{"id":2827,"date":"2022-07-14T14:57:00","date_gmt":"2022-07-14T12:57:00","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2827"},"modified":"2022-07-14T14:57:01","modified_gmt":"2022-07-14T12:57:01","slug":"notes-de-lecture-31","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2827","title":{"rendered":"NOTES DE LECTURE (31)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>FRAN\u00c7OIS MAURIAC \u2013 <em>LES ANGES NOIRS<\/em> \u2013 Grasset \/ Le livre de poche.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/illustration220.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2829\" width=\"578\" height=\"904\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/illustration220.jpg 307w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/illustration220-192x300.jpg 192w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/illustration220-19x30.jpg 19w\" sizes=\"(max-width: 578px) 100vw, 578px\" \/><figcaption>On aurait pu mettre la photo de Mauriac dans Wikipedia. Trop sinistre, on a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 mettre la couverture du livre (chez wiki aussi).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>C\u2019est loin d\u2019\u00eatre le meilleur Mauriac, m\u00eame si tous les ingr\u00e9dients sont l\u00e0. <em>Les anges noirs<\/em> ne peuvent rivaliser avec <em>Th\u00e9r\u00e8se Desqueyroux<\/em>, <em>Le n\u0153ud de vip\u00e8res<\/em> ou <em>Le myst\u00e8re Frontenac<\/em>. Mais bon, on y trouve quand m\u00eame son compte, pour celles et ceux en tout cas qui ont des bont\u00e9s pour l\u2019\u00e9crivain catholique n\u00b01. Les familles je vous hais, les mariages arrang\u00e9s en fonction des terrains et des pins des Landes, les cur\u00e9s \u00e0 la Bernanos, bouc-\u00e9missaires d\u2019une communaut\u00e9 sans la mis\u00e9ricorde du Christ, et le mal sous toutes ses formes dissimul\u00e9 sous une couche de mondanit\u00e9s et de traditions. Pr\u00e9cisons que le talentueux Mauriac n\u2019a jamais eu le g\u00e9nie tourment\u00e9 de Bernanos.<\/p>\n\n\n\n<p>Gabriel Grad\u00e8re, un vieux viveur qui s\u2019accuse de tous les p\u00e9ch\u00e9s d\u2019Isra\u00ebl, r\u00e9dige ses confessions au cur\u00e9 de son patelin dans les Landes. Fils de m\u00e9tayer, il a fait un beau mariage avec la fille du ch\u00e2teau, Adila, avant de la r\u00e9pudier et d\u2019aller courir la gueuse \u00e0 Paris. Adila mourra t\u00f4t, en sainte et martyr, et il a eu un fils d\u2019elle, Andr\u00e8s, qui se trouve \u00eatre \u00e0 l\u2019exact oppos\u00e9 de son p\u00e8re, scrupuleux, honn\u00eate et d\u00e9vor\u00e9 d\u2019amour pour la s\u0153ur du cur\u00e9 \u2013 Tota &#8211; accus\u00e9e publiquement d\u2019\u00eatre une catin. Mais la famille a d\u00e9j\u00e0 choisi pour lui&nbsp;: il \u00e9pousera Catherine, la fille de Mathilde, elle-m\u00eame s\u0153ur d\u2019Adila, et de Symphorien, le pater familias.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour d\u00e9jouer les plans de Gabriel, qui vise la terre et les biens \u00e0 travers le mariage de son fils et de Catherine, Symphorien et Mathilde veulent faire intervenir Aline, une prostitu\u00e9e rencontr\u00e9e \u00e0 Bordeaux, devenue une demi-mondaine alcoolique vivant avec lui \u00e0 Paris. Elle arrive et, \u00e0 la faveur de la nuit et de la pluie, Gabriel supprime celle qui pouvait le faire chanter pour ses louches affaires sentimentales avec une aristocrate dont il a bafou\u00e9 l\u2019honneur en la d\u00e9non\u00e7ant \u00e0 son mari, pour de l\u2019argent.