{"id":1939,"date":"2021-03-13T16:45:00","date_gmt":"2021-03-13T15:45:00","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1939"},"modified":"2021-03-13T16:47:57","modified_gmt":"2021-03-13T15:47:57","slug":"notes-de-lecture-7","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1939","title":{"rendered":"NOTES DE LECTURE (7)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>GEORGES PEREC \u2013 Penser \/ Classer \u2013 Hachette.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a plusieurs Georges Perec. Il y a l\u2019immense romancier de <em>La vie mode d\u2019emploi<\/em> ou de <em>L\u2019homme qui dort<\/em>&nbsp;; il y a l\u2019Oulipiste des exercices contraints et admirables de <em>La disparition <\/em>(tout un livre sans la lettre E, une prouesse&nbsp;!), il y a le m\u00e9morialiste \u2013 autobiographe poignant de <em>W ou Le souvenir d\u2019enfance<\/em> et, c\u2019est la cat\u00e9gorie de ce livre, le Perec sociologue qui lorgne vers l\u2019essai, le nouveau roman et les conceptions les plus modernes de la litt\u00e9rature.<\/p>\n\n\n\n<p>Disons d\u2019embl\u00e9e que, si le romancier nous passionne, le sociologue de <em>Les Choses<\/em> ou de<em> Penser \/ Classer<\/em> nous int\u00e9resse beaucoup moins. La probl\u00e9matique \u2013 puisqu\u2019on est dans le territoire de la sociologie \u2013 n\u2019est pourtant pas banale et le champ d\u2019\u00e9tude aurait pu r\u00e9jouir un Roland Barthes&nbsp;: comment penser, comment classer, et pourquoi&nbsp;? Pourquoi hi\u00e9rarchiser, organiser, structurer, cat\u00e9goriser, distinguer, diff\u00e9rencier, s\u00e9parer, \u00e9tiqueter&nbsp;? En gros, comme le dit l\u2019auteur&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;vouloir distribuer le monde entier selon un code unique&nbsp;; une loi universelle r\u00e9girait l\u2019ensemble des ph\u00e9nom\u00e8nes&nbsp;: deux h\u00e9misph\u00e8res, cinq continents, masculin et f\u00e9minin, animal et v\u00e9g\u00e9tal, singulier <\/em><em>et<\/em><em> pluriel, droite <\/em><em>et <\/em><em>gauche, quatre saisons, cinq sens, six voyelles, sept jours, douze mois, vingt-six lettres. Malheureusement, \u00e7a ne marche pas comme \u00e7a, \u00e7a n\u2019a m\u00eame jamais commenc\u00e9 \u00e0 marcher, \u00e7a ne marchera jamais&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a ne marche pas mais le cerveau humain a besoin d\u2019appr\u00e9hender, de percevoir le r\u00e9el par ce moyen, comme pour le rendre supportable intellectuellement et, aussi, comme pour se rassurer.<\/p>\n\n\n\n<p>Un court essai donc, qui s\u2019efforce \u00e0 interroger cet irr\u00e9pressible besoin de classer en cat\u00e9gories, sous-cat\u00e9gories, divisions, subdivisions. L\u2019effort est m\u00e9ritoire et le propos original (on est quand m\u00eame chez Perec), avec l\u2019humour et l\u2019auto-d\u00e9rision dont il a toujours fait preuve. Un grand enfant triste qu\u2019on pr\u00e9f\u00e8re cependant lorsqu\u2019il l\u00e2che la bride \u00e0 son imaginaire, plut\u00f4t que quand il s\u2019essaie \u00e0 tailler des croupi\u00e8res \u00e0 Barthes ou \u00e0 Butor.<\/p>\n\n\n\n<p>15 pages sur les chapitres, titres et sous-titres du Mallet Isaac. 20 pages de recettes de cuisine\u2026 De simples \u00e9nonciations. La partie la plus int\u00e9ressante est la derni\u00e8re, ce Penser&nbsp;\/ Classer o\u00f9 on a enfin l\u2019impression de s\u2019attaquer au sujet, m\u00eame si la fantaisie est toujours pr\u00e9sente, et c\u2019est tant mieux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>ANDR\u00c9 DH\u00d4TEL \u2013 Le train du matin \u2013 Folio \/ Gallimard.