{"id":1965,"date":"2021-03-27T17:43:57","date_gmt":"2021-03-27T16:43:57","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1965"},"modified":"2021-03-27T17:43:58","modified_gmt":"2021-03-27T16:43:58","slug":"tangoleadores","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=1965","title":{"rendered":"TANGOLEADORES"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration77.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1966\" width=\"580\" height=\"631\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration77.jpg 160w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/illustration77-28x30.jpg 28w\" sizes=\"(max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><figcaption>Ne manque que le maillot d&rsquo;Argentinos Juniors, tout rouge on a dit<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Peut-\u00eatre encore plus qu\u2019au Br\u00e9sil, la football est une religion en Argentine et la ferveur qu\u2019il suscite prend une dimension quasi mystique. Buenos Aires peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme la capitale mondiale du football&nbsp;; chaque quartier, chaque banlieue n\u2019attendant que le moment d\u2019en d\u00e9coudre avec le club voisin. Des \u00e9crivains comme Borges, Sabato ou Bioy Casares ont tous \u00e9voqu\u00e9 cette ferveur, parfois pour s\u2019en moquer et la condamner pour ses penchants chauvins et nationalistes encourag\u00e9s par toutes les dictatures, mais toujours en respectant une passion populaire que tout humaniste doit essayer de comprendre. 6 clubs de Buenos Aires donc, les plus cap\u00e9s et les plus connus parmi une kyrielle d\u2019autres.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>6 clubs&nbsp;: Argentinos Junior<\/em><em>s<\/em><em>, Boca Junior<\/em><em>s<\/em><em>, River Plate, Independiente, le Racing et San Lorenzo.<\/em> Dommage de passer sous silence des clubs m\u00e9ritants et valeureux comme le Velez Sarsfield, l\u2019Atletico Huracan ou le Ferrocarril Oeste, mais il fallait bien faire un choix. On en touchera un mot en fin d\u2019article.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Argentinos Juniors<\/strong> est surtout connu pour avoir vu d\u00e9buter Diego Armando Maradona, le prodige du foot mondial r\u00e9cemment d\u00e9c\u00e9d\u00e9. Les rouges d\u2019Argentinos n\u2019ont pas le palmar\u00e8s fourni de ses rivaux de la capitale, les quelques lignes inscrites par le club l\u2019ont \u00e9t\u00e9 au milieu des ann\u00e9es 80 et, avec Maradona, le club s\u2019est class\u00e9 deuxi\u00e8me du championnat en 1980. On retiendra une victoire en copa libertadores (\u00e0 l\u2019\u00e9chelon du sous-continent) en 1985 et une coupe intercontinentale remport\u00e9e l\u2019ann\u00e9e suivante aux d\u00e9pens de la Juventus de Platini. Pas si mal.<\/p>\n\n\n\n<p>Les couleurs rouges du club ne sont pas dues au hasard, car ce club du quartier populaire de Villa Crespo a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 par des socialistes et des anarchistes, baptis\u00e9 au d\u00e9part Los Martires de Chicago en souvenir des syndicalistes assassin\u00e9s. L\u2019appellation change rapidement pour devenir l\u2019Association Athl\u00e9tique Argentinos Juniors afin de souligner sa vocation de club de jeunes, avec un centre de formation r\u00e9guli\u00e8rement pill\u00e9 par les grosses cylindr\u00e9es de la capitale.