{"id":2185,"date":"2021-08-09T16:29:36","date_gmt":"2021-08-09T14:29:36","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2185"},"modified":"2021-08-15T17:48:02","modified_gmt":"2021-08-15T15:48:02","slug":"notes-de-lecture-13","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2185","title":{"rendered":"NOTES DE LECTURE (13)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>LEURS ENFANTS APR\u00c8S EUX \u2013 NICOLAS MATHIEU \u2013 Actes Sud<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019incipit, qui donne son titre \u00e0 l\u2019ouvrage, est tir\u00e9 du <em>Siracide<\/em>, plus connu sous le nom de Livre de l\u2019eccl\u00e9siaste, et c\u2019est gla\u00e7ant&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il en est dont il n\u2019y a plus de souvenir. Ils ont p\u00e9ri comme s\u2019ils n\u2019avaient jamais exist\u00e9. Ils sont devenus comme s\u2019ils n\u2019\u00e9taient jamais n\u00e9s. Et, de m\u00eame, leurs enfants apr\u00e8s eux&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre Michon parlait de <em>Vies minuscules<\/em>, mais c\u2019\u00e9taient tout de m\u00eame des vies dont quelques-uns se souvenaient, qui avaient laiss\u00e9 des traces, incarn\u00e9 localement une portion de temps ou un lieu pr\u00e9cis. L\u00e0, on a \u00e0 faire \u00e0 deux adolescents, Anthony et Hocine et \u00e0 leurs parents, copains et copines. On les suit \u00e0 travers leur adolescence, dans les ann\u00e9es 90, du \u00ab&nbsp;Smell Like Teen Spirit&nbsp;\u00bb de Nirvana jusqu\u2019\u00e0 la coupe du monde de 1998. Une travers\u00e9e de ces ann\u00e9es-l\u00e0 par deux adolescents dans l\u2019immensit\u00e9 du vide&nbsp;: shit, jeux vid\u00e9o, cassettes porno, walkman, bi\u00e8re, baisouille vite fait, haine des parents ouvriers d\u00e9class\u00e9s par la d\u00e9sindustrialisation. On est dans la vall\u00e9e de la Fensch, nagu\u00e8re chant\u00e9e par Bernard Lavilliers, \u00e0 la fronti\u00e8re du Luxembourg l\u00e0 o\u00f9 \u00ab&nbsp;le nom des patelins se termine par ange \/ le ciel a souvent des teintes orange&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Usinor (appel\u00e9 ici Metalor) et ses hauts fourneaux ont pli\u00e9 les gaules et la r\u00e9gion s\u2019essaie au tertiaire et aux loisirs&nbsp;: schtroumphland, bases nautiques, piscines olympiques et sites touristiques autour des friches industrielles. L\u2019histoire n\u2019a pas grande importance, un vol de moto lors d\u2019une soir\u00e9e arros\u00e9e entre gosses et ses r\u00e9percussions sur une communaut\u00e9, enfants, parents et copines.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u2019occasion, le pr\u00e9texte, pour camper quelques personnages&nbsp;: Hocine, le ca\u00efd, un jeune d\u00e9linquant qui deviendra un dealer de luxe avant de se ranger et de regretter ses frasques&nbsp;; Anthony, un gamin toujours avec son cousin (jamais nomm\u00e9) qui meuble son ennui et sa rage par des aventures sentimentales et des d\u00e9buts timides dans la vie professionnelle, avant de s\u2019engager dans l\u2019arm\u00e9e et d\u2019\u00eatre reconnu inapte pour une blessure au genou. Il y a aussi les parents, le p\u00e8re de Hocine, travailleur immigr\u00e9 m\u00e9pris\u00e9 et humili\u00e9 qui retourne au bled malade&nbsp;; Patrick, le p\u00e8re d\u2019Anthony, ex m\u00e9tallo devenu alcoolique et qui finit par se suicider&nbsp;; H\u00e9l\u00e8ne, la m\u00e8re, ex beaut\u00e9 locale avec un mari autoritaire et un fils difficile, elle finira en veuve joyeuse dans des voyages organis\u00e9s et des f\u00eates entre copines. Et les filles, Steph et Clem, deux petites filles d\u00e9lur\u00e9es qui deviennent des femmes responsables, dipl\u00f4m\u00e9es, int\u00e9gr\u00e9es et sans plus d\u2019\u00e9gards pour leurs amours de jeunesse, consid\u00e9r\u00e9es comme autant d\u2019erreurs avant la m\u00e9tamorphose bourgeoise.