{"id":3903,"date":"2024-06-26T15:41:22","date_gmt":"2024-06-26T13:41:22","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3903"},"modified":"2024-06-26T15:41:23","modified_gmt":"2024-06-26T13:41:23","slug":"notes-de-lecture-61","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3903","title":{"rendered":"NOTES DE LECTURE (61)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/illustration394-853x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3905\" width=\"578\" height=\"694\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/illustration394-853x1024.jpg 853w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/illustration394-250x300.jpg 250w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/illustration394-768x922.jpg 768w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/illustration394-1279x1536.jpg 1279w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/illustration394-1332x1600.jpg 1332w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/illustration394-999x1200.jpg 999w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/illustration394-750x900.jpg 750w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/illustration394-500x600.jpg 500w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/illustration394-25x30.jpg 25w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/illustration394.jpg 1519w\" sizes=\"(max-width: 578px) 100vw, 578px\" \/><figcaption>La lectrice (mise en abyme). S\u00e9rie de Jacques Vincent, photographe.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>JUAN JOS\u00c9 SAER \u2013 <em>L\u2019OCCASION<\/em> \u2013 Points \/ Seuil.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On avait d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 de l\u2019Argentin la fois d\u2019avant et de ses romans \u00e9tranges et styl\u00e9s. C\u2019est ici l\u2019histoire de Bianco (qui se faisait appeler Burton en Angleterre), un Argentin se disant n\u00e9 \u00e0 Malte et parlant trois langues qui a un certain succ\u00e8s en tordant des cuillers et autres ustensiles dans des salles de spectacle. Un Uri Geller en 1865, ann\u00e9e de la fin de la guerre de s\u00e9cession.<\/p>\n\n\n\n<p>Bianco d\u00e9teste les rationalistes et les positivistes et il tient pour l\u2019esprit qui commande la mati\u00e8re. \u00c0 Paris, un journaliste lui joue un tour et il est ridiculis\u00e9 dans un grand th\u00e9\u00e2tre. Par ailleurs, la Prusse lui fait des \u0153illades car ses capacit\u00e9s pourraient servir dans une guerre imminente contre la France.<\/p>\n\n\n\n<p>Vex\u00e9 et mortifi\u00e9 par sa m\u00e9saventure londonienne, Bianco veut repartir en Argentine mais, auparavant, il recrute des paysans en Sicile qu\u2019il am\u00e8ne avec lui dans la Pampa. L\u00e0, il \u00e9pouse Gina et a pour ami Lopez Garay, un m\u00e9decin fils d\u2019une riche famille de latifundiaires dont le cadet n\u2019est autre qu\u2019une brute sadique passant son temps \u00e0 br\u00fbler les r\u00e9coltes des p\u00e9ons pour favoriser l\u2019\u00e9levage. L\u2019\u00e9ternelle histoire des barbel\u00e9s dans la prairie. Lopez Garay qui a aussi commis une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre sur la Nativit\u00e9 o\u00f9 les rois mages font toutes les \u00e9tables et toutes les h\u00f4telleries sans rien trouver.<\/p>\n\n\n\n<p>La pampa est d\u00e9crite comme un non-lieu, un d\u00e9sert o\u00f9 tout se perd dans la monotonie et l\u2019immensit\u00e9, les hommes, les femmes englu\u00e9es dans un plateau sans fin qui pourrait \u00eatre l\u2019image d\u2019une fin du monde. Mais Bianco a d\u2019autres soucis, victime d\u2019une jalousie parano\u00efaque lorsqu\u2019il soup\u00e7onne Lopez Garay de l\u2019avoir tromp\u00e9 avec Gina. Bianco boit de plus en plus et il finit par se persuader qu\u2019il n\u2019est pas le p\u00e8re de l\u2019enfant qu\u2019attend Gina. C\u2019est Lopez Garay le p\u00e8re, \u00e0 n\u2019en point douter.