{"id":3956,"date":"2024-08-14T19:48:54","date_gmt":"2024-08-14T17:48:54","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3956"},"modified":"2024-08-14T19:48:55","modified_gmt":"2024-08-14T17:48:55","slug":"fond-de-pierre-rock-bottom","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3956","title":{"rendered":"FOND DE PIERRE (ROCK BOTTOM)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/illustration405.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3958\" width=\"580\" height=\"782\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/illustration405.jpg 444w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/illustration405-222x300.jpg 222w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/illustration405-22x30.jpg 22w\" sizes=\"(max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><figcaption>Robert Wyatt, portrait de l&rsquo;artiste en barde malicieux.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Fin juillet 1974, soit il y a 50 ans, Robert Wyatt, connu pour \u00eatre l\u2019ex-batteur de Soft Machine, sortait un album \u00e9trange, fascinant, magique&nbsp;: <em>Rock bottom<\/em>. Sans \u00eatre un inconditionnel du Progressive rock et de l\u2019\u00e9cole de Canterbury, ce disque m\u2019avait accompagn\u00e9 de nombreux mois, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019obsession, avec des bribes de sonorit\u00e9 et des r\u00e9verb\u00e9rations musicales qui me remontaient en t\u00eate comme dans un r\u00eave \u00e9veill\u00e9. Je n\u2019ai plus r\u00e9\u00e9cout\u00e9 ce disque depuis lors, sauf aujourd\u2019hui et, si la magie n\u2019op\u00e8re plus de la m\u00eame fa\u00e7on, le caract\u00e8re hallucin\u00e9 et fulgurant de ce chef-d\u2019\u0153uvre demeurera pour toujours.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019avais achet\u00e9 le disque en septembre 1974, sur la foi d\u2019une critique dithyrambique parue dans <em>Rock &amp; Folk<\/em> sous la plume, je crois me souvenir, de Paul Alessandrini. J\u2019allais pouvoir \u00e9couter<em> Rock bottom<\/em> tous les jours, plusieurs fois par jour m\u00eame, puisque le bureau de Poste o\u00f9 j\u2019avais commenc\u00e9 ma r\u00e9sistible carri\u00e8re professionnelle \u00e9tait en gr\u00e8ve illimit\u00e9e. Cette fameuse gr\u00e8ve de La Poste qui dura pr\u00e8s de deux mois, en octobre et novembre 1974, apr\u00e8s qu\u2019un sous-secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat e\u00fbt d\u00e9clar\u00e9 avec morgue que le tri \u00e9tait un travail d\u2019idiots. Les idiots par milliers se r\u00e9voltaient contre le Giscardisme d\u00e9crisp\u00e9 apr\u00e8s le premier choc p\u00e9trolier, la d\u00e9sindustrialisation, l\u2019apparition du ch\u00f4mage de masse et les premi\u00e8res menaces de privatisations des T\u00e9l\u00e9coms. Nos camarades des T\u00e9l\u00e9communications ne criaient-ils pas d\u00e9j\u00e0 ce slogan&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;ITT, Thomson, n\u2019auront pas les T\u00e9l\u00e9coms&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;; ITT qui avait pris une bonne part dans le Golp\u00e9 chilien de Pinochet en boycottant le cuivre, premi\u00e8re ressource d\u2019un pays socialiste maintenant sous la botte des militaires d\u2019extr\u00eame-droite soutenus par la CIA.<\/p>\n\n\n\n<p>La petite musique de Robert Wyatt ne parlait pas de cela, ou pas explicitement du moins. Elle venait me hanter sous la forme d\u2019un murmure lancinant, d\u2019une plainte feutr\u00e9e. L\u2019ex-batteur de Soft Machine, pr\u00e9sent jusqu\u2019au troisi\u00e8me (double) album en 1970 et y gravant le superbe \u00abMoon In June&nbsp;\u00bb sur toute une face, avait pris ses distances d\u2019avec Michael Ratledge et Hugh Hopper, derniers soutiers de la machine molle. Sur 3rd, chacun avait pu s\u2019exprimer sur une face enti\u00e8re, d\u00e9mocratiquement, m\u00eame si Ratledge en avait deux, un peu plus \u00e9gal que les autres, mais c\u2019est la face de Wyatt qui emportait l\u2019adh\u00e9sion pour un double album passablement ennuyeux. On n\u2019\u00e9tait loin des \u00e9lans surr\u00e9alistes des deux premiers albums et des compositions lunaires de Kevyn Ayers pour un pensum proche du Jazz-rock, \u00e0 moins que ce ne f\u00fbt du Free-jazz.