{"id":3302,"date":"2023-04-13T22:30:20","date_gmt":"2023-04-13T20:30:20","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3302"},"modified":"2023-04-13T22:30:22","modified_gmt":"2023-04-13T20:30:22","slug":"notes-de-lecture-45","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3302","title":{"rendered":"NOTES DE LECTURE (45)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>MONTAIGNE \u2013 <em>LES ESSAIS<\/em> (LIVRE 1) \u2013 Garnier \/ Flammarion.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Encore un livre trouv\u00e9 dans une bo\u00eete. De l\u2019illustre philosophe, je n\u2019avais gu\u00e8re que quelques souvenirs scolaires et des bribes, telles ces \u00ab&nbsp;\u00e0 philosopher c\u2019est apprendre \u00e0 mourir&nbsp;\u00bb, ou ce commentaire appliqu\u00e9 au Bordelais&nbsp;: \u00ab&nbsp;en pleine guerre civile, Montaigne laisse sa porte ouverte&nbsp;\u00bb. Ou encore son amiti\u00e9 avec La Bo\u00e9tie, cit\u00e9e en exemple au m\u00eame titre que Castor et Pollux. C\u2019\u00e9tait peu de choses (C\u2019estoit peu, comme il aurait dit), et l\u2019envie me prit de reprendre langue avec le cavalier gascon. Bien m\u2019en prit.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un ouvrage difficile \u00e0 lire, 400 pages avec des notes \u00e0 profusion, traductions d\u2019ancien Fran\u00e7ois et de citations latines. Une lecture ardue, il faut s\u2019accrocher. Montaigne vient de perdre son grand ami La Bo\u00e9tie et il va bient\u00f4t \u00eatre rattrap\u00e9 par les guerres civiles, apr\u00e8s les guerres de religion. Il sera maire de Bordeaux (bien avant Chaban et Jupp\u00e9), soldat, diplomate et grand voyageur. Henri III a fait alliance avec le Duc de Guise et les ligueurs contre Henri de Navarre, futur Henri IV dont Montaigne a pris le parti, l\u00e9gitimiste et catholique, \u00ab&nbsp;Paris vaut bien une messe&nbsp;\u00bb, dira le Vert-galant. C\u2019est tout le fond historique de <em>La dame de Monsoreau<\/em>, de Dumas, d\u00e9j\u00e0 relat\u00e9 ici.<\/p>\n\n\n\n<p>La philosophie de Montaigne emprunte aux sto\u00efciens romains autant qu\u2019aux \u00e9picuriens. Il cite Plutarque et S\u00e9n\u00e8que \u00e0 tous bouts de champ et va chercher des centaines d\u2019exemples pour illustrer ses propos dans l\u2019histoire, de l\u2019antiquit\u00e9 \u00e0 la fin du Moyen-\u00e2ge. Une \u00e9rudition sans faille au service d\u2019un humanisme qui porte haut les valeurs de l\u2019amiti\u00e9, de la coop\u00e9ration, de la compr\u00e9hension, de la tol\u00e9rance et de la r\u00e9sistance n\u00e9cessaire contre les tyrans et les ennemis de la libert\u00e9. Il n\u2019en finit pas, \u00e0 la mani\u00e8re de Pascal plus tard, d\u2019accumuler les exemples de ce qui passe pour folie ici et n\u2019est que normalit\u00e9 ailleurs, plaidant pour un relativisme \u00e0 la Spinoza dont il peut \u00e0 bon droit appara\u00eetre comme un pr\u00e9curseur. Il d\u00e9teste les sots et les vaniteux, les fanatiques et les hypocrites.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais on s\u2019aper\u00e7oit, apr\u00e8s lecture d\u2019un tel ouvrage, que l\u2019on a s\u00fbrement plus progress\u00e9 en latin et en ancien fran\u00e7ais qu\u2019en philosophie. Beaucoup de passages restent obscurs, m\u00eame si on saisit toujours l\u2019id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale. Nietzsche est cit\u00e9 dans la page 4 de couverture, qui dit en peu de mots l\u2019admiration que lui inspire Montaigne. Gageons qu\u2019il aura lu l\u2019ouvrage dans un fran\u00e7ais moderne, ce qui n \u2018est pas ici notre cas.