{"id":2960,"date":"2022-10-20T17:29:27","date_gmt":"2022-10-20T15:29:27","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2960"},"modified":"2022-10-20T17:29:29","modified_gmt":"2022-10-20T15:29:29","slug":"notes-de-lecture-36","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=2960","title":{"rendered":"NOTES DE LECTURE (36)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>PAUL-JEAN TOULET \u2013 <em>LA JEUNE FILLE VERTE<\/em> \u2013 Le livre de poche.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Paul-Jean Toulet est l\u2019un de ces \u00e9crivains fin de si\u00e8cle, disons de deuxi\u00e8me ordre, avec un Jean Lorrain ou un Jean De Tinan, loin derri\u00e8re les Villiers de l\u2019Isle-Adam, Huysmans et autres L\u00e9on Bloy, Octave Mirbeau ou Jules Renard. Ce qui n\u2019est pas p\u00e9joratif, la post\u00e9rit\u00e9 n\u2019\u00e9tant pas toujours \u00e9quanime dans les choix auxquels elle nous condamne.<\/p>\n\n\n\n<p>Ami de Francis Carco, mais aussi de Charles Maurras, on le conna\u00eet surtout pour sa po\u00e9sie et ces <em>Contrerimes<\/em>, des po\u00e8mes fac\u00e9tieux et pr\u00e9cieux \u00e0 la fois, comme ses romans. Toulet \u00e9tait l\u2019un des \u00e9crivains favoris de d\u2019Ormesson, ce qui ne plaidait pas vraiment en sa faveur, mais pour ceux qui ont eu le bonheur de lire <em>Mon amie Nane<\/em>, le jugement du \u00ab&nbsp;con prim\u00e9&nbsp;\u00bb (comme titrait jadis <em>le Canard<\/em>) est pertinent.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La jeune fille verte<\/em> (allusion \u00e0 l\u2019absinthe dont Toulet \u00e9tait grand consommateur&nbsp;?) est une plaisante chronique villageoise &#8211; une station thermale des Pyr\u00e9n\u00e9es qui ressemble \u00e0 Am\u00e9lie-les-Bains \u2013 o\u00f9 les habitants se d\u00e9chirent autour d\u2019un h\u00e9ritage que doit laisser \u00ab&nbsp;l\u2019Onagre&nbsp;\u00bb, le propri\u00e9taire des mines qui ont enrichi la communaut\u00e9 et dont tous les villageois poss\u00e8dent des parts.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019affaire se complique avec des aventures amoureuses et extra-conjugales qui ajoutent aux rivalit\u00e9s et aux ressentiments des uns et des autres. Une fronde s\u2019\u00e9l\u00e8ve contre l\u2019Onagre et ses valets et la population tend les fourches devant la grille du ch\u00e2teau, mais celui-ci, avant de mourir, a mis ses affaires en ordre et l\u2019h\u00e9ritage ira \u00e0 son neveu \u2013 Vitalis \u2013 pour l\u2019inciter \u00e0 se marier avec la jeune fille verte, Sabine. Un testament qui ne fait pas que des heureux, d\u2019autant que Vitalis est aussi l\u2019amant du notaire et que la religion s\u2019en m\u00eale avec un p\u00e8re j\u00e9suite et un cur\u00e9 ambitieux d\u00e9sireux d\u2019entrer \u00e0 la chambre. Le tout dans une ambiance tr\u00e8s <em>Clochemerle<\/em> et troisi\u00e8me R\u00e9publique que n\u2019aurait pas d\u00e9savou\u00e9 Gabriel Chevalier.