{"id":3286,"date":"2023-03-30T16:10:24","date_gmt":"2023-03-30T14:10:24","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3286"},"modified":"2023-03-30T16:10:25","modified_gmt":"2023-03-30T14:10:25","slug":"benfica-ben-fiiiiiiiiii-ca-sur-lair-du-chanteur-de-mexico","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3286","title":{"rendered":"BENFICA, BEN FIIIIIIIIII CA! (sur l\u2019air du Chanteur de Mexico)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/illustration305.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3288\" width=\"574\" height=\"763\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/illustration305.jpeg 170w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/illustration305-23x30.jpeg 23w\" sizes=\"(max-width: 574px) 100vw, 574px\" \/><figcaption>Le grand Eusebio sous le maillot de Benfica (avant de rejoindre les Los Angeles Aztecs). <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>C\u2019\u00e9tait mon club (\u00e9tranger) de c\u0153ur quand j\u2019\u00e9tais gamin. Les rouges et blancs du Benfica Lisbonne qui collectionnaient alors les titres, chez eux et en Europe. Derri\u00e8re Eusebio, \u00ab&nbsp;la gazelle du Mozambique&nbsp;\u00bb, toute une \u00e9quipe de surdou\u00e9s techniquement pour un football spectacle qui \u00e9merveillait les gosses, apprentis footballeurs, que nous \u00e9tions. Pass\u00e9es les ann\u00e9es 1960, l\u2019\u00e9toile du Benfica avait p\u00e2li et le club ne faisait plus la loi ni au Portugal, ni encore moins en Europe. Jusqu\u2019\u00e0 cette place en 1\/4 de finale avec, de nouveau, une \u00e9quipe impressionnante. L\u2019occasion de se souvenir.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je devais avoir 9 ans et, sur le chemin de l\u2019\u00e9cole, il y avait un bistrot qui s\u2019appelait Le Belgica. Moi j\u2019avais lu le Benfica et j\u2019y \u00e9tais entr\u00e9, un jour, m\u2019attendant \u00e0 voir des photos des joueurs, des coupes et des troph\u00e9es. Au lieu de cela, je voyais des Nord-africains, selon la terminologie de l\u2019\u00e9poque, jouer aux cartes et j\u2019avalais vite ma limonade pour mettre fin aux regards obliques dard\u00e9s vers mes culottes courtes et mon cartable. Il y avait eu m\u00e9prise.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec une \u00e9quipe qui variait peu, les joueurs du Benfica (un quartier pauvre de Lisbonne) avaient remport\u00e9 deux coupes d\u2019Europe. La premi\u00e8re en 1961 contre le Barcelone (on ne disait pas encore le Bar\u00e7a) des Suarez, Kubala et Kocsis et, surtout, cette ann\u00e9e-l\u00e0, contre le Real de Madrid malgr\u00e9 les 3 buts de Puskas. Benfica en avait mis 5 et les rouges et blancs me faisaient r\u00eaver avec un effectif haut de gamme&nbsp;: Costa Pereira dans les buts&nbsp;; Cruz, Cavem et Neto en d\u00e9fense&nbsp;; Humberto et Augusto en demis et, ce qui constituait l\u2019atout-ma\u00eetre de l\u2019\u00e9quipe, une attaque avec Coluna, Santana, Torres, Eusebio et Simoes. Le Real Madrid \u00e9tait plus que le rival du Benfica, il en \u00e9tait l\u2019ennemi h\u00e9r\u00e9ditaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne pouvais m\u2019emp\u00eacher de faire la comparaison avec mes R\u00e9mois favoris. Coluna, l\u2019ailier virevoltant, dans le r\u00f4le de Kopa, le grand Torres dans celui de Fontaine et Eusebio dans celui de Piantoni. Soit dit en passant, j\u2019ignorais qu\u2019il y e\u00fbt des gens de couleur au Portugal, peu inform\u00e9 que j\u2019\u00e9tais de la longue \u00e9pop\u00e9e coloniale du Portugal des Salazar et Ca\u00ebtano.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux ailiers rapides et dribbleurs, Coluna et Simoes&nbsp;; un avant-centre canon, Torres, capable de marquer de la t\u00eate et des deux pieds, et deux \u00ab&nbsp;inters&nbsp;\u00bb, comme on disait \u00e0 l\u2019\u00e9poque du WM dont les qualit\u00e9s techniques \u00e9taient hors-norme&nbsp;: Santana, mais surtout Eusebio qui n\u2019\u00e9tait autre pour moi qu\u2019un Pel\u00e9 europ\u00e9en dont les anc\u00eatres n\u2019avaient pas suivi les m\u00eames trajectoires compliqu\u00e9es de l\u2019esclavage.