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais peut-\u00eatre qu\u2019une \u00e9dition en fran\u00e7ais moderne ferait perdre beaucoup du style et de la pens\u00e9e du grand homme. C\u2019estoit un grand philosophe doubl\u00e9 d\u2019un escrivant de premy\u00e8re ordre. Voil\u00e0 que je mets \u00e0 parler une langue morte (B\u00e9rurier ajoutait que ce n\u2019est pas forc\u00e9ment en parlant des langues mortes qu\u2019on pue de la gueule). C\u2019est rabelaisien, comme l\u2019\u00e9tait Montaigne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>ALEXANDRE DUMAS \u2013<em> LE VICOMTE DE BRAGELONNE<\/em> \u2013 Hachette \/ Biblioth\u00e8que verte.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le genre de roman foisonnant qu\u2019on trouve dans la ch\u00e8re biblioth\u00e8que verte de notre enfance, comme si Dumas s\u2019adressait \u00e0 un jeune public. Non pas que, \u00e0 la mani\u00e8re de Dickens ou d\u2019un Jules Verne, ses romans n\u2019aient pas ce c\u00f4t\u00e9 \u00e9difiant et picaresque qu\u2019on destine aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations, mais il est bien certain que Dumas vaut beaucoup plus que cela. Celui qui a port\u00e9 le roman historique \u00e0 hauteur de chef-d\u2019\u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>On retrouve ici les Mousquetaires, les chevauch\u00e9es, les capes, les \u00e9p\u00e9es, les intrigues et les trames ourl\u00e9es, pour notre plus grand plaisir. Le natif de Villers-Cotteret (Aisne) n\u2019a pas son pareil pour nous tenir en haleine de sa plume alerte. On les retrouve, non pas 20 ans, mais 30 ans apr\u00e8s, \u00e0 la cour de Louis XIV. Mazarin a remplac\u00e9 Richelieu et les h\u00e9ros sont en semi-retraite. D\u2019Artagnan s\u2019ennuie \u00e0 la cour du roi, Athos, devenu le comte de La F\u00e8re, vit retir\u00e9 dans sa demeure \u00e0 Blois en compagnie de son fils le Vicomte de Bragelonne, Aramis est devenu \u00e9v\u00eaque de Vannes et Porthos est maintenant connu sous le nom de Monsieur Du Vallon, en son ch\u00e2teau de Pierrefonds.<\/p>\n\n\n\n<p>Et ils sont repartis pour de nouvelles aventures. Reconstitution de ligue dissoute&nbsp;: D\u2019Artagnan retrouve Athos et son fils et il convie son vieil ami \u00e0 se m\u00ealer aux intrigues de la cour d\u2019Angleterre o\u00f9 il s\u2019agit de remettre sur le tr\u00f4ne Jacques II, \u00e0 la place des usurpateurs Monck et Lambert, soldats victorieux de la guerre des deux roses.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis c\u2019est au tour d\u2019Aramis et de Porthos d\u2019entrer en sc\u00e8ne. Aramis soutient le superintendant Fouquet banni par le roi et sur les conseils de Colbert. Il noue des intrigues contre le roi et tente de substituer \u00e0 lui son fr\u00e8re Philippe, dit le Masque de fer. L\u2019affaire \u00e9choue, le Masque de fer est incarc\u00e9r\u00e9 \u00e0 la Bastille et les deux mousquetaires choisissent de partir \u00e0 Belle-Isle en mer o\u00f9 la marine royale les poursuit. Une bataille navale hom\u00e9rique o\u00f9 les deux se r\u00e9fugient dans la grotte de Locmaria o\u00f9 Porthos trouvera la mort.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ensuite la fin des mousquetaires. Apr\u00e8s Porthos, c\u2019est Athos qui se meurt de consomption apr\u00e8s avoir appris la mort de son vicomte de fils parti en Alg\u00e9rie faire la guerre aux Arabes. Madame De Lavalli\u00e8re est surprise \u00e0 pleurer sur leurs deux tombes, elle qui a abandonn\u00e9 Bragelonne pour devenir la ma\u00eetresse du roi avant la Montespan. Puis c\u2019est D\u2019Artagnan qui succombe apr\u00e8s avoir re\u00e7u un boulet en pleine poitrine des arm\u00e9es hollandaises alors qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 conqu\u00e9rir les Provinces Unies pour le roi. Seul Aramis est encore vivant quand on referme le livre. Quant au Vicomte de Bragelonne qui donne son titre, il ne tient quasiment aucun r\u00f4le dans cette saga, si ce n\u2019est de se languir de sa La Valli\u00e8re avant que de partir en croisade.