{"id":2616,"date":"2022-04-08T16:36:50","date_gmt":"2022-04-08T14:36:50","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2616"},"modified":"2022-04-08T16:36:52","modified_gmt":"2022-04-08T14:36:52","slug":"printemps-rose-le-rock-decadent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2616","title":{"rendered":"PRINTEMPS ROSE : LE ROCK D\u00c9CADENT"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/illustration183-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2618\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/illustration183-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/illustration183-300x300.jpg 300w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/illustration183-150x150.jpg 150w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/illustration183-768x768.jpg 768w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/illustration183-1200x1200.jpg 1200w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/illustration183-900x900.jpg 900w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/illustration183-600x600.jpg 600w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/illustration183-30x30.jpg 30w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/illustration183.jpg 1400w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>La pochette du premier album de Roxy Music. La f\u00e9e rose.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>On a parl\u00e9 de Rock d\u00e9cadent, de Glam (pour Glamour) rock ou encore de Glitter thing, du nom d\u2019un chanteur pour minettes qui sera condamn\u00e9 pour abus sexuel sur mineurs. C\u2019\u00e9tait il y a 50 ans, au printemps 1972, et, apr\u00e8s les ann\u00e9es hippies psych\u00e9d\u00e9liques et l\u2019Acide rock&nbsp;; apr\u00e8s le Blues Boom, le Hard-rock et le Rock symphonique et \u00ab&nbsp;progressive&nbsp;\u00bb&nbsp;; Bowie et Roxy Music imposaient une nouvelle esth\u00e9tique dans des poses mani\u00e9r\u00e9es et des allures androgynes. L\u2019outrage \u00e9tait \u00e0 la mode et le \u00ab&nbsp;rock des p\u00e9d\u00e9s&nbsp;\u00bb (selon la rude expression de Frank Sinatra) pouvait enterrer les pop stars dinosaures, annon\u00e7ant les ann\u00e9es punk et new wave. La vague \u00ab&nbsp;camp&nbsp;\u00bb conna\u00eetra des r\u00e9pliques aux \u00c9tats-Unis. Voici son histoire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On laissera de c\u00f4t\u00e9 toutes les starlettes du Glam rock, les Gary Glitter, David Essex, Alvin Stardust, Sweet et autres Suzy Quatro. Il n\u2019y a que quelques 45 tours \u00e0 retenir de toute cette volaille poudr\u00e9e et maquill\u00e9e, dont le \u00ab\u00a0Ballroom Blitz\u00a0\u00bb de Sweet ou le \u00ab\u00a0I Love Rock\u2019n\u2019roll\u00a0\u00bb (put another dime on the juke-box baby) de Suzy Quatro. On ne parlera pas non plus de T. Rex, les pr\u00e9curseurs. Allons directement \u00e0 l\u2019essentiel, \u00e0 Bowie et \u00e0 Roxy c\u00f4t\u00e9 anglais, avec le retour de Mott The Hoople et des Pretty Things. Aux New York Dolls, au Blue \u00d6yster Cult, aux Dictators ou aux Sparks aux \u00c9tats-Unis, ce qu\u2019on appellera aussi le \u00ab\u00a0rock du Watergate\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>On est en mars 1972, le jeune David Jones &#8211; qui a d\u00fb changer de patronyme pour ne pas qu\u2019on le confonde avec un autre anglais de Manchester leader, des Monkees sous le nom de Davy Jones \u2013 se morfond dans les bureaux du producteur Tony De Fries. Une carri\u00e8re encalmin\u00e9e, apr\u00e8s des d\u00e9buts au temps du Swinging London avec des groupes sans succ\u00e8s et une aventure en solo marqu\u00e9e par quelques albums (<em>David Bowie<\/em><em>,<\/em> <em>Space Oddity<\/em>, <em>The<\/em><em> man who sold the world<\/em>) au succ\u00e8s discret.