{"id":3809,"date":"2024-03-28T16:21:34","date_gmt":"2024-03-28T15:21:34","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3809"},"modified":"2024-03-28T16:21:35","modified_gmt":"2024-03-28T15:21:35","slug":"buddy-murphy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3809","title":{"rendered":"BUDDY MURPHY"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/ILLUSTRATION379-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3811\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/ILLUSTRATION379-768x1024.jpg 768w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/ILLUSTRATION379-225x300.jpg 225w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/ILLUSTRATION379-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/ILLUSTRATION379-1536x2048.jpg 1536w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/ILLUSTRATION379-1500x2000.jpg 1500w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/ILLUSTRATION379-1200x1600.jpg 1200w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/ILLUSTRATION379-900x1200.jpg 900w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/ILLUSTRATION379-675x900.jpg 675w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/ILLUSTRATION379-450x600.jpg 450w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/ILLUSTRATION379-23x30.jpg 23w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/ILLUSTRATION379-scaled.jpg 1920w\" sizes=\"(max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption>Elliot Murphy \u00e0 l&rsquo;Abattoir de Lillers (62). Photo Murielle D. (sur place). <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Buddy Holly et Elliot Murphy, pas grand-chose \u00e0 voir apparemment. Sauf une anecdote personnelle. Un soir d\u2019hiver, en 2009, j\u2019avais vu Elliot \u00e0 Wattrelos (Nord) et je m\u2019\u00e9tais enhardi \u00e0 venir lui parler apr\u00e8s le concert. J\u2019avais commenc\u00e9 par les 50 ans de la mort de Buddy Holy (on \u00e9tait le 3 f\u00e9vrier), mais le dandy de Rockville (\u00c9tat de New York) n\u2019avait pas compris ce fan fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019anglais approximatif. L\u2019occasion de faire d\u2019une pierre deux coups&nbsp;: les 65 ans de la mort du binoclard de Lubbock (Texas) et un concert d\u2019Elliot Murphy \u00e0 Lillers (62), un de plus. Fan un jour\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord Buddy Holly, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 dans le crash d\u2019un avion tomb\u00e9 du ciel de l\u2019Iowa, le 3 f\u00e9vrier 1959. Les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques \u00e9taient d\u00e9sastreuses, mais le spectacle se devait de continuer et les vedettes qui partageaient l\u2019affiche (Richie \u00ab&nbsp;La Bamba&nbsp;\u00bb Valens) et le Big Bopper (\u00ab&nbsp;Chantilly Lace&nbsp;\u00bb) \u00e9taient morts dans la neige avec lui. A suburban tragedy&nbsp;! Buddy Holly \u00e9tait le premier, avant Eddie Cochran. La route du rock\u2019n\u2019roll allait \u00eatre jonch\u00e9e de cadavres.<\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait le rocker le plus dou\u00e9 pour les m\u00e9lodies, \u00e0 tel point que l\u2019on a pu se demander s\u2019il n\u2019\u00e9margeait pas plut\u00f4t \u00e0 la vague College rock, ses ch\u0153urs s\u00e9raphiques, ses m\u00e9lodies suaves et ses chroniques du vert paradis des amours adolescentes, pour paraphraser Baudelaire.<\/p>\n\n\n\n<p>On revoit sa t\u00eate, peu en phase elle aussi avec les standards du rock\u2019n\u2019roll&nbsp;: cheveux courts frisott\u00e9s sur le devant, \u00e9paisses lunettes de myope et large sourire sur une rang\u00e9e de dents parfaites. Costard-cravate plut\u00f4t que blouson de cuir et jeans.<\/p>\n\n\n\n<p>Il na\u00eet en octobre 1936 \u00e0 Lubbock (Texas) et commence \u00e0 se produire avec ses fr\u00e8res, jouant un peu de guitare. En 1949, il fonde un duo avec un autre chanteur, Robert Montgomery, avec lequel il reprend des classiques de la Country\u2019n\u2019western. Le Texan a plus \u00e0 voir, l\u00e0 aussi, avec la bonne vieille Country qu\u2019avec le Blues. Il va avoir 20 ans en 1955 quand le groupe s\u2019\u00e9toffe et en est maintenant \u00e0 vouloir imiter Elvis Presley que RCA va signer apr\u00e8s des enregistrements remarqu\u00e9s chez Sun Records.