<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00eame \u00e9quipe, ou quasi, s\u2019\u00e9tait fait battre en finale de la Coupe d\u2019Europe en 1963 par le Milan A.C du br\u00e9silien Altafini et Benfica ne sera plus en finale avant celle perdue (apr\u00e8s prolongations) contre le Manchester United de Bobby Charlton, Denis Law et de mon idole George Best, l\u2019ailier volant qui faisait la jonction entre les deux univers du foot et du rock.<\/p>\n\n\n\n<p>Rebelote deux ans plus tard, cette fois contre l\u2019Inter de Milan, avec une d\u00e9faite en finale et quelques nouvelles t\u00eates en d\u00e9fense, comme Germano ou Machado. L\u2019Inter qui avait d\u00e9j\u00e0 battu le Real l\u2019ann\u00e9e d\u2019avant avec une attaque canon o\u00f9 \u00e9voluaient le Br\u00e9silien Ja\u00efr, Sandro Mazzola, Luis Suarez et Corso (pas Gregory, l\u2019autre).<\/p>\n\n\n\n<p>En 1966, l\u2019\u00e9quipe nationale du Portugal qui \u00e9tait \u00e0 un ou deux \u00e9l\u00e9ments pr\u00e8s celle de Benfica, s\u2019\u00e9tait fait \u00e9limin\u00e9e en demi-finale de la Coupe du monde en Angleterre, contre les Trois Lions \u00e0 Wembley. Ce soir-l\u00e0, les fant\u00f4mes de Lord Byron et de Ricardo (porto et mad\u00e8re contre drap et laine) planaient sur Wembley. Mais j\u2019avais troqu\u00e9 mes chaussures \u00e0 crampon et les terrains boueux contre un Teppaz et une collection d\u00e9j\u00e0 estimable de 45 tours. Mon choix \u00e9tait fait entre les idoles du football et les pop stars anglo-saxonnes, une mani\u00e8re pour moi de choisir la voie du mal contre celle, plus tranquille, du sport, de la tradition et de la famille. Du bien, pour aller vite.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame si le football n\u2019\u00e9tait plus vraiment ma passion, je n\u2019en gardais pas moins un \u0153il apitoy\u00e9 sur cette \u00e9quipe qui m\u2019avait tant fait r\u00eaver. Les h\u00e9ros du stade de la Luz (qu\u2019on pouvait maintenant baptiser ironiquement de la Loose) avaient vieilli et la rel\u00e8ve tardait \u00e0 arriver. \u00c0 Wembley, en mai 1968, c\u2019\u00e9tait piti\u00e9 que de revoir les Eusebio, Torres, Simoes et Coluna aux prises avec les tacles et les charges \u00e0 la limite de la r\u00e9gularit\u00e9 des rugueux d\u00e9fenseurs mancuniens&nbsp;; un certain Nobby Stiles s\u2019illustrant particuli\u00e8rement dans le r\u00f4le du briseur de r\u00eave (et de jambes parfois).<\/p>\n\n\n\n<p>Cela faisait un total fort honorable de deux Coupes d\u2019Europe des clubs champions et trois finales perdues. Pas si mal. Benfica perdra quatre finales au total&nbsp;; les Poulidor du foot.<\/p>\n\n\n\n<p>Par la suite, Benfica avait d\u00e9sert\u00e9 l\u2019Olympe des grands d\u2019Europe, malgr\u00e9 d\u2019incessants recrutements de Br\u00e9siliens qui transitaient par le Portugal avant de conqu\u00e9rir le continent. M\u00eame dans son championnat, Benfica devait c\u00e9der la place de leader au F.C Porto ou au Sporting du Portugal. Jusqu\u2019\u00e0 se confondre avec les \u00e9quipes toujours bien class\u00e9es d\u2019un championnat peu mis en valeur&nbsp;: Boavista, Braga, Academica, Maritimo, Belenenses, Estoril ou Setubal.<\/p>\n\n\n\n<p>On reparlait du Benfica de Lisbonne \u00e0 la faveur d\u2019une demi-finale gagn\u00e9e contre l\u2019Olympique de Marseille de Bernard Tapie. Un but de la main contest\u00e9 et Tapie qui dira \u00e0 qui veut l\u2019entendre que, cette fois, il a appris comment gagner en coupe d\u2019Europe. Il va le prouver.<\/p>\n\n\n\n<p>En finale, 27 ans apr\u00e8s (en 1990), Benfica devait \u00eatre d\u00e9fait par le Milan A.C de Baresi et des hollandais Rijkgaard, Van Basten et Gullitt. C\u2019est d\u2019ailleurs le d\u00e9fenseur Rijkgaard qui avait marqu\u00e9 le seul et unique but. Il y aurait pu y en avoir plus, sans la d\u00e9fense centrale de fer avec les Br\u00e9siliens Ricardo et Alta\u00efr. C\u2019est l\u2019\u00e9poque o\u00f9 quelques joueurs s\u2019illustrent encore au sein du Benfica&nbsp;: l\u2019international Chalana, qui jouera \u00e0 Bordeaux sans briller, ou encore le Br\u00e9silien Mozer, lequel sera recrut\u00e9 par l\u2019Olympique de Marseille au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la p\u00e9riode actuelle, le Benfica est suppl\u00e9\u00e9 largement par le F.C Porto au fa\u00eete