{"id":3384,"date":"2023-05-11T22:57:42","date_gmt":"2023-05-11T20:57:42","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3384"},"modified":"2023-05-11T22:57:43","modified_gmt":"2023-05-11T20:57:43","slug":"notes-de-lecture-46","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3384","title":{"rendered":"NOTES DE LECTURE (46)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>ROGER NIMIER \u2013 <em>LES \u00c9P\u00c9ES<\/em> \u2013 Gallimard \/ Le livre de poche<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la famille Hussards, j\u2019ai demand\u00e9 Roger Nimier, certainement le plus \u00e0 droite. Le beau Roger est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 au volant de son Aston Martin un mauvais jour de 1962, \u00e0 37 ans. Blondin et ses copains l\u2019ont beaucoup pleur\u00e9. Belle gueule un peu voyou, carrure de rugbyman, ce grand lecteur du Cardinal de Retz et de Saint-Simon \u00e9tait finalement un tendre qui aimait jouer les salauds. Par pudeur, on suppose.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce roman, il se d\u00e9peint (si on veut bien admettre qu\u2019il est le personnage principal) en salaud int\u00e9gral. Un sale gamin masturbateur amoureux \u00e9perdu de sa s\u0153ur. Jeune homme, il traverse les ann\u00e9es de guerre d\u2019abord en membre d\u2019un r\u00e9seau de r\u00e9sistance puis comme milicien. C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019\u00e9chec de sa premi\u00e8re mission (l\u2019assassinat de Darland) qui l\u2019a plus ou moins oblig\u00e9 \u00e0 entrer dans la milice, m\u00eame s\u2019il semble s\u2019y plaire. Il torture, il mutile, il tue avec une d\u00e9sinvolture et un d\u00e9tachement qui font froid dans le dos.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis il revient apr\u00e8s la lib\u00e9ration \u00e0 son grand amour, sa s\u0153ur dont il d\u00e9teste les amants et dont il r\u00eave la nuit. Fran\u00e7ois Sanders, le h\u00e9ros, est masochiste, m\u00e9prisant, cynique. Un vrai salaud qui ravale son d\u00e9sespoir et sa haine en aimant \u00e0 faire souffrir. M\u00eame si au d\u00e9tour d\u2019une phrase, on peut percevoir une \u00e2me sensible, un romantique d\u00e9\u00e7u et un grand bless\u00e9 de la vie. Son intelligence aigu\u00eb lui a fait finalement comprendre que c\u2019est la force qui doit dominer partout et tout le temps. Le reste \u00e9tant du sentimentalisme jud\u00e9o-chr\u00e9tien, de la branlette altruiste et de l\u2019id\u00e9alisme na\u00eff. Bref, une perte de temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Un court roman bien trouss\u00e9, car Nimier a toujours su \u00e9crire, maniant le go\u00fbt du paradoxe et l\u2019esprit de contradiction d\u2019une plume \u00e9l\u00e9gante, tr\u00e8s XVIII\u00b0 (il a toujours v\u00e9n\u00e9r\u00e9 les auteurs de ce si\u00e8cle, \u00e0 commencer par Choderlos De Laclos et tous ces \u00e9crivains libertins qu\u2019il semble envier tant par le style que par le mode de vie). D\u00e9tail amusant, Nimier francise tous les mots anglo-saxons, ce qui donne des termes comme chewing gomme ou musique hall. Au moins est-il un r\u00e9sistant du verbe, car pour le reste&#8230; On a du mal \u00e0 imaginer comment il aurait \u00e9crit maintenant dans cette mar\u00e9e d\u2019anglicismes.<\/p>\n\n\n\n<p>Sinon, c\u2019est du hussard classique (Nimier avait \u00e9crit <em>Le hussard bleu)<\/em>&nbsp;: indiff\u00e9rence, distance, aquabonisme\u2026 \u00ab&nbsp;Tout se vaut&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;\u00e7a ou autre chose&nbsp;\u00bb. Il n\u2019y a gu\u00e8re que le communisme qui les fait sortir de leurs gonds, et ils sont tous nostalgiques du Reich et de l\u2019Indochine et de l\u2019Alg\u00e9rie fran\u00e7aise. Avec des Fran\u00e7ais tous pourris et tous collabos. Petits et mesquins, contrairement \u00e0 ces grands romantiques d\u2019Allemands qui ont toujours r\u00eav\u00e9 de grandeur et d\u2019honneur. En revanche, le fascisme ne leur fait pas bouger un cil. L\u2019ordre des choses&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Allez, finalement, et quels que soient les artifices litt\u00e9raires de l\u2019auteur&nbsp;; c\u2019est \u00e0 d\u00e9gueuler&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>MARIA PIA BRIFFAUT \u2013 <em>ELLE L\u2019A BIEN CHERCH\u00c9 <\/em>\u2013 Le lys bleu.