{"id":2902,"date":"2022-09-21T17:27:04","date_gmt":"2022-09-21T15:27:04","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2902"},"modified":"2022-10-03T20:23:53","modified_gmt":"2022-10-03T18:23:53","slug":"docteur-bowie-et-mister-jones","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2902","title":{"rendered":"DOCTEUR BOWIE ET MISTER JONES"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"960\" height=\"960\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/illustration236.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2904\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/illustration236.jpg 960w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/illustration236-300x300.jpg 300w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/illustration236-150x150.jpg 150w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/illustration236-768x768.jpg 768w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/illustration236-900x900.jpg 900w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/illustration236-600x600.jpg 600w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/illustration236-30x30.jpg 30w\" sizes=\"(max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><figcaption>David Bowie vu par Guy Peelaert dans <em>Rock Dreams<\/em> (1974). Portrait de l&rsquo;artiste en jeune chien.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Figure embl\u00e9matique du rock des ann\u00e9es 1970 et 1980, David Bowie \u2013 n\u00e9 David Jones \u2013 a fait l\u2019objet d\u2019\u00e9missions estivales sur <em>France Inter <\/em>cet \u00e9t\u00e9, dues \u00e0 l\u2019excellent Michka Assayas. L\u2019occasion de reparler du Thin white duke, g\u00e9nie flamboyant pour les uns, fumiste copieur pour les autres. De ses timides d\u00e9buts dans des groupes mods londoniens au mitan des ann\u00e9es 1960 jusqu\u2019\u00e0 sa mort en 2016 (deux jours apr\u00e8s la sortie de <em>Black star<\/em>, son dernier disque&nbsp;!), histoire r\u00e9sum\u00e9e d\u2019une sorte de Andy Warhol du rock, ou de Vinci de la pop, c\u2019est encore affaire de go\u00fbt, de jugement et d\u2019esth\u00e9tique. L\u2019esth\u00e9tique, la valeur supr\u00eame de Bowie.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On sait tr\u00e8s peu de choses de l\u2019enfance et de la prime adolescence de David Jones, Bowie ayant fait liti\u00e8re de tout ce qui peut nourrir les biographes avant que ce ne soit lui-m\u00eame qui se charge d\u2019\u00e9crire l\u2019histoire, dans un narcissisme revendiqu\u00e9. \u00ab&nbsp;Bowie avant Bowie&nbsp;\u00bb, selon la formule d\u2019Assayas, n\u2019existe donc pas ou si peu.<\/p>\n\n\n\n<p>On sait juste que David Robert Jones est n\u00e9 le 8 janvier 1946 \u00e0 Londres, dans le quartier populaire de Brixton et dans un milieu familial plut\u00f4t classe moyenne (\u00ab&nbsp;upper middle class&nbsp;\u00ab&nbsp;, comme disent les sociologues de l\u00e0-bas). On sait aussi que sa m\u00e8re, d\u2019origine irlandaise, est ouvreuse de cin\u00e9ma quand son p\u00e8re s\u2019occupe d\u2019une association caritative. Il fait de bonnes \u00e9tudes et a une r\u00e9putation de bagarreur, parfaisant sa scolarit\u00e9 d\u2019un peu de fl\u00fbte \u00e0 bec, pour la musique.