{"id":2017,"date":"2021-04-24T17:25:11","date_gmt":"2021-04-24T15:25:11","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2017"},"modified":"2021-04-29T09:53:58","modified_gmt":"2021-04-29T07:53:58","slug":"willem-le-hollandais-poilant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2017","title":{"rendered":"WILLEM : LE HOLLANDAIS POILANT"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/illustration87.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2018\" width=\"576\" height=\"641\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/illustration87.jpeg 213w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/illustration87-27x30.jpeg 27w\" sizes=\"(max-width: 576px) 100vw, 576px\" \/><figcaption>Le style Willem. Sans commentaire.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Willem Bernard Holtrop vient d\u2019avoir 80 ans et on ne verra plus ses dessinss dans <em>Lib\u00e9ration<\/em>. Il continuera n\u00e9anmoins \u00e0 nous faire profiter de son \u00e9rotomanie macabre dans les pages de <em>Sin\u00e9 Mensuel<\/em>. Retour sur la d\u00e9j\u00e0 longue histoire de l\u2019un des dessinateurs les plus originaux et les plus iconoclastes de l\u2019\u00e9poque, avec une seule morale&nbsp;: faire rire et choquer les bien-pensants.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9&nbsp; plus t\u00f4t, Willem aurait pu faire partie des mouvements dada\u00efstes et surr\u00e9alistes tant l\u2019homme a toujours \u00e9t\u00e9 dou\u00e9 pour le scandale, la provocation et le mauvais go\u00fbt. Il se consolera en \u00e9tant l\u2019une des figures artistiques des mouvements provo et kabooter, ces jeunes r\u00e9volt\u00e9s n\u00e9erlandais anti-fascistes et anarchistes qui tenteront de faire na\u00eetre une commune libre \u00e0 Amsterdam. Les provos sont un peu les beatniks de l\u00e0-bas quand les kabooters sont ceux qui ont tout l\u00e2ch\u00e9 pour vivre dans des p\u00e9niches d\u00e9rivant le long des canaux de la ville. L\u2019un des grands succ\u00e8s de cette jeunesse sera, outre le fait de faire d\u2019Amsterdam la capitale des marginaux de toute l\u2019Europe, d\u2019avoir incit\u00e9 la ville \u00e0 mettre en \u0153uvre le services des bicyclettes blanches, qu\u2019on peut prendre et laisser au gr\u00e9 de ses d\u00e9placements dans la ville, une sorte de V\u00e9lib libertaire, gratuit.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais revenons \u00e0 Willem, qui place ses premiers dessins dans la presse contestataire de l\u2019\u00e9poque. D\u2019abord un journal satirique&nbsp;: <em>God, Nederland &amp; Oranje<\/em>, qui sera frapp\u00e9 d\u2019interdiction apr\u00e8s un dessin repr\u00e9sentant la reine Juliana en tapineuse de luxe. Topor et Picha dessinaient aussi dans cet hebdomadaire qui fait d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s fort en mati\u00e8re d\u2019outrage et d\u2019obsc\u00e9nit\u00e9. Willem continue \u00e0 dessiner pour l\u2019hebdomadaire<em> Aloha<\/em> et place ses premi\u00e8res bandes dessin\u00e9es dans <em>Tante Leny Presenteert<\/em>, mensuel humoristique fond\u00e9 par ses amis Joost Swarte, Willem Derudder, Ever Meulen et Tatjana Gerhard. Tante L\u00e9ny est bien s\u00fbr l\u2019\u00e9pouse du capitaine et s\u0153ur de l\u2019astronome dans la bande dessin\u00e9e cr\u00e9\u00e9e par Rudolph Dirks <em>The captain and the kids<\/em>, soit <em>Die Katzenjammer kids<\/em> en n\u00e9erlandais et <em>Pim Pam Poum <\/em>en fran\u00e7ais. Le journal fait son miel de parodies des classiques de la bande dessin\u00e9e (notamment la partouze \u00e0 Moulinsart) et le dessin de Willem jure avec la ligne claire tr\u00e8s B.D belge (Dupuis et Casterman) de ses coll\u00e8gues.