{"id":3403,"date":"2023-05-25T09:52:54","date_gmt":"2023-05-25T07:52:54","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3403"},"modified":"2023-05-25T09:52:59","modified_gmt":"2023-05-25T07:52:59","slug":"michel-butel-cela-sappelle-lazur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3403","title":{"rendered":"MICHEL BUTEL : CELA S\u2019APPELLE L\u2019AZUR"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/illustration322-676x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3405\" width=\"579\" height=\"876\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/illustration322-676x1024.jpg 676w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/illustration322-198x300.jpg 198w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/illustration322-768x1163.jpg 768w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/illustration322-1014x1536.jpg 1014w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/illustration322-1353x2048.jpg 1353w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/illustration322-1321x2000.jpg 1321w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/illustration322-1057x1600.jpg 1057w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/illustration322-793x1200.jpg 793w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/illustration322-594x900.jpg 594w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/illustration322-396x600.jpg 396w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/illustration322-20x30.jpg 20w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/illustration322.jpg 1484w\" sizes=\"(max-width: 579px) 100vw, 579px\" \/><figcaption>Michel Butel jeune. Photo Wikipedia. Po\u00e8te et journaliste.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Cela s\u2019appelle l\u2019aurore&nbsp;\u00bb, faisait dire Giraudoux \u00e0 l\u2019un de ses personnages dans son <em>\u00c9lectre.<\/em> Ici, cela s\u2019appelle <em>L\u2019Azur<\/em>. C\u2019est un ami qui m\u2019a pr\u00eat\u00e9 ce livre contenant l\u2019int\u00e9grale des num\u00e9ros d\u2019un journal que Michel Butel, po\u00e8te, romancier et journaliste, sortait tout seul. Un 4 pages bourr\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la gueule de po\u00e9sie, de nouvelles, de coups de gueule et de billets d\u2019humeur. Tr\u00e8s politique, tr\u00e8s po\u00e9tique. <em>L\u2019Azur<\/em> est sorti de juin 1994 \u00e0 juillet 1995. Une ann\u00e9e sous le regard d\u2019un sacr\u00e9 bonhomme, une sorte de dandy raffin\u00e9 et humaniste qui d\u00e9testait par-dessus tout les salauds et les cons.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9face de Jean-Christophe Bailly, lui aussi l\u2019un des plus grands po\u00e8tes de sa g\u00e9n\u00e9ration, dit beaucoup sur Butel, homme en col\u00e8re et d\u00e9batteur passionn\u00e9. Il parle de sa bont\u00e9 et cite Apollinaire&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;contr\u00e9e \u00e9norme o\u00f9 tout se tait&nbsp;\u00bb<\/em>. Bailly conclut par ces mots&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Qu\u2019il y ait eu \u00e0 la fois dans ce silence une patience infinie et une exasp\u00e9ration infinie, ce fut l\u00e0 le secret d\u2019un homme qui r\u00eava qu\u2019avec presque rien, on pouvait tout changer et qui devant l\u2019impossible n\u2019imaginait pas qu\u2019on puisse ou doive reculer&nbsp;\u00bb<\/em>. Pour preuve, Michel Butel avait mis en exergue de chaque num\u00e9ro de <em>L\u2019Azur<\/em> ce conseil de S\u00e9n\u00e8que \u00e0 son disciple Lucullus&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;ce n\u2019est pas parce que les choses sont difficiles que nous n\u2019osons pas, c\u2019est parce que nous n\u2019osons pas qu\u2019elles sont difficiles&nbsp;\u00bb<\/em>. Un aphorisme qui lui va comme un gant.