{"id":2688,"date":"2022-05-20T18:33:08","date_gmt":"2022-05-20T16:33:08","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2688"},"modified":"2022-05-20T18:33:11","modified_gmt":"2022-05-20T16:33:11","slug":"le-royal-de-madrid-souverain-europeen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2688","title":{"rendered":"LE ROYAL DE MADRID, SOUVERAIN EUROP\u00c9EN"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"1000\" height=\"625\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/illustration199-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2691\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/illustration199-1.jpg 1000w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/illustration199-1-300x188.jpg 300w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/illustration199-1-768x480.jpg 768w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/illustration199-1-900x563.jpg 900w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/illustration199-1-600x375.jpg 600w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/illustration199-1-30x19.jpg 30w\" sizes=\"(max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption>Raymond \u00ab\u00a0el matador\u00a0\u00bb Kopa brandissant l&rsquo;ultime troph\u00e9e avec les madril\u00e8nes (1960). Photo Sud-ouest (avec leur aimable&#8230;).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>On comptait \u00e9crire sur la fin du championnat de France avec les bonnes surprises et les mauvaises. Les tops et les flops, comme on dit dans <em>l\u2019\u00c9quipe<\/em>. Las, apr\u00e8s l\u2019avant-derni\u00e8re journ\u00e9e, rien n\u2019est r\u00e9gl\u00e9 et les positions sont encore disput\u00e9es, aussi bien pour les places europ\u00e9ennes que pour les barrages et les rel\u00e9gations. Le verdict, ce sera pour la prochaine fois. En attendant, un petit focus sur le plus grand club d\u2019Europe, le Real de Madrid, qui joue la finale de la Champion\u2019s league le 28 mai au Stade de France contre les rivaux du Liverpool F.C, finale loin d\u2019\u00eatre in\u00e9dite. L\u2019histoire glorieuse des Merengues depuis l\u2019invention de la Coupe d\u2019Europe des clubs champions, en 1955, et jusqu\u2019\u00e0 nos jours. Viva Real&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le Real de Madrid, n\u00e9 Madrid F.C, a longtemps \u00e9t\u00e9 la vitrine du franquisme, \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 le Caudillo appr\u00e9ciait souverainement de voir le plus grand club de son Espagne r\u00e9trograde et sanguinaire d\u00e9fendre les couleurs (blanches) du catholicisme et du fascisme complices \u00e0 travers les Phalanges et l\u2019Opus D\u00e9i.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le roi Alphonse XIII qui fit du Madrid F.C le R\u00e9al (royal), d\u00e8s 1920 (le club a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en 1902 par les fr\u00e8res Juan et Carlos Padros). Puis le Real redeviendra le Madrid F.C avant que Franco lui-m\u00eame, bourreau des r\u00e9publicains (socialistes, communistes, trotskistes et anarchistes) ne d\u00e9cide \u00e0 faire reprendre \u00e0 Santiago Bernabeu, le nouveau propri\u00e9taire, le titre de Real.