{"id":2133,"date":"2021-06-20T18:27:57","date_gmt":"2021-06-20T16:27:57","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2133"},"modified":"2021-06-22T17:09:48","modified_gmt":"2021-06-22T15:09:48","slug":"notes-de-lecture-11","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2133","title":{"rendered":"NOTES DE LECTURE (11)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>LA BIBLE DE N\u00c9ON \u2013 JOHN KENNEDY TOOLE \u2013 Pavillons Laffont.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/illustration104.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2135\" width=\"577\" height=\"743\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/illustration104.jpg 233w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/illustration104-23x30.jpg 23w\" sizes=\"(max-width: 577px) 100vw, 577px\" \/><figcaption>John Kennedy Toole, un visage d&rsquo;Am\u00e9ricain bien sage. En apparence seulement.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>On connaissait d\u00e9j\u00e0 Toole pour <em>La conjuration des imb\u00e9ciles<\/em>, superbe roman sensible et jubilatoire, prix Pulitzer \u00e0 titre posthume en 1981. L\u2019histoire d\u2019un gars du Sud ( Raleigh &#8211; Caroline du Nord) extravagant et un peu parano\u00efaque s\u2019imaginant que le monde entier ne pense qu\u2019\u00e0 contrer ses initiatives et \u00e0 brider ses ambitions. Autobiographique&nbsp;? S\u00fbrement pas quand on pense \u00e0 ce qu\u2019aura \u00e9t\u00e9 la vie de John Kennedy Toole.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est n\u00e9 \u00e0 La Nouvelle-Orl\u00e9ans et, apr\u00e8s de brillantes \u00e9tudes \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Columbia, il enseigne \u00e0 New York et part \u00e0 l\u2019arm\u00e9e \u00e0 Porto Rico o\u00f9 il dispense des cours d\u2019anglais. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il a le temps d\u2019\u00e9crire <em>La conjuration <\/em><em>des imb\u00e9ciles<\/em>, roman qu\u2019il ne parviendra pas \u00e0 faire publier. C\u2019est aller un peu vite en besogne que d\u2019inf\u00e9rer que cet \u00e9chec le conduira au suicide, d\u00e9\u00e7u dans ses ambitions litt\u00e9raires, mais le fait est qu\u2019il met fin \u00e0 ses jours en 1969, \u00e0 32 ans, en respirant \u00e0 plein poumon les gaz d\u2019\u00e9chappement de sa voiture et c\u2019est sa m\u00e8re qui, pour honorer la m\u00e9moire de son fils, passera le reste de sa vie \u00e0 courir les \u00e9diteurs manuscrit en main. On devrait dire manuscrits au pluriel, car Toole avait \u00e9crit un premier roman d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 16 ans, et c\u2019est celui-l\u00e0 dont on rend compte.<\/p>\n\n\n\n<p>Un r\u00e9cit \u00e0 hauteur d\u2019enfant, construit en spirale. <em>La bible de n\u00e9on<\/em> du titre est allum\u00e9e en permanence et c\u2019est la seule chose que l\u2019on voit depuis la maison en haut des collines du narrateur et de sa famille. Elle est parfaitement d\u00e9crite, avec la couverture rouge, les pages en jaune et les lettres en vert. On est dans le Sud profond, une petite bourgade du Tennessee o\u00f9 on ne rigole pas avec la bible et o\u00f9 on craint le malin.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout commence dans le train o\u00f9 David, adolescent de 16 ans, a pris la fuite et tout se termine quand il dilapide sa derni\u00e8re paie pour, dans le m\u00eame train, quitter la ville dans laquelle il \u00e9touffe. Entre temps, des pages \u00e9mouvantes et dr\u00f4les sur son enfance dans un trou perdu&nbsp;: sa tante Mae, personnage principal du roman, chanteuse de beuglant qui partira \u00e0 Nashville dans l\u2019espoir de vivre de son art&nbsp;; son p\u00e8re modeste ouvrier qui veut faire planter des l\u00e9gumes dans une terre en cendr\u00e9e et va mourir \u00e0 la guerre, quelque part en Italie&nbsp;; sa m\u00e8re devenue folle \u00e0 la suite de l\u2019annonce du d\u00e9c\u00e8s de son mari et tous les personnages de la ville&nbsp;: institutrices, pasteur, commer\u00e7ants, camarades de classe, jusqu\u2019\u00e0 une petite amie trop t\u00f4t partie. C\u2019est une ville o\u00f9 la famille de David fait l\u2019objet d\u2019un dur m\u00e9pris social, ray\u00e9e de la paroisse pour avoir \u00e9t\u00e9 dans l\u2019incapacit\u00e9 de payer. Brillant \u00e9l\u00e8ve, il doit interrompre sa scolarit\u00e9 et s\u2019employer