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les joueurs qui ont fait leurs premi\u00e8res armes chez les Juniors, on peut citer Riquelme, Redondo, Borghi, Battista ou Sorin, la plupart ayant jou\u00e9 chez les grands d\u2019Espagne. Les m\u00eames Borghi et Battista qui deviendront les entra\u00eeneurs les plus c\u00e9l\u00e8bres, avec l\u2019ex Marseillais et Parisien Gabriel Heinze. Viva los rojas&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre dimension avec les jaunes et bleus de <strong>Boca Juniors<\/strong>, les locataires de la Bombonera (bo\u00eete \u00e0 bonbons), lieu de p\u00e8lerinage du quartier populaire de La Boca&nbsp;; le Juniors \u00e9tant ajout\u00e9 en r\u00e9f\u00e9rence aux racines britanniques du football. C\u2019est le club le plus populaire de Buenos Aires, avec River Plate, et les derbys entre les deux t\u00e9nors du championnat argentin sont r\u00e9put\u00e9s pour leur ferveur et leur violence. Le palmar\u00e8s du club est impressionnant avec, tout au long de son histoire, 34 titres de champion et 3 coupes d\u2019Argentine, plus 5 Copa libertadores et 3 coupes intercontinentales.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont des immigr\u00e9s italiens qui ont fond\u00e9 le club, les joueurs \u00e9tant toujours baptis\u00e9s du nom des \u00ab&nbsp;g\u00e9nois&nbsp;\u00bb (los Xeneizes). L\u2019une des p\u00e9riodes les plus fastes du club est celle o\u00f9 Carlos Bianchi, le goleador r\u00e9mois, entra\u00eene le club, de 1998 \u00e0 2004. D\u2019autres entra\u00eeneurs prestigieux l\u2019ont aussi emmen\u00e9 vers les sommets, tels La Volpe, le divin chauve Di Stefano, Menotti ou Pastoriza. Parmi les joueurs, il faut reparler de Diego Maradona qui, apr\u00e8s Argentinos, rejoint Boca pour une victoire en championnat (1981) avant de partir pour le Bar\u00e7a et Naples. Autres joueurs illustres, le m\u00eame Riquelme, pass\u00e9 lui aussi par Argentinos, Rattin, la terreur des anglais durant la World Cup 1966, celui qui d\u00e9fiait la reine en tribune d\u2019honneur depuis le terrain de Wembley, et Marzolini, joueur avant d\u2019\u00eatre entra\u00eeneur. Dans l\u2019effectif actuel, un vieux cheval de retour (37 ans), Carlos Tevez, retour de Chine apr\u00e8s Man U et la Juve, et l\u2019ex de Benfica et Interiste Lisandro Lopez.<\/p>\n\n\n\n<p>Le club n\u2019a plus le lustre d\u2019antan, mais la Boca est toujours grande ouverte pour tout avaler.<\/p>\n\n\n\n<p>Autres rouges et blancs (blanc barr\u00e9 de rouge et short noir), <strong>River Plate<\/strong>, bas\u00e9 au nord de la capitale dans le quartier de Belgrano o\u00f9 le club \u00e9volue dans le stade dit \u00ab&nbsp;el monumental&nbsp;\u00bb, d\u2019une contenance de 60.000 places. River Plate a toujours \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme le club de la bourgeoisie, ce qui explique cette rivalit\u00e9 centenaire plus qu\u2019inamicale avec le club populaire de Boca. Les supporters de River appellent d\u2019ailleurs ceux de l\u2019\u00e9quipe adverse \u00ab&nbsp;les bouseux&nbsp;\u00bb tout au long des \u00ab&nbsp;super classicos&nbsp;\u00bb prenant l\u2019allure de combats \u00e0 mort. River Plate pour Rio de la Plata, le chantier de construction du port o\u00f9 travaillaient les marins ayant fond\u00e9 le club. Un club au palmar\u00e8s impressionnant lui aussi, avec le record des victoires en championnat (36), 3 coupes, 4 Copa Libertadores et une coupe intercontinentale en 1986.