{"id":2009,"date":"2021-04-24T16:24:38","date_gmt":"2021-04-24T14:24:38","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2009"},"modified":"2021-04-24T16:24:40","modified_gmt":"2021-04-24T14:24:40","slug":"notes-de-lecture-9","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2009","title":{"rendered":"NOTES DE LECTURE (9)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>GEORGE ORWELL \u2013 LE QUAI DE WIGAN \u2013 Champ libre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le quai de Wigan <\/em>est sorti en 1937 et Orwell, avec sa lucidit\u00e9 proverbiale, sent monter le p\u00e9ril fasciste en m\u00eame temps qu\u2019il s\u2019est d\u00e9j\u00e0 alarm\u00e9 par le totalitarisme stalinien. Ce livre a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit juste avant son engagement dans les brigades internationales et son t\u00e9moignage sur la guerre d\u2019Espagne (<em>Hommage \u00e0 la Catalogne libre<\/em>). Il n\u2019est pas indiff\u00e9rent que la plupart des livres d\u2019Orwell soient sortis au Champ libre, la maison d\u2019\u00e9dition de G\u00e9rard L\u00e9bovici et des situationnistes, tant la d\u00e9nonciation aussi bien du fascisme que de la bureaucratie sovi\u00e9tique a toujours inspir\u00e9 l\u2019auteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Le livre commence comme un v\u00e9ritable trait\u00e9 de sociologie sur les conditions d\u2019existence de la classe ouvri\u00e8re anglaise, et en particulier sur les mineurs en Angleterre et ici ceux de Wigan, ville ouvri\u00e8re du nord-ouest, pr\u00e8s de Manchester. Tout y passe, de l\u2019habitat \u00e0 l\u2019alimentation en passant par les salaires et les \u2013 rares &#8211; loisirs. Une plong\u00e9e, chiffres \u00e0 l\u2019appui, dans le quotidien de ces mineurs de fond surexploit\u00e9s, m\u00e9pris\u00e9s et souvent victimes de maladies professionnelles ou d\u2019accidents.<\/p>\n\n\n\n<p>Orwell a \u00e9t\u00e9 policier en Birmanie, au service de l\u2019empire dans l\u2019un de ses confettis asiatiques, et on dirait qu\u2019il cherche \u00e0 se faire pardonner en frayant d\u2019abord avec les marginaux (<em>Dans la d\u00e8che \u00e0 Paris et \u00e0 Londres<\/em>), puis avec le prol\u00e9tariat sur lequel il \u00e9vite de fantasmer, d\u00e9crivant sans romantisme r\u00e9volutionnaire les vies et m\u0153urs du peuple des galeries souterraines.<\/p>\n\n\n\n<p>La seconde partie du livre est tout aussi int\u00e9ressante, qui tente d\u2019analyser pourquoi cette classe ouvri\u00e8re est souvent r\u00e9ticente \u00e0 s\u2019engager derri\u00e8re les socialistes (on ne parle pas ici de communistes, on est en Angleterre, quand m\u00eame&nbsp;!). Pourquoi les socialistes paraissent si \u00e9tranges \u00e0 ce petit peuple par leur jargon marxiste, leur incapacit\u00e9 \u00e0 parler aux gens de la \u00ab&nbsp;d\u00e9cence commune&nbsp;\u00bb (autre th\u00e8me orwellien), leur excentricit\u00e9 revendiqu\u00e9e, leur carri\u00e9risme (d\u00e9j\u00e0) et, surtout, leur inaptitude \u00e0 incarner ses valeurs sit\u00f4t parvenus au pouvoir. Vieille histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est d\u00e9j\u00e0 en fait tout un syst\u00e8me de d\u00e9voiement des \u00e9lites marqu\u00e9 par l\u2019absence de d\u00e9mocratie, la professionnalisation de la politique et la vision en surplomb (\u00ab&nbsp;pour le bien du peuple&nbsp;\u00bb, un peuple id\u00e9alis\u00e9), qui est ici critiqu\u00e9, et avec d\u2019autant plus de hargne qu\u2019Orwell a bien compris que si les socialistes ne parviennent pas \u00e0 s\u2019adresser au peuple, les fascistes, eux, finiront par le faire dans la mesure o\u00f9 ils savent aussi parler de protection sociale et d\u2019\u00c9tat fort, mais en pla\u00e7ant l\u2019ordre tout en haut. C\u2019est d\u2019ailleurs un biais que l\u2019on peut contester dans ce livre, m\u00eame s\u2019il est \u00e9crit avant la seconde guerre mondiale et l\u2019horreur du nazisme, que de ne voir dans le fascisme qu\u2019un syst\u00e8me social autoritaire au profit d\u2019une caste et de ne pas trop y voir sa perversit\u00e9 ontologique.