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un village de la pampa, un jeune prodige accomplit des proph\u00e9ties qui se r\u00e9alisent. Il s\u2019appelle Waldo et est issu d\u2019une famille dysfonctionnelle o\u00f9 le p\u00e8re violait ses filles avant d\u2019\u00eatre assassin\u00e9 par l\u2019a\u00een\u00e9 des fils. Bianco est int\u00e9ress\u00e9 par Waldo en qui il voit une confirmation de ses th\u00e9ories, mais il sombre dans une apathie morbide quand son ami Lopez Garay meurt de la fi\u00e8vre jaune et que sa femme va accoucher.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019est pas le p\u00e8re, il en est s\u00fbr et, apr\u00e8s son p\u00e9riple europ\u00e9en et sa carri\u00e8re de gaucho, il se perd dans la prostration et la folie.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa pr\u00e9face, Jean-Didier Wagner, ancien critique litt\u00e9raire de<em> Lib\u00e9ration,<\/em> voit dans ce roman une m\u00e9taphore de l\u2019Argentine qui aurait pu \u00eatre une puissance moderne gr\u00e2ce \u00e0 son agriculture et \u00e0 ses ressources, mais qui a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 la magie et l\u2019occultisme au froid r\u00e9alisme europ\u00e9en et \u00e0 sa technologie.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est toujours en tout cas de r\u00e9alisme magique qui fait le prix des romans de Saer, digne continuateur des Borg\u00e8s, Sabato et autres Bioy Casares.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019une de mes grandes d\u00e9couvertes de l\u2019ann\u00e9e, avec un style flamboyant, des fulgurances po\u00e9tiques et des consid\u00e9rations philosophiques ambitieuses. Bref, un r\u00e9gal de suivre ce centaure de la pampa en proie \u00e0 des tiraillements m\u00e9taphysiques. On dit que les footballeurs argentins sont les meilleurs du monde, les \u00e9crivains aussi, allez savoir&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>JOHN IRVING \u2013 <em>LA QUATRI\u00c8ME MAIN<\/em> \u2013 Le Seuil.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>John Irving a \u00e9t\u00e9 un \u00e9crivain am\u00e9ricain tr\u00e8s \u00e0 la mode dans les ann\u00e9es 1980 avec des best-sellers comme <em>Hotel New Hampshire<\/em> ou <em>Le monde selon Garp<\/em>. Brillant universitaire bon chic bon genre, on dit qu\u2019il se destinait \u00e0 la lutte avant d\u2019embrasser le dur m\u00e9tier d\u2019\u00e9crivain \u00e0 succ\u00e8s. La lutte y aura perdu ce que la litt\u00e9rature y aura gagn\u00e9. Encore que&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u2019histoire de Patrick, un journaliste play-boy plein de ma\u00eetresses et donc \u00e0 la vie conjugale compliqu\u00e9e qui se fait bouffer une main par un lion \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un reportage dans un zoo en Inde. Jusque-l\u00e0 on suit mais apr\u00e8s \u00e7a se complique. Irving prend beaucoup de plaisir \u00e0 entrem\u00ealer les histoires de son chirurgien qui finit par \u00e9pouser sa bonne, d\u2019un chauffeur-routier supporter d\u2019une \u00e9quipe de base-ball du Wisconsin volontaire pour donner sa main apr\u00e8s sa mort (justement, il meurt vite) et de l\u2019\u00e9pouse de ce-dernier qui veut absolument un enfant de Patrick pour pouvoir ch\u00e9rir en lui la main de son d\u00e9funt mari.<\/p>\n\n\n\n<p>On a aussi une dame qui lui reproche son m\u00e9tier de vedette de la t\u00e9l\u00e9-poubelle \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019un de ces reportages sur l\u2019avion \u00e9cras\u00e9 dans lequel a trouv\u00e9 la mort le petit-fils de Kennedy. Et puis des journalistes, des secr\u00e9taires, des maquilleuses et des coiffeuses qu\u2019il embroche \u00e0 la cha\u00eene. Mais la greffe ne tient pas et, quelques mois plus tard, l\u2019homme au lion redevient manchot. Une infirmit\u00e9 qui ne met pas un terme \u00e0 sa vie sexuelle d\u00e9brid\u00e9e. Bien au contraire.<\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 ce que, on l\u2019aura devin\u00e9, il tombe amoureux de la veuve et la suit dans son Wisconsin natal, jusqu\u2019\u00e0 supporter l\u2019\u00e9quipe de football dont elle ne rate pas un match, en m\u00e9moire de son v\u00e9ritable et seul amour, feu son mari.