{"id":2340,"date":"2021-10-30T19:48:19","date_gmt":"2021-10-30T17:48:19","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2340"},"modified":"2021-10-30T19:48:21","modified_gmt":"2021-10-30T17:48:21","slug":"verts-pales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2340","title":{"rendered":"VERTS P\u00c2LES"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/illustration141.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2342\" width=\"578\" height=\"767\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/illustration141.jpg 220w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/illustration141-23x30.jpg 23w\" sizes=\"(max-width: 578px) 100vw, 578px\" \/><figcaption>Dominique Rocheteau, dit l&rsquo;ange vert, en 1976. Photo Wikipedia avec leur aimable autorisation (en tout cas on esp\u00e8re). Toutes les photos des \u00ab\u00a0Verts\u00a0\u00bb sont sous licence. Pas touche \u00e0 la l\u00e9gende. <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Avec 5 petits points en 11 journ\u00e9es (et aucune victoire), l\u2019A.S Saint-Etienne de Claude Puel est bien partie pour retrouver la Ligue 2. Un malheur n\u2019arrivant jamais seul, la FIFA menace d\u2019interdire la couleur verte dans le cadre des retransmissions t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es sous pr\u00e9texte qu\u2019elles ne sont pas assez prononc\u00e9es et se confondent avec le vert de la pelouse. Quand on sait que le vert est partie int\u00e9grante de l\u2019identit\u00e9 du club&#8230; Retour sur les ann\u00e9es fastes du club, du milieu des ann\u00e9es 1960 \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970, quand les Verts dominaient le football fran\u00e7ais et disputaient une finale de coupe d\u2019Europe des clubs champions.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960&nbsp;, le Stade de Reims brille de ses derniers feux et l\u2019A.S Monaco assure l\u2019int\u00e9rim avant l\u2019\u00e9closion des Verts de Saint-Etienne au premier plan. D\u00e9j\u00e0, en 1962, ils avaient battu l\u2019AS Nancy en finale de la Coupe de France, sous l\u2019\u0153il goguenard du G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle, et rafl\u00e9 des places d\u2019honneur en championnat.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Verts de Jean Snella avaient fi\u00e8re allure lorsqu\u2019ils ont remport\u00e9 l\u2019exercice 1964-1965, avec des joueurs comme Rachid Mekhloufi (retour de l\u2019\u00e9quipe du FLN alg\u00e9rien), Salif Keita (arriv\u00e9 \u00e0 Saint-Etienne depuis l\u2019a\u00e9roport d\u2019Orly en taxi), Robert Herbin, alors l\u2019un des piliers de l\u2019\u00e9quipe de France avec Herv\u00e9 Revelli. Plus son fr\u00e8re Patrick et les N\u2019Doumb\u00e9, Jacquet, Tylinski ou Ferrier\u2026 Du beau monde&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Pas assez beau toutefois pour \u00eatre dangereux en Coupe d\u2019Europe des clubs champions o\u00f9 ceux qu\u2019on appelle pas encore les Verts se font r\u00e9tamer d\u00e8s les premiers tours par des clubs modestes (les Suisses de La Chaux de Fonds en 1965 par exemple). Snella laisse la place \u00e0 Albert Batteux, l\u2019ex entra\u00eeneur du grand Reims et de l\u2019\u00e9quipe de France demi-finaliste en 1958.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s, ils laissent le titre au F.C Nantes et la vieille garde prend cong\u00e9. Mekhloufi interrompt sa carri\u00e8re sur blessure et Keita va bient\u00f4t partir chez les rivaux de l\u2019O.M d\u2019un Marcel Leclercq anim\u00e9 des ambitions les plus d\u00e9vorantes et payant cash des transferts dispendieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Tylinski, Ferrier et autres N\u2019Doumb\u00e9 raccrochent les crampons, mais une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration fait son entr\u00e9e au stade Geoffroy-Guichard et tout le chaudron (le c\u0153ur des supporters) s\u2019enflamme pour eux. Eux&nbsp;? Andr\u00e9 Guy, Larqu\u00e9, Polny, Broissart, Bosquier, Camerini, Carnus ou Bereta. Presque tous internationaux, m\u00eame si l\u2019\u00e9quipe de France est \u00e0 la ramasse dans ces ann\u00e9es-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Saint-Etienne collectionne les titres de champion et les coupes de France, trois de suite (1968 en finale face \u00e0 Bordeaux&nbsp;; en 1969 contre l\u2019O.M et en 1970 o\u00f9 les St\u00e9phanois \u00e9crasent le FC Nantes). La m\u00eame ann\u00e9e, ils remportent le championnat avec 11 points d\u2019avance sur Marseille. Avec des recrues venues de l\u2019\u00e9tranger comme le Yougoslave Samardzic, on note une embellie en coupe d\u2019Europe et Saint-Etienne passe enfin le premier tour en 1968, battu par Benfica qui perdra la finale contre le Manchester United des George Best et Bobby Charlton.