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour la suite, Wyatt avait sorti <em>The end of an ear<\/em> en 1970, la fin d\u2019une ann\u00e9e ou la mort d\u2019une oreille, puisqu\u2019il \u00e9tait devenu sourd. Un disque convaincant avec le gratin de l\u2019\u00e9cole dite de Canterbury&nbsp;: David Sinclair (Caravan), Elton Dean (Just Us) et Marc Charig, cornettiste ayant travaill\u00e9 sur des albums de King Crimson. D\u00e9j\u00e0, les vocalises de Robert Wyatt impressionnaient par leur aspect plaintif, lancinant, comme autant de chants tristes, d\u00e9sincarn\u00e9s. Un long morceau de Gil Evans figurait en deux parties sur ce disque original orient\u00e9 Free-jazz.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis ce fut Matching Mole (la Taupe qui matche, qui co\u00efncide\u2026), jeu de mot bilingue sur La machine molle (Soft Machine)&nbsp;; Wyatt n\u2019avait pas pour rien v\u00e9n\u00e9r\u00e9 Jarry, les pataphysiciens et la pataphysique, \u00ab&nbsp;science des solutions imaginaires qui accorde symboliquement aux lin\u00e9aments les propri\u00e9t\u00e9s des objets d\u00e9crits par leur virtualit\u00e9&nbsp;\u00bb. Comprenne qui peut. Mais la taupe aussi faisait allusion \u00e0 la taupe combattante des Trotskystes et leurs strat\u00e9gies d\u2019entrisme. Car notre homme a toujours eu la t\u00eate politique, ex-gauchiste devenu proche d\u2019un Parti Communiste anglais parmi les plus staliniens du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Matching Mole donc, avec encore David Sinclair et Phil Miller (futur Hatfield And The North, selon un panneau routier qu\u2019on peut lire \u00e0 la sortie de Londres) pour deux albums&nbsp;:<em>Matching Mole<\/em> (1971) et <em>Little red book<\/em> (1972), en r\u00e9f\u00e9rence au <em>Petit livre rouge <\/em>de Mao et avec une pochette inspir\u00e9e du r\u00e9alisme socialiste (\u00e0 la chinoise).<\/p>\n\n\n\n<p>Fini de rire en juin 1973, l\u2019ann\u00e9e terrible o\u00f9 Wyatt, tomb\u00e9 de la fen\u00eatre d\u2019une salle de bains au 4\u00b0 \u00e9tage \u00e0 la suite de la prise d\u2019un mauvais LSD, devient parapl\u00e9gique et incapable de jouer de la batterie, alors qu\u2019il \u00e9tait question d\u2019un troisi\u00e8me album de Matching Mole. Ce sera, \u00e0 la place, <em>Rock bottom<\/em>, cette merveille issue de son subconscient qui fait l\u2019objet de cet article.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y aura un concert de soutien \u00e0 Wyatt au Rainbow Theater avec Pink Floyd et Soft Machine (avec lui), en d\u00e9cembre 1973 et il repartira en studio enregistrer <em>Rock bottom<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Beaut\u00e9, onirisme, \u00e9vanescence&nbsp;; ce disque se distingue par un travail sur le son d\u00fb \u00e0 Roger Mason, batteur du Pink Floyd pr\u00e9pos\u00e9 \u00e0 la production. Difficile de rendre hommage \u00e0 une telle \u0153uvre avec des mots. Sont pr\u00e9sents au Manor Studio (Oxfordshire)&nbsp;: Richard Sinclair, Hugh Hopper, Mike Oldfield, Fred Frith plus la batteuse Laurie Allan et le po\u00e8te humoriste Ivor Cutler. Ce serait dans un \u00e9tat de transe, apr\u00e8s son accident, que Robert Wyatt aurait compos\u00e9 les chansons de cet album.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon lui, le climat sp\u00e9cial du disque ne tient pas \u00e0 l\u2019accident et \u00e0 ses suites, car il avait d\u00e9j\u00e0 les morceaux en t\u00eate lors d\u2019un s\u00e9jour \u00e0 Venise, d\u00e9but 1973, avec la po\u00e9tesse Alfreda Benge qui va devenir son \u00e9pouse. <em>Rock bottom <\/em>para\u00eet chez Virgin le 26 juillet 1974. six morceaux tournant tous autour de six minutes, tous \u00e9crits par Wyatt.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Sea Song&nbsp;\u00bb commence par de discr\u00e8tes touches de piano avec la voix qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve comme sortie d\u2019un brouillard \u00e9pais. Une voix mal assur\u00e9e s\u2019\u00e9chappant d\u2019une myst\u00e9rieuse dentelle instrumentale, avec ces ch\u0153urs a\u00e9riens comme pour souligner la fragilit\u00e9 de l\u2019homme clou\u00e9 au sol. Une voix qui semble crier sur la fin, comme un appel au secours dans le silence \u00e9ternel des espaces infinis, aurait dit Pascal.