<\/p>\n\n\n\n<p>Bon, on ne va pas d\u00e9tailler plus car on a d\u00e9j\u00e0 une f\u00e2cheuse impression de d\u00e9layage avec ces pr\u00e8s de 400 pages futiles et sans grand int\u00e9r\u00eat. Un mauvais roman qui se donne des allures de com\u00e9die am\u00e9ricaine mais qui n\u2019est qu\u2019un exercice de style ennuyeux. M\u00eame la critique de la t\u00e9l\u00e9-poubelle am\u00e9ricaine, de son voyeurisme et de son go\u00fbt du crapoteux ne sort pas des clich\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Et \u00e7a se veut plein d\u2019un humour subtil bien en phase avec les travers de la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine. Il faut \u00eatre bien l\u00e9ger et frivole pour rire \u00e0 \u00e7a. Cela ne vaut m\u00eame pas un sourire.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand on pense qu\u2019un \u00e9crivain comme Irving a \u00e9t\u00e9 adul\u00e9 par toutes les r\u00e9dactions des grands hebdomadaires fran\u00e7ais des ann\u00e9es 1980 \u2013 <em>le Nouvel Observateur<\/em> en t\u00eate \u2013 on se dit que quelque chose ne tourne pas rond dans la r\u00e9publique des lettres.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais bon, j\u2019arr\u00eate l\u00e0 le massacre car on va encore me dire que tout cela n\u2019est que l\u2019amertume d\u2019un \u00e9crivaillon non publi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fait, la quatri\u00e8me main, c\u2019est le membre fant\u00f4me apr\u00e8s la greffe \u00e9chou\u00e9e, la troisi\u00e8me \u00e9tant celle qui avait \u00e9t\u00e9 greff\u00e9e et les deux autres \u00e9tant celles d\u2019origine. Toujours important de comprendre un titre, \u00e0 d\u00e9faut de comprendre le reste. L\u2019ai-je bien descendu&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>ANDR\u00c9 GIDE \u2013 <em>LES NOURRITURES TERRESTRES<\/em> \u2013 Gallimard \/ Le livre de poche.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On passe sans transition \u00e0 Gide, longtemps pr\u00e9sident incontest\u00e9 de cette r\u00e9publique des lettres si d\u00e9cri\u00e9e aujourd\u2019hui. Un aust\u00e8re protestant qui a d\u00e9couvert son homosexualit\u00e9 et a choisi de vivre en h\u00e9doniste, en homme heureux, tout en restant homme de foi.<\/p>\n\n\n\n<p>On se souvient aussi que son <em>Prom\u00e9th\u00e9e mal encha\u00een\u00e9 <\/em>avait en partie figur\u00e9 dans l\u2019<em>Anthologie de l\u2019humour noir <\/em>compil\u00e9e par Andr\u00e9 Breton. Pas si aust\u00e8re que \u00e7a, le Gide. On se souvient aussi de ses meilleurs romans&nbsp;: <em>Les faux monnayeurs<\/em> ou ce superbe <em>Les caves du Vatican<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>On a ici des lettres \u00e9crites par l\u2019auteur pour un certain Nathana\u00ebl et on parle beaucoup d\u2019un certain M\u00e9nalque, jouisseur inv\u00e9t\u00e9r\u00e9. Le propos de Gide est de s\u2019\u00e9baubir devant les merveilles de la vie. Une sorte de saintet\u00e9 de la beaut\u00e9 des choses qui fait toujours r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Dieu, un Dieu qui finit par se confondre avec le grand tout, un peu comme chez Spinoza voyant Dieu partout, et nulle part&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est en fait un long po\u00e8me en prose o\u00f9 Gide recense les beaut\u00e9s de tous les endroits travers\u00e9s. Au Maghreb surtout, \u00e0 la suite de<em> L\u2019immoraliste<\/em>. Il se voue \u00e0 ses \u00e9veils, ses sensations, ses \u00e9motions, ses d\u00e9sirs, ses \u00e9lans. Pour lui, tous les malheurs de l\u2019homme viennent d\u2019une r\u00e9flexion excessive et d\u2019une rationalit\u00e9 qui ne fait qu\u2019emp\u00eacher ces pr\u00e9sences au monde quasi mystiques. Des po\u00e8mes en prose ou en vers qui ont tous en commun d\u2019\u00eatre panth\u00e9istes, telluriques, bucoliques. L\u2019extase&nbsp;! On pense \u00e0 Mallarm\u00e9 et aux symbolistes.