<\/p>\n\n\n\n<p>Bref, on l\u2019aura compris, un r\u00e9cit embrouill\u00e9 mais l\u00e0 n\u2019est pas l\u2019essentiel, m\u00eame si le roman a des accents modernes, qui parle essentiellement d\u2019argent et de sexe. Non, tout est dans le style, \u00e0 la fois vieillot et charmant. Sans oublier l\u2019humour et la dr\u00f4lerie qui parcourent ce mince ouvrage. On se surprend \u00e0 chercher des mots dans le dictionnaire et on n\u2019est pas surpris de ne pas les trouver&nbsp;; des mots inusit\u00e9s et des expressions ou des tournures d\u2019un autre si\u00e8cle, d\u2019un autre temps. D\u00e9licieusement dat\u00e9, un plaisir d\u2019esth\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais tout est aussi bien dans l\u2019\u00e9vocation de l\u2019enfance dans un village fran\u00e7ais, avec les odeurs, les sensations, la nature et les premiers \u00e9mois. Une enfance \u00e9merveill\u00e9e dont la jeune fille verte constitue le plus parfait prolongement, pour une vie d\u2019homme heureux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>ALEXANDRE DUMAS \u2013 <em>PAULINE<\/em> \u2013 Gallimard Folio classique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Paru en 1838, <em>Pauline<\/em> est le premier roman de Dumas, \u00e9crit en m\u00eame temps que <em>Les mohicans de Paris<\/em> et <em>Le comte de Mont\u00e9-Cristo<\/em> qui lui sont post\u00e9rieurs. Un petit livre, pour une fois (\u00e0 peine 200 pages), pour un auteur qui nous a habitu\u00e9s \u00e0 des pav\u00e9s de 1000 pages.<\/p>\n\n\n\n<p>Jusque-l\u00e0, ses drames historiques avaient connu le succ\u00e8s au th\u00e9\u00e2tre, Dumas \u00e9tant un habitu\u00e9 des sc\u00e8nes parisiennes. Mais la litt\u00e9rature l\u2019attend. C\u2019est l\u2019\u00e9poque des jeunes gardes romantiques et de la bataille d\u2019<em>Hernani<\/em> \u00e0 laquelle il a particip\u00e9, soutenant Hugo avec son ami Gautier.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9s la m\u00eame ann\u00e9e (1802), les deux hommes seront amis mais des choix politiques les s\u00e9pareront. Si Dumas a soutenu les journ\u00e9es de 1830 et de 1848, il n\u2019en a pas moins \u00e9t\u00e9 copain comme cochon avec Louis-Philippe et Napol\u00e9on III. Ses vrais amis sont plut\u00f4t \u00e0 chercher du c\u00f4t\u00e9 des romantiques, Th\u00e9ophile Gautier, Charles Nodier ou G\u00e9rard De Nerval.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ici un roman \u00e0 tiroirs qu\u2019il nous donne \u00e0 lire. Alexandre (l\u2019auteur) re\u00e7oit les confidences d\u2019Alfred De Nerval (tiens tiens&#8230;) \u00e0 propos d\u2019une jeune fille appel\u00e9e Pauline ayant quitt\u00e9 la vie parisienne pour se marier avec le Comte Horace, un soudard criminel qui a pris le go\u00fbt du meurtre en Inde. Nerval lui parle longuement de Pauline et le roman prend un tour gothique avec la lande, les ch\u00e2teaux en ruine, les souterrains, les culs de basse fosse et les bandits de grand chemin. Il s\u2019inspire visiblement des ma\u00eetres anglo-saxons du genre, Ann Radcliffe ou Horace Walpole, mais son style gothique ne va pas jusqu\u2019au surnaturel et \u00e0 l\u2019\u00e9pouvante. On n\u2019a pas trop peur et c\u2019est plut\u00f4t d\u2019un drame romantique qu\u2019il s\u2019agit.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis c\u2019est Pauline, rescap\u00e9e d\u2019une prison soupirail qui raconte son aventure \u00e0 Nerval, lui d\u00e9crivant par le menu tout ce qu\u2019elle a pu endurer avec Horace, auteur d\u2019une dizaine de crimes sur la lande avec sa bande d\u2019ancien militaires de l\u2019arm\u00e9e des Indes. Les deux amants, qui se font passer pour fr\u00e8re et s\u0153ur, partent en Angleterre vers un bonheur radieux. Pas tout \u00e0 fait car Horace revient dans le jeu en voulant \u00e9pouser la propre s\u0153ur de Nerval. On ne d\u00e9voilera pas la fin mais on sait tout