<\/p>\n\n\n\n<p>Le club a compt\u00e9 dans ses rangs des l\u00e9gendes du football comme Alfredo Di Stefano, futur madril\u00e8ne, ou Omar Sivori, grand nom de la Juventus et, dans la p\u00e9riode plus r\u00e9cente, des dizaines d\u2019internationaux parmi lesquels Passarella, Battistuta dit Battigoal, Ruggeri, Crespo, Saviola, Higuain ou Ayala. Plus l\u2019Uruguayen Enzo Francescoli et un petit fran\u00e7ais du nom de David Trezeguet, venu rejoindre le club de ses anc\u00eatres apr\u00e8s la carri\u00e8re que l\u2019on sait. Sans conteste l\u2019effectif le plus hupp\u00e9 du championnat argentin.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019entra\u00eeneur actuel, Gallardo, est un autre de ces glorieux internationaux de l\u2019Albiceste et il a eu de glorieux pr\u00e9d\u00e9cesseurs comme le Br\u00e9silien Didi, Passarella, Gallego ou Diego Simeone maintenant \u00e0 l\u2019Atletico Madrid. On trouvera peu de joueurs connus dans l\u2019effectif actuel, la plupart ex joueurs du championnat espagnol revenus au pays en conquistadors. Ce qui n\u2019emp\u00eache pas \u00ab&nbsp;Los Millonarios&nbsp;\u00bb (pour ses transferts aux montants somptuaires) de toujours se classer dans le trio de t\u00eate du championnat. Une vieille habitude.<\/p>\n\n\n\n<p>Une habitude qu\u2019avait aussi l\u2019<strong>Independiente<\/strong>, tout de rouge v\u00eatu. C\u2019est un club de lointaine banlieue, Avellaneda, mais il n\u2019en est pas moins consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des grands clubs de Buenos Aires. Los diablos rojos (diables rouges) sont le troisi\u00e8me club argentin c\u00f4t\u00e9 palmar\u00e8s, juste derri\u00e8re River et Boca. Un bilan largement positif&nbsp;: 16 championnats, 2 coupes mais, surtout, 7 copa libertadores et 2 coupes intercontinentales en 1973 et 1984 (trois fois finalistes). On peut dire que, du milieu des ann\u00e9es 60 au d\u00e9but des ann\u00e9es 80, l\u2019Independiente a \u00e9t\u00e9 la plus grande \u00e9quipe d\u2019Am\u00e9rique latine avec les Br\u00e9siliens de Santos et les Uruguayens de Penarol.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame si le club, entra\u00een\u00e9 autrefois par l\u2019ex international Americano Gallego et \u00e0 pr\u00e9sent par Lucas Pusineri, a quelque peu lev\u00e9 le pied ses derni\u00e8res ann\u00e9es, il a compt\u00e9 dans ses rangs des joueurs comme Balbuena (r\u00e9cemment d\u00e9c\u00e9d\u00e9), Omar Pastoriza, Daniel Bertoni, Jorge Burruchaga ou Enzo Trossero. Plus r\u00e9cemment, les Milito, Cambiasso, Forlan ou Aguero avant son exil mancunien. Pas de vedettes mondialement connues dans l\u2019effectif actuel pour une \u00e9quipe dont l\u2019heure de gloire est pass\u00e9e. Le C.A Independiente, malgr\u00e9 des entra\u00eeneurs cap\u00e9s dans la p\u00e9riode moderne (Menotti encore, Burruchaga, Bertoni, Ruggeri ou Oswaldo Piazza) n\u2019est plus qu\u2019un club l\u00e9gendaire dont les titres se font de plus en plus rares. En attendant une ultime renaissance&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Il en va de m\u00eame pour le <strong>Racing<\/strong>, qui a connu des jours meilleurs. Leur maillot est le m\u00eame que l\u2019\u00e9quipe nationale, ciel et blanc ray\u00e9 verticalement. Le club est li\u00e9 historiquement au p\u00e9ronisme et son stade a \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9 du nom de El pr\u00e9sidente. Les couleurs du club sont inspir\u00e9es des fran\u00e7ais du Racing Club de France comme du drapeau national et le Racing Buenos Aires vient aussi d\u2019Avalleneda, comme son rival de l\u2019Independiente.