{"id":4074,"date":"2024-11-28T15:12:18","date_gmt":"2024-11-28T14:12:18","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4074"},"modified":"2024-11-28T15:12:18","modified_gmt":"2024-11-28T14:12:18","slug":"neeskens-johan-le-second","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4074","title":{"rendered":"NEESKENS : JOHAN LE SECOND"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"http:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/illustration422-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4075\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/illustration422-768x1023.jpg 768w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/illustration422-225x300.jpg 225w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/illustration422-675x900.jpg 675w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/illustration422-450x600.jpg 450w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/illustration422-23x30.jpg 23w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/illustration422.jpg 800w\" sizes=\"(max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption>Johan Neeskens, en orange. Une bonne gueule qui nous change un peu des tatou\u00e9s et des ras\u00e9s d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Photo Wikipedia<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Johan Neeskens est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Alger le 6 octobre 2024. Joueur fin et inspir\u00e9, il \u00e9tait l\u2019arch\u00e9type du milieu d\u00e9fensif moderne, aussi \u00e0 l\u2019aise dans ses interceptions que dans ses relances. L\u2019autre Johan (avec Cruyff) qui, durant de longues ann\u00e9es, aura \u00e9t\u00e9 un titulaire indiscutable de l\u2019Ajax Amsterdam et de la s\u00e9lection n\u00e9erlandaise dont il \u00e9tait le pilier. L\u2019Oranje m\u00e9canique. L\u2019occasion de se souvenir du grand Ajax des ann\u00e9es Cruyff \u2013 Neeskens (1969 \u2013 1974), tous les deux exil\u00e9s au Bar\u00e7a avant les \u00c9tats-Unis et ultime retour au pays.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord Neeskens avant de passer \u00e0 l\u2019Ajax, \u00e0 la tornade rouge. Il d\u00e9bute dans le club de sa ville natale, Heemstede, avant que d\u2019\u00eatre recrut\u00e9 \u00e0 19 ans \u00e0 l\u2019Ajax Amsterdam. L\u2019Ajax est le nouveau grand d\u2019Europe, taillant des croupi\u00e8res aux Madril\u00e8nes, aux Munichois, aux Mancuniens et aux Milanais.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le football total, option d\u00e9fendue par Rinus Michels, son entra\u00eeneur et qui sera maintenue par Stefan Kovacs par la suite. Football total, \u00e7a veut dire que les joueurs ne restent pas cantonn\u00e9s \u00e0 leur poste de pr\u00e9dilection, mais que tout le monde attaque lorsqu\u2019il faut attaquer, et que tout le monde d\u00e9fend lorsqu\u2019il s\u2019agit de d\u00e9fendre. Ainsi, les arri\u00e8res lat\u00e9raux peuvent se transformer en vrais ailiers quand les attaquants se retrouvent parfois en d\u00e9fense. Le r\u00f4le des milieux de terrain s\u2019en trouve renforc\u00e9 car eux sont partout, en d\u00e9fense centrale comme \u00e0 la pointe de l\u2019attaque. Johan Neeskens est ce ces joueurs-l\u00e0 et, avec les fr\u00e8res Muhren et Haan, il compose un milieu virevoltant, chatoyant et diablement efficace.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec cet Ajax-l\u00e0, Neeskens remportera deux championnats et deux coupes des Pays-Bas, trois Coupes d\u2019Europe des clubs champions, une Super-coupe d\u2019Europe et une coupe Intercontinentale, en seulement quatre ans de pr\u00e9sence.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1974, soit un an apr\u00e8s son ami Johan Cruyff, il part au Bar\u00e7a mais il aura du mal \u00e0 s\u2019imposer dans une \u00e9quipe loin d\u2019\u00eatre p\u00e9n\u00e9tr\u00e9e des fulgurances tactiques des Michels et Kovacs. Il remporte quand m\u00eame tardivement une Coupe d\u2019Europe des vainqueurs de coupe et une Coupe du roi, comp\u00e9tition qui oppose chaque ann\u00e9e le vainqueur du championnat \u00e0 celui de la coupe. Un maigre bilan. N\u00e9anmoins, les supporters catalans le baptiseront \u00ab&nbsp;Segon Johan&nbsp;\u00bb, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Cruyff, soit Johan le second.