<\/p>\n\n\n\n<p>Recommand\u00e9 par Topor, Willem place ses premiers dessins dans le <em>Hara Kiri<\/em> renaissant du printemps 1967, apr\u00e8s une longue interruption \u00e0 cause d\u2019une deuxi\u00e8me interdiction pour un photomontage qui a indign\u00e9 Yvonne De Gaulle. Les dessins de Willem sont volontairement laids, de mauvais go\u00fbt. On croirait qu\u2019il sait \u00e0 peine dessiner, tant la perspective, les reliefs et les personnages sont mal fichus, crayonn\u00e9s \u00e0 la diable et sans la moindre concession aux canons esth\u00e9tiques alors en cours dans la bande dessin\u00e9e. En tout cas, Willem Holtrop a un style et il peut dignement succ\u00e9der \u00e0 sa compatriote, la dessinatrice n\u00e9erlandaise Hopf, dans les pages du mensuel b\u00eate et m\u00e9chant.<\/p>\n\n\n\n<p>Car b\u00eate et m\u00e9chant, au sens o\u00f9 l\u2019entendent Cavanna et Choron, Willem l\u2019est assur\u00e9ment avec des dessins mal cadr\u00e9s o\u00f9 les personnages multiplient les fautes de fran\u00e7ais, laiss\u00e9es telles quelles par la r\u00e9daction. Willem s\u2019inspire des comics am\u00e9ricains en les subvertissant et en leur donnant un c\u00f4t\u00e9 r\u00e9solument adulte, avec du sexe, des horreurs et des s\u00e9vices. Il n\u2019a pas fait pour rien une \u00e9cole des beaux-arts \u00e0 Arnhem puis \u00e0 Bois-le-duc (ou Den Bosch), la ville de J\u00e9r\u00f4me Bosch, peintre hallucin\u00e9 du paradis et de l\u2019enfer.<\/p>\n\n\n\n<p>Au printemps 68, il se fait conna\u00eetre d\u2019un public plus large en \u00e9margeant aux deux publications r\u00e9volutionnaires les plus fameuses&nbsp;: <em>Action<\/em>, le journal des comit\u00e9s d\u2019action \u00e9tudiants et ouvriers et, surtout, <em>L\u2019Enrag\u00e9<\/em>, lanc\u00e9 par ses amis Wolinski et Sin\u00e9 auxquels il confie ses dessins f\u00e9roces et toujours aussi atypiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand para\u00eet<em>Hara Kiri <\/em><em>Hebdo<\/em> \u00e0 l\u2019automne 1969, Willem fait partie des quelques dessinateurs embarqu\u00e9s dans l\u2019aventure, avec G\u00e9b\u00e9, Cabu, Wolinski et Reiser. Au fil du temps, son trait se fait plus politique il s\u2019exprime sur la politique internationale en particulier dont il semble f\u00e9ru. Willem conna\u00eet le monde comme sa poche, et il d\u00e9nonce avec autant de brio l\u2019apartheid en Afrique du Sud que la Fran\u00e7afrique, la diplomatie Kissinger et ses r\u00e9percussions en Asie et en Am\u00e9rique latine ou les p\u00e9tromonarchies du Moyen-Orient. Il fait feu de tout bois avec une f\u00e9rocit\u00e9 rarement vue dans le petit monde de la bande dessin\u00e9e. Il fera aussi profiter de ses dessins des associations de solidarit\u00e9 internationales comme Amnesty International ou Human Rights Watch.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne se contente d\u2019ailleurs pas de croquer les travers du monde et il cr\u00e9e toute une s\u00e9rie de personnages auxquels il donne toute leur dimension loufoque dans des albums publi\u00e9 aux \u00e9ditions du Square&nbsp;: Dick Talon et son cousin con Gaston Talon, l\u2019anarchiste Bernstein, Tom Blanc et le prince Bernhard sur lequel il s\u2019acharne en tant que monarque fantoche ex collabo, trafiquant d\u2019armes et pr\u00e9varicateur. Car, on croit l\u2019avoir dit, Willem a la dent dure et le trait assassin. Ce qui frappe chez lui, c\u2019est la violence de la satire politique et sociale, la haine du conformisme bourgeois et, aussi, un certain go\u00fbt pour la d\u00e9pravation, le scandale et toutes les perversions imaginables.