<\/p>\n\n\n\n<p>Des vies insignifiantes, dont on oubliera tout, nous dit l\u2019auteur. Des vies sans importance, qui s\u2019essaient de prendre forme dans le monde du spectacle (beaucoup de vedettes du show-bizz cit\u00e9es) et de la marchandise (on cite aussi beaucoup de marques). Mathieu \u00e9crit vite, peu pr\u00e9occup\u00e9 par le style, et on tourne rapidement ces 400 pages en s\u2019\u00e9tonnant d\u2019\u00eatre arriv\u00e9 si vite \u00e0 la fin, avec un go\u00fbt amer et des id\u00e9es noires. Mathieu marie la litt\u00e9rature et la sociologie, un peu comme Houellebecq \u00e0 son meilleur, et ses personnages ressemblent fort \u00e0 ceux d\u2019une Virginie Despentes, d\u2019une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 h\u00e9doniste proche du n\u00e9ant et jamais loin du d\u00e9sespoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le personnage central du roman est cette Lorraine d\u00e9sindustrialis\u00e9e, abandonn\u00e9e, d\u00e9laiss\u00e9e, avec ces zones p\u00e9riurbaines et ses friches industrielles. L\u00e0 o\u00f9 le travail et l\u2019industrie structuraient les individus et tissaient les liens sociaux, la soci\u00e9t\u00e9 du tertiaire et des loisirs produit des individus vains, d\u00e9socialis\u00e9s, individualistes. Profond\u00e9ment malheureux mais sans drame et sans plaintes. Et il en sera probablement de m\u00eame pour \u00ab&nbsp;leurs enfants apr\u00e8s eux&nbsp;\u00bb. Terrifiant, mais r\u00e9aliste.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>HUMAN PUNK \u2013 JOHN KING \u2013 \u00c9ditions de l\u2019Olivier<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On retrouve ici \u00e0 peu pr\u00e9s les m\u00eames glandeurs, mais dans la jeunesse anglaise des ann\u00e9es 70 et la bande-son est un m\u00e9lange de punk-rock et de reggae. \u00c7a change un peu les perspectives. Joe a 15 ans en 1977 et il glande dans la grande banlieue de Londres, \u00e0 Slough (Berkshire), pr\u00e9cis\u00e9ment. Rien ne nous est \u00e9pargn\u00e9 l\u00e0 aussi, dans une (trop) longue premi\u00e8re partie, des bitures, des bastons, du speed, des baisouilles, du hooliganisme, de la petite d\u00e9linquance et des concerts o\u00f9 on pogotte comme des fous. Moyennement int\u00e9ressant quand on a connu soi-m\u00eame, ne serait-ce qu\u2019un peu, le Londres de ces ann\u00e9es-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis Joe et son meilleur ami Smile sont jet\u00e9s dans le canal par des rockers. Joe s\u2019en tire sans trop de mal mais son ami, d\u00e9j\u00e0 perturb\u00e9 par une \u00e9ducation spartiate et le suicide de sa m\u00e8re, passe de longs s\u00e9jours en h\u00f4pital, puis en h\u00f4pital psychiatrique pour des d\u00e9lires mettant en sc\u00e8ne Hitler et Staline de retour dans le Londres contemporain. Juste avant le drame, le suicide. En 1985, Joe l\u2019a appris par une lettre de Tony, le fr\u00e8re de Smile, alors qu\u2019il \u00e9tait parti faire le barman \u00e0 Hong Kong. Ce suicide le consterne et le culpabilise. La deuxi\u00e8me partie, plus r\u00e9ussie, m\u00eale ses souvenirs de voyage quand, trois ans plus tard et juste apr\u00e8s Tien An Men, il rentre \u00e0 Londres via la Chine, l\u2019URSS, la Pologne et Berlin avec ses souvenirs \u00e9mouvants, ses visions poignantes de Smile.