de suite que \u00e7a va mal finir pour l\u2019h\u00e9ro\u00efne, un peu moins mal pour Dorval mais pourquoi survivre \u00e0 sa bien aim\u00e9e&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Comme Balzac, Dumas dit s\u2019\u00eatre inspir\u00e9 de Walter Scott pour son premier roman, mais il y manque de l\u2019action plus tranchante et des personnages plus convaincants&nbsp;; Nerval en jeune amant transi et Pauline en jeune fille diaphane et \u00e9th\u00e9r\u00e9e, plus Horace en symbole du mal. Il y manque aussi l\u2019arri\u00e8re-plan historique et social que Dumas n\u2019h\u00e9sitera pas \u00e0 mettre au premier plan de ses prochains romans. Mais bon, tel que c\u2019est, \u00e7a se lit plut\u00f4t bien et il faut bien d\u00e9buter.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>GRAHAM GREENE &#8211; <em>LA FIN D\u2019UNE LIAISON <\/em>\u2013 Pavillons Laffont<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"697\" height=\"1024\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/illustration245-697x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2962\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/illustration245-697x1024.jpg 697w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/illustration245-204x300.jpg 204w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/illustration245-768x1128.jpg 768w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/illustration245-613x900.jpg 613w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/illustration245-409x600.jpg 409w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/illustration245-20x30.jpg 20w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/illustration245.jpg 800w\" sizes=\"(max-width: 697px) 100vw, 697px\" \/><figcaption>Mister Graham Greene, \u00e9crivain catholique, faux espion et vrai g\u00e9nie<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>On a beaucoup glos\u00e9 sur Graham Greene et on s\u2019\u00e9pargnera les clich\u00e9s sur l\u2019\u00e9crivain catholique, le romancier m\u00e9taphysique ou encore l\u2019ancien agent secret devenu ma\u00eetre du roman d\u2019espionnage. Greene est tout cela, bien s\u00fbr, mais tellement plus.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La fin d\u2019une liaison<\/em> est un roman qui date de 1951. On pourrait croire au d\u00e9but \u00e0 un Vaudeville o\u00f9 l\u2019amant et narrateur est un \u00e9crivain entre deux livres&nbsp;; la ma\u00eetresse Sarah Miles, une femme fantasque qui s\u2019ennuie et son mari un haut fonctionnaire distillant l\u2019ennui. On est chez Greene, et les choses vont vite se complexifier. On est en 1946 et la liaison entre Maurice l\u2019\u00e9crivain et Sarah est d\u00e9j\u00e0 du pass\u00e9. Il rencontre le mari et celui-ci lui confie qu\u2019il soup\u00e7onne sa femme de le tromper. Ayant \u00e9voqu\u00e9 la possibilit\u00e9 de la faire suivre par un d\u00e9tective priv\u00e9, Maurice se propose, aux fins d\u2019\u00e9viter le scandale, de prendre contact lui-m\u00eame avec l\u2019agence et il participe aux filatures avec un employ\u00e9 de l\u2019agence nomm\u00e9 Parkis toujours accompagn\u00e9 de son petit gar\u00e7on. Parkis ne trouve pas grand-chose, si ce n\u2019est un contact qu\u2019elle a eu avec un orateur rationaliste r\u00e9solument anti-dieu dont le visage est ab\u00eem\u00e9 par une tache de vin.