<\/p>\n\n\n\n<p>Michel Poniatowski, ministre de l\u2019int\u00e9rieur de Giscard, fera interdire le mensuel <em>Surprise<\/em>, lanc\u00e9 par Willem en 1976, d\u00e8s le premier num\u00e9ro. Il est devenu collector mais le journal ne repara\u00eetra pas et Willem pourra continuer \u00e0 exercer des talents peu conventionnels \u00e0 <em>Charlie Hebdo<\/em>, <em>Hara Kiri<\/em> et <em>Charlie Mensuel<\/em>, dont il sera r\u00e9dacteur en chef apr\u00e8s Wolinski et Delfeil de Ton, dans les derni\u00e8res ann\u00e9es. Il multiplie les rubriques\u00a0: sa revue de presse dans <em>Charlie Hebdo <\/em>(<em>images<\/em>) est toujours un r\u00e9sum\u00e9 saisissant en images de tout ce qui se fait en mati\u00e8re d\u2019art moderne et n\u2019a d\u2019\u00e9quivalent que <em>Chez les esth\u00e8tes<\/em>, l\u00e0 aussi une chronique dessin\u00e9e qu\u2019il tient pour <em>Charlie Mensuel<\/em>. Dans les espaces qui lui sont conc\u00e9d\u00e9s, Willem use de prouesses graphiques pour nous faire d\u00e9couvrir les tr\u00e9sors de l\u2019art contemporain dans leur version underground et marginale. Il sera ainsi l\u2019un des premiers \u00e0 parler de Bazooka, du Street art, du graffiti et de toute cette culture artistique populaire. C\u2019est aussi une sorte d\u2019historien de l\u2019art, f\u00e9ru de peinture, qui aurait r\u00e9solument conchi\u00e9 l\u2019acad\u00e9misme.<\/p>\n\n\n\n<p>Fin 1981, la fin de <em>Charlie Hebdo<\/em> \u2013 ou disons la fin de la premi\u00e8re \u00e9poque \u2013 le trouve fort d\u00e9pourvu, lui qui semble incapable de se recycler dans la presse grand public. <em>Hara Kiri<\/em> bat de l\u2019aile lui aussi et dispara\u00eetra quelques ann\u00e9es plus tard.<em> Charlie Mensuel<\/em> n\u2019existe d\u00e9j\u00e0 plus. Pourtant, Willem va r\u00e9ussir \u00e0 placer ses dessins d\u2019actualit\u00e9 dans <em>Lib\u00e9ration<\/em> o\u00f9 il \u00e9margera fid\u00e8lement pendant 40 ans. Il y aura aussi dans les ann\u00e9es 80 l\u2019hebdomadaire <em>Z\u00e9ro<\/em> dont il sera l\u2019un des piliers et, dans les ann\u00e9es 90 et 2000, des tas d\u2019expositions \u00e0 travers toute l\u2019Europe qui lui rendront des hommages m\u00e9rit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre temps, Willem a repris du service dans le <em>Charlie Hebdo<\/em> nouveau de Philippe Val et de Cabu, en 1992. Son trait s\u2019est affin\u00e9 et ses caricatures pour <em>Lib\u00e9ration<\/em> sont presque reconnaissables. Il suivra aussi son vieux pote Sin\u00e9 dans <em>Sin\u00e9 Hebdo<\/em> d\u2019abord, puis dans <em>Sin\u00e9 Mensuel<\/em> o\u00f9 son dessin dans les derni\u00e8res pages est un vrai catalogue des perversions imaginables ou fantasm\u00e9es. Willem joue avec toutes les parties du corps humain en faisant reculer les limites de la d\u00e9cence, comme un gamin pervers qui s\u2019amuserait \u00e0 choquer les grandes personnes.