{"id":2939,"date":"2022-10-06T10:57:10","date_gmt":"2022-10-06T08:57:10","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2939"},"modified":"2022-10-06T10:57:12","modified_gmt":"2022-10-06T08:57:12","slug":"steppenwolf-la-mort-du-loup","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2939","title":{"rendered":"STEPPENWOLF : LA MORT DU LOUP"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/illustration242.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2941\" width=\"578\" height=\"569\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/illustration242.jpg 450w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/illustration242-300x295.jpg 300w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/illustration242-30x30.jpg 30w\" sizes=\"(max-width: 578px) 100vw, 578px\" \/><figcaption>Le loup des steppes, photo Wikipdia.Sauvage, mena\u00e7ant et agressif, comme Steppenwolf, <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Steppenwolf, ou le Loup des steppes, d\u2019apr\u00e8s Herman Heisse. Le groupe s\u2019est form\u00e9 en 1967 apr\u00e8s avoir exist\u00e9 au milieu des ann\u00e9es 1960 sous le patronyme des Sparrows (moineaux ou hirondelles). D\u00e9cid\u00e9ment des amis des b\u00eates. On parle de John Kay &#8211; po\u00e8te du rock et songwriter hors-pair &#8211; et de sa bande pour la simple et bonne raison que Steppenwolf s\u2019est s\u00e9par\u00e9 il y a 50 ans, en 1972, avant de multiples reformations qui n\u2019ont jamais fait oublier le loup originel. C\u2019est donc un anniversaire. <em>At your birthday party<\/em>, comme ils disaient.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Joachim Fritz Krauledat est n\u00e9 le 12 avril 1944 \u00e0 Tilsitt en Allemagne, devenu depuis Sovetsk en Russie, dans l\u2019oblat de Kaliningrad (ex Koenigsberg) o\u00f9 a toujours v\u00e9cu une importante colonie lituannienne, dont il est issu. Dont \u00e9tait aussi issu son p\u00e8re, tu\u00e9 en mars de la m\u00eame ann\u00e9e sous l\u2019uniforme allemand. C\u2019est l\u2019histoire des vaincus de la seconde guerre mondiale avec des r\u00e9fugi\u00e9s \u00e9vacu\u00e9s de l\u2019ancienne Prusse de l\u2019est fuyant l\u2019avanc\u00e9e des troupes sovi\u00e9tiques ou les balles de la police allemande durant l\u2019hiver glacial de 1945. Un train de r\u00e9fugi\u00e9s qui les conduira jusqu\u2019\u00e0 Arnstadt, alors en R\u00e9publique D\u00e9mocratique Allemande sous occupation am\u00e9ricaine. C\u2019est ensuite l\u2019ouest, \u00e0 Hanovre o\u00f9 ils ont r\u00e9ussi \u00e0 passer en 1949, jouant \u00e0 saute-fronti\u00e8res. Joachim est daltonien, malvoyant et il portera toujours ces lunettes noires qui, avec des v\u00eatements de cuir et des bottes, lui donneront son look rebelle. Malvoyant mais pas sourd, et il va \u00e9couter tr\u00e8s jeune les disques de rock\u2019n\u2019roll et de rhythm\u2019n\u2019blues sur les ondes des forces britanniques. Ne comprenant ni ne parlant l\u2019anglais, il va se familiariser avec la langue en autodidacte, par la gr\u00e2ce des chansons de Little Richard ou de Bo Diddley. Le rock\u2019n\u2019roll, c\u2019est bien connu, favorise aussi l\u2019apprentissage de l\u2019anglais.