<\/p>\n\n\n\n<p>De Fries a fond\u00e9 la maison de production Mainman et est le manager de David Jones, devenu donc Bowie (pour les \u00ab&nbsp;Bowie knives&nbsp;\u00bb des romans de William Burroughs). Il est r\u00e9put\u00e9 dur en affaire et peu scrupuleux, \u00e9l\u00e8ve des requins que sont Mickie Most et Allen Klein. De Fries a vu dans Bowie l\u2019occasion de donner un coup de projecteur sur la petite entreprise dont il est le seul actionnaire&nbsp;; le d\u00e9tail a son importance, quand le beau David s\u2019estimera flou\u00e9, bien plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 son entregent, il fait signer David Bowie chez RCA et le succ\u00e8s de <em>Hunky dory<\/em>, sorti en d\u00e9cembre 1971, tarde \u00e0 venir. Un succ\u00e8s qui viendra au printemps 1972 avec \u00ab&nbsp;Changes&nbsp;\u00bb, single qui en est extrait, et la d\u00e9couverte d\u2019un jeune \u00e9ph\u00e8be aux cheveux auburn qui porte des chemisiers de femme et dont les photographies rappellent l\u2019\u00e9cole de Bloomsbury.<\/p>\n\n\n\n<p>Les 11 titres de l\u2019album sont d\u2019ailleurs excellents, et on retient notamment \u00ab&nbsp;Andy Warhol&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Life On Mars&nbsp;?&nbsp;\u00bb ou encore \u00ab&nbsp;Oh You Pretty Thing&nbsp;\u00bb. Son univers d\u00e9cadent et th\u00e9\u00e2tral s\u2019inspire \u00e0 la fois du Hollywood de l\u2019\u00e2ge d\u2019or, du Velvet Underground, de la pantomime, de la danse et de Lewis Carroll. Des chansons comme \u00ab&nbsp;Andy Warhol&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Song For Bob Dylan&nbsp;\u00bb font clairement preuve d\u2019une fascination pour les stars, pour la d\u00e9cadence et pour les mythologies rock\u2019n\u2019rolliennes.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s un printemps rose, des concerts sold-out et des disques en t\u00eate des hit-parades, l\u2019\u00e9t\u00e9 se pr\u00e9sente \u00e0 merveille avec la sortie de <em>The rise and fall of Ziggy Stardust<\/em> (and the spiders from mars) en juin. Il a constitu\u00e9 un groupe derri\u00e8re lui avec Mick Ronson (guitare), Trevor Bolder (basse) et Woody Woodmansey (batterie). Ziggy est le nouveau personnage qu\u2019il entend incarner, un chanteur d\u00e9cadent au look androgyne, une star d\u2019un futur de science-fiction. L\u2019album devient vite un classique et les hits se succ\u00e8dent&nbsp;: \u00ab&nbsp;Suffragette City&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Rock\u2019n\u2019roll Suicide&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Hang On To Yourself&nbsp;\u00bb et surtout \u00ab&nbsp;Starman&nbsp;\u00bb. Un concept-album, comme on disait \u00e0 l\u2019\u00e9poque, qui narre \u00e0 travers ses titres l\u2019ascension et la chute \u2013 comme son nom l\u2019indique \u2013 d\u2019un chanteur ambitieux r\u00eavant de gloire et de puissance et qui finit dans le caniveau, le nez dans la poudre.