<\/p>\n\n\n\n<p>Le club est la cr\u00e9ation corporatiste des magasins Casino, fond\u00e9s par Geoffroy Guichard, directeur d\u2019une cha\u00eene de petits commerces aux couleurs vertes, d\u2019o\u00f9 le vert du maillot. Pierre Guichard (le fils) prend la direction du club apr\u00e8s-guerre, et Saint-Etienne a la r\u00e9putation d\u2019un club ouvrier (comme l\u2019AS Nancy ou le RC Lens), aux racines populaires et au public de condition modeste r\u00e9put\u00e9 pour sa ferveur. Le club est aussi connu pour sa politique de formation et sort chaque ann\u00e9e les futures vedettes du football hexagonal, laissant ses rivaux marseillais ou girondins se ruiner en transferts somptueux.<\/p>\n\n\n\n<p>Albert Batteux a rendu son tablier et Jean Snella est revenu aux commandes, flanqu\u00e9 d\u2019un d\u00e9couvreur de talents du nom de Pierre Garonnaire. Roger Rocher devient pr\u00e9sident et la structure se met en place d\u2019un club qui ira faire un petit tour sur le toit de l\u2019Europe. Surtout quand Robert Herbin, le grand ancien, prend les r\u00eanes.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, Marseille rafle la moiti\u00e9 des joueurs de Saint-Etienne, \u00e0 commencer par Bernard Bosquier, Georges Carnus, Camerini ou Bereta. Leclercq sort le carnet de ch\u00e8que et fait de l\u2019Olympique de Marseille une \u00e9quipe de France bis, avec les meilleurs \u00e0 chaque poste et des recrues du niveau de Skoblar ou Magnusson.<\/p>\n\n\n\n<p>Saint-Etienne respecte la tradition et la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de joueurs est issue du club&nbsp;: les Janvion, Farison, Lopez, Bathenay, Synaeghel, Sarramagna ou Rocheteau. Avec quand m\u00eame deux joueurs cl\u00e9s venus de l\u2019\u00e9tranger, l\u2019Argentin Oswaldo Piazza et le Yougoslave Ivan Curkovic dans les buts. S\u2019ajoutent \u00e0 cet effectif all\u00e9chant les quelques anciens rest\u00e9s fid\u00e8les et qui ont \u00e9volu\u00e9 avec Robby Herbin qu\u2019on surnomme d\u00e9j\u00e0 le Sphinx&nbsp;: les fr\u00e8res Revelli, Larqu\u00e9, Santini ou Merchadier.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Verts ne dominent plus le championnat de la t\u00eate et des \u00e9paules, et les victoires en coupe se font plus rares, mais l\u2019\u00e9quipe ainsi form\u00e9e rivalise avec les plus grands dans les joutes europ\u00e9ennes. C\u2019est le cas en 1974-1975 o\u00f9 les Verts font un parcours presque parfait, avec \u00e9liminations successives du Sporting Portugal, de Hadjuk Split et du Ruch Chorzow avant de tomber en demi-finale contre le Bayern Munich des Muller, Beckenbauer, Breitner, Maier et autres Hoeness.<\/p>\n\n\n\n<p>Un Bayern qu\u2019ils retrouvent en finale, l\u2019ann\u00e9e suivante \u00e0 Glasgow, au terme d\u2019une \u00e9pop\u00e9e rest\u00e9e dans les m\u00e9moires. Les hommes de Herbin sortent le KB Copenhague, les Glasgow Rangers, le Dynamo Kiev d\u2019Oleg Blokhine (au terme d\u2019un retournement de situation incroyable comme ils en avaient alors le secret) et le PSV Eindhoven. \u00c0 Glasgow, les Verts dominent la partie et, les poteaux eussent-ils \u00e9t\u00e9 ronds, ils auraient triomph\u00e9, aux dires des supporters. Mais c\u2019est, comme toujours, \u00e0 la fin les Allemands qui gagnent d\u2019une frappe s\u00e8che de Roth qui trompe Curkovic. Allez les Verts&nbsp;!devient n\u00e9anmoins le slogan le plus pris\u00e9 de l\u2019hexagone, de cette France giscardienne qui rit aux blagues de Coluche et aux films de De Fun\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s, les Verts sont \u00e9limin\u00e9s par les Reds de Liverpool en quarts de finale. Piazza est absent pour le match retour et la crise commence \u00e0 couver. Roger Rocher, le temp\u00e9tueux pr\u00e9sident, est accus\u00e9 de malversations, avec caisse noire et fausse billetterie, Herbin est pouss\u00e9 vers la sortie et les meilleurs joueurs, les Rocheteau, Bathenay ou Larqu\u00e9, vont aller voir du c\u00f4t\u00e9 du Paris Saint-Germain si l\u2019herbe est plus verte.