<\/p>\n\n\n\n<p>Parkis finit par trouver le journal de Sarah avec la complicit\u00e9 de la bonne, et il le donne \u00e0 Maurice qui peut la voir passer par tous les \u00e9tats d\u2019\u00e2me entre le d\u00e9but de leur liaison en 1939 et la fin en juin 1944 alors qu\u2019elle avait fait la promesse \u00e0 Dieu de rompre cette aventure au cas o\u00f9 son amant survivrait au bombardement de sa maison. Il n\u2019a eu que deux dents cass\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Piqu\u00e9 par la curiosit\u00e9 et un reste de passion, Maurice essaie de renouer le lien fort qui les a rapproch\u00e9s, mais si elle accepte quelques rendez-vous, elle se refuse \u00e0 lui. Jaloux, l\u2019amant \u00e9conduit s\u2019imagine qu\u2019il y a quelqu\u2019un d\u2019autre, peut-\u00eatre cet orateur \u00e0 la tache de vin&nbsp;? Il est jaloux et l\u2019amour qu\u2019il avait pour Sarah se transforme en haine.<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, c\u2019est sa conversion au catholicisme qui l\u2019a \u00e9loign\u00e9e de lui, une conversion qui doit beaucoup \u00e0 l\u2019orateur dont la tache de vin a disparu par miracle. En pleine confusion mystique, Sarah meurt d\u2019une pneumonie et le mari et l\u2019amant cohabitent pour \u00e9voquer leurs souvenirs d\u2019elle, avec parfois la visite d\u2019un pasteur que Maurice envoie au diable.<\/p>\n\n\n\n<p>On retrouve les obsessions de Greene pour le catholicisme, l\u2019amour, la nature humaine. On retrouve aussi l\u2019explorateur des zones grises entre amour et haine, dieu et diable, religion et ath\u00e9isme, bien et mal\u2026 Des zones qu\u2019il explore en m\u00e9taphysicien, entre haine de soi, qu\u00eate d\u2019amour, besoin d\u2019absolu et fascination pour le mal. Il est parvenu \u00e0 un rare degr\u00e9 de finesse et de subtilit\u00e9 dans ses explorations de l\u2019\u00e2me humaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Greene est un g\u00e9ant de la litt\u00e9rature anglaise, et c\u2019est une banalit\u00e9 de le dire, aussi important qu\u2019un Burgess ou un Le Carr\u00e9, m\u00eame si ses pr\u00e9occupations m\u00e9taphysiques peuvent sembler appartenir \u00e0 un autre \u00e2ge. Mais il aura \u00e9t\u00e9 l\u2019un des meilleurs chroniqueurs du d\u00e9sarroi et du d\u00e9senchantement de l\u2019individu dans nos soci\u00e9t\u00e9s modernes.<\/p>\n\n\n\n<p>Greene, ou la couleur de l\u2019(a) (d\u00e9s) esp\u00e9rance&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>JEAN GIRAUDOUX \u2013 <em>LA FRANCE SENTIMENTALE<\/em> \u2013 Grasset.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On conna\u00eet Giraudoux surtout par l\u2019admiration que lui portait Blondin, c\u2019est dire un peu par hasard, tant nous \u00e9tait r\u00e9barbatif ce diplomate tr\u00e8s \u00e0 droite, recycleur de trag\u00e9dies antiques et gardien du temple vieillot de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise (avec majuscules). Notre opinion a chang\u00e9 quand on s\u2019est mis \u00e0 le lire vraiment et apr\u00e8s une visite \u00e0 son mus\u00e9e entretenu \u00e0 sa gloire dans une sous-pr\u00e9fecture de la Haute-Vienne, Bellac.