<\/p>\n\n\n\n<p>La famille d\u00e9m\u00e9nage \u00e0 Bromley dans la banlieue sud et le jeune Jones fait de la danse et \u00e9coute les 45 tours de rock\u2019n\u2019roll achet\u00e9s par son p\u00e8re. Il joue du ukul\u00e9l\u00e9 et rejoint un groupe de Skiffle alors qu\u2019il est scolaris\u00e9 dans un lyc\u00e9e technique de Bromley, option musique et design. Son demi-fr\u00e8re a\u00een\u00e9 lui fait d\u00e9couvrir le jazz&nbsp;; Mingus et Coltrane, et lui offre un saxophone. On est en 1962 et une bagarre avec son copain George Underwood (qui dessinera par la suite certaines de ses pochettes de disque) lui vaut une pupille \u00e9ternellement dilat\u00e9e et des troubles de la vision.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela ne l\u2019emp\u00eache pas de monter son premier groupe, les Konrads, qui jouent du rock\u2019n\u2019roll sans la moindre originalit\u00e9. Puis ce seront les King Bees du nom du morceau de Slim Harpo repris par les Stones, d\u00e9but 1964. Jones Junior confie \u00e0 sa m\u00e8re qu\u2019il veut devenir une pop star, mais elle, avec son bon sens irlandais, lui fait prendre un job d\u2019\u00e9lectricien alors qu\u2019il quitte le lyc\u00e9e. Malin comme un singe et soucieux de son avenir dans la profession qu\u2019il s\u2019est choisie, Jones fait appel \u00e0 un homme d\u2019affaires pour qu\u2019il devienne le manager du groupe, un peu comme Brian Epstein pour les Beatles. Celui-ci d\u00e9cline, mais envoie le gamin vers Dick James, son partenaire, qui fait enregistrer au groupe, rebaptis\u00e9 David Jones And The King Bees, son premier 45 tours (\u00ab&nbsp;Liza Jane&nbsp;\u00bb) qui para\u00eet en juin 1964. Un flop. Il y en aura d\u2019autres&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Le jeune mod ne se d\u00e9courage pas et les Mannish Boys (d\u2019apr\u00e8s cette fois Muddy Waters) succ\u00e8dent aux abeilles. Cette fois une reprise de \u00ab&nbsp;I Pity The Fool&nbsp;\u00bb, de Bobby Bland, qui sort en mars 1965. L\u2019apprenti rock star se dit qu\u2019il aurait peut-\u00eatre plus de chances avec ses propres compositions, et c\u2019est sous le nom d\u2019un troisi\u00e8me groupe \u2013 The Lower Third \u2013 que sort \u00ab&nbsp;You\u2019ve Got A Habit Of Leaving&nbsp;\u00bb, gu\u00e8re plus chanceux&nbsp;; l\u2019\u00e9chec mettant un terme au management Dick James \u2013 Leslie Conn.<\/p>\n\n\n\n<p>Jones a 20 ans et il est temps que le succ\u00e8s arrive. Ses d\u00e9buts dans des clubs attirent l\u2019attention de Ralph Horton qui lui d\u00e9gotte un contrat chez Pye. Trois singles sortent coup sur coup sous le nom de David Jones, sans le moindre succ\u00e8s. Son nouveau manager lui demande simplement de changer de nom pour qu\u2019on ne le confonde pas avec le chanteur des Monkees, Davy Jones. Ce sera donc Bowie, du nom du Bowie knife utilis\u00e9 par le trappeur John Bowie, l\u2019arme \u00e9tant mentionn\u00e9e dans un roman de William Burroughs.<\/p>\n\n\n\n<p>Pye finit par perdre patience et Bowie en a marre d\u2019\u00eatre envoy\u00e9 de Ca\u00efphe en Pilate. Il atterrit chez Deram dont le efforts de promotion sont limit\u00e9s. Tristes d\u00e9buts pour quelqu\u2019un qui se r\u00eave en rival de Mick Jagger. Il rencontre le danseur professionnel Lindsay Kemp qui lui fait d\u00e9couvrir le mime et la pantomime. Ken Pitt, son impresario chez Deram, lui fait r\u00e9aliser un film de 30 minutes <em>(Love you till tuesday<\/em>) incluant ses premi\u00e8res chansons. Le film, qui ne sortira qu\u2019en 1984, deviendra un disque, reparu au moment de la Bowiemania en double album sous le titre<em> Images, <\/em>avec un mat\u00e9riel plus \u00e9toff\u00e9. En attendant, Bowie se fiance avec la danseuse Hermione Farthingale et ils forment un duo, ou plut\u00f4t un trio acoustique avec le guitariste John Hutchinson.