{"id":4125,"date":"2025-01-30T15:13:47","date_gmt":"2025-01-30T14:13:47","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4125"},"modified":"2025-01-30T15:13:48","modified_gmt":"2025-01-30T14:13:48","slug":"notes-de-lecture-68","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4125","title":{"rendered":"NOTES DE LECTURE 68"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"597\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/illustration435-597x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4127\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/illustration435-597x1024.jpg 597w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/illustration435-175x300.jpg 175w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/illustration435-768x1318.jpg 768w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/illustration435-895x1536.jpg 895w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/illustration435-1193x2048.jpg 1193w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/illustration435-1165x2000.jpg 1165w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/illustration435-932x1600.jpg 932w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/illustration435-699x1200.jpg 699w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/illustration435-524x900.jpg 524w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/illustration435-350x600.jpg 350w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/illustration435-17x30.jpg 17w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/illustration435-scaled.jpg 1492w\" sizes=\"(max-width: 597px) 100vw, 597px\" \/><figcaption>Le retour de la lectrice (one of those), photo Jacques Vincent, lequel expose actuellement \u00e0 Paris<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>RICHARD PRICE \u2013 <em>THE WHITES<\/em> \u2013 Presses de la cit\u00e9s<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Et encore un Price, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9puisement. Ici, on suit Bill Graves, un flic du Bronx qui manage une \u00e9quipe de nuit apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9trograd\u00e9 \u00e0 la suite d\u2019une fusillade o\u00f9 un enfant a trouv\u00e9 la mort.<\/p>\n\n\n\n<p>On suit l\u2019activit\u00e9 de la brigade dans les premiers chapitres, rien de bien nouveau quand on conna\u00eet Price qui sait nous faire vivre les petites trag\u00e9dies quotidiennes de la rue new-yorkaise.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019affaire prend tournure avec le personnage de Milton Ramos, un ancien flic qui revient parfois faire des extras avec la brigade mais qui est obs\u00e9d\u00e9 par le chauffard ayant tu\u00e9 sa femme et, surtout, par l\u2019adolescente qui a malencontreusement donn\u00e9 le num\u00e9ro d\u2019appartement de son fr\u00e8re, assassin\u00e9 par une bande de dealers. L\u2019adolescente est devenue l\u2019\u00e9pouse de Graves, Carmen, infirmi\u00e8re de son \u00e9tat et la vengeance de Ramos s\u2019instille en harc\u00e8lement discret sur la famille du flic, 25 ans apr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Un \u00ab&nbsp;white&nbsp;\u00bb dans l\u2019argot de la police, c\u2019est un truand qui sort blanc comme neige en d\u00e9pit des forts soup\u00e7ons pesant sur lui. Soit un truand qui nargue les flics en toute impunit\u00e9. Les Wild Geers (oies sauvages) sont une fraternit\u00e9 de la police, une amicale o\u00f9 se rencontrent r\u00e9guli\u00e8rement Graves, Whelan, Yasmeene, Redman et Pavlicek. Certains sont partis \u00e0 la retraite et d\u2019autres ont chang\u00e9 de m\u00e9tier&nbsp;: Redman croque-mort ou Pavlicek agent immobilier. Seul Graves est toujours sur le terrain.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces flics ou ex ont tous leur \u00ab&nbsp;white&nbsp;\u00bb, celui qu\u2019ils n\u2019ont jamais pu coincer malgr\u00e9 une lutte acharn\u00e9e de tous les jours. Bizarrement, ils sont tous ex\u00e9cut\u00e9s les uns apr\u00e8s les autres et, pour ne pas \u00e9veiller les soup\u00e7ons, chacun a pris le white d\u2019un autre. Les hostilit\u00e9s ont d\u00e9but\u00e9 quand l\u2019un d\u2019eux, Pavlicek, a vu son fils s\u2019\u00e9teindre d\u2019une leuc\u00e9mie foudroyante \u00e0 l\u2019h\u00f4pital.