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019affaire finira mal, on s\u2019en doute, et on est dans ces drames en clair-obscur o\u00f9 s\u2019\u00e9battent des gens fatigu\u00e9s de vivre et seulement guid\u00e9s par l\u2019argent et les terres. On ne voit plus la province fran\u00e7aise, et le Sud-ouest en particulier, de la m\u00eame fa\u00e7on apr\u00e8s avoir lu Mauriac, et on retient sa f\u00e9rocit\u00e9 contre cette bourgeoisie terrienne et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, son d\u00e9sespoir devant la condition humaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce livre peut se lire comme un roman policier avec un crime mais, \u00e0 ce compte-l\u00e0, autant dire que le<em> Crime et ch\u00e2timent <\/em>de Dosto\u00efevski en est un aussi. En chr\u00e9tien, Mauriac convoque dans les pages ultimes la r\u00e9demption du p\u00e9cheur et l\u2019amour de Dieu qui sauve tout le monde dans la r\u00e9conciliation et le pardon. On n\u2019est pas oblig\u00e9s d\u2019adh\u00e9rer.<\/p>\n\n\n\n<p>Sartre, qui reprochait \u00e0 Mauriac d\u2019\u00eatre derri\u00e8re tous ses personnages, comme un dieu qui les aurait cr\u00e9\u00e9s, a dit&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Dieu n\u2019est pas un artiste, Fran\u00e7ois Mauriac non plus&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/em>. Le bon mot est connu, sauf que Mauriac est certainement meilleur romancier que Sartre et que ses plong\u00e9es dans l\u2019obscurit\u00e9 de l\u2019\u00e2me humaine sont toujours actuelles, 80 ans plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>HENRI JEANSON \u2013 <em>EN VERVE<\/em> \u2013 Pierre Horay<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>En verve<\/em>, une d\u00e9licieuse collection jadis dirig\u00e9e par le docteur en pataphysique Fran\u00e7ois Caradec. On y trouvait les bons mots, propos, aphorismes et apophtegmes d\u2019esprits brillants comme Alphonse Allais, Raymond Queneau ou Paul L\u00e9autaud.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, c\u2019est Jeanson, c\u00e9l\u00e8bre dialoguiste de moult grands films des ann\u00e9es 1930 aux ann\u00e9es 1950, surtout ceux des 3 D (son ami Duvivier, Delannoy et Decoin) honnis par la nouvelle vague. Jeanson commence \u00e0 t\u00e2ter du journalisme (une feuille th\u00e9\u00e2trale appel\u00e9e <em>Bonsoir<\/em> en m\u00eame temps que le journal de la CGT) et de la mise en sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre d\u00e8s les ann\u00e9es 1920. Emprisonn\u00e9 \u00e0 la Sant\u00e9 en 1939 pour ses \u00e9crits pacifistes, notamment dans le journal de Louis Lecoin, il se tape 18 mois de prison avant de vivre en clandestin jusqu\u2019\u00e0 la lib\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p>Il devient critique de cin\u00e9ma sous pseudonyme au <em>Canard Encha\u00een\u00e9<\/em> et il s\u2019en fera vir\u00e9 apr\u00e8s un article sur Aragon et Triolet d\u00e9savou\u00e9 par la direction. Il ne quittera pas la presse et, dans les ann\u00e9es 1960, sera critique de t\u00e9l\u00e9vision \u00e0 <em>l\u2019Aurore<\/em> tout en \u00e9margeant au <em>Crapouillot.