<\/p>\n\n\n\n<p>On est d\u00e9j\u00e0 d\u00e9but 1968, et les derniers mods ont rang\u00e9 leurs scooters. L\u2019heure est au Blues Boom et au Freakbeat ou psych\u00e9d\u00e9lisme anglais. Vir\u00e9 de chez Deram, Bowie n\u2019a plus comme ressource que de composer des musiques pour des spots publicitaires. En mars 1969, il participe comme mime \u00e0 une tourn\u00e9e du Tyrannosaurus Rex de Marc Bolan (et Mickey Finn) et c\u2019est enfin le succ\u00e8s en juillet avec \u00ab&nbsp;Space Oddity&nbsp;\u00bb, sorti par Philips en juillet, au moment des premiers pas de Armstrong sur la lune. Du flair, toujours. <em>Space oddity,<\/em> l\u2019album, sort en novembre, produit par Tony Visconti. Le disque sort d\u2019abord en Angleterre sous le titre <em>Man of word, man of music<\/em>, avant d\u2019\u00eatre rebaptis\u00e9 par Mercury aux \u00c9tats-Unis. Il se marie en 1970 avec la chanteuse am\u00e9ricaine Angela Barnett et se s\u00e9pare de Ken Pitt au profit de Tony De Fries, un requin qui va r\u00e9inventer Bowie.<\/p>\n\n\n\n<p>Un nouveau groupe d\u2019abord, pop et rock plut\u00f4t que psych\u00e9d\u00e9lisme, folk et th\u00e9\u00e2tre. Mick Ronson sera le guitariste et Woody Woodmansey le batteur quand Visconti tiendra la basse. <em>The man who sold the world<\/em>, concept-album sur un th\u00e8me de science-fiction, sort en novembre 1970 (avril 1971 en Grande-Bretagne). De Fries insiste sur le c\u00f4t\u00e9 androgyne du chanteur et il donne une interview en robe, alangui sur un sofa, pour promouvoir l\u2019album. Trevor Bolder remplace Visconti \u00e0 la basse.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Hunky Dory<\/em> sort en d\u00e9cembre 1971 chez RCA et il regorge de chansons superbes (\u00ab&nbsp;Changes&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Oh you pretty thing&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Life on mars&nbsp;\u00bb\u2026) sur un univers hollywoodien d\u00e9cadent de starlettes camp et d\u2019acteurs d\u00e9pressifs. Warhol et Dylan sont convoqu\u00e9s pour une \u00e9vocation d\u00e9senchant\u00e9e du monde de l\u2019art et de la pop music, devenu un cirque luxueux peupl\u00e9 d\u2019animaux tristes. Succ\u00e8s d\u2019estime dans la presse sp\u00e9cialis\u00e9e, mais les ventes restent basses. De Fries d\u00e9cide de jouer le tout pour le tour. Il habille Bowie en travesti lunaire et baptise son groupe les Spiders From Mars, le tout dans une fragrance de scandale et d\u2019outrage.<\/p>\n\n\n\n<p>La suite est trop connue pour qu\u2019on ne s\u2019y attarde. Le personnage de Pierrot lunaire sexy s\u2019impose et <em>The rise and fall of Ziggy Stardust and the spiders from Mars<\/em> (sorti en juin 1972) sera son chef-d\u2019\u0153uvre. 11 perles m\u00e9lodiques qu\u2019on aurait du mal \u00e0 d\u00e9partager. Du fabuleux \u00ab&nbsp;Five Years&nbsp;\u00bb au poignant \u00ab&nbsp;Rock\u2019n\u2019roll Suicide&nbsp;\u00bb en passant par \u00ab&nbsp;Starman&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Ziggy Stardust&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Suffragette City&nbsp;\u00bb. L\u2019\u00e9t\u00e9 1972 verra les hit-parades du monde entier se remplir de ces titres et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, l\u2019ann\u00e9e enti\u00e8re sera son ann\u00e9e. Bowie est devenu l\u2019ic\u00f4ne du rock d\u00e9cadent, rel\u00e9guant Marc Bolan et les starlettes du Glam rock \u00e0 l\u2019oubli. Seuls Roxy Music et Lou Reed pourront lutter.