<\/p>\n\n\n\n<p>1972 sera son ann\u00e9e, et Ziggy Bowie continuera sur sa lanc\u00e9e avec l\u2019excellent <em>Aladdin sane<\/em> (a lad insane?), enregistr\u00e9 aux \u00c9tats-Unis avec notamment \u00ab&nbsp;The Jean Genie&nbsp;\u00bb (pour Jean Genet) et \u00ab&nbsp;Panic In Detroit&nbsp;\u00bb. Bowie joue de sa bisexualit\u00e9 cultiv\u00e9e et d\u2019une image troublante qui fascine. Le reste, dans le genre, est moins bon avec<em> Pin-up\u2019 s<\/em>, album de reprises en hommage au British Beat en octobre 1973 et le m\u00e9diocre <em>Diamond dogs<\/em> en avril 1974. Il est temps pour Bowie de changer de style, ce qu\u2019il fera plus d\u2019une fois en cam\u00e9l\u00e9on g\u00e9nial.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la p\u00e9riode, Bowie fera prendre le tournant d\u00e9cadent \u00e0 Mott The Hoople, le groupe de Ian Hunter qui deviendra un mod\u00e8le du genre avec les albums <em>All the young dudes, Mott <\/em>et<em> The Hoople<\/em>, de 1972 \u00e0 1974. Il aura aussi le m\u00e9rite de remettre en selle les Pretty Things dont il aura \u00e9t\u00e9 l\u2019un des fans les plus fervents, leur chanteur Phil May lui ayant servi de mod\u00e8le.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Roxy Music, les ingr\u00e9dients sont les m\u00eames&nbsp;: poses alanguies, maquillage outrancier, v\u00eatements unisexes&nbsp;; velours, fourrure et satin. Des dandys \u00e9lectriques dont la musique s\u2019inspire des pionniers du rock\u2019n\u2019roll et du College rock, avec la technologie moderne et le synth\u00e9tiseur, mani\u00e9 avec habilet\u00e9 par Brian Eno. Bryan Ferry chante, d\u00e9guis\u00e9 en Teddy-boy ou en costume de Zorro, selon l\u2019inspiration. Derri\u00e8re lui, Eno aux claviers, Phil Manzanera \u00e0 la guitare, Andy Mac Kay au saxophone et, dans l\u2019ombre, Graham Simpson et Paul Thompson pour la section rythmique. David O\u2019 List, le guitariste d\u2019origine ancien des Nice, s\u2019est fait virer pour absence de glamour.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Roxy Music<\/em> sort en ce printemps rose, en juin 1972, produit par le parolier de King Crimson Pete Sinfield. Sur la pochette, une cr\u00e9ature court-v\u00eatue en rose poussi\u00e8re et bleu p\u00e2le. \u00ab&nbsp;Re-make Re-model&nbsp;\u00bb, comme \u00ab&nbsp;To H.B&nbsp;\u00bb (\u00e0 Humphrey Bogart) sont les hymnes de toutes les nostalgies hollywoodiennes et l\u2019ensemble de l\u2019album est un mod\u00e8le de classe et de finesse. Les doigts de Eno courent sur le synth\u00e9tiseur, le sax de Mac Kay \u00e9meut par ses langueurs, la guitare de Manzanera est tout simplement magique et la voix de Ferry plane sur tout cela, en majest\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Virginia Plain&nbsp;\u00bb, l\u2019un des plus grands singles de rock toute cat\u00e9gorie, sort en ao\u00fbt et Roxy r\u00e9cidive avec deux albums parfaits&nbsp;:<em> For your pleasure<\/em> (c\u2019est cette fois Amanda Lear qui pose en bustier de cuir et talons-aiguille) avec \u00ab&nbsp;Do The Strand&nbsp;\u00bb et <em>Stranded<\/em> avec \u00ab&nbsp;Song For Europe&nbsp;\u00bb, tous deux en 1973, leur ann\u00e9e \u00e0 eux. Entre temps, Bryan Ferry a lanc\u00e9 sa carri\u00e8re solo avec deux albums o\u00f9 il reprend \u00e0 sa mani\u00e8re, des standards du rock\u2019n\u2019roll et de la pop music. On citera pour m\u00e9moire ses reprises fabuleuses de \u00ab&nbsp;Smoke Gets In Your Eyes&nbsp;\u00bb ou \u00abde \u00ab&nbsp;These Foolish Things&nbsp;\u00bb (titre du premier album en solo). Malgr\u00e9 de bons titres, la suite est moins flamboyante&nbsp;: <em>Country life<\/em> 1974 avec \u00ab&nbsp;All I Want Is You&nbsp;\u00bb puis <em>Siren<\/em> en 1975 avec \u00ab&nbsp;Love Is A Drug&nbsp;\u00bb. Le groupe s\u2019essouffle et s\u2019\u00e9loigne