<\/p>\n\n\n\n<p>Le succ\u00e8s de Presley am\u00e8ne des producteurs \u00e0 enregistrer tous azimuts, et Buddy Holly peut enregistrer 4 titres \u00e0 Nashville, qui resteront dans l\u2019ombre. D\u2019autres sessions auront lieu, \u00e0 Nashville encore (avec une premi\u00e8re version de \u00ab&nbsp;That Will Be The Day&nbsp;\u00bb) puis chez Decca avec le gratin des musiciens de studio. Mais rien n\u2019y fait, son heure n\u2019est pas arriv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est en 1957 que Buddy Holly r\u00e9unit ses anciens comparses pour former The Crickets (les Beatles s\u2019en souviendront en mati\u00e8re de noms d\u2019insectes). Lui \u00e0 la guitare, Jerry Allison \u00e0 la batterie, Nicky Sullivan \u00e0 la guitare rythmique et Larry Welborn \u00e0 la basse. Dans le studio du producteur Norman Petty sis \u00e0 Clovis (Nouveau-Mexique), le groupe enregistre plusieurs morceaux dont certains figurent sur leur premier album (<em>The chirping crickets <\/em>en novembre)&nbsp;: \u00ab&nbsp;That Will Be The Day&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Oh Boy&nbsp;!&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Not Fade Away&nbsp;\u00bb, tous cosign\u00e9s avec Petty (et parfois Allison). \u00ab&nbsp;That Will Be The Day&nbsp;\u00bb se classe \u00e0 la troisi\u00e8me place des charts et Buddy Holly a invent\u00e9 un style, mi-rockabilly, mi- crooner country.<\/p>\n\n\n\n<p>En f\u00e9vrier 1958, c\u2019est <em>Buddy Holly<\/em> sur Coral avec \u00ab&nbsp;Peggy Sue&nbsp;\u00bb (son plus gros hit), \u00ab&nbsp;Everyday&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Rave On&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;I\u2019m Gonna Love You Too&nbsp;\u00bb ou encore-l\u2019exquis \u00ab&nbsp;Word Of Love&nbsp;\u00bb. Buddy Holly tourne r\u00e9guli\u00e8rement avec Eddie Cochran, les Everly Brothers (au style tr\u00e8s proche) ou Chuck Berry.<\/p>\n\n\n\n<p>Troisi\u00e8me album en avril 1958 (<em>That\u2019ll be the day<\/em>), sorti cette fois chez Decca. Trois albums en six mois, comme s\u2019il sentait la mort \u00e0 ses trousses. Un album sans v\u00e9ritable hit qui reprend ses premi\u00e8res sessions \u00e0 Nashville, avec l\u2019increvable \u00ab&nbsp;That Will Be The Day&nbsp;\u00bb, son titre f\u00e9tiche. Outre les premiers Crickets, Sonny Curtis tient la guitare et Floyd Cramer est au piano.<\/p>\n\n\n\n<p><em>The Buddy Holly story<\/em> sortira apr\u00e8s sa mort, en f\u00e9vrier 1959, en fait une compilation avec quelques in\u00e9dits dont \u00ab&nbsp;Heartbeat&nbsp;\u00bb. Sa mort qui survient alors que la tourn\u00e9e dite Winter Dance Party (qui comprend aussi Dion &amp; The Belmonts) vole de Clear Lake (Iowa) \u00e0 Fargo (Dakota). La suite est connue. Le Jiminy Cricket du rock n\u2019avait pas 23 ans. On gravera par erreur Holley sur sa pierre tombale et Don Mc Lean lui rendra, avec \u00ab&nbsp;American Pie&nbsp;\u00bb le plus bel hommage qui soit.<\/p>\n\n\n\n<p>Buddy Holly sera une grande source d\u2019inspiration pour les Beatles ou les Hollies mais aussi, c\u00f4t\u00e9 am\u00e9ricain, pour les Walker Brothers ou les Beach Boys. De Profundis.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec Elliot Murphy, c\u2019est une longue histoire d\u2019admiration. Murphy n\u2019est d\u2019ailleurs pas sans avoir du Buddy Holly en lui, amoureux des m\u00e9lodies cisel\u00e9es et d\u2019une certaine \u00e9l\u00e9gance dans la fa\u00e7on d\u2019\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le gamin de Rockville (\u00e7a ne s\u2019invente pas) nous l\u2019a jou\u00e9 G\u00e9n\u00e9ration perdue \u00e0 ses d\u00e9buts, une sorte de Scott Fitzgerald en costume vanille. <em>Aquashow<\/em>, d\u00e8s 1973, contenait toutes les nostalgies d\u2019Hollywood et de l\u2019\u00e2ge d\u2019or du rock (\u00ab&nbsp;Last Of The Rock Star&nbsp;\u00bb). Hommages \u00e0 Marilyn Monroe (\u00ab&nbsp;she died for her sins&nbsp;\u00bb), satire des classes moyennes (\u00ab&nbsp;White Middle Class Blues&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;How\u2019s The Family&nbsp;\u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p>Murphy avait fait de la figuration dans le <em>Roma<\/em> de Fellini, avait sillonn\u00e9 la vieille Europe et \u00e9crit les notes de pochette du<em> 1969 Live<\/em> du Velvet Underground&nbsp;! \u00ab&nbsp;rock\u2019n\u2019roll people are living to the edge&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Il v\u00e9n\u00e8re cette G\u00e9n\u00e9ration perdue, ces \u00e9crivains am\u00e9ricains (Fitzgerald, Hemingway, Miller, Dos Passos\u2026) venus se perdre dans le Paris des ann\u00e9es 1930, entre deux guerres mondiales. C\u2019est le titre de son album sorti en janvier 1975 avec ce poignant \u00ab&nbsp;Lost Generation&nbsp;\u00bb mais aussi le superbe \u00ab&nbsp;Hollywood&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Bittersweet&nbsp;\u00bb. L\u2019univers de Murphy se partage \u00e0 nouveau entre nostalgies hollywoodiennes et citations litt\u00e9raires&nbsp;; le tout combin\u00e9 \u00e0 une vision presque religieuse du rock. Le magazine<em> Rolling Stone<\/em> (auquel il va collaborer) voit en lui un nouveau Dylan (un de plus) et <em>Creem<\/em> a les yeux de Chim\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est Murphy le dandy qui surprend encore avec son troisi\u00e8me album, peut-\u00eatre le meilleur,<em> Night lights <\/em>(d\u00e9cembre 1975), produit par Steve Katz. On atteint le sublime avec \u00ab&nbsp;Isadora\u2019s Dancer&nbsp;\u00bb et ses ch\u0153urs d\u2019enfants ou \u00ab&nbsp;You Never Know What\u2019s You In For&nbsp;\u00bb qui reste sa plus belle chanson.<\/p>\n\n\n\n<p>Marini\u00e8re et manteau de fourrure, <em>Just a story from America<\/em>, en 1977, nous le montre presque souriant. On peut encore se r\u00e9galer de quelques morceaux de choix&nbsp;: \u00abJust A Story From America&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Rock Ballad&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Drive All Night&nbsp;\u00bb\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Murphy sera balay\u00e9 par la vague punk qu\u2019il a pourtant largement contribu\u00e9 \u00e0 faire advenir. Vir\u00e9 du label Polydor pour insucc\u00e8s chronique, les albums vont se rar\u00e9fier et, m\u00eame si la qualit\u00e9 est toujours l\u00e0, on sent une certaine lassitude. De lui ou de nous&nbsp;? Un peu les deux. Suivront &nbsp;<em>Affairs<\/em> (1980), <em>Murph the surf <\/em>(1982) et pas moins d\u2019une vingtaine d\u2019albums jusqu\u2019\u00e0 nos jours, certains sortis sur le label fran\u00e7ais New Rose, mais il faut avouer qu\u2019on a d\u00e9croch\u00e9 .<\/p>\n\n\n\n<p>On a fini par pr\u00e9f\u00e9rer le Murphy \u00e9crivain, auteur de <em>Caf\u00e9 notes <\/em>et de d\u00e9licieux recueils de nouvelles, plus un roman original (<em>Marty May<\/em>) sorte de western surr\u00e9aliste. Murphy a une belle plume et des lettres, n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 lire sur sc\u00e8ne une nouvelle de O\u2019 Henry. Il vit \u00e0 Paris depuis des lustres et a \u00e9pouse une Fran\u00e7aise, tournant dans les coins les plus recul\u00e9s de province avec le guitariste Olivier Durand (ex Little Bob Story).<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi a-t-on pu le voir \u00e0 l\u2019Abattoir de Lillers, le 16 f\u00e9vrier, flanqu\u00e9 d\u2019une violoniste. Cela faisait bien la dixi\u00e8me fois que j\u2019avais l\u2019honneur de l\u2019applaudir mais le concert n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 son meilleur. Au milieu d\u2019un public concentr\u00e9 sur quelques m\u00e8tres carr\u00e9s, avec nombreux allers et retours du bar \u00e0 la salle, on a eu droit aux favorites (mais pas toutes), surtout au rappel. Autrement, beaucoup de titres inconnus de moi, s\u00fbrement des chansons de ses albums plus r\u00e9cents. J\u2019aurais bien cri\u00e9 \u00ab&nbsp;Isadora\u2019s Dancer&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Hollywood&nbsp;\u00bb pour qu\u2019il les fasse, mais je suis devenu un vieux monsieur et ce n\u2019est plus de mon \u00e2ge. Et puis, quelque chose ne fonctionne pas, la voix peine, le violon n\u2019est pas bien venu et on se demande ce que fait l\u2019homme \u00e0 la rythmique qui se contente de frotter des bouts de bois. Heureusement, on a toujours l\u2019harmonica qui pleure et la guitare qui s\u2019emballe. Mais Elliot, chapeau sur la t\u00eate (pour dissimuler sa calvitie?) est toujours aussi attachant et on repart satisfait de constater que des gens comme lui sont toujours en piste, en exercice. Alive and well&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019aurais voulu aller lui parler apr\u00e8s le concert, faire mieux qu\u2019il y a 15 ans, mais l\u2019heure tardive et la route \u00e0 faire&#8230; Et puis, on ne parle pas aux \u00e9toiles, on se contente de les admirer. Reviens quand tu veux, Buddy Murphy, je serai toujours l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p><em>25 f\u00e9vrier 2024<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Buddy Holly et Elliot Murphy, pas grand-chose \u00e0 voir apparemment. Sauf une anecdote personnelle. Un soir d\u2019hiver, en 2009, j\u2019avais vu Elliot \u00e0 Wattrelos (Nord) et je m\u2019\u00e9tais enhardi \u00e0 venir lui parler apr\u00e8s le concert. 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