<\/p>\n\n\n\n<p>Qui est Michel Butel&nbsp;? Un touche \u00e0 tout, un r\u00e9volt\u00e9 et un artiste. Il est n\u00e9 en 1940 \u00e0 Tarbes, patrie de Jean Paulhan et de ces po\u00e8tes du XIX\u00b0 exil\u00e9s en Uruguay&nbsp;: Lautr\u00e9amont, Jules Supervielle et Jules Laforgue. Sa m\u00e8re est avocate et son p\u00e8re sera l\u2019un des fondateurs de la S\u00e9curit\u00e9 sociale. Il \u00e9crit tr\u00e8s t\u00f4t des po\u00e8mes et voit tous les films possibles \u00e0 la Cin\u00e9math\u00e8que, en cin\u00e9phile accompli. Il abandonne sa scolarit\u00e9 \u00e0 14 ans, ce qui ne l\u2019emp\u00eache pas d\u2019adh\u00e9rer \u00e0 l\u2019Union des \u00c9tudiants Communistes&nbsp;o\u00f9 il fait la connaissance de Felix Guattari avec qui il travaillera \u00e0 la clinique La Borde, haut-lieu de ce que l\u2019on appelait pas encore, en 1963, l\u2019anti-psychiatrie.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s Guattari, ce sera Deleuze et des amiti\u00e9s fortes qui vont jalonner sa vie, de Pierre Goldman (assassin\u00e9 par Honneur de la police, un r\u00e9seau de flics fascisants) \u00e0 Antoinette Fouque (fondatrice du MLF)&nbsp;; de Luc Bondy \u00e0 Jean Hatzfeld. Butel est fid\u00e8le en amiti\u00e9 et il sera longtemps mari\u00e9 avec la fille de Maurice Merleau-Ponty, Marianne.<\/p>\n\n\n\n<p>On croirait un monde intellectuel et germanopratin, sauf que Michel Butel ne se d\u00e9finit pas comme un intellectuel. C\u2019est un artiste, \u00e9corch\u00e9 vif et \u00e9pris de justice. En plus d\u2019\u00eatre un cin\u00e9phile (il s\u2019essaiera \u00e0 la r\u00e9alisation avec un scenario qu\u2019il va proposer \u00e0 Alain Cuny), un romancier et un po\u00e8te, il se veut surtout journaliste, mais un journaliste pas du tout comme les autres, on le verra.<\/p>\n\n\n\n<p>En mars 1975, il lance un quotidien avec le futur nouveau philosophe Bernard-Henry L\u00e9vy, qu\u2019on ne pr\u00e9sente plus. Une aventure de presse peu banale et vou\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chec, puisque<em> L\u2019impr\u00e9vu <\/em>(c\u2019est le nom du journal) cessera de para\u00eetre au bout de quelques num\u00e9ros. On a en tout cas une petite id\u00e9e de ce qui caract\u00e9rise notre homme&nbsp;: quelqu\u2019un qui ose et qui n\u2019a pas peur de prendre des risques, m\u00eame si on gage que ce n\u2019est pas lui qui a mis le plus de billes dans l\u2019aventure.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s ce qui peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 bon droit comme un \u00e9chec, il revient \u00e0 ses premi\u00e8res amours, la po\u00e9sie et la litt\u00e9rature. Il re\u00e7oit le prix M\u00e9dicis en 1977 pour <em>L\u2019autre amour<\/em>, son premier roman, paru au Mercure de France. Puis ce sera l\u2019ann\u00e9e suivante <em>Le mensonge \u2013 chronique des ann\u00e9es de crise<\/em> et<em> La figurante<\/em> en 1979. Trois livres qui, \u00e0 d\u00e9faut de lui rapporter beaucoup en droits d\u2019auteur, l\u2019inscriront comme une figure originale du cirque litt\u00e9raire parisien. On conna\u00eet mal ces romans qui sont encore pour moi \u00e0 d\u00e9couvrir, et on se limitera \u00e0 sa carri\u00e8re de journaliste, si le mot \u00ab&nbsp;carri\u00e8re&nbsp;\u00bb peut avoir le moindre sens pour lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s quelques piges comme critique litt\u00e9raire aux<em> Nouvelles Litt\u00e9raires<\/em> sous l\u2019\u00e8re Jean-Fran\u00e7ois Kahn et Philippe Tesson, il est membre de l\u2019\u00e9quipe des <em>Nouvelles<\/em>, hebdomadaire de gauche n\u00e9 sur les d\u00e9combres des prestigieuses <em>Nouvelles Litt\u00e9raires.