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1958, sa famille prend la d\u00e9cision d\u2019\u00e9migrer au Canada. Dans l\u2019ouest, le vrai. Toronto d\u2019abord, puis les \u00c9tats-Unis, \u00e0 Buffalo, dans l\u2019\u00e9tat de New York, en 1963, juste au moment de l\u2019invasion britannique. Musicale s\u2019entend, avec le Swinging London et le British Beat. Pr\u00e9cisons que, entre temps, Joaquim Krauledat est devenu John Kay, citoyen am\u00e9ricain. \u00c0 Toronto, il a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 chanter du blues, accompagn\u00e9 de sa guitare et de son harmonica, dans diff\u00e9rents clubs locaux. Des classiques du blues et bient\u00f4t ses propres chansons, puisque notre homme a un talent aussi manifeste que pr\u00e9coce d\u2019auteur-compositeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Adolescent, Kay fait le tour du pays en auto-stop, s\u2019initiant \u00e0 toutes les musiques populaires am\u00e9ricaines, du folk \u00e0 la country en passant par le hillbilly ou le blue grass, sans parler bien s\u00fbr du blues et du jazz, d\u00e9j\u00e0 assimil\u00e9s. Kay devient ainsi un grand fan de Hank Williams et de Jimmy Rodgers. Il retourne \u00e0 Toronto en ao\u00fbt 1965 et va former son premier groupe, les Sparrows, avec d\u00e9j\u00e0 les futurs membres de ce que sera Steppenwolf, soit l\u2019un des plus grands groupes de rock am\u00e9ricain de tous les temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Les moineaux vont se composer des fr\u00e8res Edmonton, Jerry \u00e0 la batterie et Dennis \u00e0 la guitare. Les fr\u00e8res Edmonton s\u2019appellent en fait Mc Crohan et Dennis prendra le pseudonyme de Mars Bonfire (feu de joie, b\u00fbcher ou brasier) qui restera son nom d\u2019auteur-compositeur apr\u00e8s qu\u2019il ait quitt\u00e9 le groupe. Un compatriote de Kay tiendra la basse, Nick Saint-Nicholas, Klaus Kassbaum pour l\u2019\u00e9tat civil, un Allemand lui aussi n\u00e9 \u00e0 Pl\u00f6n, \u00e9galement en RDA \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Pour compl\u00e9ter, Goldy Mc John, ex membre des Mynah Birds, le premier groupe de Neil Young avant Buffalo Springfield, est \u00e0 l\u2019orgue.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est \u00e0 New York que le groupe enregistre deux singles en 1966, sans le moindre succ\u00e8s. Les moineaux d\u00e9cident de s\u2019envoler dans des terres qu\u2019ils s\u2019imaginent plus hospitali\u00e8res, la Californie en plein boom hippie et c\u2019est \u00e0 San Francisco qu\u2019on peut les voir en 1967, \u00e0 l\u2019Avalon Ballroom, au Fillmore ou au Matrix. <em>Early Steppenwolf<\/em>, enregistr\u00e9 sur la sc\u00e8ne du Matrix le 4 mai 1967, constituera un bel aper\u00e7u de ce qu\u2019ils faisaient \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Il ne sera publi\u00e9 qu\u2019en 1969 (<em>Live at the Matrix<\/em>) avec ce qui fait l\u2019ordinaire de bien des groupes californiens de l\u2019\u00e9poque, soit des blues \u00e9tir\u00e9s sur un quart d\u2019heure avec soli de guitares et \u00e9ventuellement de batterie. Des reprises de Howlin\u2019 Wolf ou de John Lee Hooker, mais on remarque plut\u00f4t une adaptation d\u2019un vieux hit country de Hoyt Axton qu\u2019ils rebaptisent \u201cThe Pusher\u201d, chanson anti-drogue s\u2019attaquant avec virulence \u00e0 tous ceux qui dealent des drogues dures mais se gardent bien d\u2019en prendre. M\u00eame si le morceau n\u2019est pas vraiment de lui, on peut d\u00e9j\u00e0 cr\u00e9diter Kay d\u2019un sacr\u00e9 talent de plume. Mais les moineaux s\u2019\u00e9gayent dans la nature alors que le succ\u00e8s continue \u00e0 les fuire. \u00c0 l\u2019automne 1967, ne reste que le noyau dur : Kay, Jerry Edmonton et Goldy Mc John.