dans une pharmacie. Le petit est malgr\u00e9 tout confiant en l\u2019avenir et aspire au bonheur, jusqu\u2019au drame final. Il y a des morceaux de bravoure, dont le passage en ville d\u2019un \u00e9vang\u00e9liste qui \u00e9lectrise tout le monde ou une f\u00eate \u00e0 l\u2019usine d\u2019armement qui emploie la tante Mae, aimante, truculente et sensuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>On pense bien s\u00fbr aux romans du Sud profond de Carson Mc Cullers ou de Flannery O\u2019 Connor, mais on pense aussi au Truman Capote de <em>La travers\u00e9e de l\u2019\u00e9t\u00e9<\/em> et surtout au magnifique<em> Attrape-c\u0153ur<\/em> de J.D Salinger, tant la voix de l\u2019adolescent d\u00e9j\u00e0 d\u00e9\u00e7u par la vie se fait hyper-sensible, poignante, et tant l\u2019\u00e9criture poss\u00e8de cette gr\u00e2ce, cette l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 tragique qui jamais ne sombre dans l\u2019auto-apitoiement. Du grand art&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>BRUGES-LA-MORTE \u2013 GEORGES RODENBACH \u2013 Babel Actes Sud.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quelques vers de Rodenbach&nbsp;? Pourrait-on plaisanter. Sauf que Rodenbach, po\u00e8te belge symboliste ami de Mallarm\u00e9, ne pr\u00eatait pas \u00e0 rire&nbsp;. Son Bruges pue la mort, d\u00e9crite comme une ville de canaux aux eaux stagnantes dont la mer s\u2019est retir\u00e9e \u00e0 jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>Hugues Viane, le personnage principal, vient de perdre sa femme ador\u00e9e et, veuf, il d\u00e9cide de vivre \u00e0 Bruges avec une servante pieuse et les souvenirs, les reliques, de sa bien aim\u00e9e. La ville convient \u00e0 son deuil, avec ses canaux, ses b\u00e9guinages, ses nonnes, ses \u00e9glises, ses beffrois et ses processions. Tout un imaginaire du christianisme masochiste qui lui va comme un silice. Sa vie doit \u00eatre souffrance jusqu\u2019au dernier jour, sans la moindre lueur. Sauf qu\u2019il rencontre Jane Scott, une danseuse ressemblant traits pour traits \u00e0 sa d\u00e9funte femme et, on l\u2019imagine, il va essayer de revivre \u00e0 travers elle son amour perdu. Inapte \u00e0 aimer de nouveau et perdu dans ses phantasmes n\u00e9crophiles et f\u00e9tichistes, cette passion va le conduire au drame et sa fid\u00e8le servante le quittera en se signant.<\/p>\n\n\n\n<p>On admirera le style de Rodenbach qui emprunte autant \u00e0 Huysmans ou \u00e0 Villiers de l\u2019Isle Adam qu\u2019aux Goncourt, m\u00e9lange de po\u00e9sie symboliste et de naturalisme cru. Avec Maeterlinck, Elskamp et Verhaeren, il fait partie de l\u2019\u00e9cole symboliste belge qui, contrairement au mouvement fran\u00e7ais, n\u2019est pas dans l\u2019art pour l\u2019art mais est anim\u00e9 de convictions politiques et sociales tr\u00e8s \u00e0 gauche pour l\u2019\u00e9poque&nbsp;. Ce n\u2019est pas vraiment perceptible dans ce roman, mais son \u00e9criture flamboyante rach\u00e8te l\u2019atmosph\u00e8re fantastique un rien forc\u00e9e et la bigoterie omnipr\u00e9sente.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CA\u00cfN \u2013 JOS\u00c9 SARAMAGO \u2013 Seuil.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce roman est un peu la suite du d\u00e9j\u00e0 chroniqu\u00e9 <em>L\u2019\u00e9vangile selon J\u00e9sus-Christ<\/em>. Disons que ce-dernier \u00e9tait consacr\u00e9 \u00e0 la vie de J\u00e9sus, de sa naissance \u00e0 sa passion, soit au Nouveau testament. Celui-ci revisite la bible, soit les migrations de toutes ces tribus juives depuis les temps ant\u00e9diluviens jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arche de No\u00e9, Mo\u00efse et ses tables de la loi pour un monoth\u00e9isme grav\u00e9 \u00e0 jamais dans la pierre.