{"id":3843,"date":"2024-04-22T18:24:13","date_gmt":"2024-04-22T16:24:13","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3843"},"modified":"2024-04-22T18:24:14","modified_gmt":"2024-04-22T16:24:14","slug":"biblio-pop","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3843","title":{"rendered":"BIBLIO POP"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"300\" height=\"423\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/illustration384.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3845\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/illustration384.jpg 300w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/illustration384-213x300.jpg 213w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/illustration384-21x30.jpg 21w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption>La couverture au l\u00e9zard. Grand merci \u00e0 l&rsquo;ami Daniel Lesueur, cheville ouvri\u00e8re et ma\u00eetre Jacques des \u00e9ditions Camion Blanc, avec leur aimable&#8230;<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>J\u2019en avais d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 ici l\u2019introduction. Le livre est sorti fin mars, avec une couverture constitu\u00e9e d\u2019un patchwork de couvertures de livres entre lesquelles serpente un l\u00e9zard&nbsp;; le fameux lizard de Jim Morrison et des Doors. 375 pages au total avec une bibliographie cons\u00e9quente en fin de volume, le tout en 18 chapitres plus un \u00e9pilogue. Un ouvrage qui s\u2019est efforc\u00e9 de tisser des liens, de jeter des passerelles et de chercher des filiations entre deux univers pas si \u00e9loign\u00e9s&nbsp;: le rock et la litt\u00e9rature ou la guitare et la plume.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une courte introduction \u00e0 haute teneur autobiographique, pour dire comment j\u2019\u00e9tais entr\u00e9 dans le monde des livres par le rock, les deux premiers chapitres sont consacr\u00e9s aux \u00e9crivains rockers. Dylan bien s\u00fbr (et prix Nobel), Leonard Cohen, Patti Smith mais aussi Ray Davies, Pete Townshend et Jim Morrison dont les fulgurances po\u00e9tiques ont transcend\u00e9 le genre.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres \u00e9crivains rockers moins connus font l\u2019objet d\u2019un chapitre. Ils sont plus r\u00e9cents et plus m\u00e9connus, du g\u00e9nial Mick Farren, journaliste au<em> NME<\/em> et auteur prolifique, au dandy Elliot Murphy, au t\u00e9n\u00e9breux Nick Cave et au Punk Richard Hell. Tous se sont inspir\u00e9s de la G\u00e9n\u00e9ration perdue ou de la Beat Generation pour donner au rock ses plus beaux textes.<\/p>\n\n\n\n<p>On passe ensuite aux \u00e9crits saints et \u00e0 leur influence sur des gens comme Dylan, le Band, Cohen plus toujours Patti Smith et les deux Morrison (Van et Jim). Les \u00e9vangiles, l\u2019apocalypse, le cantique des cantiques et les actes des ap\u00f4tres ont \u00e9t\u00e9 pour eux une source miraculeuse d\u2019inspiration. Dylan, surtout, s\u2019est beaucoup amus\u00e9 \u00e0 jouer avec les saintes figures de la Bible et des \u00e9vangiles, les mettant en sc\u00e8ne dans une longue histoire de l\u2019Am\u00e9rique qui va jusqu\u2019\u00e0 nos jours&nbsp;.<\/p>\n\n\n\n<p>Les po\u00e8tes romantiques anglais, de William Blake \u00e0 Oscar Wilde, ont influenc\u00e9 des groupes comme Procol Harum, King Crimson et tout ce courant qu\u2019on a pu qualifier de Progressive rock. Keith Reid, parolier de Procol, s\u2019est beaucoup inspir\u00e9 de Coleridge quand Pete Sinfield, avec King Crimson, a fait honneur \u00e0 Walter Scott. On pourrait citer aussi Shelley, Byron, Keats\u2026 Tout le groupe des Lakers, ces po\u00e8tes qui se r\u00e9unissaient sur les bords du Lake District, pour taquiner la muse, plut\u00f4t que le goujon.<\/p>\n\n\n\n<p>Les quelques pr\u00e9curseurs du surr\u00e9alisme tel que d\u00e9fini par Breton \u2013 Swift, Sade, Lewis Carroll, Edgar Poe, Lautr\u00e9amont, Alfred Jarry \u2013 auront aussi su toucher, par leur folie et leur g\u00e9nie, les rockers les plus intr\u00e9pides. Randy Newman avec Swift, le Velvet Underground avec Sade, le Jefferson Airplane et tout le courant psych\u00e9d\u00e9lique avec Lewis Carroll, Jim Morrison encore lui avec Lautr\u00e9amont et Soft Machine avec Jarry, sans oublier Pere Ubu de Cleveland qui a su faire revivre l\u2019ermite de Courbevoie. Les Beatles ont cit\u00e9 Edgar Poe dans \u00ab&nbsp;I Am The Walrus&nbsp;\u00bb, et l\u2019univers du po\u00e8te maudit de Baltimore ne leur \u00e9tait pas \u00e9tranger.