<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0, on vous l\u2019a fait courte, mais on d\u00e9vore ces 500 pages rapidement tant les dialogues sont savoureux, les aventures captivantes et les intrigues finement nou\u00e9es. On a pu dire que Dumas faisait des enfants \u00e0 l\u2019histoire, prenant des libert\u00e9s avec la v\u00e9rit\u00e9 historique. Lui dira avec humour, pour se d\u00e9douaner, que ce sont de beaux enfants. Mais ce reproche n\u2019a pas lieu d\u2019\u00eatre, Dumas ne s\u2019\u00e9tant jamais revendiqu\u00e9 historien. C\u2019est juste un \u00e9crivain de g\u00e9nie qui a pris l\u2019histoire de France au XVII\u00b0 si\u00e8cle pour d\u00e9cor afin d\u2019exercer sa verve et \u00e0 son imagination prodigieuses. Alexandre le grand&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c9MILE ZOLA \u2013 <em>TH\u00c9R\u00c8SE RAQUIN<\/em> \u2013 Sogemo.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pas \u00e0 dire, on fait dans le classique pour ces notes. Ce bon vieux Milou, pape du roman naturaliste, ami de C\u00e9zanne, \u00e9crivain socialiste et d\u00e9fenseur acharn\u00e9 du capitaine Dreyfus. Zola le barbichu d\u2019Aix-en-Provence et ses <em>Rougon-Maquart<\/em>, l\u2019une des toutes premi\u00e8res fresques litt\u00e9raires.<\/p>\n\n\n\n<p>On se souvient peut-\u00eatre du film de Marcel Carn\u00e9 qui s\u2019inspirait vaguement du roman, avec une radieuse Simone Signoret que se disputaient l\u2019amant, Raf Vallone, tout en virilit\u00e9 bestiale et l\u2019\u00e9ternel mari, le falot Jacques Duby. Et la vieille Sylvie dans le r\u00f4le, important, de la m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut pr\u00e9ciser que<em> Th\u00e9r\u00e8se Raquin<\/em> est un court roman qui ne fait pas partie de la saga des Rougon. Un hors-d\u2019\u0153uvre, en quelque sorte, et on avoue pr\u00e9f\u00e9rer ce genre d\u2019extra que les pav\u00e9s parfois indigestes des <em>Rougon-Maquart<\/em>. Affaire de go\u00fbt dira-t-on.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Th\u00e9r\u00e8se Raquin<\/em>, c\u2019est d\u2019abord un adult\u00e8re consomm\u00e9 par des amants passionn\u00e9s, lui, un peintre rat\u00e9, un rapin sans foi ni loi&nbsp;; elle une Bovary qui a mis ses d\u00e9sirs en berne avec un mari ch\u00e9tif et souffreteux, lequel est aussi son cousin qu\u2019elle conna\u00eet depuis l\u2019enfance. Le mari qui devient vite un obstacle \u00e0 leur bonheur et une partie de canotage sera le pr\u00e9texte au meurtre.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, le cadavre du noy\u00e9 s\u2019immisce entre eux et, m\u00eame s\u2019ils d\u00e9cident de se marier, les amants maudits sont incapables de vivre leur amour au grand jour et finissent par se d\u00e9tester sous l\u2019\u0153il de la vieille devenue paralytique. Elle a tout compris, comme un remord vivant, et elle les \u00e9pie comme l\u2019\u0153il de Ca\u00efn.