<\/p>\n\n\n\n<p>Saramago s\u2019attache plus particuli\u00e8rement au personnage de Ca\u00efn, v\u00e9ritable illustration de l\u2019injustice, de l\u2019hypocrisie et du sadisme de ce dieu de haine qui le poursuivra toute sa vie de sa vindicte en noircissant son front du signe du p\u00e9ch\u00e9. Pourquoi ce dieu avait-il rejet\u00e9 les offrandes de Ca\u00efn au b\u00e9n\u00e9fice de celles de son fr\u00e8re&nbsp;? Pourquoi avait-il condamn\u00e9 Adam et Eve au p\u00e9ch\u00e9&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Et Saramago d\u2019\u00e9grainer les \u00e9pisodes bibliques auxquels Ca\u00efn, condamn\u00e9 \u00e0 l\u2019errance, ne peut souvent qu\u2019assister en spectateur. Il est l\u2019amant de Lilith, femme de No\u00e9 et fille du diable\u00a0; il regarde s&rsquo;effondrer la tour de Babel que des hommes s\u00e9par\u00e9s par des langues diff\u00e9rentes avaient voulu hisser jusqu&rsquo;au ciel ; il s\u2019oppose in extremis au sacrifice d\u2019Isaac, retenant le bras d\u2019Abraham alors que l\u2019ange qui devait intervenir avait du retard (un probl\u00e8me d\u2019ailes mal ajust\u00e9es)\u00a0; il voit br\u00fbler Sodome et Gomorrhe et la fille de Loth se changer en statue de sel\u00a0; il ne peut rien contre la col\u00e8re de Mo\u00efse contre son peuple et contre les massacres de J\u00e9richo par Joshua. Le roman se termine par les lamentations de Job, pers\u00e9cut\u00e9 par dieu, et par l\u2019arche de No\u00e9 qui doit r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer l\u2019humanit\u00e9, sauf que Ca\u00efn n\u2019en veut plus, de cette humanit\u00e9 et, surtout, de son cr\u00e9ateur.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est enlev\u00e9 et brillant, avec un humour caustique qui fait penser au Cavanna des <em>Aventures de Dieu<\/em> et des <em>Aventures du petit J\u00e9sus<\/em>. Autant dire que c\u2019est dr\u00f4le, jubilatoire et jouissif. C\u2019est le dernier roman de Saramago qui mourra juste apr\u00e8s l\u2019avoir \u00e9crit, pas en odeur de saintet\u00e9 donc. Son dieu m\u00e9chant et cruel est aussi celui de Cavanna&nbsp;; les deux auteurs justifiant cette forte sentence de Bakounine reprise par L\u00e9o Ferr\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;et si vraiment dieu existait, il faudrait s\u2019en d\u00e9barrasser&nbsp;!\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LES DISPARUS \u2013 ANDR\u00c9 DHOTEL \u2013 Ph\u00e9bus.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un petit Dhotel pour finir. Il y avait longtemps. Un petit Dhotel pour les vacances, des vacances dans ses Ardennes mythiques, quelque part entre Rethel et Vouziers, avec ces noms de patelins imaginaires des contr\u00e9es de l\u2019\u00e9trange.<\/p>\n\n\n\n<p>Une histoire typiquement Dhotelienne, si on peut user de l\u2019\u00e9pith\u00e8te. Maximin, un comptable sans envergure, enqu\u00eate sur la disparition de son ami Casimir, lequel n\u2019a pu donn\u00e9 signe de vie, comme d\u2019autres avant lui, perdu dans les marais, pr\u00e8s du ch\u00e2teau.<\/p>\n\n\n\n<p>Encore une galerie de personnages attachants, ce sens du myst\u00e8re, de l\u2019\u00e9trange et cette conduite du r\u00e9cit qui font de Dhotel un romancier prodigieux. Il excelle \u00e0 pervertir le r\u00e9el et \u00e0 le d\u00e9r\u00e9gler jusqu\u2019\u00e0 lui faire prendre les couleurs du fantastique, du merveilleux. C\u2019est en cela qu\u2019il est un surr\u00e9aliste, plus proche d\u2019un Andr\u00e9 Hardelet ou d\u2019un Ren\u00e9-Louis Des For\u00eats que d\u2019un Breton ou un Soupault. Mais c\u2019est tant mieux.<\/p>\n\n\n\n<p>On ira chercher les cl\u00e9s du myst\u00e8re dans une dynastie de nobliaux dont les mal\u00e9dictions, les m\u00e9salliances et les inconduites ont conduit \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes surnaturels qui hantent encore les contemporains et leurs descendants apr\u00e8s eux. Car, semble dire Dhotel, le mal ne s\u2019\u00e9teint jamais et on ne peut lui opposer que le r\u00eave, l\u2019imaginaire et la fantaisie. C\u2019est l\u2019univers d\u00e9licieusement enfantin du Queneau des <em>Fleurs bleues<\/em> ou de <em>Pierrot mon ami<\/em>, ses meilleurs livres.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec Dhotel, on a le plaisir de retomber en enfance sans avoir l\u2019impression de r\u00e9gresser. Tout vrai amateur de litt\u00e9rature devrait se r\u00e9jouir du fait qu\u2019il lui reste encore des Dhotel \u00e0 lire. Et que, m\u00eame si on n\u2019a pas trouv\u00e9 le village de Someperce o\u00f9 se passe l\u2019action, ses Ardennes existent bel et bien. J\u2019en reviens.<\/p>\n\n\n\n<p><em>16 juin 2021<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LA BIBLE DE N\u00c9ON \u2013 JOHN KENNEDY TOOLE \u2013 Pavillons Laffont. On connaissait d\u00e9j\u00e0 Toole pour La conjuration des imb\u00e9ciles, superbe roman sensible et jubilatoire, prix Pulitzer \u00e0 titre posthume en 1981. 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