<\/p>\n\n\n\n<p>En tout cas, un livre o\u00f9 il y a mati\u00e8re \u00e0 penser et qui concerne des probl\u00e9matiques tout \u00e0 fait actuelles dans la panade id\u00e9ologique et la perte des rep\u00e8res que subit la gauche, incapable de surmonter ses divisions et de convaincre ce qui \u00e9tait nagu\u00e8re son \u00e9lectorat de pr\u00e9dilection&nbsp;: ce qu\u2019il faut bien appeler le peuple.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>JACQUES RIGAUT \u2013 \u00c9CRITS POSTHUMES \u2013 Gallimard<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Andr\u00e9 Breton et Jos\u00e9 Pierre avaient r\u00e9uni trois textes de ces <em>3<\/em> <em>suicid\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9<\/em> que furent Arthur Cravan, Jacques Vach\u00e9 et Jacques Rigaut. De Rigaut, on pouvait lire une nouvelle intitul\u00e9e <em>Agence g\u00e9n\u00e9rale du suicide<\/em>, o\u00f9 il revient sur son obsession (Breton rappelle qu\u2019il s\u2019est condamn\u00e9 \u00e0 mort d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge)&nbsp;: le suicide. Breton a aussi consacr\u00e9 un chapitre de son <em>Anthologie de l\u2019humour noir<\/em> \u00e0 Rigaut, po\u00e8te dada\u00efste, \u00e9crivain des commencements et des \u00e9bauches, expert en aphorisme (on a parl\u00e9 \u00e0 son sujet de \u00ab&nbsp;Chamfort noir et glac\u00e9&nbsp;\u00bb) et humoriste \u00e0 ses heures dans la tradition des Alphonse Allais, Tristan Bernard ou encore Alfred Jarry.<\/p>\n\n\n\n<p>On sent pourtant comme une incapacit\u00e9 \u00e0 \u00e9crire chez Rigaut, comme si la litt\u00e9rature n\u2019\u00e9tait surtout pas \u00e0 prendre au s\u00e9rieux et qu\u2019il lui pr\u00e9f\u00e9rait le n\u00e9ant, la chute, la nuit. Il a inspir\u00e9 le personnage principal du roman de Drieu La Rochelle <em>Le feu follet , <\/em>l\u2019histoire d\u2019un d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 qui va de maison de repos en pension de famille pour convalescents sans jamais se d\u00e9prendre de ses addictions&nbsp;; alcool puis h\u00e9ro\u00efne (Louis Malle en a fait le film \u00e9ponyme avec Maurice Ronet dans le r\u00f4le principal, rempla\u00e7ant la grande guerre par la guerre d\u2019Alg\u00e9rie). Car Rigaut a fait la guerre, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re d\u2019abord, aux services postaux, avant d\u2019\u00eatre mobilis\u00e9 sur le front de Lorraine o\u00f9 il a vu mourir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui son meilleur ami. Presque toute cette g\u00e9n\u00e9ration d\u2019artistes s\u2019engagera dans les mouvements dada\u00efstes puis surr\u00e9alistes, traumatis\u00e9e par la guerre. Sauf que Rigaut a tenu \u00e0 en rester \u00e0 Dada, m\u00eame si plusieurs de ses textes ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans la revue surr\u00e9aliste <em>Litt\u00e9rature<\/em>. Rigaut est aussi le personnage de l\u2019excellent roman de Philippe Soupault <em>En joue<\/em>, qui se termine aussi par un suicide entour\u00e9 de myst\u00e8re. Rigaut ne serait-il qu\u2019un personnage de roman&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Que dire de ces \u0153uvres posthumes, sinon qu\u2019on peut en appr\u00e9cier le disparate tout en regrettant l\u2019absence de structure, de conviction, de volont\u00e9 de faire une \u0153uvre, justement. Des notes griffonn\u00e9es sur des feuilles volantes et, quand il daigne entreprendre quelque chose de plus construit, Rigaut nous laisse en plan apr\u00e8s un ou deux chapitres. Pourtant, l\u2019imagination, l\u2019invention et la verve sont omnipr\u00e9sentes. Reste l\u2019impression d\u2019un beau g\u00e2chis. Dommage.<\/p>\n\n\n\n<p>Il aura v\u00e9cu en dandy multipliant les conqu\u00eates entre Paris et New York o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 travailler pour un antiquaire apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9, \u00e0 Paris, le secr\u00e9taire du peintre Jacques-\u00c9mile Blanche. D\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 comme par atavisme et constamment attir\u00e9 par la mort, il n\u2019aura pas daign\u00e9 saisir les perches tendues \u00e0 lui par l\u2019amiti\u00e9, par l\u2019amour ou par l\u2019art. Fatigu\u00e9 de contempler le n\u00e9ant, Jacques Rigaut se donne la mort dans la chambre de sa pension de famille, d\u2019une balle en plein c\u0153ur. L\u2019ami qu\u2019il venait de quitter insistera sur la nettet\u00e9 de cette mise \u00e0 mort, avec un linge pour \u00e9viter que le sang ne se r\u00e9pande et un oreiller pour assourdir la d\u00e9tonation, le drame ayant eu lieu dans une chambre bien rang\u00e9e. Un petit meurtre de Rigaut par son double, \u00e0 moins que ce ne soit l\u2019inverse.