<\/p>\n\n\n\n<p>Zola parle sans cesse de chairs molles et blanch\u00e2tres, de corps alanguis et de d\u00e9sirs inassouvis. Il parle des corps avec sensualit\u00e9, presque avec \u00e9rotisme, et le roman peut presque se lire \u00e0 ce niveau de lecture. Zola n\u2019a pas son pareil pour d\u00e9crire les embarras du corps et ses pulsions, en bon naturaliste qui ne n\u00e9glige rien des r\u00e9alit\u00e9s concr\u00e8tes, m\u00eame les plus triviales. L\u2019histoire qu\u2019il nous conte est celle du remord, de la culpabilit\u00e9 et de l\u2019instinct de mort, et on pourrait voir derri\u00e8re tout cela la silhouette du bon docteur Freud.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis il y a ce style, \u00e9blouissant. Zola a parfois des bonheurs d\u2019\u00e9criture \u00e0 la Flaubert, jouant avec un vocabulaire fleuri dans une sensualit\u00e9 trouble. Tout est mou, alangui, turpide&nbsp;; le quotidien est d\u00e9sesp\u00e9rant de banalit\u00e9 et les espoirs de bonheur comme les envol\u00e9es vers l\u2019amour semblent inaccessibles \u00e0 des personnages m\u00e9diocres qui n\u2019ont trouv\u00e9 que le crime pour \u00e9chapper \u00e0 leur condition.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est au fond une histoire sinistre dont la fin est tragique. Le mari, la femme et l\u2019amant. Une histoire somme toute banale, un vaudeville meurtrier, qui a servi de trame \u00e0 des tas de romans, dont <em>Le facteur sonne toujours deux fois <\/em>de James Cain par exemple, voire les \u00e9poux Mc Beth. Simple et beau comme une trag\u00e9die grecque. N\u2019oublions pas que <em>L<\/em><em>es Rougon-Maquart<\/em> \u00e9taient sous-titr\u00e9s \u00ab&nbsp;histoire physiologique et sociale d\u2019une famille sous le second empire&nbsp;\u00bb. Plus physiologique que sociale ici, mais d\u2019un r\u00e9alisme terrible, presque sordide, qui confine \u00e0 l\u2019\u00e9c\u0153urement. On comprend que la bourgeoisie de l\u2019\u00e9poque se pin\u00e7ait le nez devant ce genre de livre qu\u2019elle assimilait \u00e0 de la pornographie. Zola a toujours sond\u00e9 les reins et les c\u0153urs, \u00e0 l\u2019\u00e9coute des souffrances du peuple. Qu\u2019il en soit lou\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>DANIEL CHAVARRIA \u2013 <em>UN TH\u00c9 EN AMAZONIE<\/em> \u2013 Rivages Noir.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"800\" height=\"1000\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/illustration308.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3304\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/illustration308.jpg 800w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/illustration308-240x300.jpg 240w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/illustration308-768x960.jpg 768w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/illustration308-720x900.jpg 720w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/illustration308-480x600.jpg 480w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/illustration308-24x30.jpg 24w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption>Daniel Chavarria, photo Wikipedia. \u00c0 ne pas confondre avec Pedro Chavarria, ex joueur du Stade de Reims. <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Moins classique mais tout aussi passionnant, un livre sorti en 1993. Un roman foisonnant \u00e9crit par un Uruguayen qui a pass\u00e9 la majeure partie de son existence \u00e0 Cuba. Inconnu jusque-l\u00e0 au bataillon pour ma part, mais on ne saurait tout conna\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p>Un livre fou qui commence comme du Garcia Marquez, en s\u2019inspirant du r\u00e9alisme magique qui fait le bonheur de la litt\u00e9rature sud-am\u00e9ricaine, mais c\u2019est vers le roman historique et le roman d\u2019espionnage que le livre d\u00e9rive progressivement, avec une galerie de personnages, une vari\u00e9t\u00e9 de situations cocasses et une progression majestueuse dans l\u2019intrigue. On a visiblement \u00e0 faire avec un grand, tr\u00e8s grand, romancier.