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019automne, la tourn\u00e9e am\u00e9ricaine est triomphale et Mike Garson prend les claviers. La Bowiemania est \u00e0 son comble et le beau David relance des groupes comme Mott The Hoople ou les Pretty Things, en m\u00eame temps qu\u2019il redonne une seconde vie \u00e0 Lou Reed avec <em>Transformer<\/em> et \u00e0 Iggy et les Stooges avec <em>Raw power.<\/em> Il est prolixe et g\u00e9n\u00e9reux, \u00e9crivant pour les autres et r\u00e9habilitant ses idoles de jeunesse tomb\u00e9es dans l\u2019oubli, ou la drogue.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Aladdin sane<\/em> sort en avril 1973, et il aurait pu aussi bien s\u2019intituler Bowie en Am\u00e9rique, avec \u00ab\u00a0Panic On Detroit\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Drive-In Saturday\u00a0\u00bb\u00a0; tous les morceaux ayant \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s en studio aux U.S.A. \u00ab\u00a0The Jean Genie\u00a0\u00bb est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Jean Genet. Ziggy goes to Hollywood, et on sent la fascination de Bowie pour les cr\u00e9atures de l\u2019\u00e2ge d\u2019or hollywoodien. La tourn\u00e9e mondiale s\u2019ach\u00e8ve dans le chaos en juillet 1973 au Hammersmith Theatre o\u00f9 Bowie annonce \u00e0 son public que c\u2019est la derni\u00e8re fois qu\u2019il appara\u00eet en concert\u00a0. Consternation. Il crie publiquement que le personnage de Ziggy n\u2019existe plus et l\u2019album<em> Pin-Ups <\/em>(octobre), une douzaine de reprises de hits des sixties, n\u2019en finit pas de d\u00e9concerter ses fans. On se consolera avec \u00ab\u00a0Rebel Rebel\u00a0\u00bb et son riff diabolique.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ann\u00e9e 1974 pourrait \u00eatre celle de la chute, avec un album rat\u00e9 (<em>Diamond dogs<\/em> et la pochette de Guy Pellaert) et ce <em>David Live<\/em> sans grand int\u00e9r\u00eat. Mais le bonhomme, comme il l\u2019a toujours fait, va savoir se r\u00e9inventer.<\/p>\n\n\n\n<p>Portrait de l\u2019artiste en soul man, avec <em>Young americans<\/em> (mars 1975), qui convoque John Lennon (dont il reprend le \u00ab&nbsp;Across The Universe&nbsp;\u00bb), Luther Vandross et le guitariste de James Brown Carlos Alomar. Ceux qui disaient Bowie d\u00e9j\u00e0 fini en starlette \u00e9vanescente ont le d\u00e9menti qu\u2019ils m\u00e9ritent. \u00ab&nbsp;Fame&nbsp;\u00bb, \u00e9crit avec Lennon, le remet au sommet des charts. Depuis 1974, et au terme de la tourn\u00e9e Diamond Dogs, Bowie s\u2019est install\u00e9 aux \u00c9tats-Unis. Il tourne le film de science-fiction de David Roeg, <em>The man who fell to earth<\/em>, et veut en finir avec son pass\u00e9 en se s\u00e9parant de De Fries qui lui intente un proc\u00e8s. Il tournera aussi dans le <em>Furyo<\/em> de Oshima, sorti en 1983, entre autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Bowie traverse l\u2019Atlantique comme on joue \u00e0 saute-ruisseaux. Pas en Angleterre, non, mais en Allemagne, \u00e0 Berlin. C\u2019est la trilogie berlinoise apr\u00e8s l&rsquo;excellent avec <em>Station to station<\/em> (1976) avec <em>Low<\/em> et <em>Heroes<\/em> (1977) puis <em>Lodger <\/em>(1979). Bowie fraye avec Eno, Kraftwerk et Iggy Pop et choque parfois la presse avec des d\u00e9clarations embrouill\u00e9es sortant de lectures mal dig\u00e9r\u00e9es de Nietzsche ou des ex\u00e9g\u00e8tes de Buddah. Si les fans avaient pu \u00eatre d\u00e9concert\u00e9s avec <em>Young americans<\/em>, ils le sont encore plus avec ces trois albums gla\u00e7ants, m\u00e9lange de musique industrielle et de romantisme soul. Avec <em>Lodger<\/em>, comme le dit Yves Adrien dans <em>Rock &amp; Folk<\/em>, <em>\u00ab\u00a0Bowie est le locataire du monde\u00a0\u00bb, <\/em>mais on sent qu&rsquo;il arrive au bout du processus<em>.