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains individus sont dou\u00e9s pour la vie quand d\u2019autres le sont pour la mort. Rigaut avait choisi la nuit, la nuit blanche de l\u2019opium qui a oblit\u00e9r\u00e9 ses d\u00e9sirs et enseveli ses espoirs. En joue, feu&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CHRISTA WOLF \u2013 M\u00c9D\u00c9E \u2013 La Cosmopolite \/ Stock<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/illustration85.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2010\" width=\"579\" height=\"434\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/illustration85.jpeg 259w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/illustration85-30x22.jpeg 30w\" sizes=\"(max-width: 579px) 100vw, 579px\" \/><figcaption>Christa Wolf en 1971, au temps de la RDA, pays disparu<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>On pourrait s\u2019amuser \u00e0 esquisser un genre litt\u00e9raire \u00e0 partir de toutes les \u0153uvres contemporaines dont les th\u00e8mes sont emprunt\u00e9s \u00e0 la mythologie grecque. On aurait \u00e0 la fois Joyce, Morand, Giraudoux, Anouilh, Shelley ou Christa Wolf, liste \u00e0 compl\u00e9ter.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais c\u2019est plus du c\u00f4t\u00e9 d\u2019Euripide ou de Pasolini que Wolf nous entra\u00eene dans le destin sublime autant que douloureux de cette ic\u00f4ne de la trag\u00e9die grecque. M\u00e9d\u00e9e la pythonisse, M\u00e9d\u00e9e la devineresse, M\u00e9d\u00e9e la sorci\u00e8re, M\u00e9d\u00e9e la magicienne, M\u00e9d\u00e9e la gu\u00e9risseuse. Elle est tout \u00e0 la fois mais avant tout humaine dans une cit\u00e9 \u2013 Corinthe \u2013 o\u00f9 r\u00e8gnent l\u2019hypocrisie, le parjure et la barbarie. M\u00e9d\u00e9e, elle, vient de la Colchide. Elle est la fille du vieux roi s\u00e9nile assassin de son fr\u00e8re, et c\u2019est ce meurtre qui l\u2019a fait s\u2019enfuir avec Jason et ses Argonautes, Corinthiens venus conqu\u00e9rir la toison, comme le veut la l\u00e9gende.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e9d\u00e9e et Jason deviennent amantsetrentrent \u00e0 Corinthe mais la cit\u00e9 est bient\u00f4t sinistr\u00e9e par un raz-de-mar\u00e9e puis par la peste&nbsp;; la col\u00e8re des dieux qui punissent le roi Cr\u00e9on d\u2019avoir fait assassiner sa fille a\u00een\u00e9e pr\u00e9tendante au tr\u00f4ne, situation sym\u00e9trique entre les deux cit\u00e9s maudites. M\u00e9d\u00e9e est accus\u00e9e d\u2019avoir tu\u00e9 son fr\u00e8re avant d\u2019\u00eatre tenue responsable de la mort de ses enfants. C\u2019est en fait la cit\u00e9 de Corinthe qui fait d\u2019elle la bouc \u00e9missaire, condamn\u00e9e \u00e0 l\u2019exil, et l\u2019autrice cite le philosophe Ren\u00e9 Girard (philosophe et anthropologue auteur entre autres du <em>Bouc \u00e9missaire<\/em>) en \u00e9pigramme de deux chapitres. Des chapitres qui sont autant de longs monologues int\u00e9rieurs de chacun des protagonistes.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019autrice a parfois de bouleversants accents shakespeariens et elle fait de M\u00e9d\u00e9e une pionni\u00e8re de la psychanalyse, qu\u2019elle exerce sur son entourage en cherchant au plus profond la v\u00e9rit\u00e9 des \u00eatres par le dialogue et la contradiction. Elle gu\u00e9rit ainsi Glauc\u00e9 l\u2019\u00e9pileptique, fille de Cr\u00e9on et de M\u00e9rope traumatis\u00e9e par l\u2019assassinat de sa s\u0153ur a\u00een\u00e9e Iphino\u00e9 en lui faisant revivre la sc\u00e8ne primale, le trauma initial. Freud n\u2019est jamais tr\u00e8s loin.