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On a d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 ici d\u2019un livre de cette autrice qui se trouve \u00eatre aussi une amie. En pleine p\u00e9riode Me Too et justes combats contre les violences sexistes et sexuelles, ce petit livre est d\u2019actualit\u00e9. Que raconte-t-il&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire de L (le pr\u00e9nom a \u00e9t\u00e9 chang\u00e9) qui fait la connaissance d\u2019un homme qui lui pla\u00eet. En confiance, elle accepte une invitation \u00e0 prendre l\u2019ap\u00e9ritif chez lui. Elle y va en surmontant ses r\u00e9ticences, mais elle y va quand m\u00eame. L\u00e0, Roger (c\u2019est le pr\u00e9nom de l\u2019autre personnage) la retient \u00e0 d\u00eener, puis caf\u00e9 et pousse-caf\u00e9. Elle veut partir, mais les issues sont bloqu\u00e9es et Roger se comporte comme un pr\u00e9dateur sexuel, lui faisant comprendre qu\u2019elle ne s\u2019en sortira pas comme \u00e7a et qu\u2019elle devra en passer par son lit.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0, le roman met franchement mal \u00e0 l\u2019aise (un malaise que L. ressent et qu\u2019elle nous fait brillamment ressentir). Sans jamais verser dans le sordide, elle d\u00e9crit par le menu cette nuit de peur o\u00f9 elle est \u00e0 demi-viol\u00e9e par un partenaire qui la transforme en objet de ses d\u00e9sirs, sans jamais acc\u00e9der \u00e0 ses demandes r\u00e9currentes&nbsp;: partir, retrouver sa fille, quitter cet enfer o\u00f9 elle s\u2019est fourvoy\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019autrice sait \u00e9crire et manie l\u2019humour qui, par petites touches, vient rafra\u00eechir un r\u00e9cit par avance plombant. Elle se transforme en Sh\u00e9h\u00e9razade qui conte des histoires au Sultan, elle pour survivre, L. pour \u00e9chapper \u00e0 une situation insupportable. Ainsi raconte-t-elle des histoires de sa jeunesse qui vont de son militantisme de jeunesse \u00e0 l\u2019\u00e9vocation de son adolescence dans le Nord, sur fond de d\u00e9sindustrialisation et de r\u00e9cup\u00e9ration mao\u00efste du meurtre de Bruay-en-Artois pas encore La Buissi\u00e8re. C\u2019est peut-\u00eatre ce qu\u2019il y a de plus \u00e9mouvant dans ce livre.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019affaire se termine par un d\u00e9p\u00f4t de plainte annul\u00e9 sit\u00f4t que fait quand l\u2019autrice se rend compte que ses paroles ne valent pas cher devant la suspicion et la qu\u00eate d\u2019informations pr\u00e9cises exig\u00e9es par la polici\u00e8re en faction. On voudrait partager un cauchemar qu\u2019on veut r\u00e9duire \u00e0 une suite administrative de faits et de d\u00e9tails. Le combat est perdu.<\/p>\n\n\n\n<p>On cherchera en vain l\u2019objectivit\u00e9 dans mes commentaires, tant l\u2019autrice est une amie de longue date, retrouv\u00e9e au hasard des r\u00e9seaux sociaux. Mais on ne peut lui d\u00e9nier un vrai talent de conteur (contrice?) et un humour discret \u00e0 chaque d\u00e9tour de phrase. En plus, son r\u00e9cit r\u00e9sonne avec les causes f\u00e9ministes actuelles o\u00f9 le d\u00e9sir des femmes est forc\u00e9ment coupable. \u00ab&nbsp;Elle l\u2019a bien cherch\u00e9&nbsp;\u00bb, entendre elle n\u2019avait qu\u2019\u00e0 pas se laisser s\u00e9duire, elle n\u2019avait qu\u2019\u00e0 pas se promener en mini-jupes, elle n\u2019avait qu\u2019\u00e0 pas se maquiller d\u2019une fa\u00e7on aussi provocante\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Ce livre est salutaire et militant finalement, en plus d\u2019\u00eatre agr\u00e9able \u00e0 lire. Merci M.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>FRANCIS CARCO<em> \u2013 T\u00c9N\u00c8BRES \u2013 Le livre moderne illustr\u00e9.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/illustration316.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3385\" width=\"575\" height=\"736\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/illustration316.jpg 260w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/illustration316-234x300.jpg 234w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/illustration316-23x30.jpg 23w\" sizes=\"(max-width: 575px) 100vw, 575px\" \/><figcaption>Francis Carco, une gueule de faux-dur m\u00e9lancolique et sentimental. Photo Wikipedia.