<\/p>\n\n\n\n<p>Il quitte le Bar\u00e7a \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970 pour poser ses valises aux \u00c9tats-Unis, \u00e0 Ellis Island et \u00e0 New York. Plus exactement le Cosmos de New York, club phare du Soccer am\u00e9ricain cr\u00e9\u00e9 par les fr\u00e8res Ertegun, propri\u00e9taires du label Atlantic. Les Turcs n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 casser leur tirelire en recrutant les plus grands joueurs europ\u00e9ens, m\u00eame si pas au mieux de leur forme et accusant le poids des ans&nbsp;: Neeskens mais aussi Beckenbauer, Rijsbergen, Chinaglia. Europ\u00e9ens puis Sud-am\u00e9ricains avec Pel\u00e9, Carlos Alberto ou le Colombien Cabanas. Une dream team avant la lettre o\u00f9 m\u00eame Cruyff viendra jouer quelques matchs exhibition avant de partir pour Los Angeles rejoindre George Best.<\/p>\n\n\n\n<p>Neeskens se distingue dans la grosse pomme par son abattage physique et la qualit\u00e9 de son jeu, \u00e9ternelle dynamo, infatigable, pour permettre aux artistes de s\u2019exprimer \u00e0 leur meilleur. Mais il n\u2019est pas un porteur d\u2019eau pour autant, lui dont le bagage technique est impressionnant.<\/p>\n\n\n\n<p>Il jouera au Cosmos de 1979 \u00e0 1984 avant de retourner au pays, \u00e0 Groningen o\u00f9 il \u00e9voluera au milieu des ann\u00e9es 1980 puis encore aux \u00c9tats-Unis, en fin de carri\u00e8re&nbsp;: Thunder du Minnesota d\u2019abord, puis Fort Lauderdale (Floride) avant de terminer sur les rotules en Suisse, comme un exil\u00e9 fiscal, \u00e0 Baar puis \u00e0 Zoug. Un globe-trotter du ballon rond.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec les Oranje, ce seront 49 s\u00e9lections entre 1970 et 1981 pour un total de 17 buts, pas si mal pour un milieu de terrain. Deux finales de Coupe du monde (1974 et 1978) o\u00f9 les N\u00e9erlandais devaient \u00e0 chaque fois l\u2019emporter n\u2019\u00e9taient la guigne et l\u2019arbitrage et une troisi\u00e8me place \u00e0 l\u2019Euro 1976.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme entra\u00eeneur, Neeskens d\u00e9bute en Suisse o\u00f9 il avait jou\u00e9 les prolongations de sa carri\u00e8re de footballeur. Puis c\u2019est l\u2019Allemagne et le Singen 04 avant retour au pays natal \u00e0 Nim\u00e8gue. Il terminera en Afrique du Sud au Mamelodi Sundowns, un club de la banlieue de Pretoria.<\/p>\n\n\n\n<p>Jusque la fin des ann\u00e9es 1960, le club phare des Pays-Bas \u00e9tait sans conteste le Feyenoord de Rotterdam, vainqueur de la Coupe d\u2019Europe des clubs champions aux d\u00e9pends du Celtic Glasgow en 1970 et collectionnant les titres de champion des Pays-Bas et de vainqueur de la coupe.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, l\u2019Ajax a d\u00e9j\u00e0 fait parler de lui avec un parcours int\u00e9ressant en Coupe des villes de foire (future coupe de l\u2019UEFA) et avec une victoire remarqu\u00e9e contre le Liverpool F.C de Bill Shankly en 1967 pour un quart de finale de Coupe d\u2019Europe des clubs champions. Les lutins de l\u2019Ajax ridiculisent les Reds (5 \u00e0 1 \u00e0 Amsterdam et 2-2 \u00e0 Anfield Road). L\u2019\u00e9crivain David Peace d\u00e9crit ce match comme un cauchemar avec un \u00e9pais brouillard pour une rencontre que l\u2019arbitre menace plusieurs fois d\u2019interrompre. (David Peace \u2013 <em>Rouge ou mort <\/em>\u2013 Rivages).<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est d\u00e9j\u00e0 l\u2019\u00e9mergence du grand Ajax, cette \u00e9quipe qui sera compl\u00e8te pour jouer une finale perdue, deux ans plus tard, contre le Milan A.C des Rivera, Rosato, Prati ou Riva. L\u2019exp\u00e9rience a parl\u00e9, mais le monde du football s\u2019accorde pour reconna\u00eetre que les jeunes n\u00e9erlandais ont \u00e9t\u00e9 meilleurs. C\u2019est un peu leur drame \u00e0 ce stade&nbsp;: un football l\u00e9ch\u00e9, une technique redoutable, une condition physique qui ferait p\u00e2lir d\u2019envie les footballeurs des pays de l\u2019est, mais pas vraiment de sch\u00e9ma tactique rigoureux et une certaine na\u00efvet\u00e9 qui les emp\u00eachent de percer le plafond de verre.