des crit\u00e8re esth\u00e9tiques du rock d\u00e9cadent pour une nouvelle vie, \u00e0 partir de 1979. Viva Roxy Music&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Aux \u00c9tats-Unis, on tient en Lou Reed et son Velvet Underground le pr\u00e9curseur du rock d\u00e9cadent, avec sa po\u00e9sie du d\u00e9sespoir et sa musique sublime qui doit presque autant au rock\u2019n\u2019roll qu\u2019\u00e0 la musique contemporaine. Plus la po\u00e9sie sale d\u2019un Hubert Selby ou d\u2019un Delmore Schwarz. Avec sa trilogie <em>Tranformer<\/em> (1972), <em>Berlin<\/em> (1973) et le live <em>Rock\u2019n\u2019roll Animal <\/em>(1974), Lou Reed posera les bases du rock d\u00e9cadent am\u00e9ricain.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Blue \u00d6yster Cult n\u2019a pas le look eff\u00e9min\u00e9 des Anglais, mais le groupe new-yorkais (ex Ultimate Spinach et Soft White Underbelly) form\u00e9 par Buck \u00ab&nbsp;Dharma&nbsp;\u00bb Rosier, Eric Bloom, Alan Lanier et les fr\u00e8res Bouchard puisent leur inspiration dans la Science-fiction et l\u2019\u00e9sot\u00e9risme. Ils sont guid\u00e9s par les anciens rock critiques Sandy Pearlman et Murray Krugman et leurs textes sont \u00e9crits par le journaliste \u2013 philosophe Richard Meltzer, auteur inoubliable du classique <em>The aesthetics of rock<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u00f4t\u00e9 musique, guitares satur\u00e9es et voix d\u2019outre-tombe, \u00e7a donne <em>The Blue \u00d6yster Cult<\/em> (1972), <em>Tyranny and mutation <\/em>(1973) et le sulfureux <em>Secret Treaties<\/em> (1974). Une trilogie qui leur vaut la suspicion de la presse rock et en particulier de Lester Bangs qui, dans <em>Creem<\/em>, leur fait un proc\u00e8s en sorcellerie. Il est vrai que le Cult cultive l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 avec des symboles \u00e9sot\u00e9riques (la croix \u00e0 l\u2019envers, symbole nihiliste), une musique malsaine et des textes nietzsch\u00e9ens faisant l\u2019apologie de la force et de la violence.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019emp\u00eache, m\u00eame si leur musique se banalise par la suite, le Cult, avec cette trilogie rouge et noire (\u00ab&nbsp;The Red And The Black&nbsp;\u00bb) aura \u00e9crit l\u2019une des plus belles pages de l\u2019histoire du rock U.S.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Dictators sont un peu la version comique du Blue \u00d6yster Cult, avec beaucoup d\u2019autod\u00e9rision. Ils lorgnent parfois vers ces groupes parodiques comme Sha na na ou Flash Cadillac &amp; The Continental Kids avec des relents des Mothers de Frank Zappa. Qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas quand m\u00eame, Dick \u00ab&nbsp;Handsome&nbsp;\u00bb Manitoba et sa clique sont capables de petits tr\u00e9sors m\u00e9lodiques qui pars\u00e8ment des albums comme <em>Go girl crazy<\/em> (1976) ou <em>Manifest destiny<\/em> (1978). Des tendres, en fait.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le genre travelos cam\u00e9s poussant l\u2019outrage jusqu\u2019au mauvais go\u00fbt, les New York Dolls de David Johansen, une sorte de Jagger am\u00e9ricain, sont parfaits. Aux guitares, le ch\u00e9rubin h\u00e9ro\u00efnomane Johnny Thunders et Sylvain Sylvain, sorte de poup\u00e9e fard\u00e9e, plus Art \u00ab&nbsp;Killer&nbsp;\u00bb Kane \u00e0 la basse. Jerry Nolan est \u00e0 la batterie, le premier batteur &#8211; Billy Murcia \u2013 \u00e9tant mort \u00e9touff\u00e9 apr\u00e8s que Killer (le surnom n\u2019est pas usurp\u00e9) lui ait vers\u00e9 une tasse de caf\u00e9 br\u00fblant dans le gosier, \u00e0 son corps d\u00e9fendant. C\u2019est en tout cas ce que veut la l\u00e9gende.