<\/p>\n\n\n\n<p>Les romantiques fran\u00e7ais ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 la base des vocations de Big Jim Morrison ou de Patti Smith dont l\u2019admiration pour Rimbaud tient de l\u2019adulation quasi religieuse. Tom Verlaine, de Television, n\u2019a pas choisi son pseudonyme par hasard et le A Certain General de Parker Delany a pris comme raison sociale un vers du po\u00e8te maudit. On parle aussi de Baudelaire, cet amoureux de la beaut\u00e9 \u00e0 qui Lou Reed ou Mick Jagger doivent tant, sans parler de nos Frenchies Christophe ou Gainsbourg. Tous les \u00e9crivains \u00ab&nbsp;fin de si\u00e8cle&nbsp;\u00bb sont pass\u00e9s en revue, pour leur contribution pas si modeste \u00e0 la morbidezza romantique jamais absente du langage rock.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela pourra sembler d\u00e9plac\u00e9, mais le roman russe occupe un chapitre important. N\u2019oublions pas que Morrison, encore lui, \u00e9tait obs\u00e9d\u00e9 par la figure du mal d\u00e9crite par Dosto\u00efevski, que Jagger a \u00e9crit \u00ab&nbsp;Sympathy For The Devil&nbsp;\u00bb d\u2019apr\u00e8s <em>Le ma\u00eetre et Marguerite <\/em>de Boulgakov et que les chansons des Kinks et de Ray Davies doivent beaucoup au personnage du <em>Oblomov,<\/em> de Gontcharov, dans l\u2019aboulie et la prostration.<\/p>\n\n\n\n<p>Dada et les surr\u00e9alistes auront jou\u00e9 un r\u00f4le \u00e9minent dans les textes de nombreux po\u00e8tes du rock, notamment les groupes psych\u00e9d\u00e9liques am\u00e9ricains des ann\u00e9es hippies. Robert Hunter avec le Grateful Dead, Arthur Lee avec Love ou Joe Mac Donald avec Country Joe &amp; The Fish, entre autres, ont su mettre de l\u2019onirique, du beau et de l\u2019absurde dans leur univers. Proches de Dada, on peut se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 Frank Zappa et ses Mothers Of Invention ou \u00e0 Captain Beefheart et son Magic Band, sans parler de groupes Kraut-rock comme Faust ou Neu. Les figures tut\u00e9laires de ces courants litt\u00e9raires auront abreuv\u00e9 un rock audacieux et novateur qu\u2019on peut retrouver chez Pink Floyd, Soft Machine et dans le psych\u00e9d\u00e9lisme anglais de Cream.<\/p>\n\n\n\n<p>La g\u00e9n\u00e9ration perdue est celle des \u00e9crivains majeurs des \u00c9tats-Unis entre la crise de 1929 et la seconde guerre mondiale. Beaucoup ont quitt\u00e9 le cauchemar climatis\u00e9 pour trouver refuge en Europe, ce fut le cas de Fitzgerald, de Hemingway, de Dos Passos, de Ezra Pound ou de Henry Miller. Elliot Murphy avec Fitzgerald ou Bruce Springsteen avec Steinbeck, l\u2019identification a souvent \u00e9t\u00e9 fructueuse avec des ballades entre rock et folk. Miller et son h\u00e9donisme libertaire a beaucoup influenc\u00e9 le mouvement hippie et ses courants musicaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Pas tant que les po\u00e8tes de la Beat Generation qui auront \u00e9t\u00e9 les v\u00e9ritables sources d\u2019inspiration pour le Folk et le Protest-song d\u2019un Dylan et de tous ses \u00e9pigones. Dylan qui citait Kerouac et Woody Guthrie parmi ses plus grandes influences. On peut citer aussi les Fugs et leur rock po\u00e9tique urbain ou le Velvet Underground, sans n\u00e9gliger le fait que Ferlinghetti tenait sa librairie City Lights Book au c\u0153ur de Haight Ashbury, le quartier hippie de San Francisco. Quant \u00e0 Ginsberg, il aura \u00e9t\u00e9 de tous les rassemblements et festivals pop en v\u00e9ritable rock star.<\/p>\n\n\n\n<p>Des Angry young men anglais, de John Sillitoe ou Harold Pinter, on peut voir une filiation dans bien des groupes du Swinging London. Des voyous dynamiteurs de hit-parades qui prenaient mod\u00e8le sur leurs grands fr\u00e8res \u00e9crivains ou dramaturges de l\u2019Angleterre d\u2019apr\u00e8s-guerre, de la mis\u00e8re et de la reconstruction, avec une conscience sociale aiguis\u00e9e. On pourrait parler des Animals, de Them, des Kinks, des Who ou des Small Faces. Des cin\u00e9astes aussi, du Free Cinema dont le chef de file Richard Lester a fait tourner les Beatles.