{"id":3990,"date":"2024-09-25T15:15:21","date_gmt":"2024-09-25T13:15:21","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3990"},"modified":"2024-09-25T15:15:22","modified_gmt":"2024-09-25T13:15:22","slug":"les-plateaux-du-pere-roustan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3990","title":{"rendered":"LES PLATEAUX DU P\u00c8RE ROUSTAN"},"content":{"rendered":"\n<p><em>(CONTREP\u00c8TERIE TR\u00c8S APPROXIMATIVE)<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/illustration409-1.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3992\" width=\"577\" height=\"289\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/illustration409-1.jpeg 474w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/illustration409-1-300x150.jpeg 300w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/illustration409-1-30x15.jpeg 30w\" sizes=\"(max-width: 577px) 100vw, 577px\" \/><figcaption>Didier Roustan au stade, photo L&rsquo;\u00e9quipe, avec leur aimable autorisation (on esp\u00e8re).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Didier Roustan, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 11 septembre, \u00e9tait l\u2019un des piliers du club <em>L\u2019\u00c9quipe <\/em>(dont il \u00e9tait le pr\u00e9sident \u00e0 vie). Il \u00e9tait ce journaliste sportif \u00e9l\u00e9gant, intelligent, romantique et humaniste, amateur de beau jeu et copain des Cantona et Maradona avec lesquels il avait fond\u00e9 un syndicat international de footballeurs. Roustan, c\u2019\u00e9tait l\u2019anti-Thierry Roland et un \u00e9ternel contempteur du football fric et du foot spectacle. Autant dire un dinosaure dans un milieu o\u00f9 r\u00e8gnent en ma\u00eetre la b\u00eatise crasse et le pire chauvinisme. Il \u00e9tait aussi l\u2019anti Pascal Praud, avec lequel il avait d\u00e9but\u00e9 dans <em>T\u00e9l\u00e9 Foot.<\/em> Tout cela valait bien un hommage. Salut Didier&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Didier Roustan \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 Brazzaville, dans le Congo du m\u00eame nom, en 1957. Son p\u00e8re \u00e9tait un fonctionnaire du FMI et sa m\u00e8re, Martiniquaise, journaliste. Les Roustan regagnent la France trois ans plus tard, en 1960, l\u2019ann\u00e9e des ind\u00e9pendances. Destination la C\u00f4te d\u2019Azur, Cannes.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est \u00e0 l\u2019A.S Cannes que le jeune Roustan s\u2019impose en libero de l\u2019\u00e9quipe juniors, c\u00f4toyant les professionnels et promis \u00e0 un bel avenir. Il sera renvoy\u00e9 du club pour indiscipline, d\u00e9j\u00e0 turbulent et contestataire. Il aura appris \u00e0 lire dans le <em>Miroir des sports <\/em>de son enfance, un mensuel d\u2019ob\u00e9dience communiste qui lui donnera une culture impressionnante de l\u2019univers du football.<\/p>\n\n\n\n<p>Baccalaur\u00e9at en poche, il participe \u00e0 un concours ouvrant droit \u00e0 un stage de journalisme \u00e0 <em>TF1 <\/em>o\u00f9 il entre comme journaliste sportif en 1978, remarqu\u00e9 par Georges De Caunes. Tr\u00e8s vite, il va devenir un pilier de l\u2019\u00e9mission dominicale<em> T\u00e9l\u00e9 Foot,<\/em> d\u2019abord pr\u00e9sent\u00e9e par Pierre Cangioni puis par Michel Denisot avant Thierry Roland retour de <em>France 2<\/em>. Roustan commente \u00e9galement des matchs de l\u2019\u00e9quipe de France et de Coupe d\u2019Europe des Clubs, et ses commentaires parfois sarcastiques et toujours un peu d\u00e9cal\u00e9s ne sont pas appr\u00e9ci\u00e9s de la profession, m\u00eame s\u2019ils le sont du public. Autant dire que Roustan n\u2019aime pas le football r\u00e9aliste, les statistiques et les supporters bourrins&nbsp;; il ex\u00e8cre par-dessus tout le football fric des vedettes sponsoris\u00e9es et des arrangements \u00e0 la Tapie. Ses mod\u00e8les en football sont le Br\u00e9silien Socrates et l\u2019Argentin Maradona. Tout pour la technique et le beau jeu avec une vision romantique du foot, celui de son enfance.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1987, il quitte <em>TF1<\/em> privatis\u00e9, les Bouygues et les Le Lay pour rejoindre son ami Denisot \u00e0 <em>Canal +<\/em>. Plus de matchs \u00e0 commenter car <em>Canal<\/em> n\u2019a pas encore acquis les droits TV du foot, mais une \u00e9mission de sport, <em>Mag Max<\/em>, avec des reportages tout terrain sur le sport, pas que sur le football.