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;A Last Straw&nbsp;\u00bb fait songer \u00e0 la musique symboliste d\u2019un Debussy ou d\u2019un Ravel avec la voix toujours aussi divagante, mais sur une m\u00e9lodie construite et mutine. La voix s\u2019exprime comme un instrument avant de ressaisir le fil d\u2019une m\u00e9lodie ent\u00eatante, comme un Raga indien avec des guitares en arp\u00e8ge. Le final fait penser \u00e0 des gouttes d\u2019eau qui tombent et rappelle un Satie.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Little Red Riding Hood Hit The Road&nbsp;\u00bb et son intro majestueuse. On pense \u00e0 Steve Reich et \u00e0 ses <em>Four organs<\/em>. Comme des trompettes de tournoi de chevalerie. La voix, cette fois, se confond avec les instruments comme un oiseau hors de sa cage et les cuivres donnent de la grandeur \u00e0 un morceau aux accents tragiques. Wyatt retrouve le sens de la m\u00e9lodie, comme issue de l\u2019inconscient, proche des Beatles de <em>Sgt Pepper\u2019s<\/em> ou du <em>Pipers at the gates of dawn <\/em>du Pink Floyd. Mais c\u2019est vers les stridences du Free-jazz que le morceau nous emm\u00e8ne, avec applaudissements finaux et bribes de conversation. Et les trompettes de la mort en conclusion, submerg\u00e9es par d\u2019\u00e9tranges vocalises. G\u00e9ant.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Alifib&nbsp;\u00bb, ou un certain minimalisme temp\u00e9r\u00e9 par quelques notes de guitare en arp\u00e8ge. On pense au <em>Concerto d\u2019Aranjuez<\/em> sans le soleil d\u2019Espagne. Un orgue ronfle et des sons caverneux se font entendre avant que la voix n\u2019esquisse une m\u00e9lodie triste, hant\u00e9e. On est proche d\u2019un Miles Davis, retenant les sons pour leur donner plus d\u2019expression. Poignant.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Alife&nbsp;\u00bb, son presque homonyme, d\u00e9bute de la m\u00eame fa\u00e7on, comme un po\u00e8me symphonique avec des bruits bizarres comme des cris d\u2019enfants qu\u2019un adulte r\u00e9primande. On croirait un conte pour enfants qui vire au drame quand les cuivres s\u2019enflamment. Quelque part entre Syd Barrett et Stravinsky, avec un solo de saxophone \u00e0 faire trembler les murs de J\u00e9richo. Le piano reprend ses droits, avec toujours ces bruitages de scie ou de canard, comme une cacophonie harmonieuse et inqui\u00e9tante \u00e0 la fois.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Little Red Robin Hood Hit The Road&nbsp;\u00bb reprend les th\u00e8mes d\u00e9j\u00e0 abord\u00e9s, comme une suite, mais d\u00e9dramatis\u00e9e en bouquet final, avec tous les instruments en lice et \u00e0 l\u2019unisson. Un final royal o\u00f9 tout semble enfin s\u2019\u00e9claircir, apr\u00e8s la brume. Le morceau se termine sur une m\u00e9lop\u00e9e celtique, avec une sorte de barde qui prend la voix sur des violons plaintifs. Clarinette et oies sauvages pour finir.<\/p>\n\n\n\n<p>Inutile de parler des textes, Wyatt disant lui-m\u00eame que les mots faisaient partie int\u00e9grante de la musique, n\u2019ayant nul besoin d\u2019\u00eatre traduits.<\/p>\n\n\n\n<p>De cette \u0153uvre magique, on retient la force de vie et la beaut\u00e9 chez un homme \u00e9prouv\u00e9 ayant perdu l\u2019ou\u00efe et la mobilit\u00e9. Une sorte de r\u00e9demption en musique. Toutes les critiques furent \u00e9logieuses, et tous de se demander si cette \u0153uvre e\u00fbt pu \u00e9clore sans le malheur et l\u2019infirmit\u00e9. Une gr\u00e2ce \u00e0 fendre la pierre.<\/p>\n\n\n\n<p><em><u><strong>Rock bottom \u2013 Robert WYATT &#8211; Virgin &#8211; 1974<\/strong><\/u><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>13 juillet 2024<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>PS&nbsp;: Disons tout de suite que John Mayall n\u2019a jamais compt\u00e9 au nombre de mes h\u00e9ros, vieille barbe antipathique du blues anglais qui aura eu le m\u00e9rite de former des g\u00e9n\u00e9rations de jeunes musiciens. On retiendra de lui les trois premiers albums&nbsp;: <em>Bluesbreakers<\/em> (avec Clapton) 1965, <em>A hard road <\/em>(avec Peter Green) 1966 et surtout <em>Crusade <\/em>(avec Mick Taylor) 1967. Autrement, quel ennui&nbsp;! Quoi t\u2019aimes pas le blues&nbsp;? Ben si, justement. Rest in peace, le vieux&nbsp;!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fin juillet 1974, soit il y a 50 ans, Robert Wyatt, connu pour \u00eatre l\u2019ex-batteur de Soft Machine, sortait un album \u00e9trange, fascinant, magique&nbsp;: Rock bottom. 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