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques th\u00e9oriciens de l\u2019acide \u2013 Tim Leary, Ken Kesey ou Emmett Grogan \u2013 nous permettent d\u2019\u00e9voquer les grandes figures de l\u2019\u00e8re hippie et le San Francisco de ces ann\u00e9es-l\u00e0 o\u00f9 de jeunes turcs inventaient un nouveau monde avec quelques pilules oranges.<\/p>\n\n\n\n<p>Autre chose que ces po\u00e8tes de la rue qu\u2019\u00e9taient Hubert Selby, Delmore Schwartz, Charles Bukowski ou Norman Mailer. Ceux-l\u00e0 ont \u00e9t\u00e9 les mentors des chantres de la d\u00e9prime comme le Velvet Underground ou des rebelles absolus qu\u2019auront \u00e9t\u00e9 le MC5 ou les Stooges, sans pr\u00e9judice de tous ces groupes anglais de Ladbroke Grave, des Deviants de Mick Farren aux Pink Fairies.<\/p>\n\n\n\n<p>Les derniers chapitres sont consacr\u00e9s \u00e0 la litt\u00e9rature de genre (Fantastique, Science-fiction) et \u00e0 la bande dessin\u00e9e. Lovecraft, Tolkien pour le fantastique et les grands auteurs de la Speculative Fiction dont le ma\u00eetre incontest\u00e9 reste Philip K. Dick. Ils ont influenc\u00e9 des groupes aussi divers que le Blue \u00d6yster Cult, Hawkwind c\u00f4t\u00e9 SF, ou des tas de groupes de Hard-rock pour le fantastique, Led Zeppelin ou Black Sabbath en premier lieu. Pour la bande dessin\u00e9e, on a l\u2019embarras du choix entre nos fran\u00e7ais (Gotlib, Druillet, Margerin), les N\u00e9erlandais (Ever Meulen, Joos Swarte) et les Am\u00e9ricains (Crumb, Shelton ou S. Clay Wilson).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9criture Gonzo et ses repr\u00e9sentants, les Tom Wolf, Hunter S. Thompson ou Robert Greenfield, a boulevers\u00e9 les canons de la presse rock et a aussi influenc\u00e9 la vague punk et des personnages comme Kim Fowley ou Iggy Pop, en princes de l\u2019outrage.<\/p>\n\n\n\n<p>On termine avec le polar anglais des David Peace, des Ian Rankin ou des Jake Arnott qui ont pu inspirer Elvis Costello ou Morrissey et ses Smith. Et Bret Easton Ellis dans tout \u00e7a&nbsp;? Pas de nos auteurs favoris mais ses romans sont truff\u00e9s de titres de groupes pop des ann\u00e9es 1980.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ann\u00e9es o\u00f9 tout cela se termine, car l\u2019inspiration se tarit et les po\u00e8tes du rock sont une esp\u00e8ce en voie de disparition, m\u00eame si on peut encore en cherchant bien trouver des traces de po\u00e9sie et de litt\u00e9rature dans certaines \u0153uvres, trop rares.<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0, c\u2019est en vente dans toutes les bonnes pharmacies pour la pas si modique somme de 30 Eugros et, comme disait le Choron pour une campagne de publicit\u00e9 pour<em> Hara Kiri<\/em>, \u00ab&nbsp;si vous ne pouvez pas l\u2019acheter, volez-le&nbsp;!&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><em>En guise d\u2019\u00e9pilogue, <u><strong>John Sinclair<\/strong><\/u>, po\u00e8te saxophoniste de Detroit (Michigan) un temps leader des White Panthers et manager du MC5 est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u00e9but avril. Chroniqueur de jazz \u00e0 Downbeat et dans son journal Fifth escape, il avait \u00e9crit une biographie de Thelonious Monk et vivait depuis longtemps \u00e0 Amsterdam pour \u00e9chapper aux foudres d\u2019une justice am\u00e9ricaine revancharde contre les activistes de son acabit. John Lennon lui consacre une chanson (\u00ab&nbsp;John Sinclair&nbsp;\u00bb) sur son album <strong>Sometimes in New York City<\/strong> (1972), c\u2019\u00e9tait bien le moins. Il \u00e9crivait ses po\u00e8mes en jouant du saxophone, \u00e0 moins que ce ne soit l\u2019inverse. Good bye John, avec toute mon admiration. Mets bien le bordel l\u00e0-haut&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>30 mars 2024<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u2019en avais d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 ici l\u2019introduction. 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