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une courte p\u00e9riode de ch\u00f4mage (il faut savoir que Roustan en conna\u00eetra plus d\u2019une, toujours exigeant quand \u00e0 ses employeurs et peu enclin aux concessions), il entre au service des sports d\u2019<em>Antenne 2<\/em> rebaptis\u00e9<em> France 2<\/em> depuis peu. En dehors du magazine mensuel <em>Terre de foot<\/em>, on pourra le voit sur le plateau de l\u2019\u00e9mission <em>Stade 2<\/em>, encore pilot\u00e9e par Robert Chapatte, et c\u2019est avec \u00c9ric Cantona ou Michel Hidalgo qu\u2019il commentera le Mondial 1994 aux \u00c9tats-Unis. C\u2019est malheureusement la seule Coupe du monde qu\u2019il couvrira pour un grand m\u00e9dia, laissant les suivantes \u00e0 <em>TF1<\/em> et \u00e0 l\u2019in\u00e9vitable Thierry Roland.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9anmoins, il couvrira encore deux coupes du monde, celle de 1998 pour <em>Sport O\u2019FM<\/em>, avec Yves Bigot et celle de 2006 pour des cha\u00eenes du groupe <em>Canal.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>En 1995, il prend langue avec la cr\u00e8me des footballeurs rebelles, \u00c9ric Cantona et Diego Maradona en t\u00eate \u2013 pour cr\u00e9er un syndicat international des footballeurs professionnels, l\u2019AIFP. Des joueurs, cap\u00e9s ou non, qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent contre le march\u00e9 aux esclaves des transferts, le r\u00f4le des agents de joueur, la marchandisation de leur sport, s\u2019\u00e9levant aussi contre le racisme, la violence et le sexisme qui lui sont trop souvent consubstantiels. Une cabale men\u00e9e par les instances du football international (<em>FIFA, UEFA<\/em>) en lien avec les syndicats nationaux de joueurs, en particulier l\u2019<em>UNFP<\/em> fran\u00e7aise, fera capoter l\u2019initiative en faisant pression sur les \u00e9quipes et sur les joueurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours anim\u00e9 des m\u00eames intentions rebelles et humanistes, il va cr\u00e9er en 2003 l\u2019association <em>Foot Citoyen<\/em> avec Ars\u00e8ne Wenger, l\u2019entra\u00eeneur embl\u00e9matique des Gunners d\u2019Arsenal. Il s\u2019agit encore de lutter contre les fl\u00e9aux conjugu\u00e9s du racisme et de la violence dans les stades. Une belle initiative que reprendront sous d\u2019autres formes des joueurs comme Lilian Thuram ou Vikaj Dhorassoo. Roustan aura \u00e9t\u00e9, une fois de plus, pr\u00e9curseur.<\/p>\n\n\n\n<p>La carri\u00e8re de Didier Roustan n\u2019aura pas \u00e9t\u00e9 un long fleuve tranquille, et ses engagements jug\u00e9s politiques \u2013 assur\u00e9ment ils le sont \u2013 lui vaudront d\u2019\u00eatre \u00e9cart\u00e9 des terrains pendant un an, au ch\u00f4mage. On le retrouve, modestement, \u00e0 <em>L\u2019\u00e9quipe TV <\/em>en 1999, dans le cadre d\u2019un talk-show avec Karim Nedjari et Pierre Men\u00e8s, alors sp\u00e9cialiste du football anglais.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Roustan a la bougeotte et ne se contente jamais de situations assises. Entre 2004 et 2007, il travaille pour <em>TV5 Monde<\/em>, d\u2019abord en commentateur de matchs de coupes d\u2019Europe, puis en fin analyste des rencontres de Ligue 1. Retour \u00e0 la cha\u00eene <em>L\u2019\u00c9quipe<\/em> qui aura toujours toutes les tendresses pour lui et sa nostalgie d\u2019un football romantique o\u00f9 des gentlemen avaient le souci du beau jeu. Il sera chroniqueur attitr\u00e9 \u00e0<em> L\u2019\u00e9quipe du soir<\/em>, <em>L\u2019\u00e9quipe week-end <\/em>et, on l\u2019a dit, pr\u00e9sident (\u00e0 vie) du <em>C<\/em><em>lub L\u2019\u00e9quipe.<\/em> Il aura aussi sur cette m\u00eame cha\u00eene un blog vid\u00e9o visible r\u00e9guli\u00e8rement sur le site du journal.<\/p>\n\n\n\n<p>En plus de la t\u00e9l\u00e9vision, Roustan fera profiter les auditeurs d\u2019<em>Europe 1 <\/em>puis de <em>RTL<\/em> de sa belle voix chaude et de sa vision originale du football. D\u2019abord <em>Europe<\/em>, o\u00f9, en 2008 et 2009, il anime le <em>Roustan Football Club<\/em> avant de devenir consultant dans l\u2019\u00e9mission d\u2019Alexandre Delperier <em>Europe 1 foot<\/em>. Il reviendra sur cette station en 2017 pour <em>Y\u2019a pas p\u00e9no<\/em>, une autre \u00e9mission de football anim\u00e9e par Thomas Thouroude. Elle sera vite interrompue, faute d\u2019audience.