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dh\u00f4tel, mon ma\u00eetre&nbsp;! (jeu de mot). Au vrai, je n\u2019ai d\u00e9couvert qu\u2019assez r\u00e9cemment Andr\u00e9 Dh\u00f4tel dont je ne connaissais que <em>Le pays o\u00f9 l\u2019on arrive jamais<\/em>, qu\u2019on peut ranger dans la cat\u00e9gorie \u00ab&nbsp;jeunesse&nbsp;\u00bb, encore que l\u2019atmosph\u00e8re fantastique r\u00e9aliste qu\u2019il d\u00e9gage est troublante. Dh\u00f4tel est l\u2019\u00e9crivain d\u2019un fantastique au quotidien, d\u2019un surr\u00e9alisme campagnard, d\u2019un merveilleux surgi de la banalit\u00e9 m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le train du matin<\/em> a pour d\u00e9cor une voix ferr\u00e9e des Ardennes, celle qui part de Rethel et va jusqu\u2019\u00e0 Reims en reliant une dizaine de villages o\u00f9 les gens vaquent \u00e0 leurs occupations dans la qui\u00e9tude et l\u2019ennui que viennent bousculer les personnages de Dh\u00f4tel. Un glandeur lunaire, chauffeur de taxi \u00e0 ses heures et inconstant \u00e9tudiant en grec, et un idiot amn\u00e9sique employ\u00e9 comme valet de ferme. Les deux hommes se croisent le long de cette voie ferr\u00e9e qui semble monter au ciel, ils se cherchent, s\u2019\u00e9pient et, on le devine, l\u2019intrigue subtile du roman tient dans la vraie personnalit\u00e9 de l\u2019idiot&nbsp;; dans les myst\u00e8res et les \u00e9nigmes qu\u2019elle rec\u00e8le.<\/p>\n\n\n\n<p>Des myst\u00e8res et des \u00e9nigmes que l\u2019auteur construit \u00e0 partir des petits riens de l\u2019existence, d\u2019un mot \u00e9trange entendu, d\u2019une situation bizarre, d\u2019un geste surprenant. Tout est pr\u00e9texte \u00e0 inviter l\u2019esprit \u00e0 divaguer, \u00e0 battre la campagne, selon l\u2019expression tr\u00e8s appropri\u00e9e ici. Des brimborions, des broutilles qui d\u00e9r\u00e8glent un quotidien trop bien r\u00e9gl\u00e9 \u00e0 coup de portes soudain ouvertes sur l\u2019inconnu, l\u2019incongru, l\u2019insolite.<\/p>\n\n\n\n<p>Dh\u00f4tel a \u00e9t\u00e9 toute sa vie professeur de fran\u00e7ais \u00e0 Ath\u00e8nes, justement, longtemps en d\u00e9pression apr\u00e8s le refus de ses premiers manuscrits. C\u2019est Jean Paulhan qui l\u2019a publi\u00e9 chez Gallimard et, bien qu\u2019ami avec des surr\u00e9alistes comme Desnos ou Roger Vitrac, il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 par eux. Trop attach\u00e9 \u00e0 sa terre, trop classique, trop r\u00e9aliste. Pas d\u2019envol\u00e9es lyriques ici, de d\u00e9r\u00e8glement des sens ou de recherche de l\u2019indicible. Non, un conte tranquille \u00e0 l\u2019\u00e9criture limpide qui nous rendrait presque heureux, retourn\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019enfant, quand le merveilleux et l\u2019enchantement \u00e9taient \u00e0 port\u00e9e de main.<\/p>\n\n\n\n<p>On pense \u00e0 Vialatte pour le style et l\u2019humour pince sans rire. On pense \u00e0 Andr\u00e9 Hardellet pour cette sorte de surr\u00e9alisme \u00e0 hauteur d\u2019homme. On pense aussi \u00e0 Ren\u00e9-Louis Des For\u00eats pour le go\u00fbt du myst\u00e8re, \u00e0 Raymond Queneau pour la fac\u00e9tie goguenarde, \u00e0 Ren\u00e9 Fallet c\u00f4t\u00e9 Beaujolais pour les personnages de ruraux et leur amiti\u00e9 bourrue . C\u2019est dire qu\u2019on est entre de bonnes mains, en bonne compagnie, et qu\u2019on referme \u00e0 regret chaque livre d\u2019Andr\u00e9 Dh\u00f4tel, qui sont autant d\u2019invitations \u00e0 la r\u00eaverie, \u00e0 l\u2019onirisme et (aussi) \u00e0 la joie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>DENNIS LEHANE \u2013 Ce monde disparu \u2013 Rivages \/ Thriller.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Et encore un polar pour terminer. L\u2019un des nombreux livres de Dennis Lehane, qui a quand m\u00eame \u00e9crit des romans passionnants aux intrigues chiad\u00e9es comme <em>Mystic River<\/em>ou <em>Shutter Island<\/em>, port\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cran respectivement par Clint Eastwood et Martin Scorcese.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019action se passe en 1943 \u00e0 Tampa (Floride), o\u00f9 des gangsters se tirent la bourre entre le Cuba de Fulgenzo Battista o\u00f9 est r\u00e9fugi\u00e9 Meyer Lanski et les ports de Floride, strat\u00e9giques pour l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine, entr\u00e9e en guerre apr\u00e8s Pearl Harbour.