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a du Nietzsche dans ces textes, mais aussi du religieux, des Soufis musulmans aux bouddhistes zen en passant par le Tao\u00efsme et l\u2019Hindouisme. Y\u2019 en aura pour tout le monde&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Sartre avait brocard\u00e9 ces <em>Nourritures terrestres <\/em>en faisant remarquer que son M\u00e9nasque ne disait rien aux ouvriers, aux opprim\u00e9s et, partant, que le mode de vie pr\u00f4n\u00e9 par Gide \u00e0 travers son personnage niait compl\u00e8tement les conditions sociales d\u2019existence. \u00ab&nbsp;La condition humaine doit \u00eatre plus supportable \u00e0 Neuilly qu\u2019\u00e0 Billancourt&nbsp;\u00bb, disait-il \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 Camus (et \u00e0 Malraux).<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est vrai, et certaines de ces pages font un peu \u00ab&nbsp;ravi de la cr\u00e8che&nbsp;\u00bb, mais, apr\u00e8s tout, on peut \u00eatre sensible \u00e0 cette vision de la vie et du monde d\u00e9barrass\u00e9e du contingent, de la culpabilit\u00e9, des cadres familiaux (c\u2019est l\u00e0 qu\u2019on trouve le fameux \u00ab&nbsp;familles je vous hais&nbsp;\u00bb), de la soci\u00e9t\u00e9, des conformismes\u2026 C\u2019est un peu l\u2019Idiot de Dosto\u00efevski \u2013 le prince Michkine &#8211; et puis, un Henry Miller, en mystique contrari\u00e9, a d\u00e9j\u00e0 exp\u00e9riment\u00e9 ces \u00e9tats de gr\u00e2ce proches de la folie et du d\u00e9lire. Miller et, apr\u00e8s lui, toute la Beat Generation. Une sacr\u00e9e descendance.<\/p>\n\n\n\n<p>On n\u2019est pas dans ces sortes d\u2019exc\u00e8s avec Gide qui reste sobre jusque dans l\u2019exaltation (son c\u00f4t\u00e9 protestant), mais on a l\u00e0 un bel hymne \u00e0 la vie qui rend gr\u00e2ce \u00e0 la beaut\u00e9 du monde. On s\u2019en tiendra \u00e0 \u00e7a, sans partager les convictions religieuses et les \u00e9lans mystiques. Allez, on l\u2019aime plut\u00f4t bien Gide, conn\u00e9table des lettres et chef de file d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration d\u2019\u00e9crivains, ceux des ann\u00e9es 1920 &#8211; 30, soit les Paulhan, Malraux, Val\u00e9ry, Jouhandeau, Guilloux, Martin Du Gard et on en passe.<\/p>\n\n\n\n<p>Un monument de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise, le Gide. Apr\u00e8s la Bible de G\u00e9d\u00e9on, celle de Gide tout court.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>PETER MAY \u2013<em> LES DISPARUES DE SHANGHAI<\/em> \u2013 \u00c9ditions du Rouergue.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00c9cossais Peter May est loin de faire partie de mes polareux favoris, mais c\u2019est encore un livre trouv\u00e9 dans une bo\u00eete et \u00e0 cheval donn\u00e9\u2026 J\u2019avais n\u00e9anmoins appr\u00e9ci\u00e9 ses <em>Fugueurs de Glasgow,<\/em> truff\u00e9s de r\u00e9f\u00e9rence au rock. Mais d\u2019autres m\u2019avaient tellement d\u00e9\u00e7u\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>En tout cas, ce n\u2019est pas ce livre qui nous inclinera \u00e0 changer d\u2019avis \u00e0 son sujet. De quoi s\u2019agit-il ici&nbsp;? Les cadavres de 18 femmes ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9es dans un chantier de travaux publics \u00e0 Shanghai. Un autre \u00e0 P\u00e9kin a subi les m\u00eames s\u00e9vices et le m\u00eame mode op\u00e9ratoire, si l\u2019on ose dire (incision en triangle et ablation d\u2019organes vitaux). L\u2019inspecteur Li enqu\u00eate, aid\u00e9 de son adjointe et d\u2019une l\u00e9giste venue de Chicago dont il est amoureux. On insiste d\u2019ailleurs entre la rivalit\u00e9 amoureuse entre les deux femmes \u2013 la Chinoise et l\u2019Am\u00e9ricaine \u2013 pour les beaux yeux de Li. Toutes ces filles sont d\u00e9socialis\u00e9es et des d\u00e9tails de leurs corps permettent d\u2019identifier leur profession. S\u2019ensuit une enqu\u00eate interminable dans les diff\u00e9rents milieux (ateliers de couture, bo\u00eetes de nuit, op\u00e9ra\u2026) qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 cens\u00e9es fr\u00e9quenter.