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Ce vieux Carco qui nous revient avec un court r\u00e9cit augment\u00e9 d\u2019illustrations, sorti dans une collection vieille comme \u00ab&nbsp;mes robes&nbsp;\u00bb (comme disait ma vieille tante). De lui, on garde en m\u00e9moire ce <em>J\u00e9sus La Caille<\/em>, \u00e9crivain populiste dans la lign\u00e9e des Mc Orlan et autres Eug\u00e8ne Dabit.<\/p>\n\n\n\n<p>Carco est n\u00e9 en Nouvelle-Cal\u00e9donie en 1886 et sa fr\u00e9quentation, tout gamin, des bagnards aurait influenc\u00e9 son identit\u00e9 litt\u00e9raire de peintre des bas-fonds, sur fond de m\u00e9lancolie poisseuse et de chanson r\u00e9aliste. Il a \u00e9t\u00e9 le complice des Apollinaire, Max Jacob, Rachilde, Utrillo, Picasso, Modigliani et compagnie dans ces lieux mal fam\u00e9s de la \u00ab&nbsp;belle \u00e9poque&nbsp;\u00bb&nbsp;; Lapin agile et autres bouges. J\u00e9sus La Caille racontait l\u2019histoire d\u2019un prox\u00e9n\u00e8te homosexuel, r\u00e9cit assez choquant pour l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Rien de tel ici. C\u2019est un roman qui d\u00e9crit, comme en cercles concentriques et comme l\u2019araign\u00e9e tisse sa toile, un couple bourgeois des ann\u00e9es 1930. Lui, Maurice, concessionnaire de voitures ruin\u00e9 par la crise de 1929 et elle, H\u00e9l\u00e8ne, une femme romanesque. Elle a pris un amant, un peintre pr\u00e9tentieux et m\u2019as-tu-vu et il l\u2019a tu\u00e9 en les surprenant ensemble. Il a tir\u00e9 cinq ans de prison et sa peine n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 plus lourde gr\u00e2ce au t\u00e9moignage complaisant d\u2019un certain Mallepatte, personnage bizarre ami du peintre et collectionneur d\u2019objets pr\u00e9cieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Le couple vit une crise dont l\u2019origine se trouve \u00e0 la fois dans l\u2019infid\u00e9lit\u00e9 de la belle H\u00e9l\u00e8ne que dans les remords de Maurice. Il veut savoir si sa femme a eu d\u2019autres amants et il revient r\u00e9guli\u00e8rement sur les lieux de son crime, comme hant\u00e9 par cet atelier de rapin et le personnage de Mallepatte qui, confront\u00e9 aux m\u00eames circonstances, n\u2019a pas tir\u00e9, lui, sur l\u2019amant.<\/p>\n\n\n\n<p>On assiste \u00e0 la qu\u00eate de r\u00e9demption d\u2019un homme et aux langueurs de sa femme. Le couple se d\u00e9chire et menace de se disloquer jusqu\u2019au d\u00e9nouement final sur lequel on gardera le secret. \u00c0 condition pour le lecteur mette la main sur ce tr\u00e9sor de bibliophile trouv\u00e9 dans une bo\u00eete.<\/p>\n\n\n\n<p>Carco, sur un ton badin et d\u00e9tach\u00e9 et d\u2019une \u00e9criture fluide, r\u00e9ussit \u00e0 explorer les \u00e2mes et \u00e0 sonder les c\u0153urs. On peut voir en <em>T\u00e9n\u00e8bres<\/em> un anc\u00eatre du roman policier, tant la mort est \u00e0 l\u2019\u0153uvre, au sens propre (par le crime du mari) comme au figur\u00e9, l\u2019expression \u00ab&nbsp;la mort dans l\u2019\u00e2me&nbsp;\u00bb. Son livre est aussi un roman naturaliste sur la bonne soci\u00e9t\u00e9 des ann\u00e9es 1930 qui \u00e9voque \u00e0 la fois un Balzac ou un Zola. L\u2019argent est important, surtout quand on en manque et qu\u2019on cherche une position sociale compromise par un pass\u00e9 d\u2019assassin qui a fait la une des gazettes.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a parle d\u2019adult\u00e8re, de crime et d\u2019expiation, de r\u00e9demption impossible. \u00c7a parle de la vie et de la mort sur des airs de goualantes \u00e0 deux ronds. Ce n\u2019est plus Carco le romantique, avec ses mauvais gar\u00e7ons, ses gisquettes et ses bourgeois en goguette. C\u2019est encore mieux tant \u00e7a sue l\u2019angoisse et la honte. Un Carco de nuit.<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>JMG LE CL\u00c9ZIO \u2013 ONITSHA \u2013 NRF \/ Gallimard<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Autant dire tout de suite qu\u2019on n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s attir\u00e9 par Le Cl\u00e9zio. \u00c9crivain de minuit au physique avantageux \u00e0 la Laurent Terzieff, unanimement encens\u00e9 par la critique et prix Nobel de litt\u00e9rature. \u00c7a vous pose un homme et on a tendance \u00e0 voir en lui un nouveau Julien Gracq ou un rival de Claude Simon. Voire.