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pacifiste et anar (plut\u00f4t de gauche), Henri Jeanson est aussi anticommuniste qu\u2019antinationaliste. Il a \u00e9t\u00e9 fait satrape du coll\u00e8ge de pataphysique et se distingue pour ses talents de pol\u00e9miste en m\u00eame temps qu\u2019il est un grand humoriste devant l\u2019\u00e9ternel, auquel il ne croyait d\u2019ailleurs pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Le livre classe par th\u00e8mes ses bons mots&nbsp;: Jeanson l\u2019antimilitariste, Jeanson et l\u2019amiti\u00e9, Jeanson et les femmes, Jeanson et la politique\u2026 On trouve en fin de volume ses meilleurs dialogues au th\u00e9\u00e2tre et au cin\u00e9ma. On remarque en passant que ses dialogues les plus r\u00e9ussis sont ceux de <em>Paris au mois d\u2019ao\u00fbt<\/em>, d\u2019apr\u00e8s un roman de Fallet. Comme quoi \u00e7a aide de travailler derri\u00e8re un grand auteur. Bizarrement, on ne trouve pas sa critique rest\u00e9e fameuse du <em>Golgotha <\/em>de Duvivier&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;et Gabin, en Pilate, qui s\u2019en lave les pognes&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Mais on retient de ce livre le ton vachard, la r\u00e9plique qui tue. On sent que Jeanson n\u2019est pas un tendre ni un ti\u00e8de et il a ses t\u00eates. C\u2019est le casse-pipe pour des importants comme Mauriac, Claudel, Gide, Montherlant, Ionesco, Marlene Dietrich, Brigitte Bardot, Salacrou, Cocteau et beaucoup d\u2019autres. C\u00f4t\u00e9 cin\u00e9ma, c\u2019est toute la nouvelle vague qui y passe, plus Bresson, Andr\u00e9 Bazin, <em>Les Cahiers du cin\u00e9ma<\/em> et tous les films qui privil\u00e9gient la forme au fond, \u00e0 l\u2019histoire, au sc\u00e9nario et aux jeux d\u2019acteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>On pourrait citer plusieurs mots d\u2019auteur, mais on va se contenter de \u00e7a, o\u00f9 la vacherie c\u00e8de la place \u00e0 une po\u00e9sie m\u00e9lancolique confinant au g\u00e9nie&nbsp;: (\u00e0 propos d\u2019un acteur nomm\u00e9 Jacques Deval) <em>je crois que ce Parisien souriant n\u2019a aucune illusion quant \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9. Il sait que nous autres civilisations sommes mortelles et que, dans quelques centaines d\u2019ann\u00e9es, Moli\u00e8re, Feydeau, Paul Val\u00e9ry, Sheila, Gide, Platon, Sylvie Vartan, Malraux, Maurice Chevalier, Eschyle, le monumental immortel Claudel, Jean-Paul Sartre, Jacques Deval et le g\u00e9n\u00e9ral aux dimensions historiques, comme disent les radicaux, seront tous log\u00e9s \u00e0 la m\u00eame enseigne. Pomp\u00e9i, tout le monde descend&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est d\u2019un moraliste, du Bossuet. Jeanson est de la m\u00eame trempe qu\u2019un Guitry ou un qu\u2019un Audiard, mais il n\u2019a pas le c\u00f4t\u00e9 mondain du premier ni le cynisme fleurant l\u2019anar de droite du second.<\/p>\n\n\n\n<p>Un grand bonhomme en r\u00e9sum\u00e9, qui connaissait les travers de ses contemporains et savait le poids des mots pour les ridiculiser.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>HONOR\u00c9 DE BALZAC \u2013<em> LES CHOUANS<\/em> \u2013 Le livre de poche<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les premiers \u00e9crits de Balzac sont des romans historiques o\u00f9 il marche sur les bris\u00e9es de Dumas p\u00e8re. <em>Les chouans <\/em>appartiennent \u00e0 cette cat\u00e9gorie et on peut pr\u00e9f\u00e9rer le Balzac de la maturit\u00e9. La pr\u00e9face nous dit que le jeune Balzac se r\u00eavait en Walter Scott et que son ambition \u00e9tait d\u2019\u00e9crire un <em>Ivanho\u00e9<\/em> \u00e0 la fran\u00e7aise. On doit avouer pr\u00e9f\u00e9rer le vieux Scott et ses chevaliers moyen\u00e2geux.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019action se passe en 1799. \u00c0 l\u2019ext\u00e9rieur, les arm\u00e9es de la R\u00e9publique sont d\u00e9faites sur tous les th\u00e9\u00e2tres de guerre europ\u00e9en et le premier Consul va renverser la vapeur. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur, l\u2019arm\u00e9e des bleus traque les derni\u00e8res poches de r\u00e9sistance royalistes, non pas en Vend\u00e9e o\u00f9 ils sont mat\u00e9s, mais entre le bocage Normand et la premi\u00e8re ville de Bretagne, Foug\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Trois longs (trop longs) chapitres. Le premier sur la route (que je connais par c\u0153ur pour des raisons familiales) entre Foug\u00e8res et Mayenne, une embuscade des Chouans contre les bleus au lieu-dit La P\u00e8lerine. Le deuxi\u00e8me nous conduit au plus pr\u00e8s des protagonistes et s\u2019attarde sur l\u2019idylle naissante entre Le gars, en fait le chef de la Chouannerie, et Marie de Verneuil, une aristocrate pass\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 r\u00e9publicain. Amour contrari\u00e9 par un dandy stipendi\u00e9 par Fouch\u00e9, lui aussi amoureux de l\u2019h\u00e9ro\u00efne. Le troisi\u00e8me, le plus long, nous fait vivre les faits d\u2019arme, les trahisons, les jalousies et les rebondissements en pr\u00e9lude au si\u00e8ge d\u2019un h\u00f4tel de Foug\u00e8res o\u00f9 les amants tragiques vont trouver la mort sous le feu des R\u00e9publicains.<\/p>\n\n\n\n<p>Autant dire que ce n\u2019est pas mon Balzac favori. Sans avoir tout lu de lui (la t\u00e2che est ardue) j\u2019ai ma trilogie&nbsp;:<em> La peau de chagrin en t\u00eate<\/em>, qui c\u00f4toie le fantastique, <em>Le Cousin Pons<\/em> et sa magnifique pr\u00e9face de Blondin et <em>Le lys dans la vall\u00e9e<\/em>, peut-\u00eatre le mieux \u00e9crit.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, trop de digressions, de dialogues d\u2019amoureux qui tiennent plus de la fleur bleue que du romantisme, trop de descriptions, trop de pr\u00e9cisions historiques\u2026 Trop de tout. Un Balzac ob\u00e8se qui ressemble \u00e0 du Victor Hugo, qui prend son temps, qui musarde et nous assomme de d\u00e9tails&nbsp;et de digressions ; sans que la lecture ne se fasse dans l\u2019all\u00e9gresse, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire.<\/p>\n\n\n\n<p>Balzac a eu \u00e0 c\u0153ur de d\u00e9crire un grand amour, si ce n\u2019est un amour fou&nbsp;: l\u2019amour dont il r\u00eavait jeune homme, avec son physique plut\u00f4t ingrat. Un amour qu\u2019il essaiera de vivre avec Mme Hanska, m\u00eame mal. Voil\u00e0, on avoue lui pr\u00e9f\u00e9rer Flaubert, Stendhal, Dumas ou Maupassant, plus tous les auteurs \u00ab&nbsp;fin de si\u00e8cle&nbsp;\u00bb au premier rang desquels Huysmans, L\u00e9on Bloy ou Villiers de l\u2019Isle Adam. Mais bon, c\u2019est Balzac, tout de m\u00eame, l\u2019anc\u00eatre de tous les for\u00e7ats de la litt\u00e9rature. Alors, un peu de respect, monsieur l\u2019\u00e9crivaillon&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L.C MOYZISCH \u2013 <em>L\u2019AFFAIRE CIC\u00c9RON<\/em> \u2013 Julliard \/ J\u2019ai lu<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Encore un roman trouv\u00e9 dans une bo\u00eete \u00e0 livres, ou plut\u00f4t un document qui tient du roman d\u2019espionnage. Le livre a paru en 1950, \u00e9crit par un dignitaire du r\u00e9gime nazi ambassadeur du reich en Turquie, \u00e0 Ankara. La Turquie se d\u00e9clara neutre durant la seconde guerre mondiale et les Allemands comme les alli\u00e9s y avaient leur ambassade.