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019en suivra une rivalit\u00e9 \u00e9ternelle avec les Catalans du Barcelone F.C, la Catalogne ayant toujours \u00e9t\u00e9 dans le camp r\u00e9publicain alors que Aragon et Castille soutenaient majoritairement le camp franquiste. Les supporters des deux \u00e9quipes s\u2019en souviendront lors des luttes hom\u00e9riques des deux clubs phares du football ib\u00e8re. Le troisi\u00e8me larron s\u2019appelle l\u2019Atletico Madrid, jouant souvent les trouble-f\u00eates entre le R\u00e9al et le Bar\u00e7a, mais les rouges et blancs de l\u2019Atletico n\u2019ont jamais eu \u00e0 porter le lourd h\u00e9ritage du franquisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous la pr\u00e9sidence de Bernabeu, le R\u00e9al remporte les 5 premi\u00e8res coupes d\u2019Europe des clubs champions, troph\u00e9e lanc\u00e9 par Gabriel Hanot via<em> France Football <\/em>en 1955. Il est peu dire que le club domine le football mondial de la t\u00eate et des \u00e9paules. Les tuniques blanches (les merengues) battent par deux fois le Stade de Reims en finale (1956 et 1959). En 1957 et 1958, ce sont respectivement les Italiens de la Fiorentina puis du Milan A.C qui succombent \u00e0 l\u2019invincible armada. En 1960, c\u2019est une victoire contre l\u2019Eintracht de Francfort qui suffit au bonheur des supporters.<\/p>\n\n\n\n<p>1961 est la premi\u00e8re ann\u00e9e sans coupes d\u2019Europe, laiss\u00e9e \u00e0 Benfica aux d\u00e9triments du Bar\u00e7a. Benfica qui emporte \u00e0 nouveau la coupe aux grandes oreilles en 1962 puis se fait battre \u00e0 son tour par le Milan A.C. Ce sera le temps des Italiens de l\u2019Inter du Catenaccio (verrou), une tactique mise au point par Helenio Herrera, qui battra le Real en 1965 apr\u00e8s avoir triomph\u00e9 de Benfica en 1964.<\/p>\n\n\n\n<p>Les merengues d\u2019alors ont pour noms Araquistain (dans les buts), Santamaria ou Munoz (en d\u00e9fense), Marsal ou Rial en milieu de terrain et une attaque du feu de dieu avec le divin chauve argentin Alfredo Di Stefano, le Hongrois au pied gauche magique, Ferenc Puskas, l\u2019ailier aux semelles de vent Gento, plus un Del Sol au dribble magique et Joseito le goleador. Kopa viendra renforcer l\u2019\u00e9quipe en 1959, avant retour \u00e0 Reims, avec son co\u00e9quipier Lucien Muller, et il sera remplac\u00e9 au Real par le brillantissime Amancio.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Real renouera avec le succ\u00e8s en 1966 contre les Yougoslaves du Partizan de Belgrade. L\u2019\u00e9quipe a chang\u00e9. Amancio est toujours l\u00e0 ainsi que l\u2019inamovible Gento, mais les vieilles gloires ont remis\u00e9 les crampons. D\u2019autres ont pris leur place, la jeune garde des Pirri, Zocco, Pachin, Grosso, Velazquez ou le tout jeune Sanchis qui demeurera longtemps l\u2019inamovible arri\u00e8re lat\u00e9ral droit.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis c\u2019est le trou noir dans les ann\u00e9es 1970. Les \u00e9quipes du Nord, \u00e9cossaises, anglaises, n\u00e9erlandaises et allemandes ont supplant\u00e9 celles du sud et, m\u00eame dans le championnat espagnol (la Liga), la supr\u00e9matie du Real est contest\u00e9e par les rivaux de l\u2019Atletico et, surtout, par le Bar\u00e7a des Cruyff et des Neeskens. Mais le ph\u00e9nix va, c\u2019est bien connu, rena\u00eetre de ses cendres avec des socios (actionnaires du club qui le financent) et une nouvelle direction qui va pratiquer une politique de recrutement ruineuse. Santiago Bernabeu a laiss\u00e9 son nom au stade o\u00f9 \u00e9voluent les Madril\u00e8nes, mais d\u2019autres profils \u2013 affairistes et politiques \u2013 piaffent dans l\u2019ombre, \u00e0 l\u2019image de Fernandez Vara ou de Florentino Perez, ancien cadre de la mairie de Madrid. Le Real entend reprendre sa domination sur le championnat d\u2019Espagne mais, surtout, retrouver son rang et \u00e0 se replacer sur le toit de l\u2019Europe.