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils quittent San Francisco o\u00f9 ils v\u00e9g\u00e8tent pour Los Angeles o\u00f9, pensent-ils, il est plus facile d\u2019enregistrer et de trouver une maison de disque. Leur musique est devenue plus proche de celle des Doors ou de Love, r\u00e9cemment sign\u00e9s par Elektra, plus proche en tout cas que des groupes acid-rock et psych\u00e9d\u00e9liques de Frisco. Michael Monarch prend la guitare des mains de Bonfire et Rushton Moreve remplace \u00e0 la basse St Nicholas lui aussi partant. Un groupe qui s\u2019appelera d\u00e9sormais Steppenwolf, du nom du roman <em>Le loup des steppes <\/em>du compatriote allemand de Kay et de St Nicholas, Hermann Heisse, grande r\u00e9f\u00e9rence du mouvement hippie pour son pacifisme absolu et son int\u00e9r\u00eat croissant pour les religions et philosophies orientales, soulign\u00e9 dans des livres comme<em> Siddartha<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Stepppenwolf n\u2019a rien de hippie. Les membres s\u2019habillent volontiers de cuir noir et on les prendrait plut\u00f4t pour des Hell\u2019s angels ayant quitt\u00e9 San Francisco pour fuir une id\u00e9ologie qu\u2019ils ne cautionnent pas, tant l\u2019onirisme et l\u2019id\u00e9alisme conviennent peu \u00e0 leur sensibilit\u00e9 aig\u00fce des r\u00e9alit\u00e9s am\u00e9ricaines. Moreve est vite remplac\u00e9 par John Russell Morgan lorsque Steppenwolf signe chez ABC \u2013 Dunhill et enregistre une s\u00e9rie de 45 tours qui obtiendront le succ\u00e8s qu\u2019ils attendent depuis deux ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Steppenwolf a sign\u00e9 trop tard chez Dunhill, dont le directeur, Lou Adler, a organis\u00e9 le festival de Monterey pop avec Derek Taylor et John Philips. Gageons que, si John Kay et sa bande avaient \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s quelques semaines plus t\u00f4t, ils eussent \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019affiche, et au plus haut. Encore que les Doors, groupe auquel on peut les comparer, \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, n\u2019avaient m\u00eame pas \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019automne 1967, c\u2019est \u201cA Girl I Knew\u201d d\u2019abord, puis \u201cSookie Sookie\u201d, une reprise de Don Covay et enfin le fameux \u201cBorn To Be Wild\u201d, au tout d\u00e9but 1968. L\u2019hymne \u00e0 la libert\u00e9, \u00e0 la marginalit\u00e9 et accessoirement \u00e0 la moto sera, on le sait, le titre le plus en vue du film<em> Easy rider<\/em>, de Dennis Hopper avec Peter Fonda et Jack Nicholson, en 1969. Avec \u201cRock Me\u201d, on pourra aussi entendre Steppenwolf la m\u00eame ann\u00e9e sur la bande sonore du film <em>Candy <\/em>de Chritian Marquand, lui aussi une odyss\u00e9e hippie avec Ewa Aulin, Richard Burton, Marlon Brando, Walter Matthau, James Coburn, Ringo Starr et \u2026 Charles Aznavour. \u201cBorn To Be Wild\u201d a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par Mars Bonfire, ex Sparrows devenu artiste solo avant de travailler avec Kim Fowley puis Sky Saxon. Le disque se classera en deuxi\u00e8me position dans les charts am\u00e9ricains et Bonfire \u2013 Edmonton expliquera que l\u2019id\u00e9e des paroles lui est venue apr\u00e8s avoir vu une publicit\u00e9 pour une marque de motocyclette dont le slogan n\u2019\u00e9tait autre que \u201cborn to ride\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier album \u00e9ponyme sort en janvier 1968 avec quelques reprises rock\u2019n\u2019roll (\u201cBerry Rides Again\u201d) ou blues (\u201cHoochie Coochie Man\u201d), plus leurs premiers singles et quelques morceaux remarquables de lucidit\u00e9 et de hargne comme \u201cThe Pusher\u201d dont on a d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9, mais aussi \u201cYour Wall\u2019s Too High\u201d, plus sur l\u2019id\u00e9e de \u201cforteresse assi\u00e9g\u00e9e\u201d ch\u00e8re \u00e0 Bruno Bettelheim que sur le mur de Berlin, ou encore le m\u00e9lancolique \u201cDesperation\u201d sur le th\u00e8me en vogue du drop-out. Un excellent album pour tout dire.