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il ne fait pas que les choquer, et les grands lui d\u00e9cernent des r\u00e9compenses, comme au salon de la B.D d\u2019Angoul\u00eame en 2013, \u00e0 71 ans o\u00f9 il re\u00e7oit le grand prix de la ville. Une sorte de cons\u00e9cration pour un talent si singulier, si hors norme, si difficile. Et on peut parier que sans le flair et le go\u00fbt de la provocation des Cavanna, Choron et G\u00e9b\u00e9, Willem aurait peut-\u00eatre d\u00fb changer de m\u00e9tier. C\u2019est tout \u00e0 leur honneur d\u2019avoir fait une place au Hollandais poilant et \u00e0 son cort\u00e8ge enfantin de monstres, de pervers, de sadiques, de dictateurs, de prostitu\u00e9es, de flics et de clochards. Le tout plein de morve, de sperme et d\u2019urine. Un bestiaire qu\u2019il met en sc\u00e8ne sous l\u2019inspiration des comics am\u00e9ricains et de la romance hollywoodienne, car Willem a tremp\u00e9 d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge dans les mythologies am\u00e9ricaines, relev\u00e9es avec l\u2019humour ravageur des \u00e9ditions du Square et la touche de fantastique et d\u2019\u00e9pouvante d\u2019un J\u00e9r\u00f4me Bosch.<\/p>\n\n\n\n<p>Willem vit en Bretagne depuis de nombreuses ann\u00e9es. Il envoyait ses dessins au jour le jour \u00e0 <em>Lib\u00e9ration<\/em> et c\u2019est maintenant la dessinatrice Coco qui va prendre la rel\u00e8ve. Pas s\u00fbr qu\u2019on y gagne au change mais qu\u2019importe. Cela fait longtemps qu\u2019il vit retir\u00e9, et il n\u2019assistait jamais aux conf\u00e9rences de r\u00e9daction de <em>Charlie Hebdo<\/em>, ce qui lui a \u00e9vit\u00e9 de figurer parmi les victimes du massacre de janvier 2015. Avec son ami Delfeil de Ton, il est le dernier survivant de l\u2019historique bande \u00e0 Charlie, et on ne peut que se r\u00e9jouir de pouvoir continuer \u00e0 admirer leurs productions respectives, dans <em>Sin\u00e9 Mensuel<\/em>, et nulle part ailleurs maintenant. Deux tonitruants octog\u00e9naires, des p\u00e9p\u00e9s flingueurs \u00e0 qui on souhaite encore longue vie.<\/p>\n\n\n\n<p>En tout cas, Willem aura r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er, depuis les ann\u00e9es 60 et 70, un imaginaire imm\u00e9diatement reconnaissable, aussi original qu\u2019iconoclaste et fascinant. Plus qu\u2019un simple dessinateur de presse, il restera comme l\u2019un des plus grands artistes de ces temps, \u00e0 mettre au m\u00eame niveau qu\u2019un Roland Topor ou qu\u2019un Guy Peellaert. Autant dire un immense bonhomme qui en a encore sous le pied et ne va pas rester inactif. N\u00e9 pour dessiner, jusqu\u2019\u00e0 100 ans et plus&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><em>18 avril 2021<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Willem Bernard Holtrop vient d\u2019avoir 80 ans et on ne verra plus ses dessinss dans Lib\u00e9ration. Il continuera n\u00e9anmoins \u00e0 nous faire profiter de son \u00e9rotomanie macabre dans les pages de Sin\u00e9 Mensuel. Retour sur la d\u00e9j\u00e0 longue histoire de l\u2019un des dessinateurs les plus originaux et les plus iconoclastes de l\u2019\u00e9poque, avec une seule&#8230;<\/p>\n<div class=\" [&hellip;]\"><a href=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2017\">Read More <i class=\"os-icon os-icon-angle-right\"><\/i><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2018,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[51,35],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2017"}],"collection":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2017"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2017\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2023,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2017\/revisions\/2023"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2018"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2017"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2017"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2017"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}