<\/p>\n\n\n\n<p>On soup\u00e7onne d\u2019abord un \u00e9tudiant en m\u00e9decine accessoirement aide chirurgien qui arrondit ses fins de mois en faisant le concierge sur le chantier. Fausse piste. Sans vouloir divulg\u00e2cher comme on dit maintenant, on s\u2019oriente vers un gigantesque trafic international d\u2019organes organis\u00e9 par un mandarin chef de clinique et bien plac\u00e9 au Parti. \u00c0 la fin, Li confondra les criminels dont un repr\u00e9sentant du P.C local \u2013 Hu \u2013 qui avait eu besoin des services de la clinique pour son \u00e9pouse.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est bavard, plein de remplissage et hyper-document\u00e9. Trop, beaucoup trop. On a l\u2019impression que May a pris des cours de sinologie, de m\u00e9decine l\u00e9gale, de gastronomie chinoise et de chirurgie, entre autres. Les remerciements en fin d\u2019ouvrage vont d\u2019ailleurs dans le sens de cette interpr\u00e9tation.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est plein de clich\u00e9s sur la Chine &#8211; la Chine de l\u2019enfant unique, les Chinois qui redoutent par-dessus tout de perdre la face, la politesse affect\u00e9e qui cache le ressentiment, une soci\u00e9t\u00e9 qui a vendu son \u00e2me au business et au capitalisme d\u2019\u00c9tat\u2026 Et May n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 se montrer un farouche adversaire de l\u2019avortement devenu quasiment industriel avec la politique de l\u2019enfant unique. Bien s\u00fbr, on dira qu\u2019il fait parler l\u2019un de ses personnages, mais on a tellement le sentiment que c\u2019est lui qui parle.<\/p>\n\n\n\n<p>On a souvent l\u2019impression de perdre son temps \u00e0 lire ces 470 pages qui auraient facilement pu \u00eatre contenues dans \u00e0 peine la moiti\u00e9. Mais May fait durer ses dialogues \u00e0 plaisir et multiplie les personnages tous plus st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s les uns que les autres. Il a pass\u00e9 beaucoup de temps \u00e0 Shanghai et a multipli\u00e9 les contacts avec des personnalit\u00e9s locales qui lui ont prodigu\u00e9 moult conseils et il a d\u00fb s\u2019entretenir avec tous les expatri\u00e9s anglo-saxons que compte la ville. La belle affaire&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est sans doute le prix du r\u00e9alisme mais on s\u2019en fout un peu car le talent manque et May n\u2019est pas David Peace, Jake Arnott ou Ian Rankin. Juste un auteur de polar de second rayon, d\u00e9pourvu de style et dont la vision du monde et de l\u2019humanit\u00e9 est sans la moindre originalit\u00e9, \u00e0 part les bons sentiments qui triomphent des m\u00e9chants assoiff\u00e9s de pouvoir et d\u2019argent.<\/p>\n\n\n\n<p>Bon, on va s\u2019empresser de remettre ce livre dans la bo\u00eete o\u00f9 on l\u2019avait trouv\u00e9, \u00e0 d\u00e9faut de la poubelle.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ai-je bien descendu&nbsp;? (deuxi\u00e8me partie).<\/p>\n\n\n\n<p><em>7 avril 2024<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>JUAN JOS\u00c9 SAER \u2013 L\u2019OCCASION \u2013 Points \/ Seuil. On avait d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 de l\u2019Argentin la fois d\u2019avant et de ses romans \u00e9tranges et styl\u00e9s. C\u2019est ici l\u2019histoire de Bianco (qui se faisait appeler Burton en Angleterre), un Argentin se disant n\u00e9 \u00e0 Malte et parlant trois langues qui a un certain succ\u00e8s en tordant&#8230;<\/p>\n<div class=\" [&hellip;]\"><a href=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3903\">Read More <i class=\"os-icon os-icon-angle-right\"><\/i><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3905,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[31,42],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3903"}],"collection":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3903"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3903\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3907,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3903\/revisions\/3907"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3905"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3903"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3903"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3903"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}