<\/p>\n\n\n\n<p>Trois ans plus t\u00f4t, il avait quitt\u00e9 le pays pour laisser derri\u00e8re lui l\u2019Angleterre de Thatcher, de la gr\u00e8ve des mineurs, des trahisons des travaillistes, de la guerre des Malouines et du conflit irlandais. La soci\u00e9t\u00e9 a chang\u00e9 et King a ce don pour livrer, mine de rien, des analyses politiques et sociologiques int\u00e9ressantes, lui aussi. Peut-\u00eatre parfois un peu lapidaires, mais on est chez les punks, pas chez les \u00e9ditocrates. On n\u2019est jamais tr\u00e8s loin d\u2019Orwell, son ma\u00eetre, soit l\u2019individualisme anar et la d\u00e9cence commune plut\u00f4t que l\u2019esprit de syst\u00e8me et les partis. Apr\u00e8s quelques mois de prison pour avoir \u00e9t\u00e9 rafl\u00e9 dans une rixe (punk un jour\u2026), il survit en faisant le DJ dans des clubs et en traficotant des disques de l\u2019\u00e2ge d\u2019or, plus un peu de came \u00e0 dealer. Il a grandi, et a acquis une maturit\u00e9 sociale, intellectuelle et affective qui lui font voir la vie diff\u00e9remment. Presque cool.<\/p>\n\n\n\n<p>Presque. Dans la derni\u00e8re partie, il revoit Luke, le fils cach\u00e9 de Smile, lui qui croyait que sa copine s\u2019\u00e9tait fait avorter. Ils se rencontrent sur la tombe de Smile et l\u2019int\u00e9r\u00eat du r\u00e9cit r\u00e9side dans ce qu\u2019ils s\u2019apprennent l\u2019un l\u2019autre sur l\u2019ami et le p\u00e8re. Le pass\u00e9 revient par bribes, en lambeaux, les souvenirs se ravivent et, on le devine, les deux sont pr\u00eats \u00e0 va revivre les m\u00eames \u00e9v\u00e9nements, mais pas de la m\u00eame fa\u00e7on. Comme pour recr\u00e9er la sc\u00e8ne primale, l\u00e0 o\u00f9 tout a commenc\u00e9 \u00e0 foirer.<\/p>\n\n\n\n<p>Si on peut saluer l\u2019attachement de King \u00e0 la culture populaire, loin d\u2019une culture officielle et \u00e9litiste pour pseudo-artistes, pseudo-intellectuels et vrais snobinards, le probl\u00e8me est que le tout fait presque ses 500 pages et qu\u2019on est trop souvent frein\u00e9s par des digressions et des commentaires philosophiques pas toujours pertinents, alors que l\u2019int\u00e9r\u00eat des romans de King r\u00e9sidait justement dans leur punch et leur mordant.<\/p>\n\n\n\n<p>Rappelons que les singles de l\u2019\u00e9poque punk d\u00e9passaient rarement 2\u201930. Gaba gaba hey&nbsp;!!!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019EXPERT \u2013 TREVANIAN \u2013 Gallmesteir<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On sait peu de choses de Trevanian, presque rien en fait. Trevanian serait l\u2019un des noms de plume du citoyen am\u00e9ricain Rodney William Whitaker, n\u00e9 \u00e0 Granville (\u00c9tat de New York) en 1931 et mort en Angleterre en 2005. &nbsp;N\u00e9 dans une famille pauvre, engag\u00e9 dans les marines et embarqu\u00e9 pour la guerre de Cor\u00e9e, avant de faire de brillantes \u00e9tudes universitaires (mise en sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre et de cin\u00e9ma) \u00e0 Washington et \u00e0 Chicago. Il peaufinera ses \u00e9tudes en Angleterre, deviendra professeur \u00e0 l\u2019universit\u00e9 d\u2019Austin (Texas) avant de vivre retir\u00e9 avec sa famille au Pays Basque, c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais, et d\u2019\u00e9crire des romans policiers. Et quels&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Le