<\/p>\n\n\n\n<p>On se souvient du film remarquable qu\u2019avait tir\u00e9 Mankiewicz de cette histoire, avec James Mason en Moyzisch et Danielle Darrieux en secr\u00e9taire hyst\u00e9rique. C\u2019est \u00e0 vrai dire ce film qui m\u2019a donn\u00e9 l\u2019envie de lire ce livre, n\u2019\u00e9tant pas sp\u00e9cialement attir\u00e9 par un auteur de ce calibre et son c\u00f4t\u00e9 \u00ab&nbsp;quand les nazis \u00e9crivent l\u2019histoire&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une histoire d\u2019espionnage incroyable&nbsp;: un valet de chambre de l\u2019ambassade d\u2019Angleterre (nom de code Cic\u00e9ron pour son \u00e9loquence) transmet des documents ultra-confidentiels au chef de l\u2019ambassade allemande. Ses raisons&nbsp;? Il d\u00e9teste les Anglais et son p\u00e8re, un Albanais, a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par un sujet de sa majest\u00e9 lors d\u2019une partie de chasse.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une autre partie de chasse qui se joue ici. Les documents sont envoy\u00e9s un \u00e0 un \u00e0 Berlin et une \u00e9trange amiti\u00e9 s\u2019\u00e9tablit entre Moyzisch et Cic\u00e9ron. En haut-lieu, Ribbentrop, le ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res, et Kaltenbrunner, son second, n\u2019ont de cesse que de trouver l\u2019identit\u00e9 du tra\u00eetre, sans jamais accorder foi aux documents eux-m\u00eames qui annoncent pourtant le d\u00e9sastre du reich avec la conf\u00e9rence de T\u00e9h\u00e9ran, celle du Caire, la cr\u00e9ation d\u2019un deuxi\u00e8me front et jusqu\u2019au d\u00e9barquement des alli\u00e9s sous le nom de code Overlord. Les rapports ex\u00e9crables entre Moyzisch, son sup\u00e9rieur Von Papen et les hauts dignitaires \u00e0 Berlin font aussi le sel de ce r\u00e9cit, avec rappel d\u2019ambassadeurs et dialogues cisel\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Une secr\u00e9taire ind\u00e9licate et deux aviateurs allemands d\u00e9serteurs viendront \u00e9picer un r\u00e9cit qui nous laisse haletant et on avale goul\u00fbment ces 200 pages qui t\u00e9moignent d\u2019une histoire vraie, laquelle ne fait pas honneur aux nazis. Moyzisch sera grill\u00e9 \u00e0 Berlin et il se tiendra tranquille en Turquie avant d\u2019\u00eatre jug\u00e9 et relax\u00e9 au proc\u00e8s de Nuremberg. En d\u00e9pit de plusieurs propositions des Anglais pour se tirer du gu\u00eapier allemand en voie de destruction, il restera jusqu\u2019au dernier jour au service du reich, par patriotisme, par fid\u00e9lit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il vilipende l\u2019\u00e9tat-major nazi qui n\u2019a pas voulu prendre en compte les avertissements donn\u00e9s par Cic\u00e9ron&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;c\u2019\u00e9taient de faux politiciens. Il para\u00eet \u00e9trangement logique qu\u2019ils aient pay\u00e9 des renseignements qu\u2019ils \u00e9taient incapables d\u2019utiliser, avec de faux billets&nbsp;\u00bb<\/em>. Un beau r\u00e9sum\u00e9 de l\u2019affaire Cic\u00e9ron. Et un document passionnant, digne des fictions d\u2019un Le Carr\u00e9 ou d\u2019un Graham Greene. C\u2019est assez dire \u00e0 quel niveau on se place. Cic\u00e9ron, c\u2019est point carr\u00e9, comme on disait dans nos cours de r\u00e9cr\u00e9ation.<\/p>\n\n\n\n<p><em>8 juillet 2022<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>FRAN\u00c7OIS MAURIAC \u2013 LES ANGES NOIRS \u2013 Grasset \/ Le livre de poche. C\u2019est loin d\u2019\u00eatre le meilleur Mauriac, m\u00eame si tous les ingr\u00e9dients sont l\u00e0. Les anges noirs ne peuvent rivaliser avec Th\u00e9r\u00e8se Desqueyroux, Le n\u0153ud de vip\u00e8res ou Le myst\u00e8re Frontenac. 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