<\/em> Il est d\u2019ailleurs assez curieux de ne trouver aucune trace de ce journal dans Wikipedia et d\u2019autres sites encyclop\u00e9diques, comme si ce canard n\u2019avait jamais exist\u00e9. Il a pourtant paru entre octobre 1982 et juin 1984 avec une chronique assur\u00e9e par Cavanna lui-m\u00eame (plus des dessins de G\u00e9b\u00e9 si ma m\u00e9moire est bonne) et une \u00e9quipe restreinte, ex du <em>Nouvel Observateur<\/em> ou des <em>Nouvelles Litt\u00e9raires<\/em>. Kahn lancera <em>L\u2019\u00e9v\u00e9nement du jeudi<\/em> en novembre 1984, laissant <em>Les Nouvelles <\/em>dispara\u00eetre, faute de lecteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est en 1984, la m\u00eame ann\u00e9e, que Butel lancera<em> L\u2019autre journal<\/em>, mensuel qui fut un temps hebdomadaire. Butel et sa complice Claire Parnet r\u00e9unissent autour d\u2019eux des plumes telles que Delfeil De Ton, Francis Marmande, Paul Pavlovitch, Michel Cournot, Michel Cressole, Selim Nassib ou Jean Hatzfeld&nbsp;; les trois derniers \u00e9tant des ex de <em>Lib\u00e9ration<\/em> n\u2019ayant pas appr\u00e9ci\u00e9 son tournant \u00ab&nbsp;lib\u00e9ral &#8211; libertaire&nbsp;\u00bb, se tournant du c\u00f4t\u00e9 du pouvoir et des march\u00e9s. <em>L\u2019Autre journal<\/em> a un ton et Butel en donne le la avec des chroniques enlev\u00e9es, des enthousiasmes et des coups de gueule qu\u2019on retrouvera dans<em> L\u2019Azur<\/em>. La r\u00e9daction du journal se d\u00e9chire sur les guerres en ex Yougoslavie comme sur la guerre du Golfe, Butel restant camp\u00e9 sur des positions pacifistes. <em>L\u2019autre journal<\/em> dispara\u00eet des kiosques en 1992.<\/p>\n\n\n\n<p>Il fonde l\u2019hebdomadaire <em>Encore <\/em>la m\u00eame ann\u00e9e, mais c\u2019est <em>L\u2019Azur<\/em> qui va pouvoir s\u2019installer dans la dur\u00e9e (un an on le r\u00e9p\u00e8te), m\u00eame si le titre souffrira toujours d\u2019une imp\u00e9cuniosit\u00e9 criante. 4 pages donc, on l\u2019a dit, avec une magnifique photo l\u00e9gend\u00e9e en couverture et, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, des courtes nouvelles enlev\u00e9es, des po\u00e8mes inspir\u00e9s, des histoires dr\u00f4les (juives en particulier) et des chroniques politiques et culturelles qui font tout le sel d\u2019un journal qu\u2019il fabrique seul, sans publicit\u00e9 bien s\u00fbr et sans aucune promotion. Les mauvaises langues diront qu\u2019il en \u00e9tait aussi le seul lecteur, ce qui est faux bien entendu.<\/p>\n\n\n\n<p>Les aper\u00e7us de Butel sur la politique \u2013 nationale et internationale \u2013 sur la soci\u00e9t\u00e9 et sur la culture sont \u00e0 chaque fois pertinents et originaux. L\u2019angle est toujours surprenant et le style flamboyant. Butel est aussi un redoutable pol\u00e9miste qui trempe sa plume dans le vitriol. Il cite \u00e0 tous bouts de champ ses figures tot\u00e9miques&nbsp;: Socrate, Saint-Just, Nietzsche, Marx, Freud et\u2026 Mendes-France. Il les aime autant qu\u2019il d\u00e9teste toute la droite, la social-d\u00e9mocratie et Fran\u00e7ois Mitterrand \u00e0 qui il voue une haine farouche. Pour lui, Mitterrand est la quintessence du bourgeois fran\u00e7ais, social-d\u00e9mocrate en temps de paix et p\u00e9tainiste en temps de guerre. Il est aussi le ministre de la justice qui a refus\u00e9 la gr\u00e2ce des condamn\u00e9s \u00e0 mort pendant la guerre d\u2019Alg\u00e9rie. Il n\u2019\u00e9pargne pas non plus son camp, l\u2019extr\u00eame-gauche, sauvant du naufrage l\u2019ultra-gauche des anarchistes, des conseillistes et des situationnistes, tout en ex\u00e9crant la violence.