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ce faire, il se mettra \u00e0 l\u2019heure sud-am\u00e9ricaine apr\u00e8s \u00eatre pass\u00e9 par la m\u00eame \u00e9tape que les rivaux du Bar\u00e7a qui vont plut\u00f4t lorgner vers l\u2019Allemagne et les Pays-Bas (Maradona n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 qu\u2019un malheureux \u00e9piph\u00e9nom\u00e8ne). Breitner puis Schuster avant Stielike. \u00c0 l\u2019heure allemande.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour aller vite, on retrouve le grand Real en finale de la coupe d\u2019Europe de 1981, au Parc des Princes, contre les Reds du Liverpool F.C (soit dit en passant la m\u00eame finale que cette ann\u00e9e). Sous la houlette du Yougoslave Boskov, le Real a bonifi\u00e9 son effectif avec l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019Allemand Stielike et de l\u2019Anglais Cunnigham. Plus la nouvelle vague des Camacho, Del Bosque ou Juanito. Pas de quoi battre le grand Liverpool des Lee, Souness ou Dalglish, mais de quoi reprendre date et prouver au Bar\u00e7a que le club est de retour. Le Bar\u00e7a qui perd la finale de 1986 contre le Steaua Bucarest, apr\u00e8s l\u2019interdiction des clubs anglais \u00e0 la suite de la finale tragique Juventus \u2013 Liverpool F.C au Heysel. La contre-performance fait la joie des Madril\u00e8nes qui refont vraiment surface dans les ann\u00e9es 1990, apr\u00e8s une finale perdue en 1985, en coupe de l\u2019UEFA contre les Hongrois du Videoton S.C.<\/p>\n\n\n\n<p>La dream team, une de plus, prend forme avec le Roumain Hagi, l\u2019Allemand Schuster, les Argentins Valdano et Ruggeri, le Mexicain Hugo Sanchez et quelques Espagnols quand m\u00eame parmi lesquels l\u2019\u00e9ternel Sanchis, Michel, Hierro, Butragueno, Raul ou Martin Vazquez. \u00c7a prend tournure et \u00e7a sera encore mieux, sous la direction de l\u2019Argentin Valdano \u2013 autre joueur flamboyant pass\u00e9 de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 &#8211; avec l\u2019autre Argentin Redondo, le Chilien Zamorano et le Danois (piqu\u00e9 au Bar\u00e7a en prise de guerre) Michael Laudrup.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019en faut pas plus pour remporter un nouveau troph\u00e9e en 1998 et l\u2019\u00e9quipe a \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9e dans les ann\u00e9es 1980 la \u00abquinta del buitre&nbsp;\u00bb (la bande des vautours), apr\u00e8s ses deux victoires en coupe de l\u2019UEFA dans ces ann\u00e9es-l\u00e0 (les Spurs de Tottenham en 1985 puis le F.C Cologne l\u2019ann\u00e9e suivante). Sous la f\u00e9rule cette fois du N\u00e9erlandais Guus Hiddink, l\u2019effectif s\u2019est encore renforc\u00e9 de l\u2019Italien Panucci, de Roberto Carlos, Seedorf, Suker, Etoo et Morientes, sans parler du frenchy Karembeu avant l\u2019in\u00e9narrable Anelka. Le Real est cens\u00e9 incarner le beau jeu et la technique, l\u00e0 o\u00f9 le Bar\u00e7a joue un football plus tactique et r\u00e9aliste.&nbsp;Encore que&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Les clubs anglais sont depuis longtemps de retour et Chelsea et Manchester United inscrivent leurs noms au palmar\u00e8s. Ce qui n\u2019emp\u00eache pas le Real maintenant emmen\u00e9 par l\u2019Anglais Mc Manaman de l\u2019emporter cette fois contre Valence, en 2000. Puis Zidane arrive et le Real remporte l\u2019\u00e9preuve \u00e0 nouveau en 2002 aux d\u00e9pends du Bayer Leverkussen gr\u00e2ce \u00e0 un but d\u2019anthologie du m\u00eame Zidane. Zidane, mais aussi le Portugais Figo, le Br\u00e9silien Kaka et Mak\u00e9l\u00e9l\u00e9, l\u2019homme aux trois poumons.