<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 pour le contexte. Plus particuli\u00e8rement, on s\u2019int\u00e9resse \u00e0 Joe Coughlin, un gangster d\u2019origine irlandaise qui apprend par une femme condamn\u00e9e \u00e0 la prison \u00e0 vie qu\u2019un contrat a \u00e9t\u00e9 mis sur sa t\u00eate. Le meurtre doit avoir lieu le mercredi des Cendres, et l\u2019intrigue principale r\u00e9side dans la recherche effr\u00e9n\u00e9e du tueur potentiel et, surtout, de son ou de ses commanditaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Joe vit avec son fils Tomas, sa femme \u00e9tant morte en couche, et avec Dion, fr\u00e8re du chef d\u2019une bande rivale et parrain de Tomas. Joe Coughlin a des hallucinations&nbsp;: il voit un petit gar\u00e7on blond qui lui ressemble, une projection de lui-m\u00eame au temps heureux de l\u2019innocence. Dion se r\u00e9v\u00e9lera un tra\u00eetre \u00e0 la main du FBI et son fr\u00e8re Rico mourra \u00e9touff\u00e9 sous une cagoule dans le bureau- bateau de Meyer Lanski, pour avoir trafiqu\u00e9 ses comptes. On ne rigole pas chez ces gens-l\u00e0. On ne rigole pas dans le roman non plus, m\u00eame si la dimension tragique n\u2019\u00e9meut pas vraiment. On nous souhaiterait fascin\u00e9s par de tels personnages, des samoura\u00efs \u00e0 la Melville pr\u00eats \u00e0 la fois \u00e0 mourir et \u00e0 tuer.<\/p>\n\n\n\n<p>La grande ambition maintenant est de lib\u00e9rer Lucky Luciano, toujours en prison. C\u2019est presque la Yiddish Connection au complet, reconstitution de ligue dissoute. Ne manquent que Arnold Rothstein, \u00ab&nbsp;le roi des juifs&nbsp;\u00bb ou Bugsy Siegel.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ce <\/em><em>monde disparu<\/em> est celui de la jeunesse des protagonistes, du temps sublim\u00e9 des bandits d\u2019honneur et des codes de bonne conduite qui avaient cours chez les truands. Souvent des tueurs sadiques et des m\u00e9galomanes ivres de pouvoir et cupides. Franchement, m\u00eame si l\u2019intrigue est rondement men\u00e9e, on a du mal \u00e0 s\u2019int\u00e9resser \u00e0 tous ces types dont l\u2019horizon se limite \u00e0 leurs bites, \u00e0 leurs mitraillettes et \u00e0 leurs dollars. Les truands de Simonin ou de Le Breton avaient plus de relief, et surtout plus d\u2019humour. On a du mal \u00e0 se passionner pour les \u00e9tats d\u2019\u00e2me des personnages de Lehanne, comme on a du mal \u00e0 trouver cr\u00e9dible ce cr\u00e9puscule des grands hommes qu\u2019il d\u00e9peint.<\/p>\n\n\n\n<p>On sent le bon faiseur. C\u2019est professionnel, comme du Michael Connelly ou du Harlan Corben (pas sp\u00e9cialement des r\u00e9f\u00e9rences pour moi), mais tout cela manque d\u2019\u00e2me et de style. On est \u00e0 des ann\u00e9es-lumi\u00e8res d\u2019un Chandler, d\u2019un Thompson ou d\u2019un Goodis&nbsp;; tr\u00e8s loin m\u00eame d\u2019auteurs contemporains comme Rankin, Winslow ou Peace.<\/p>\n\n\n\n<p>Peut-\u00eatre est-ce d\u00fb \u00e0 l\u2019absence de romantisme comme au fait que les personnages principaux sont des gangsters et pas ces chevaliers modernes que pouvaient \u00eatre les priv\u00e9s de l\u2019\u00e2ge d\u2019or. Des h\u00e9ros qui ne tiraient pas profit du monde tel qu\u2019il est et qui d\u00e9fiaient les puissants, qui d\u00e9fendaient les faibles. C\u2019est plut\u00f4t \u00e7a, le monde perdu.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut cependant rendre cette justice \u00e0 Lehane de placer son roman en un temps o\u00f9 les enqu\u00eates de police ne se r\u00e9solvaient pas par les seuls secours de la biochimie, de l\u2019informatique et de la t\u00e9l\u00e9phonie. Pour le dire autrement, par l\u2019ADN, les disques durs et la g\u00e9olocalisation. Tout ce qui empoisonne les fictions modernes, qu\u2019elles soient t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es, romanesques ou cin\u00e9matographiques sur fond de terrorisme, de secte, de p\u00e9dophilie ou de n\u00e9o-nazis. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e7a&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour terminer, avais-je \u00e9crit. Pas tout \u00e0 fait, puisque Corrado, un ami, m\u2019a envoy\u00e9 cette chronique d\u2019un essai historique que je vais me procurer incessamment. Merci \u00e0 lui.