00e0 l\u2019identique, solo d\u2019harmonica compris, par les Moody Blues), \u00ab&nbsp;Pontiac Blues&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Take It Easy Baby&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Eyesight To The Blind&nbsp;\u00bb (le \u00ab&nbsp;The Hawker&nbsp;\u00bb des Who sur <em>Tommy<\/em> ), Sonny Boy sera lui aussi embringu\u00e9 dans les folles nuits du Swinging London, jouant tour \u00e0 tour avec les Yardbirds ou les Animals. Son heure de gloire sera de courte dur\u00e9e puisqu\u2019il devra quitter l\u2019Angleterre apr\u00e8s une bagarre o\u00f9 il blesse un homme. Il mourra en mai 1965, crachant le sang tout en continuant de jouer de son harmonica jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ultime seconde, comme il est racont\u00e9 dans le film de Scorcese sur le dernier concert du Band, <em>The last waltz.<\/em> Les morts solitaires font partie de la l\u00e9gende du blues, celle de J.B Lenoir comme celle de Sonny Boy Williamson, personnage fort en gueule, mauvais coucheur et col\u00e9rique. Un vrai emmerdeur. Un bluesman, quoi&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>8.<\/strong> <strong>JOHN LEE HOOKER <\/strong>\u2013 <em><strong>This is hip<\/strong><\/em> \u2013 Charly Records.<\/p>\n\n\n\n<p>Difficile de faire l\u2019impasse sur le grand John Lee Hooker, l\u2019artiste le plus connu, avec B.B King, du blues moderne. Natif de Clarksdale (Mississippi), Hooker passera par Cincinatti avant de s\u2019arr\u00eater \u00e0 Detroit en 1943, o\u00f9 il est lui aussi l\u2019un des premiers \u00e0 adopter la guitare \u00e9lectrique.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019origine ouvrier m\u00e9canicien \u00e0 Detroit, Hooker signe chez Chess et va composer des classiques du blues (\u00ab&nbsp;Boom Boom&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Dimples&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;This Is Hip&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Crawling King Snake&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;One Bourbon, One Scotch, One Beer&nbsp;\u00bb) repris aussi bien par les Animals en Angleterre que par les Doors ou Canned Heat aux \u00c9tats-Unis. Canned Heat avec qui il va enregistrer <em>Hooker\u2019n\u2019heat <\/em>(1971), l\u2019album lui redonnant ce deuxi\u00e8me souffle qui le voit devenir la figure tut\u00e9laire des blues booms anglais et am\u00e9ricain. On peut seulement regretter ici l\u2019absence du somptueux \u00ab&nbsp;Don\u2019t Look Back&nbsp;\u00bb, repris par Them et qu\u2019il r\u00e9enregistrera avec Van Morrison.<\/p>\n\n\n\n<p>Il se sera aussi investi dans les luttes pour les droits civiques et on lui doit l\u2019inoubliable \u00ab&nbsp;Motor City\u2019s Burning&nbsp;\u00bb (repris par le MC5) sur les \u00e9meutes de Claremont (comt\u00e9 de Los Angeles). Hooker s\u2019\u00e9tablit en Californie \u00e0 la fin de sa vie et il y mourra \u00e0 83 ans, \u00e2ge canonique pour un bluesman.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>9.<\/strong> <strong>WILLIE DIXON<\/strong> \u2013 <em><strong>I am the blues <\/strong><\/em>\u2013 CBS.<\/p>\n\n\n\n<p>Willie Dixon n\u2019est pas n\u00e9 dans le Mississippi mais en Californie, \u00e0 Vicksburg. Des d\u00e9m\u00eal\u00e9s avec la justice l\u2019am\u00e8nent \u00e0 partir \u00e0 Chicago o\u00f9 il devient boxeur avant d\u2019\u00eatre r\u00e9quisitionn\u00e9 en Europe \u00e0 la seconde guerre mondiale et d\u2019apprendre la contrebasse \u00e0 son retour. Dixon a sorti peu de disques, mais il est devenu le ma\u00eetre Jacques des studios Chess o\u00f9 il endosse les emplois de musicien, de producteur et de compositeur. C\u2019est cette troisi\u00e8me casquette qui nous int\u00e9resse.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a compos\u00e9, on l\u2019a vu, pour Muddy Waters, pour Howlin\u2019 Wolf, pour Jimmy Reed. Il a produit Chuck Berry, Bo Diddley, Sonny Boy Williamson ou Little Walter. Ici, on trouve la cr\u00e8me de ses compositions&nbsp;: \u00ab&nbsp;Back Door Man&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;I Can\u2019t Quit You Baby&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Spoonful&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;You Shook Me&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Hoochie Coochie Man&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Little Red Rooster&nbsp;\u00bb, qui ont fait le bonheur des Stones, des Doors ou de Led Zeppelin. Led Zeppelin dont le \u00ab&nbsp;Whole Lotta Love&nbsp;\u00bb est copi\u00e9 note pour note sur son \u00ab&nbsp;You Need Love&nbsp;\u00bb, mais ce genre d\u2019ind\u00e9licatesse est monnaie courante et les bluesmen ont toujours \u00e9t\u00e9 pill\u00e9s par les pop stars.