<\/p>\n\n\n\n<p>Quel Giraudoux d\u2019ailleurs&nbsp;? Le styliste, le fin connaisseur du th\u00e9\u00e2tre grec, le germaniste z\u00e9l\u00e9, le diplomate de haut vol, le P\u00e9tainiste (avant de se repentir), le mondain&nbsp;? Tout cela et plus, l\u2019Apollon de Bellac (c\u2019est le titre d\u2019un de ses livres) est avant tout un \u00e9crivain. Et quel&nbsp;! Un pur styliste. <em>La France sentimentale<\/em> aurait aussi bien pu s\u2019intituler L\u2019Europe sentimentale, \u00e0 mi-chemin entre l\u2019<em>Europe buissonni\u00e8re <\/em>de Blondin et <em>Les destin\u00e9es sentimentales<\/em> de Chardonne. Dix petites histoire, on n\u2019ose parler de nouvelles, des portraits de femme, des souvenirs d\u2019enfance, des chroniques familiales, des \u00e9vocations de personnages pittoresques, des r\u00e9cits de la vie de t\u00eates couronn\u00e9es dans toutes les cours d\u2019Europe et surtout des histoires d\u2019amour rarement conclues, en suspens, dans l\u2019air. Des femmes de toute l\u2019Europe, Bella, Anne, H\u00e9l\u00e8ne et un narrateur qui prend divers pr\u00e9noms pour les s\u00e9duire, pour les aimer.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis il y a ce Limousin qui hante la m\u00e9moire de Giraudoux, de Bessines \u00e0 Bellac, du Poitou \u00e0 la Corr\u00e8ze. Un Limousin mythique d\u2019o\u00f9 ont m\u00eame surgi les h\u00e9ros de la mythologie teutonne (<em>Siegfried et le Limousin <\/em>est son livre le plus fameux). Il y a plus g\u00e9n\u00e9ralement cette passion pour la g\u00e9ographie, pour les lieux, les noms de hameaux, de communes, de villes, de fleuves et de montagnes. Giraudoux est avant tout un amoureux de la France, de cette France \u00e9ternelle, de ses villages et de ses \u00e9glises. Au point de s\u2019\u00e9garer lorsqu\u2019il pr\u00f4nait une Europe allemande ou dissertait sur le g\u00e9nie fran\u00e7ais et l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des races (l\u2019Arabe arrivant tout en bas de l\u2019\u00e9chelle humaine), et le Juif&nbsp;? Gu\u00e8re mieux. D\u2019ailleurs, ceux qui ont le plus pleur\u00e9 sa mort, en 1944, \u00e9taient des \u00e9crivains collaborationnistes comme Brasillach, Rebatet ou Chardonne. Du beau monde&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>De quoi se tenir \u00e9loign\u00e9 de ce genre d\u2019auteur, m\u00eame en excipant de sa passion pour la litt\u00e9rature. Mais on oubliera jamais cet extrait de son \u00c9lectre (1937)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Nars\u00e8s&nbsp;: <\/em><em>\u00ab&nbsp;<\/em><em>Comment cela s&rsquo;appelle-t-il, quand le jour se l\u00e8ve, comme aujourd&rsquo;hui, et que tout est g\u00e2ch\u00e9, que tout est saccag\u00e9, et que l&rsquo;air pourtant se respire, et qu&rsquo;on a tout perdu, que la ville br\u00fble, que les innocents s&rsquo;entre tuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se l\u00e8ve?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00c9lectre. \u2212 Demande au mendiant. Il le sait.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le mendiant. \u2212 Cela a un tr\u00e8s beau nom, femme Nars\u00e8s&#8230; Cela s&rsquo;appelle l&rsquo;aurore.\u00a0\u00bb <\/em>M\u00eame si le talent n\u2019excuse pas tout, de quoi recevoir l\u2019absolution.<\/p>\n\n\n\n<p><em>15 octobre 2022<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PAUL-JEAN TOULET \u2013 LA JEUNE FILLE VERTE \u2013 Le livre de poche. Paul-Jean Toulet est l\u2019un de ces \u00e9crivains fin de si\u00e8cle, disons de deuxi\u00e8me ordre, avec un Jean Lorrain ou un Jean De Tinan, loin derri\u00e8re les Villiers de l\u2019Isle-Adam, Huysmans et autres L\u00e9on Bloy, Octave Mirbeau ou Jules Renard. 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