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Je l\u2019ai pas lu mais j\u2019en ai entendu causer, comme disait feu Cavanna.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>ANTONIO SCURATI \u2013 M. L\u2019enfant du si\u00e8cle \u2013 Les Ar\u00e8nes \u2013 2019. 864 pages.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration72-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1940\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration72-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration72-300x169.jpg 300w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration72-768x432.jpg 768w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration72-900x506.jpg 900w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration72-600x338.jpg 600w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration72-30x17.jpg 30w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration72.jpg 1120w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Benito dans ses envol\u00e9es lyriques<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 s\u00e9rieusement bluff\u00e9 par ce roman historique dont et j&rsquo;ai lu les 800 pages en l&rsquo;espace de 6 jours.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est vrai que sa lecture &#8211; d\u00e9j\u00e0 passionnante &#8211; est encore facilit\u00e9e par ces chroniques quasi quotidiennes compl\u00e9t\u00e9es par les articles de presse ou les archives. Ce qui donne un souffle et un rythme percutant au r\u00e9cit.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai appris beaucoup de choses que je ne connaissais pas de cette p\u00e9riode. Notamment le poids consid\u00e9rable de Bologne et Ferrare dans la naissance des Fasci.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains aspects de cette mont\u00e9e du fascisme sont vraiment fascinants:<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; l&rsquo;incapacit\u00e9 et la l\u00e2chet\u00e9 de l\u2019\u00c9tat et de son appareil \u00e0 s&rsquo;opposer \u00e0 la marche sur Rome. Alors que pourtant rien n&rsquo;est jou\u00e9 jusqu&rsquo;au dernier moment &#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; le r\u00f4le d\u00e9terminant de la bourgeoisie agraire ou industrielle dans la mont\u00e9e de ces bandes de nervis qui se transformeront ensuite en outil politique de Mussolini<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; l&rsquo;impuissance incroyable des socialistes et du Parti socialiste \u00e0 s&rsquo;organiser pour s&rsquo;opposer aux Fasci, englu\u00e9s dans des appels r\u00e9p\u00e9t\u00e9s \u00e0 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale sans aucune perspective et ne se r\u00e9f\u00e9rant qu&rsquo;\u00e0 une morale particuli\u00e8rement inefficace.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est moins la force du Parti National Fasciste que ces deux facteurs associ\u00e9s qui expliquent la prise de pouvoir de Mussolini. D&rsquo;ailleurs, ce premier volume dessine une image du mouvement fasciste avant et apr\u00e8s 1922, somme toute, assez fragile.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;utilisation de ces bandes fascistes par les propri\u00e9taires terriens et grands patrons m&rsquo;a fait penser au livre d&rsquo;Eric Vuillard \u00ab\u00a0L&rsquo;ordre du jour\u00a0\u00bb qui d\u00e9bute par une r\u00e9union des nazis avec des grands patrons afin que ces derniers financent le parti. M\u00eame propos, m\u00eame puissance litt\u00e9raire, mais &#8230; taille de manuscrit diff\u00e9rente (100 pages pour \u00ab\u00a0L&rsquo;ordre du jour\u00a0\u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Corrado Delfini<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>8 mars 2021<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>GEORGES PEREC \u2013 Penser \/ Classer \u2013 Hachette. Il y a plusieurs Georges Perec. 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