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est de la litt\u00e9rature avec un grand L, de celle qui donne un peu l\u2019impression que l\u2019\u00e9crivain se regarde \u00e9crire et qu\u2019il distille ses effets de style comme un avocat nous fait ses effets de manche. Plut\u00f4t vachard et injuste&nbsp;? Peut-\u00eatre, mais ce n\u2019est pas <em>Onitsha<\/em> qui nous fera changer d\u2019avis.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire&nbsp;? Mais a-t-elle grande importance&nbsp;? Maou, une Italienne ayant \u00e9pous\u00e9 pendant la guerre Geoffroy Allen, un Anglais parti vivre en Afrique, part avec son fils Fintan retrouver son mari qui travaille pour des colons anglais au sein de la United Africa, \u00e0 Onistsha (Nigeria). On a droit \u00e0 la travers\u00e9e depuis Bordeaux puis \u00e0 l\u2019accotement \u00e0 Port-Harbour.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat principal du livre est de d\u00e9crire plut\u00f4t bien une soci\u00e9t\u00e9 coloniale avec des personnages bien camp\u00e9s, tels Simpson, le \u00ab&nbsp;r\u00e9sident&nbsp;\u00bb qui est aussi le directeur du bagne local, ou Rodes, un vieil original d\u00e9test\u00e9 par Maou mais que fascine Fintan. Et puis tous ces personnages d\u2019Africains, domestiques ou vagabonds, qui hantent le r\u00e9cit avec leur fra\u00eecheur et leur libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Rodes (on sait \u00e0 la derni\u00e8re ligne qu\u2019il s\u2019appelle Roderick Mattews, officier de l\u2019empire britannique), dit justement \u00e0 qui veut l\u2019entendre qu\u2019il reste en Afrique pour assister aux premi\u00e8res loges \u00e0 la chute de l\u2019empire. Geoffroy, lui, est en d\u00e9licatesse avec son employeur qui souhaite le remplacer. Il passe son temps sur des cartes datant de l\u2019\u00c9gypte ancienne et de Ptol\u00e9m\u00e9e avec les mythes \u00e9gyptologiques de la reine noire, de la nouvelle Mero\u00eb et d\u2019Arsino\u00eb l\u2019\u00c9gyptienne. Il ira jusqu\u2019\u00e0 la fronti\u00e8re du Cameroun pour trouver trace de ses r\u00eaves, mais y attrapera la malaria.<\/p>\n\n\n\n<p>Le roman se termine sur la guerre au Biafra. Le jeune gar\u00e7on est devenu un homme, r\u00e9p\u00e9titeur dans un lyc\u00e9e de Bristol. Sa m\u00e8re est retourn\u00e9e \u00e0 Nice o\u00f9 le p\u00e8re a trouv\u00e9 la mort, nostalgique incurable de cette Afrique qui l\u2019a envo\u00fbt\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Afrique, le continent noir qui attire les Europ\u00e9ens mais qui les engloutit. Les Africains semblent toujours ob\u00e9ir et subir, mais ils connaissent leur pays, ses mythes et ses l\u00e9gendes, ce qui les rend forts. Les blancs, eux, sont condamn\u00e9s \u00e0 devenir fous ou \u00e0 sombrer dans l\u2019alcoolisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Un roman qui se lit bien et on ne peut que saluer la ma\u00eetrise et le style de l\u2019auteur, m\u00eame si on ne peut s\u2019emp\u00eacher de r\u00e9primer parfois un b\u00e2illement. C\u2019est une litt\u00e9rature classique, voire acad\u00e9mique. Le Cl\u00e9zio \u00e9voque le <em>Ak\u00e9 <\/em>de Wole Soyinka \u2013 \u00e9crivain nig\u00e9rien \u2013 ou Joseph Conrad&nbsp;; mais il n\u2019a ni la faconde et le truculence du premier, ni le g\u00e9nie et la d\u00e9mesure du second.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais bon, on a quand m\u00eame l\u00e0 l\u2019un des plus grands prosateurs fran\u00e7ais de son temps. Ce qui n\u2019est pas rien.<\/p>\n\n\n\n<p><em>8 mai 2023<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ROGER NIMIER \u2013 LES \u00c9P\u00c9ES \u2013 Gallimard \/ Le livre de poche Dans la famille Hussards, j\u2019ai demand\u00e9 Roger Nimier, certainement le plus \u00e0 droite. Le beau Roger est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 au volant de son Aston Martin un mauvais jour de 1962, \u00e0 37 ans. Blondin et ses copains l\u2019ont beaucoup pleur\u00e9. 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