<\/p>\n\n\n\n<p>On arrive au bout de l\u2019h\u00e9g\u00e9monie verte et des performances europ\u00e9ennes, m\u00eame si les Verts vont gagner 5-0 \u00e0 Hambourg en Coupe de l\u2019UEFA, en 1979. De beaux restes, d\u2019autant que Michel Platini a rejoint le club avec Patrick Battiston, Zimako, Jean-Fran\u00e7ois Larios et le N\u00e9erlandais Johnny Rep, tous trois venus de Bastia. Mais les St\u00e9phanois ont du mal \u00e0 retrouver le lustre d\u2019antan. Tout juste encore des places d\u2019honneur en championnat, malgr\u00e9 des \u00e9liminations incompr\u00e9hensibles en Coupe.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1981, une finale de coupe de France perdue contre Bastia sous les yeux \u00e9carquill\u00e9s de Fran\u00e7ois Mitterrand et, en coupe de l\u2019UEFA, une d\u00e9faite contre Ipswich Town et on peut voir un Platini humili\u00e9 signer un autographe \u00e0 l\u2019\u00e9cossais d\u2019Ipswich, Alan Brazil. L\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s, les St\u00e9phanois mordent encore la poussi\u00e8re, battus par le PSG aux p\u00e9nalties. Un PSG o\u00f9 \u00e9voluent maintenant Bathenay et Rocheteau, avec Jean-Michel Larqu\u00e9 comme entra\u00eeneur. Tout un symbole.<\/p>\n\n\n\n<p>Le malaise est encore plus profond sur le plan \u00e9conomique, o\u00f9 Manufrance (la manufacture des Armes et Cycles) a pris la rel\u00e8ve de Casino tout en battant aussi de l\u2019aile. Viendront ensuite les am\u00e9ricains des tracteurs Mc Cormick, mais le club ne cesse de reculer au classement et doit faire des adieux provisoires \u00e0 l\u2019Europe.<\/p>\n\n\n\n<p>Platini parti \u00e0 la Juventus de Turin et d\u2019autres joueurs lui ayant embo\u00eet\u00e9 le pas, Saint-Etienne en est \u00e0 se tra\u00eener et fait plus parler de lui \u00e0 la rubrique judiciaire qu\u2019en page des sports. Herbin a \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9 et la valse des entra\u00eeneurs et des pr\u00e9sidents peut commencer. 1984, ann\u00e9e orwellienne, voit les Verts plonger en deuxi\u00e8me division et ils remonteront l\u2019ann\u00e9e suivante avec le polonais Henryck Kasperczak aux manettes.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le d\u00e9but des ann\u00e9es noires, avec le poste d\u2019entra\u00eeneur devenu un si\u00e8ge \u00e9jectable et des pr\u00e9sidents \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, souvent des aventuriers comme Charlie Chaker, homme d\u2019affaire libanais. Les Verts en sont \u00e0 faire l\u2019ascenseur entre premi\u00e8re et deuxi\u00e8me division.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut attendre le d\u00e9but des ann\u00e9es 2010 pour voir enfin Saint-Etienne faire honneur \u00e0 sa r\u00e9putation. Des joueurs comme Ruffier, Aubameyang, Guilavogui ou Zouma redonnent espoir aux supporters, avec Christophe Galtier sur le banc, qui se place sur une longue liste d\u2019entra\u00eeneurs parmi lesquels Elie Baup, Robert Nouzaret, Fr\u00e9d\u00e9ric Antonetti ou le Gallois John Toshack. Saint-Etienne retrouve m\u00eame la coupe d\u2019Europe (UEFA), rebaptis\u00e9e Coupe Europa, o\u00f9 ils ne brillent plus. H\u00e9las.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques saisons moyennes o\u00f9 Saint-Etienne se classe en milieu de tableau et un nouveau rebond avec les Perrin, Lemoine, Khazri, Buanga ou Boudebouz (et une finale en Coupe perdue l\u2019ann\u00e9e du confinement), mais l\u2019\u00e9tincelle va vite s\u2019\u00e9teindre pour laisser une \u00e9quipe f\u00e9brile, peu inspir\u00e9e et r\u00e9guli\u00e8rement domin\u00e9e par n\u2019importe quelle formation du championnat, accrochant au mieux des nuls inesp\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait question d\u2019un rachat par le fils du cambodgien Sihanouk, car les probl\u00e8mes \u00e9conomiques du club n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9s, loin s\u2019en faut. Avec une nouvelle descente \u00e0 l\u2019\u00e9tage inf\u00e9rieur, c\u2019en serait termin\u00e9 des espoirs des supporters et des ambitions d\u2019un club dont la l\u00e9gende ne s\u2019\u00e9crira plus qu\u2019au pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 moins d\u2019un miracle, ph\u00e9nom\u00e8ne pas si rare \u00e0 Geoffroy-Guichard, au temps o\u00f9 l\u2019ange vert Dominique Rocheteau r\u00e9galait le chaudron de sa classe, et o\u00f9 le Sphinx Robert Herbin fumait la pipe sur le banc de touche. Toute une \u00e9poque, ou plut\u00f4t toute une \u00e9pop\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><em>18 octobre 2021<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec 5 petits points en 11 journ\u00e9es (et aucune victoire), l\u2019A.S Saint-Etienne de Claude Puel est bien partie pour retrouver la Ligue 2. 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