<\/p>\n\n\n\n<p>Dixon est mort d\u2019une crise cardiaque due \u00e0 son diab\u00e8te, apr\u00e8s une amputation de la jambe. Il restera comme un grand du Chicagoan blues et l\u2019homme \u00e0 tout faire du label Chess. Malgr\u00e9 sa maigre discographie, il est LE compositeur d\u2019un genre qui n\u2019en compte pas tant que \u00e7a et o\u00f9 on reprend plut\u00f4t les trucs des copains ou des traditionnels dont la m\u00e9moire se perd dans la nuit des temps. Dans la nuit noire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>10. LITTLE WALTER<\/strong> \u2013 <em><strong>Chicago Golden Years 1<\/strong><\/em> \u2013 Chess.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai toujours eu un petit faible pour Little Walter et son harmonica. \u00c0 ce stade, celui du dernier album choisi, j\u2019aurais pu prendre Buddy Guy ou Elmore James ou tant d\u2019autres, mais bon. Il est le Jimi Hendrix ou le Charlie Parker de l\u2019harmonica, virtuose autant que sensible. Il suffit d\u2019\u00e9couter \u00ab&nbsp;My Babe&nbsp;\u00bbpour s\u2019en convaincre.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est n\u00e9 en Louisiane en 1930, ce qui en fait un jeunot \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des anciens qu\u2019il a accompagn\u00e9s \u00e0 l\u2019harmonica, notamment Sonny Boy Williamson et Muddy Waters. Il signe ensuite chez Chess et Willie Dixon lui \u00e9crit ce \u00ab&nbsp;My Babe&nbsp;\u00bb tr\u00e9pidant. Mais Walter Jacobs (\u00e0 l\u2019\u00e9tat civil) compose aussi pour The Aces, son propre groupe, comme avec son comp\u00e8re Junior Wells. Il va aussi jouer pour Bo Diddley, Otis Rush et en premi\u00e8re partie des Rolling Stones en 1964. Il mourra quatre ans plus tard, \u00e0 38 ans, \u00e0 la suite d\u2019un mauvais coup pris dans un club de Chicago. Alcool, bagarre et sexe, tel \u00e9tait le quotidien de tout bluesman en bon \u00e9tat de marche. Le petit Walter ne faisait pas exception.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Voil\u00e0, \u00e0 la relecture, nulle trace de Ma Rainey, de Bessie Smith, des trois King (B.B, Albert et Freddie), d\u2019Elmore James, de T. Bone Walker, de Buddy Guy, de Big Joe Williams et de tant d\u2019autres. On a un peu honte, mais il fallait bien faire des choix. Et choisir, c\u2019est \u00e9liminer, quitte \u00e0 en devenir triste et cafardeux. Bluesy, pour tout dire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>3 mars 2021<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s le jazz, le blues pour dix albums, peut-\u00eatre pas les meilleurs mais en tout cas parmi les plus repr\u00e9sentatifs du genre. Avec les m\u00eames avertissements que pour le jazz&nbsp;: c\u2019est totalement subjectif et personnel. La plupart de mes albums viennent d\u2019un disquaire de Bruges, qui animait parall\u00e8lement une \u00e9mission sur le blues \u00e0 la&#8230;<\/p>\n<div class=\" [&hellip;]\"><a href=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1927\">Read More <i class=\"os-icon os-icon-angle-right\"><\/i><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1928,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[48],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1927"}],"collection":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1927"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1927\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1930,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1927\/revisions\/1930"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1928"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1927"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1927"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1927"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}