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2010, on le retrouve \u00e0 <em>O.M TV<\/em>, la cha\u00eene de l\u2019Olympique de Marseille o\u00f9 il se contente d\u2019animer les avants et les apr\u00e8s matchs, avec force interviews autour du terrain et dans les vestiaires. Pourtant, Roustan n\u2019a jamais vraiment \u00e9t\u00e9 un supporter de l\u2019O.M, plut\u00f4t nostalgique des grandes heures de l\u2019OGC Nice ou de l\u2019A.S Monaco, mais surtout fan du beau jeu o\u00f9 qu\u2019il se trouve.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s <em>Europe 1<\/em>, ce sera<em> RTL<\/em>, entre 2017 et 2019. Dans le cadre de l\u2019\u00e9mission d\u2019Eug\u00e8ne Saccomano <em>On refait le match<\/em>, Roustan pique la place du sinistre Pascal Praud&nbsp; avec, entre autres consultants, Jean-Michel Larqu\u00e9, Vincent Duluc ou Karim Nedjari. Le principe de l\u2019\u00e9mission fera flor\u00e8s dans l\u2019audiovisuel fran\u00e7ais, soit une discussion de caf\u00e9 du commerce entre sp\u00e9cialistes avec force \u00e9clats de voix, formules lapidaires, engueulades surjou\u00e9es et provocations \u00e0 deux balles. On le sent moyennement \u00e0 l\u2019aise dans l\u2019exercice et il peut retourner sous des cieux plus cl\u00e9ments, soit \u00e0 <em>L\u2019\u00c9quipe TV, <\/em>la seule t\u00e9l\u00e9vision qui lui ouvrira toujours ses portes. L\u00e0, il aura toujours une place r\u00e9serv\u00e9e, en tant que pr\u00e9sident \u00e0 vie du <em>Club L\u2019\u00e9quipe<\/em>, en compagnie de journalistes brillants tels Gregory Schneider de <em>Lib\u00e9ration.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il appara\u00eetra une derni\u00e8re fois sur la cha\u00eene le 22 juin de cette ann\u00e9e, d\u00e9j\u00e0 malade et atteint d\u2019un cancer du foie. Didier Roustan aura, parmi d\u2019autres distinctions, re\u00e7u le prix de l\u2019association des \u00e9crivains sportifs, en 2015.<\/p>\n\n\n\n<p>Il avait sorti un livre sur sa carri\u00e8re de journaliste sportif et sur ses conceptions originales du football&nbsp;: <em>Puzzle<\/em>, sorti en 2023 aux \u00e9ditions Marabout, la vieille maison sise \u00e0 Verviers (Belgique) qui a souvent enchant\u00e9 nos adolescences.<\/p>\n\n\n\n<p>Journaliste atypique \u00e0 rebours des r\u00e8gles du m\u00e9tier, individu libre et g\u00e9n\u00e9reux nostalgique d\u2019un football romantique, belle \u00e2me \u00e9prise de justice et de fraternit\u00e9, Didier Roustan est mort dans la nuit du 10 au 11 septembre. Parmi le concert de louanges, on retiendra l\u2019hommage rendu par son pote de toujours, \u00c9ric Cantona, rebelle comme lui&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;<\/em><em>g<\/em><em>rande tristesse d\u2019apprendre la mort de Didier Roustan. C\u2019\u00e9tait pour moi le plus grand journaliste sportif. Intelligent, vif avec un grand sens de l\u2019image&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019un de ses livres, Charles Bukowski \u00e9crivait qu\u2019il n\u2019y avait rien de plus con qu\u2019un journaliste sportif (dixit). Disons que Didier Roustan \u00e9tait l\u2019exception qui confirme la r\u00e8gle.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est qu\u2019on l\u2019aimait bien, Didier.<\/p>\n\n\n\n<p><em>12 septembre 2024<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(CONTREP\u00c8TERIE TR\u00c8S APPROXIMATIVE) Didier Roustan, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 11 septembre, \u00e9tait l\u2019un des piliers du club L\u2019\u00c9quipe (dont il \u00e9tait le pr\u00e9sident \u00e0 vie). Il \u00e9tait ce journaliste sportif \u00e9l\u00e9gant, intelligent, romantique et humaniste, amateur de beau jeu et copain des Cantona et Maradona avec lesquels il avait fond\u00e9 un syndicat international de footballeurs. Roustan, c\u2019\u00e9tait&#8230;<\/p>\n<div class=\" [&hellip;]\"><a href=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=3990\">Read More <i class=\"os-icon os-icon-angle-right\"><\/i><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3992,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[40,32],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3990"}],"collection":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3990"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3990\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3994,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3990\/revisions\/3994"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3992"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3990"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3990"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3990"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}