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais <em>Second<\/em>, en octobre de la m\u00eame ann\u00e9e, est encore meilleur, plus personnel. Plus dans le style psych\u00e9d\u00e9lique aussi, l\u00e0 o\u00f9 le premier pr\u00e9figurait le Hard-rock. \u201cMagic Carpet Ride\u201d est le hit de l\u2019album et plusieurs titres sont plus introspectifs (\u201cSpiritual Fantasy\u201d, \u201cResurrection\u201d, \u201cReflection\u201d\u2026), mais aussi des titres tr\u00e8s politiques, tel ce \u201cDon\u2019t Step On The Grass Sam\u201d et ses paroles satiriques sur l\u2019oncle Sam et le G.I Joe : <em>\u201cWhile pushin&rsquo; back his glasses Sam is sayin&rsquo; casually \/ \u00ab\u00a0I was elected by the masses\u00a0\u00bb<\/em>. Le Vietnam et la conscription sont bien s\u00fbr dans la mire de Kay le malvoyant, ce qui ne l\u2019emp\u00eache pas de faire mouche. John Kay est un authentique po\u00e8te du rock, au m\u00eame titre que Dylan, Jim Morrison, Ray Davies ou Lou Reed.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est souvent question de l\u2019Am\u00e9rique et de la trahison des promesses du pays par ses \u00e9lites. Nick St Nicholas est revenu apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 membre de Time, un groupe de San Diego et son compagnon de gal\u00e8re Larry Byrom a remplac\u00e9 Monarch. C\u2019est dans cette formation que le groupe a enregistr\u00e9 <em>At your birthday party <\/em>qui para\u00eet en mars 1969 et dont la musique et les textes se sont un peu appauvris. On a cette fois un hard-rock fruste et quelques hits saignants tels \u201cIt\u2019s Never Too Late\u201d ou \u201cJupiter\u2019s Child\u201d. Il en ira tout autrement avec ce qui est \u00e0 consid\u00e9rer comme le plus grand album du groupe, <em>Monster<\/em>, en novembre de la m\u00eame ann\u00e9e. Steppenwolf a la r\u00e9putation d\u2019\u00eatre aussi un groupe de sc\u00e8ne, mais<em> Monster <\/em>r\u00e9unit 7 titres extr\u00eamement brillants, qualificatif peut-\u00eatre mal choisi pour la noirceur du propos.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 commencer par \u201cMonster\u201d, sous-titr\u00e9 Suicide et America. Tout est dit. <em>\u201cAmerica, where are you now \/ Don&rsquo;t you care about your sons and daughters \/ Don&rsquo;t you know we need you now \/ We can&rsquo;t fight alone against the monster\u201d<\/em>. Des sectes protestantes install\u00e9es dans le Massachusetts jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Am\u00e9rique du Vietnam en passant par le massacre des indiens, l\u2019esclavage, la s\u00e9gr\u00e9gation, l\u2019implacable essor capitaliste et l\u2019imp\u00e9rialisme, une longue histoire parall\u00e8le, sans concession des \u00c9tats-Unis, d\u2019un pays qui a trahi ses promesses d\u2019humanit\u00e9 pour accoucher d\u2019un monstre. \u201cDraft Resister\u201d parle aussi du Vietnam \u00e0 travers les jeunes enr\u00f4l\u00e9s qui refusent de combattre au prix de leur libert\u00e9. C\u2019est \u201cMove Over\u201d, le titre le moins politique, qui fera un hit. Faut-il s\u2019en \u00e9tonner ? Un album cr\u00e9pusculaire o\u00f9 le m\u00e9tal en fusion coule sur la subversion la plus dure.