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a commence par un arbre d\u2019Amazonie qui contiendrait une substance propre \u00e0 diriger la volont\u00e9 de celui qui en userait. C\u2019est la d\u00e9couverte faite par un ethnologue qui suit les traces d\u2019un paysan indien analphab\u00e8te. Puis le roman s\u2019\u00e9largit \u00e0 l\u2019histoire d\u2019une vieille famille de la noblesse espagnole et \u00e0 son plus digne repr\u00e9sentant, un fasciste convaincu qui a tremp\u00e9 dans toutes les guerres au service de l\u2019Espagne franquiste sur tous les continents, du Maroc \u00e0 l\u2019Indochine en passant par la \u00ab&nbsp;division bleue&nbsp;\u00bb, ces franquistes engag\u00e9s dans la Waffen SS. Visc\u00e9ralement anticommuniste, cet anti-h\u00e9ros s\u2019est mis au service de toutes les dictatures latino-am\u00e9ricaines et on pense au plan Condor t\u00e9l\u00e9guid\u00e9 par la CIA.<\/p>\n\n\n\n<p>La CIA justement. Il y a aussi le personnage fascinant de Pat O\u2019Donnell, un fervent catholique d\u2019origine irlandaise (pl\u00e9onasme) au service de la CIA&nbsp;; l\u2019agence souhaitant tirer un profit maximum de la d\u00e9couverte de l\u2019explorateur pour s\u2019en servir afin de tuer dans l\u2019\u0153uf toutes les r\u00e9bellions communistes internationales, \u00e0 commencer par celle de Cuba. On s\u2019appliquera \u00e0 retourner des personnalit\u00e9s et des dignitaires des r\u00e9gimes qu\u2019on veut faire tomber, avec toutes les techniques possibles qu\u2019ouvrent la science et la technologie au service de cette aberration inhumaine, pour eux, qu\u2019est le communisme.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur cite le po\u00e8te Unamuno qui avait interrompu le discours du fasciste Millan Astray, chef de la l\u00e9gion espagnole, qui s\u2019\u00e9tait \u00e9cri\u00e9 \u00ab&nbsp;\u00c0 bas l\u2019intelligence, via la muerte&nbsp;\u00bb en faisant remarquer \u00e0 la foule que le chef fasciste mutil\u00e9 voulait une Espagne mutil\u00e9e comme lui.<\/p>\n\n\n\n<p>On ne va pas se perdre dans les m\u00e9andres d\u2019un roman fleuve o\u00f9 les p\u00e9rip\u00e9ties sont aussi nombreuses et exaltantes que les personnages sont int\u00e9ressants et bien camp\u00e9s. Qu\u2019on sache seulement qu\u2019on ne s\u2019ennuie par une seule minute en parcourant ces 600 pages. Un vrai bonheur, et on se demande pourquoi de tels auteurs sont r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 des lecteurs curieux quand nos m\u00e9diocrit\u00e9s litt\u00e9raires s\u2019\u00e9talent dans <em>La grande librairie<\/em> ou d\u2019autres \u00e9missions grand public.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 tel point, apr\u00e8s avoir lu \u00e7a, qu\u2019on se demande pourquoi on \u00e9crit soi-m\u00eame, tant on souffre d\u2019une comparaison assommante et inhibitrice. En tout cas, on a envie d\u2019en savoir plus sur ce diable de Chavarria, aussi \u00e0 l\u2019aise dans l\u2019histoire que dans la politique, l\u2019architecture, la m\u00e9decine, la s\u00e9miologie et bien d\u2019autres choses encore. Un sorcier, un chaman&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><em>13 avril 2023<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MONTAIGNE \u2013 LES ESSAIS (LIVRE 1) \u2013 Garnier \/ Flammarion. Encore un livre trouv\u00e9 dans une bo\u00eete. 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