<\/em> Il se renouvellera, ce qu&rsquo;il n&rsquo;a cess\u00e9 de faire. Encore un live avec l\u2019excellent <em>Stage <\/em>(1978)<em>,<\/em> puis c\u2019est <em>Scary monsters<\/em> \u00e0 l\u2019aube des ann\u00e9es 1980 et le fameux \u00ab\u00a0Ashes To Ashes\u00a0\u00bb o\u00f9 Bowie renoue avec ses totems, William Burroughs et Andy Warhol.<\/p>\n\n\n\n<p>On se doit d\u2019avouer que le reste nous int\u00e9resse beaucoup moins. Ses albums des ann\u00e9es 1980 et ses quelques hits (\u00ab&nbsp;China Girl&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Let\u2019s Dance&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Never Let You Down&nbsp;\u00bb) m\u00e9diocres. Au vrai, les albums se rar\u00e9fient (3 seulement dans les ann\u00e9es 1980) et Bowie a \u00e9t\u00e9 balay\u00e9 par les vagues punk et new wave. Il change de genre, encore une fois, en cam\u00e9l\u00e9on du rock, avec <em>Black tie \/ white noise<\/em> (1993), produit par Nile Rodgers, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre commis \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980 avec Tin Machine, un groupe de m\u00e9tal pour une musique exp\u00e9rimentale qui semble ne mener nulle part.<\/p>\n\n\n\n<p>On a enfin du grand Bowie avec<em> Outside<\/em>, en 1995. Bowie a quitt\u00e9 RCA pour Arista d\u2019abord, puis BMG ensuite.<em> Outside <\/em>est un concept-album sur des th\u00e8mes chers \u00e0 Burroughs, au polar am\u00e9ricain et \u00e0 la science-fiction (encore). Un album presque parfait qui renoue avec les grandes heures de Bowie, d\u2019autant que Eno co\u00e9crit toutes les chansons et que Mike Garson est de retour.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1996, c\u2019est \u00e0 nouveau une tourn\u00e9e mondiale qui passera par Lille (j\u2019y \u00e9tais). Bowie f\u00eate ses 50 ans (d\u00e9j\u00e0!) et le concert est plan-plan. Les albums qui suivent n\u2019ont rien de bien folichons non plus. Il faudra attendre le dernier (<em>Blackstar)<\/em>, sorti deux jours avant son tr\u00e9pas, pour retrouver \u00e0 nouveau le grand Bowie qui peut enfin s\u2019\u00e9teindre, comme l\u2019\u00e9toile \u00e9ponyme, d\u2019un cancer du foie, lui. On citera une chanson, \u00ab&nbsp;Lazarus&nbsp;\u00bb, \u00e9pitaphe de l\u2019astre mort David Jones, plus connu sous le nom de sc\u00e8ne de Bowie.<\/p>\n\n\n\n<p>On a de bonnes raisons pour d\u00e9tester Bowie, dans tout ce qu\u2019il a pu avoir de faiseur, de truqueur, de mani\u00e9r\u00e9, de frimeur et d\u2019encul\u00e9 mondain. On a aussi toutes les raisons de l\u2019adorer pour son g\u00e9nie musical et po\u00e9tique, pour sa capacit\u00e9 \u00e0 se r\u00e9inventer, pour l\u2019aide qu\u2019il a toujours su apporter \u00e0 ses idoles d\u00e9chues. La balance penche nettement vers le positif.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, chapeau bas pour le cam\u00e9l\u00e9on sacr\u00e9, viva Ziggy et thank you, mister Jones&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><em>15 septembre 2022<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Figure embl\u00e9matique du rock des ann\u00e9es 1970 et 1980, David Bowie \u2013 n\u00e9 David Jones \u2013 a fait l\u2019objet d\u2019\u00e9missions estivales sur France Inter cet \u00e9t\u00e9, dues \u00e0 l\u2019excellent Michka Assayas. L\u2019occasion de reparler du Thin white duke, g\u00e9nie flamboyant pour les uns, fumiste copieur pour les autres. 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