<\/p>\n\n\n\n<p>La fin des ann\u00e9es 2000 et le d\u00e9but des ann\u00e9es 2010 voient le Bar\u00e7a de Messi enfiler les victoires et le Real, malgr\u00e9 ses vedettes, fait grise mine. Les maillots se sont garnis de liser\u00e9s mauves et il faut attendre l\u2019\u00e8re Zidane (entra\u00eeneur) pour voir le Real \u00e0 nouveau champion d\u2019Europe, avec une victoire contre l\u2019Atletico de Diego Simeone. Finale identique en 2016, gagn\u00e9e elle aussi, puis c\u2019est contre la Juventus en 2017 et les Reds en 2018. Et de trois, \u00e0 la suite&nbsp;! Puis l\u2019Angleterre reprendra les r\u00eanes et le Real devra ronger son frein.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Real se fait maintenant appeler los Galacticos, avec les Fran\u00e7ais Varane et Benzema, le Croate Modric, le Gallois Bale, les Allemands Kroos ou \u00d6zil, les Br\u00e9siliens Marcelo, Robinho et Casimero, le Portugais Christiano Ronaldo, le Colombien James Rodriguez et le Belges Hazard. Plus les Espagnols Izquer Cazillas, Sergio Ramos, Iscio ou Vazquez. Les meilleurs \u00e0 chaque poste.<\/p>\n\n\n\n<p>Est-il besoin de raconter la suite&nbsp;? L\u2019entra\u00eeneur a maintenant pour nom Carlos Ancelotti (ex Milan A.C, PSG, Naples\u2026) et les Galacticos sont en plus all\u00e9s chercher les Br\u00e9siliens Rodrygo (buteur face \u00e0 Manchester City au match retour) et Vinicius. Brazil\u2026 Plus le Belge Courtois dans les buts. En attendant M\u2019 Bapp\u00e9 l\u2019ann\u00e9e prochaine&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le Real est redevenu c\u00e9l\u00e8bre pour ses victoires \u00e0 la desperado apr\u00e8s \u00eatre men\u00e9&nbsp;; victoire in extremis contre le Paris Saint-Germain, on s\u2019en souvient, et plus r\u00e9cemment contre Manchester City dans les arr\u00eats de jeu. Un moral d\u2019acier pour des joueurs aussi costauds psychologiquement qu\u2019exceptionnels c\u00f4t\u00e9 football. Les amalgames de stars plan\u00e9taires ne sont pas toujours payants, mais ils l\u2019ont toujours \u00e9t\u00e9 au Real, question d\u2019\u00e9tat d\u2019esprit&nbsp;? Il flotte un parfum magique dans le ciel de Bernabeu.<\/p>\n\n\n\n<p>Une finale au Stade de France, Paris s\u2019\u00e9tant substitu\u00e9 \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg pour cause de guerre Russo-ukrainienne. On va essayer de voir cette finale, en esp\u00e9rant qu\u2019ils la perdent (c\u2019est les Reds, Liverpool quand m\u00eame&nbsp;!), m\u00eame si les Reds sont aussi devenus une machine \u00e0 gagner peupl\u00e9e de mercenaires venus des quatre coins du monde. Bill Shankly doit se retourner dans sa tombe, mais c\u2019est le football moderne. H\u00e9las&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><em>16 mai 2022<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On comptait \u00e9crire sur la fin du championnat de France avec les bonnes surprises et les mauvaises. Les tops et les flops, comme on dit dans l\u2019\u00c9quipe. Las, apr\u00e8s l\u2019avant-derni\u00e8re journ\u00e9e, rien n\u2019est r\u00e9gl\u00e9 et les positions sont encore disput\u00e9es, aussi bien pour les places europ\u00e9ennes que pour les barrages et les rel\u00e9gations. 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