du championnat portugais et, les rares fois o\u00f9 les Lisbo\u00e8tes sont qualifi\u00e9s en Coupe d\u2019Europe, ils sont r\u00e9guli\u00e8rement \u00e9limin\u00e9s au mieux en poule de qualification et au pire aux \u00e9liminatoires. Benfica ne fait plus peur, devenu un petit d\u2019Europe. Une l\u00e9gende oubli\u00e9e qui peuple encore les m\u00e9moires de quelques septuag\u00e9naires. Au vestiaire les vieilles gloires&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Benfica s\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 qualifi\u00e9 lors de la saison derni\u00e8re, deuxi\u00e8me derri\u00e8re le Bayern de Munich et \u00e9limin\u00e9 en huiti\u00e8mes de finale. Et puis cette ann\u00e9e, la divine surprise avec un Benfica qui \u00e9crase les Belges du F.C Bruges en huiti\u00e8me de finale (5 \u00e0 0 au stade de la Luz) et ont toutes les chances de se qualifier en quarts de finale contre l\u2019Inter de Milan (bis repetita).<\/p>\n\n\n\n<p>Le Benfica de cette ann\u00e9e a des arguments \u00e0 faire valoir avec, en d\u00e9fense, le franco-italien Corchia et l\u2019international argentin Otamendi. Au milieu du terrain, on a l\u2019international br\u00e9silien Neves et l\u2019Allemand (ex PSG et ex Borussia Dortmund) Drexler. En attaque, du beau monde aussi avec un autre br\u00e9silien, Carlos Vinicius, le Danois Tengstedt et Rafa Silva. On pourrait en citer d\u2019autres pour un club qui peut maintenant renouer avec son glorieux pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019entra\u00eeneur actuel est l\u2019Autrichien Roger Schmidt, venu du Bayer Leverkussen apr\u00e8s \u00eatre pass\u00e9 par le PSV Eindhoven. Il succ\u00e8de au Benfica \u00e0 d\u2019illustres pr\u00e9d\u00e9cesseurs dont on se contentera de citer les plus connus, \u00e0 commencer par le Hongrois Bela Guttmann venu du MTK Budapest et victorieux en 1961 et 1962. C\u2019est lui qui avait pr\u00e9dit \u2013 une mani\u00e8re de mal\u00e9diction pour les supporters lisbo\u00e8tes \u2013 qu\u2019apr\u00e8s lui, Benfica ne gagnerait plus la coupe aux grandes oreilles pendant 100 ans. Le genre de proph\u00e9tie \u00e0 mi-chemin entre le ridicule achev\u00e9 et le s\u00e9rieux de l\u2019oracle. On peut donc citer p\u00eale-m\u00eale, et sans accorder trop d\u2019importance \u00e0 la chronologie&nbsp;: Camacho, Eriksson, Ivic, Artur Jorge, Chalana, Koeman, Lage, Mourinho, Souness, Trappatoni\u2026 Et on en passe et, sinon des meilleurs, des non moins bons. Tous ces entra\u00eeneurs qui, Guttmann mis \u00e0 part, n\u2019ont jamais r\u00e9ussi \u00e0 hisser Benfica au sommet de l\u2019Europe.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, pourquoi pas cette ann\u00e9e&nbsp;? S\u2019il est s\u00fbr que l\u2019effectif du Benfica n\u2019est pas aussi hupp\u00e9 que celui du Real Madrid, du Bayern Munich ou de Manchester City (pour nous limiter aux \u00e9curies les plus dot\u00e9es), on voit bien que tout est possible cette ann\u00e9e alors que les hi\u00e9rarchies sont boulevers\u00e9es&nbsp;; \u00e0 l\u2019exemple du S.S Naples du Nig\u00e9rian Oshimen ou de la d\u00e9route du Paris Saint-Germain en France cette ann\u00e9e (sans parler du Liverpool F.C en Angleterre, de la Juve en Italie ou du Bar\u00e7a en Espagne dans une moindre mesure).<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, pourquoi pas&nbsp;? Ce serait une belle surprise en tout cas. On pourrait \u00e0 nouveau tourner nos regards vers Benfica et son stade de la Luz, soit le stade de la lumi\u00e8re. Let there be more light, que la lumi\u00e8re soit&nbsp;! Les supporters peuvent y croire, f\u00e9brilement, dans l\u2019intranquillit\u00e9, comme disait Pessoa.<\/p>\n\n\n\n<p><em>20 mars 2023<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019\u00e9tait mon club (\u00e9tranger) de c\u0153ur quand j\u2019\u00e9tais gamin. Les rouges et blancs du Benfica Lisbonne qui collectionnaient alors les titres, chez eux et en Europe. Derri\u00e8re Eusebio, \u00ab&nbsp;la gazelle du Mozambique&nbsp;\u00bb, toute une \u00e9quipe de surdou\u00e9s techniquement pour un football spectacle qui \u00e9merveillait les gosses, apprentis footballeurs, que nous \u00e9tions. 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