<\/p>\n\n\n\n<p>4 albums studio en 2 ans, Steppenwolf a besoin de souffler et le prochain album sera <em>Steppenwolf Live<\/em>, en avril 1970. Un double album qui, comme le <em>Absolutely Live<\/em> des Doors, figure parmi les plus grands live de l\u2019histoire du rock. On a l\u00e0 un best of de Steppenwolf enregistr\u00e9 au Santa Monica Civic Center en janvier. Un concert au profit d\u2019une association d\u2019\u00e9tudiants protestant contre la guerre du Cambodge o\u00f9 l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine a mis le pied apr\u00e8s le Vietnam. Une manifestion contre cette guerre sur le campus de l\u2019universit\u00e9 de Kent State (Ohio) fera 4 morts \u00e0 la suite de tirs \u00e0 balles r\u00e9elles de la garde nationale et Neil Youn n\u2019a pas fini de les pleurer. Sur l\u2019album, on trouve une version de 10 minutes du splendide \u201cMonster\u201d et on termine sur \u201cBorn To Be Wild\u201d devant un public subjugu\u00e9. Pour le reste, trois titres en studio ont \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9s pour faire un double album : \u201cHey Lawdy Mama\u201d, \u201cCorrina Corrina\u201d et \u201cTwisted\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Sreppenwolf 7<\/em>, en novembre 1970, n\u2019est pas de cette trempe, mais on peut encore admirer la po\u00e9sie de John Kay et sa volont\u00e9 d\u2019aborder des sujets politiques, tel ce \u201cRenegade\u201d qui retrace le parcours de sa m\u00e8re et de lui \u00e0 travers la guerre en Allemagne ou ce \u201cSnowblind Friend\u201d, anti drug-song sur la d\u00e9pendance aux drogues dures qui aveugle toute une partie de la jeunesse sur les r\u00e9alit\u00e9s politiques. \u201cWho Needs Ya\u201d sera cette fois le seul hit du groupe.<\/p>\n\n\n\n<p>Le reste est beaucoup moins int\u00e9ressant.<em> For ladies only<\/em>, en juillet 1971, n\u2019a pas grand int\u00e9r\u00eat, \u00e0 part la chanson titre. Steppenwolf a engag\u00e9 Kent Henry et George Biondi comme guitaristes \u00e0 la place de Monarch mais le coeur n\u2019y est plus et on sent que John Kay a tout dit. Le groupe est devenu l\u2019idole des Hell\u2019s angels d\u2019un c\u00f4t\u00e9 (pour la moto) et des militants anti-guerre du Vietnam de l\u2019autre ; deux mondes antinomiques qui s\u2019unissent derri\u00e8re un John Kay d\u00e9sabus\u00e9. C\u2019est lui qui annonce la fin du loup des steppes en f\u00e9vrier 1972 et qui, apr\u00e8s deux albums solos int\u00e9ressants (<em>Forgotten songs<\/em> <em>and unsung heroes<\/em> en 1972 et <em>My sportin\u2019 life<\/em> l\u2019ann\u00e9e suivante) lance le John Kay Band avant moult reformations de Steppenwolf dont la premi\u00e8re date de 1976. Le groupe tourne encore en 2022, apr\u00e8s de constants changements de personnel. En outre, John Kay a publi\u00e9 sa biographie sous le titre de <em>Magic carpet ride<\/em>, comme pour la chanson.<\/p>\n\n\n\n<p>Un num\u00e9ro de <em>Rock &amp; Folk<\/em> de 1972 pr\u00e9sente sur une pleine page une traduction de textes de John Kay, \u201cThe Pusher\u201d, \u201cMonster\u201d et \u201cSnowblind Friend\u201d, en plus du classique \u201cBorn To Be Wild\u201d. C\u2019est un honneur dont peu de groupes ont pu se pr\u00e9valoir. Steppenwolf l\u2019avait amplement m\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>On retiendra de John Kay un authentique po\u00e8te du rock et un chroniqueur politique exceptionnel d\u2019une Am\u00e9rique malade de sa volont\u00e9 de domination et de sa parano\u00efa. Et aussi un songwriter remarquable pour un groupe qui aura invent\u00e9 le Hard-rock aux \u00c9tats-Unis. Sans parler du chanteur, une des grandes voix du rock.<\/p>\n\n\n\n<p>Un h\u00e9ros qui n\u2019est certes plus lou\u00e9 mais dont les chansons ne sont pas toutes oubli\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><em>23 septembre 2022<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Steppenwolf, ou le Loup des steppes, d\u2019apr\u00e8s Herman Heisse. Le groupe s\u2019est form\u00e9 en 1967 apr\u00e8s avoir exist\u00e9 au milieu des ann\u00e9es 1960 sous le patronyme des Sparrows (moineaux ou hirondelles). D\u00e9cid\u00e9ment des amis des b\u00eates. 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