<\/p>\n\n\n\n<p>Princes de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re et du frivole, les Dolls s\u2019inspirent du College rock, avec haute dose d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, pour donner une musique fulgurante et jouissive. Le premier album, <em>The New York Dolls<\/em>, produit par Todd Rundgren (avec le superbe\u00ab&nbsp;Trash&nbsp;\u00bb) est une compl\u00e8te r\u00e9ussite, alors que le second, <em>Too much too soon&nbsp;<\/em>, compose une sorte de <em>American Graffiti<\/em> des temps modernes.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre personnages de Selby et mignons du Satyricon de P\u00e9trone, on regrettera les New York Dolls et leur fatras insolent et joyeux. On pourra se consoler avec les albums solo de Johansen et, surtout, ceux des Heartbreakers de Johnny Thunders, mais c\u2019est une autre histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>On en termine avec les Sparks, les fr\u00e8res Ron et Russell Mael qui, avec les d\u2019autres fr\u00e8res, Earl et Jim Mankey, fondent Half Nelson au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970. <em>Half Nelson<\/em> est aussi le nom de leur premier album, sorti chez Bearsville en 1971 et produit par Todd Rundgren. Sans succ\u00e8s. Half Nelson devient les Sparks en 1972, toujours bas\u00e9s \u00e0 Los Angeles, et sortent chez Warner <em>A woofer in tweeter\u2019s clothing<\/em>, album excellent avec des perles comme \u00ab&nbsp;Girl From Germany&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Angus Desire&nbsp;\u00bb. Bien meilleur que leur <em>Kimono my house <\/em>(1974) qui leur vaudra pourtant un succ\u00e8s international avec le single \u00ab&nbsp;This Town Ain\u2019t Big Enough For The Both Of Us&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les coups de feu claquent et la voix de cr\u00e9celle de Russell Mael (grand \u00e9chalas permanent\u00e9) r\u00e9pond aux accords de piano de son fr\u00e8re Ron (look entre Chaplin et Hitler). Le reste (<em>Propaganda<\/em> en 1974, <em>Indiscreet <\/em>en 1975) est dispensable et il faut attendre <em>&nbsp;N\u00b01 in heaven<\/em> pour r\u00e9entendre parler des Sparks, en 1979, un album produit par Giogio Moroder, c\u2019est tout dire. Et la musique du film de Leos Carax <em>Annette<\/em>, plus r\u00e9cemment. On passe la main.<\/p>\n\n\n\n<p>Tant il est vrai qu\u2019on avait d\u00e9j\u00e0 remarqu\u00e9 chez les Sparks une certaine tendance au mauvais go\u00fbt, lorgnant vers le Disco ou du c\u00f4t\u00e9 de Queen. Bien que Angelinos, ils seront assimil\u00e9 au \u00ab&nbsp;rock du Watergate&nbsp;\u00bb, selon une formule journalistique qui fit flor\u00e8s dans ses fichues ann\u00e9es 1970.<\/p>\n\n\n\n<p>Rock du Watergate apr\u00e8s rock des p\u00e9d\u00e9s. Richard Nixon et Andy Warhol, Edgar J. Hoover et Truman Capote, Gore Vidal et Nico. America, America. Honey, it\u2019s a suburban tragedy\u00a0!<\/p>\n\n\n\n<p>Oops ! on a oubli\u00e9 la m\u00e8re Alice (Cooper).<\/p>\n\n\n\n<p><em>29 mars 2022<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On a parl\u00e9 de Rock d\u00e9cadent, de Glam (pour Glamour) rock ou encore de Glitter thing, du nom d\u2019un chanteur pour minettes qui sera condamn\u00e9 pour abus sexuel sur mineurs. 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