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u2019un des premiers clubs argentins, se revendiquant ouvertement du nationalisme pour concurrencer les Anglais, jusque-l\u00e0 ma\u00eetres du ballon rond y compris en Am\u00e9rique latine.<\/p>\n\n\n\n<p>9 titres de champion de suite entre 1913 et 1921 et des \u00e9clipses avant renaissance dans les ann\u00e9es 50 et un doubl\u00e9 copa america et intercontinentale en 1967. Apr\u00e8s une mise en faillite en 1999, le Racing rena\u00eet de ses cendres et remporte deux titres (2014 et 2019) dans la p\u00e9riode r\u00e9cente.<\/p>\n\n\n\n<p>Des entra\u00eeneurs comme Alfredo Basile ou Diego Simeone (tous deux \u00e9galement anciens joueurs) et des joueurs comme Diego Milito, Ricardo Villa ou le gardien Fillol. Rien de flamboyant dans l\u2019effectif actuel. Il faut dire que le foot argentin a baiss\u00e9 de pied.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 noter pour l\u2019anecdote que \u00ab&nbsp;La Academia&nbsp;\u00bb du Racing \u00e9tait support\u00e9e \u00e0 la fois par Astor Piazzola et Carlos Gardel. Football samba au Br\u00e9sil, football tango ici.<\/p>\n\n\n\n<p>Terminons avec <strong>San Lorenzo<\/strong>, San Lorenzo de Almagro pour \u00eatre complet. Comme son rival Huracan, c\u2019est le club du quartier d\u2019Almagro, \u00e0 la fois support\u00e9 par sa saintet\u00e9 Fran\u00e7ois et l\u2019acteur Viggo Mortensen. L\u2019unanimit\u00e9. Il faut dire que le club s\u2019est construit \u00e0 l\u2019ombre des soutanes et sous la protection des \u00e9glises, avec une dimension patriotique qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la bataille de San Lorenzo, capitale pour l\u2019ind\u00e9pendance du pays face aux Espagnols. Los Matadores, c\u2019est leur nom, jouent sous les m\u00eames couleurs que le Bar\u00e7a, ray\u00e9 verticalement grenat et bleu marine.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 des d\u00e9buts professionnels dans les ann\u00e9es 30 et un titre de champion, San Lorenzo a connu une longue \u00e9clipse avant de revenir dans les ann\u00e9es 90, avec plusieurs titres dans la p\u00e9riode r\u00e9cente, de 1995 \u00e0 2013 (avec une copa libertadores en 2014).<\/p>\n\n\n\n<p>Des entra\u00eeneurs comme Carlos Bilardo ou Bora Milutinovic, mais surtout des joueurs comme Lavezzi, Civelli, le Br\u00e9silien Silas, les Uruguayens Acosta ou Abreu ou encore le Paraguayen Chilavert. Des joueurs, on le voit, venus de tout le continent. \u0152cum\u00e9nique autant que x\u00e9nophile, le bon San Lorenzo.<\/p>\n\n\n\n<p>Fin du voyage. On aurait pu parler aussi des bleus du Velez Sarsfield de Carlos Bianchi, el goleador, des verts du Ferrocarril Oeste (chemins de fer ouest) d\u2019Angel Marcos ou encore des rouges de l\u2019Atletico Huracan, de Javier Pastore. Mais cet article serait trop long.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Vivons couronn\u00e9s de gloire, ou jurons de mourir glorieusement&nbsp;\u00bb<\/em>, comme le dit l\u2019hymne national. \u00c7a semble s\u2019appliquer aussi aux clubs de foot.<\/p>\n\n\n\n<p><em>15 mars 2021<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Peut-\u00eatre encore plus qu\u2019au Br\u00e9sil, la football est une religion en Argentine et la ferveur qu\u2019il suscite prend une dimension quasi mystique. Buenos Aires peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme la capitale mondiale du football&nbsp;; chaque quartier, chaque banlieue n\u2019attendant que le moment d\u2019en d\u00e9coudre avec le club voisin. 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