<\/p>\n\n\n\n<p>Une belle \u00e9criture, un lyrisme noir \u00e0 la Giono. On sent que Christa Wolf parle aussi d\u2019elle dans ce roman, elle qu\u2019on a vou\u00e9 aux g\u00e9monies pour complicit\u00e9 oblig\u00e9e avec la Stasi. D\u2019ailleurs, le r\u00e9cit peut aussi se lire comme une m\u00e9taphore de l\u2019Allemagne, avec la Colchide qui serait la RDA, un r\u00e9gime se voulant au d\u00e9part d\u00e9mocratique et \u00e9galitariste mais ayant vir\u00e9 \u00e0 la dictature&nbsp;; et la Corinthie qui serait la RFA, pays o\u00f9 r\u00e8gne la l\u2019intrigue, le lucre, l\u2019hypocrisie et la cupidit\u00e9. En plus, les habitants de Colchide finissent absorb\u00e9s par Corinthe, rel\u00e9gu\u00e9s \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie dans la pauvret\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En tout cas, on a l\u00e0 une \u00e9crivaine d\u2019un immense talent, aussi brillante que sa cons\u0153ur autrichienne Elfriede Jelinek. Ce n\u2019est pas un mince compliment.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>PIERRE BERGOUGNOUX \u2013 BACK IN THE SIXTIES \u2013 Verdier<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, un petit livre \u2013 une cinquantaine de pages \u2013 de Pierre Bergougnoux que je tiens pour le plus grand \u00e9crivain fran\u00e7ais de l\u2019\u00e9poque avec Pierre Michon. Les deux Pierre sont coutumiers de ces textes minces souvent truff\u00e9s de fulgurances po\u00e9tiques. Des sprinters litt\u00e9raires, ou des coureurs de demi-fond plus que des marathoniens.<\/p>\n\n\n\n<p>Po\u00e9tique et politique ici, puisque Bergougnoux nous parle de sa g\u00e9n\u00e9ration, celle du baby boom, de Cuba et de l\u2019h\u00e9ro\u00efsme des barbudos qui ont renvers\u00e9 Battista. Pour lui la grande aventure de ces ann\u00e9es 60 o\u00f9 l\u2019on pouvait encore croire au pr\u00e9sent et se projeter dans l\u2019avenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9voque ensuite les ann\u00e9es 70 jusqu\u2019\u00e0 ce XXI\u00b0 si\u00e8cle dont on n\u2019a rien \u00e0 attendre. Bergougnoux est d\u00e9sabus\u00e9, \u00e9c\u0153ur\u00e9 par le monde de la pr\u00e9dation, de l\u2019ali\u00e9nation et du lib\u00e9ralisme engluant tout dans ses r\u00eats. Il cite Hegel, Husserl, Kant, Pascal\u2026 Il philosophe autant qu\u2019il po\u00e9tise, pour en revenir toujours \u00e0 sa grande \u00eele qui, seule, n\u2019a pas injuri\u00e9 l\u2019espoir.<em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;<\/em><em>Cuba s\u2019ancre dans la mer des Cara\u00efbes comme un fragment pr\u00e9serv\u00e9 de nos jeunes ann\u00e9es. On peut y marcher les yeux ouverts mais on se demande alors si on ne serait pas en train, pour le coup, de r\u00eaver&nbsp;\u00bb<\/em>. Des phrases cisel\u00e9es, \u00e0 la Flaubert, et un id\u00e9al intact malgr\u00e9 tout. Un petit trait\u00e9 d\u2019espoir, au final.<\/p>\n\n\n\n<p><em>2<\/em><em>3<\/em><em> avril 2021<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>GEORGE ORWELL \u2013 LE QUAI DE WIGAN \u2013 Champ libre Le quai de Wigan est sorti en 1937 et Orwell, avec sa lucidit\u00e9 proverbiale, sent monter le p\u00e9ril fasciste en m\u00eame temps qu\u2019il s\u2019est d\u00e9j\u00e0 alarm\u00e9 par le totalitarisme stalinien. Ce livre a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit juste avant son engagement dans les brigades internationales et son&#8230;<\/p>\n<div class=\" [&hellip;]\"><a href=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2009\">Read More <i class=\"os-icon os-icon-angle-right\"><\/i><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2010,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[31,42],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2009"}],"collection":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2009"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2009\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2012,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2009\/revisions\/2012"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2010"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2009"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2009"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2009"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}