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais si Butel a ses d\u00e9testations, il a aussi ses admirations. \u00c0 commencer par Deleuze et Guattari, mais aussi Guy Debord, Pierre Goldman, son ami, les cin\u00e9astes Pasolini ou Godard, le jazzman Thelonious Monk ou le dessinateur Chaval. Et des sportifs aussi, tels Fausto Copi ou des r\u00e9sistants comme Manouchian qu\u2019il v\u00e9n\u00e8re. Il faut dire que la Shoah et les camps ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9cisifs dans la formation de sa sensibilit\u00e9 et qu\u2019il est vent debout, avec panache, contre tout ce qui peut se rapprocher du fascisme ou du nationalisme. La grande affaire de Butel est politique au sens noble, comment changer la vie, changer les rapports entre les gens, les rapports de production, la consommation, avec une approche situationniste bas\u00e9e sur le bouleversement des structures sociales et \u00e9conomiques, le jeu, l\u2019imagination\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>On a en m\u00eame temps un panorama assez complet de la France de ces ann\u00e9es-l\u00e0&nbsp;: la mort de Debord en premier, la Coupe du monde de foot aux U.S.A, la cohabitation Mitterrand \u2013 Balladur,<em> Le Monde <\/em>de Colombani et Pleynel, le<em> Lib\u00e9ration<\/em> de July et Joffrin, Pasqua et Pandraud, Elkabbach et Duhamel, les socialistes qui se d\u00e9chirent, le Front National qui monte\u2026 La chronique s\u2019arr\u00eate sur les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles o\u00f9, m\u00eame s\u2019il d\u00e9teste les socialistes, il appelle tous les gens de gauche \u00e0 voter Jospin&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;pas une voix des \u00e9lecteurs de gauche ne doit manquer \u00e0 Lionel Jospin&nbsp;\u00bb<\/em>. Tant il d\u00e9teste encore plus Chirac et son monde, cette droite dite classique aux relents populistes et nationalistes, racistes et s\u00e9curitaires.<\/p>\n\n\n\n<p>On lit \u00e7a, chaque num\u00e9ro, comme on d\u00e9guste des chocolats dans une bo\u00eete. On a du mal \u00e0 d\u00e9crocher et on s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019on a pass\u00e9 des heures dans ce gros livre, toujours curieux de la suite, de ce qu\u2019il va bien pouvoir dire, \u00e0 qui il va s\u2019attaquer, qu\u2019est-ce qu\u2019il va d\u00e9fendre&nbsp;? Puis ce sera, apr\u00e8s un sp\u00e9cial \u00e9t\u00e9 , un rendez-vous non honor\u00e9 pour septembre 1995 et l\u2019appel \u00e0 un mouvement qui restera lettre morte. Butel est asthmatique et sa sant\u00e9 est fragile, perclus de dettes et l\u00e2ch\u00e9 par tout le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Il sortira encore un roman, <em>L\u2019autre livre<\/em> en 1997 et lancera un journal, encore un, <em>L\u2019impossible<\/em>, en 2012&nbsp;. Il arr\u00eatera l\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s, sa sant\u00e9 se d\u00e9t\u00e9riorant. Il joue son propre r\u00f4le dans le film de Podalyd\u00e8s <em>Versailles-Chantiers<\/em> (1998) et sort un ultime livre, <em>L\u2019Enfant<\/em>, en 2004.<\/p>\n\n\n\n<p>Michel Butel rejoindra le monde de la nuit en juillet 2018, apr\u00e8s une vie exemplaire et une \u0153uvre aussi foisonnante qu\u2019\u00e9tonnante. Un grand bonhomme d\u2019une bont\u00e9 \u00e0 toute \u00e9preuve et qui d\u00e9testait les ti\u00e8des. Un grand oubli\u00e9, surtout.<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>L\u2019Azur \u2013 Michel Butel \u2013 L\u2019atelier contemporain.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>15 mai 2023<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Cela s\u2019appelle l\u2019aurore&nbsp;\u00bb, faisait dire Giraudoux \u00e0 l\u2019un de ses personnages dans son \u00c9lectre. Ici, cela s\u2019appelle L\u2019Azur. 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