personnage de Jonathan Hemlock, ancien des services secrets (section tueurs) am\u00e9ricains et charg\u00e9 de quelques missions p\u00e9rilleuses en Angleterre en rival du MI-5 est particuli\u00e8rement bien camp\u00e9. Une barbouze, si on veut aller vite, mais aussi un intellectuel critique et collectionneur d\u2019art doubl\u00e9 (ou tripl\u00e9) d\u2019un horrible snob \u00e0 l\u2019humour tr\u00e8s british, pour un Am\u00e9ricain. Un humour irr\u00e9sistible et un style ch\u00e2ti\u00e9 qui font de Trevanian une sorte d\u2019OVNI dans le monde du polar o\u00f9 on est g\u00e9n\u00e9ralement plus soucieux d\u2019intrigues avec dialogues \u00e0 la mitraillette que de style.<\/p>\n\n\n\n<p>Hemlock est lib\u00e9r\u00e9 du CII (\u00e9quivalent on suppose de la CIA), et il affronte, apr\u00e8s d\u2019innombrables rebondissements qu\u2019il serait trop long de raconter, un ex nazi qui organise des parties fines visant \u00e0 compromettre des personnalit\u00e9s politiques anglaises pour faire pression sur leur gouvernement et ruiner la souverainet\u00e9 du pays. Vaste programme qui rappelle parfois l\u2019affaire Profumo qui a fait chuter le gouvernement conservateur en 1963.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019intrigue importe peu devant ce feu d\u2019artifice de bons mots et de dialogues p\u00e9tillants comme le champagne. On pense parfois \u00e0 un Dashiell Hammett pour l\u2019action et aux auteurs fran\u00e7ais fin de si\u00e8cle pour le style. C\u2019est dire l\u2019effet de contraste. Mais on est presque dans la parodie de roman policier, comme Ian Fleming pouvait pasticher le roman d\u2019espionnage. Hemlock n\u2019est d\u2019ailleurs pas loin du James Bond incarn\u00e9 par Sean Connery. En fait, Trevanian a finalement plus \u00e0 voir avec des \u00e9crivains anglais comme P.G Wodehouse ou Evelyn Waugh qu\u2019avec ses confr\u00e8res du polar.<\/p>\n\n\n\n<p>On rit beaucoup et on s\u2019appr\u00eate \u00e0 rafler tous les polars de Trevanian disponibles (3 chez le m\u00eame \u00e9diteur) tant son style est brillant, ses intrigues solides, ses dialogues jubilatoires et ses personnages originaux. Une d\u00e9couverte qui renvoie pas mal de polareux, surtout fran\u00e7ais, \u00e0 leurs constructions laborieuses et \u00e0 leurs sujets soci\u00e9taux. On ne citera pas de noms, par charit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LE CARNET NOIR \u2013 IAN RANKIN \u2013 \u00c9ditions du Rocher<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/illustration111.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2187\" width=\"581\" height=\"774\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/illustration111.jpg 220w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/illustration111-23x30.jpg 23w\" sizes=\"(max-width: 581px) 100vw, 581px\" \/><figcaption>Ian Rankin en train de lire Exit music, l&rsquo;un de ses meilleurs livres. Un homme de go\u00fbt.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Et puisqu\u2019on est dans le polar, restons-y avec l\u2019\u00c9cossais Ian Rankin et son inspecteur Rebus, bougon, r\u00e2leur, mal embouch\u00e9 et tellement attachant. Les romans de Rankin sont, en plus, truff\u00e9s de r\u00e9f\u00e9rences au rock et au football, raisons de plus pour qu\u2019on en parle ici.