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sera chose faite en 1971 avec deux victoires en demi-finale contre l\u2019Athletico de Madrid et une premi\u00e8re Coupe d\u2019Europe obtenue contre les Grecs du Pantathinaikos. Le 11 de l\u2019Ajax ne bougera plus&nbsp;: Stuy dans les buts, Suurbier \u2013 Hulshof \u2013 Blankenberg et Krol en d\u00e9fense, Arnold Muhren, Haan et Neeskens au milieu et, en attaque, Swaarte \u2013 Cruyff et Keizer. Plus des rempla\u00e7ants de luxe comme le cadet des Muhren, Gerrie ou Johnny Rep. L\u2019Ajax remporte la Coupe intercontinentale contre les Argentins de l\u2019Independiente.<\/p>\n\n\n\n<p>Rebelote en 1972 avec la m\u00eame \u00e9quipe. Apr\u00e8s avoir sorti le Bayern et le Real, les terreurs du moment, l\u2019Ajax bat l\u2019Inter de Milan en finale et ridiculise le Milan A.C en Super coupe (6-0) \u00e0 l\u2019aller. Les tifosi milanais d\u00e9testent cet Ajax-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autant que ce n\u2019est pas termin\u00e9 et que c\u2019est encore un club italien qui fait les frais de la tornade rouge. L\u2019Ajax bat la Juventus de Turin en 1973 et remporte sa troisi\u00e8me coupe \u00e0 grandes oreilles. L\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s, il seront battus par le CSKA Sofia en huiti\u00e8mes de finale, mais Cruyff est parti au Bar\u00e7a, Keizer a raccroch\u00e9 les crampons. Puis ce sera l\u2019exode&nbsp;: Neeskens lui aussi au Bar\u00e7a, Arie Haan \u00e0 Anderlecht, Rudy Krol \u00e0 Naples. Plus tard, Suurbier \u00e0 l\u2019A.S Cannes, Rep \u00e0 Bastia avant Saint-\u00c9tienne ou encore Arnold Muhren \u00e0 Ipswich avant Manchester United. Les renforts ne sont pas \u00e0 la hauteur et il faudra une reconstruction totale pour que l\u2019Ajax grimpe encore sur le toit de l\u2019Europe.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord une Coupe de vainqueurs de coupe contre le Lokomotiv Leipzig en 1987 avant une d\u00e9faite en finale contre Malines dans la m\u00eame comp\u00e9tition l\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s. Une finale de l\u2019UEFA perdue avec la r\u00e8gle des buts \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur contre Torino et enfin le retour en gr\u00e2ce avec une victoire en C1 contre le Milan A.C en 1995. Le Milan A.C des Baresi, Maldini, Donadoni et du trio n\u00e9erlandais Rijkgaard, Gullitt et Van Basten. En 1996, l\u2019Ajax sera battu en finale par d\u2019autres italiens, ceux de la Juventus.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Ajax de l\u2019\u00e9poque avec les Van Der Saar, De Boer, Davids, Seedorf, Overmars, Bergkamp ou Kluivert. Une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration qui ferait presque oublier celle des ann\u00e9es 1970. Louis Van Gaal, le sorcier des bancs de touche qui s\u00e9vira au Bar\u00e7a, a remplac\u00e9 les Michels et Kovacs.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019Ajax ne retrouvera plus son lustre et les ann\u00e9es qui suivent seront laborieuses. On verra m\u00eame l\u2019ex grand d\u2019Europe se tra\u00eener dans les profondeurs du classement du championnat n\u00e9erlandais l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. Grandeur et d\u00e9cadence. Mais un renouveau est toujours possible et les talents continuent de pousser sur les rives de l\u2019Amstel.<\/p>\n\n\n\n<p>Une derni\u00e8re anecdote, la rivalit\u00e9 entre Feyenoord et l\u2019Ajax est l\u00e9gendaire aux Pays-Bas et les rouges, blancs et noirs de Feyenoord ont une sale galerie de supporters fascisants qui traitent les Amstellodamois de \u00ab&nbsp;juifs&nbsp;\u00bb, le club ayant \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 par la communaut\u00e9 juive. Ce n\u2019est pas pour rien que les fascistes triomphent l\u00e0-bas. On pr\u00e9f\u00e9rait nettement les lutins chevelus de l\u2019Ajax.<\/p>\n\n\n\n<p><em>26 octobre 2024<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Johan Neeskens est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Alger le 6 octobre 2024. Joueur fin et inspir\u00e9, il \u00e9tait l\u2019arch\u00e9type du milieu d\u00e9fensif moderne, aussi \u00e0 l\u2019aise dans ses interceptions que dans ses relances. 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