<\/p>\n\n\n\n<p>On sait tout avec lui sur les clubs d\u2019\u00c9dimbourg, les Hibernians, catholiques protestants et les Hearts Of Middlethian, protestants\u00a0; sur les clubs de Glasgow aussi, le Celtic, catholique et les Rangers, protestants\u00a0; tout sur Jock Stein, le l\u00e9gendaire entra\u00eeneur du grand Celtic de Glasgow des Johnston, Lennox, Mc Neill ou Murdoch. Plus des allusions constantes au rock\u2019n\u2019roll, \u00e0 la pop music et, tout sp\u00e9cialement, au punk-rock. Car, comme King, Rankin est un ancien punk, sauf que lui ne s\u2019embarrasse pas de consid\u00e9rations sociologiques ou politiques. Il \u00e9crit des polars.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est donc l\u2019une des nombreuses enqu\u00eates de John Rebus (la premi\u00e8re en fait, qui date de 1993) avec un quidam retrouv\u00e9 poignard\u00e9 dans une boucherie, un coll\u00e8gue assomm\u00e9 devant le restaurant d\u2019un fan d\u2019Elvis Presley \u2013 le Heartbreak Caf\u00e9 \u2013 lequel fan dispara\u00eetra et essaiera de faire croire \u00e0 sa mort. Plus un p\u00e9dophile revenu du Canada qui se heurte \u00e0 l\u2019hostilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale et le fils du roi de la bi\u00e8re locale dont on ram\u00e8ne \u00e0 la surface les frasques d\u2019une jeunesse turbulente.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous ces \u00e9v\u00e9nements nous ram\u00e8nent \u00e0 l\u2019incendie, 5 ans plus t\u00f4t, du Central Hotel, un restaurant o\u00f9 s\u00e9vissait d\u00e9j\u00e0 le fan d\u2019Elvis en cuisine. Un incendie, Rebus en a l\u2019intime conviction, pour dissimuler un meurtre dans lequel est m\u00eal\u00e9 Gerry Cafferty, un truand sadique qui tient par les couilles les gros bonnets de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p>En plus, l\u2019humeur de Rebus est d\u2019autant plus massacrante que sa compagne l\u2019a vir\u00e9 et que son fr\u00e8re, un glandeur d\u00e9socialis\u00e9 qui se fera lui aussi agresser, vient s\u2019effondrer chez lui. Pas vraiment une bonne p\u00e9riode.<\/p>\n\n\n\n<p>Des paragraphes courts et rythm\u00e9s entrelard\u00e9s de dialogues au cordeau percutants. Les 350 pages du roman se lisent presque d\u2019une traite, comme c\u2019est souvent le cas avec Rankin. Mais l\u2019int\u00e9r\u00eat r\u00e9side surtout dans la personnalit\u00e9 de Rebus, aim\u00e9 de ses subordonn\u00e9s mais d\u00e9test\u00e9 par sa hi\u00e9rarchie qui voit en lui un faiseur d\u2019embrouilles apte \u00e0 d\u00e9busquer les pires crimes chez les notables locaux et les belles personnes, en s\u2019affranchissant des r\u00e8gles, des proc\u00e9dures et des consignes. Un franc-tireur.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a du Marlowe chez Rebus, ce c\u00f4t\u00e9 chien fou dans un jeu de quilles toujours pr\u00eat \u00e0 faire plonger les salauds et leurs larbins tout en venant au secours de la morale, de la d\u00e9cence, des faibles et des opprim\u00e9s. Un chevalier qui se cache sous la rude \u00e9corce (\u00c9cosse\u00a0?) d\u2019un flic atrabilaire qui donne envie de reprendre un bon vieux scotch. Laphroaig ou Caol Ila\u00a0? That is the question.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LEURS ENFANTS APR\u00c8S EUX \u2013 NICOLAS MATHIEU \u2013 Actes Sud L\u2019incipit, qui donne son titre \u00e0 l\u2019ouvrage, est tir\u00e9 du Siracide, plus connu sous le nom de Livre de l\u2019eccl\u00e9siaste, et c\u2019est gla\u00e7ant&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il en est dont il n\u2019y a plus de souvenir. Ils ont p\u00e9ri comme s\u2019ils n\u2019avaient jamais exist\u00e9. 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