<\/p>\n\n\n\n<p>Graves a aussi un white, mais il sera \u00e9pargn\u00e9 car le flic de nuit refuse toute id\u00e9e de vengeance para-l\u00e9gale. Apr\u00e8s une enqu\u00eate serr\u00e9e, il ne d\u00e9noncera pas ses coll\u00e8gues, trop occup\u00e9 \u00e0 sauver son \u00e9pouse de la fureur incontr\u00f4l\u00e9e de Ramos exerc\u00e9e contre sa femme.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux intrigues sont d\u00e9velopp\u00e9es en parall\u00e8le et le rythme est haletant avec des personnages singuliers comme la bonne salvadorienne de Ramos qui lui sert aussi de ma\u00eetresse ou le p\u00e8re de Graves, ancien flic lui aussi atteint d\u2019Alzheimer qu\u2019il se refuse \u00e0 placer en institution.<\/p>\n\n\n\n<p>Autant le dire, on a cependant pas les m\u00eames sensations qu\u2019avec les Price pr\u00e9c\u00e9dents, l\u2019intensit\u00e9 est moins forte, les intrigues moins passionnantes, les personnages moins forts et les pages se tournent plus lentement. Dommage.<\/p>\n\n\n\n<p>Une belle r\u00e9flexion en tout cas sur la vengeance et sur la solidarit\u00e9 entre flics qui se refusent \u00e0 voir triompher le mal. Une qu\u00eate un peu d\u00e9risoire que l\u2019on trouvera aussi exp\u00e9ditive et r\u00e9actionnaire, mais Price n\u2019a rien de politiquement correct et ses flics d\u2019honneur font en tout cas de beaux personnages de roman. C\u2019est l\u2019essentiel avec un type qui nous fait vivre les nuits du Bronx comme si on l\u2019accompagnait dans ses patrouilles. Un cauchemar urbain hyper-r\u00e9aliste. Price is nice&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LIAM MC ILLVANEY \u2013 <em>LES COULEURS DE LA VILLE<\/em> \u2013 M\u00e9taili\u00e9 noir<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec Mc Illvaney, on est plus vraiment dans le roman policier. La collection est dirig\u00e9e par Keith Dixon, syndicaliste et historien du mouvement ouvrier anglais, et ce n\u2019est pas un hasard. Un polar politique disons, plus politique que policier. L\u00e0 o\u00f9 les auteurs de polars ricains n\u2019ont pas vraiment la fibre politique, leurs coll\u00e8gues du Royaume-Uni en font souvent leur toile de fond, et c\u2019est en grande partie ce qui fait leur charme (voir Rankin, Colin Dexter ou le g\u00e9nial David Peace).<\/p>\n\n\n\n<p>Gerry Conway, un journaliste politique d\u2019un grand hebdomadaire de Glasgow en difficult\u00e9 re\u00e7oit un scoop d\u2019un informateur anonyme. Le ministre de la justice du parlement \u00e9cossais \u2013 Peter Lyons \u2013 pressenti pour devenir le premier ministre du parlement \u00e9cossais, a \u00e9t\u00e9 photographi\u00e9 avec des gars de l\u2019UVF, une organisation paramilitaire unioniste irlandaise charg\u00e9e de coups de main contre les catholiques r\u00e9publicains de l\u2019IRA dans les ann\u00e9es 1980. . Un pass\u00e9 que le politicien en vogue essaie de camoufler.<\/p>\n\n\n\n<p>Conway va enqu\u00eater \u00e0 Belfast et, aid\u00e9 par son fixeur pigiste au journal et par un coll\u00e8gue, va tenter d\u2019obtenir des renseignements sur les amis photographi\u00e9s avec Lyons, dont deux ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s. Dans l\u2019un de ces meurtres, Lyons \u00e9tait pr\u00e9sent, comme en t\u00e9moigne la fille de la victime, une fillette \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Un ancien prisonnier unioniste, copain de Lyons, est retrouv\u00e9 mort au fin fond de la salle de boxe qu\u2019il dirige et les soup\u00e7ons s\u2019orientent sur Maitland, un vieux truand \u00e9cossais reconverti en homme de main de Lyons. Maitland trafiquait des armes depuis l\u2019\u00c9cosse et l\u2019Angleterre vers les unionistes irlandais du Nord.<\/p>\n\n\n\n<p>Une intrigue bien men\u00e9e, quoique un peu mince, dont on aurait pu expurger les histoires familiales pour lesquelles on a un int\u00e9r\u00eat moyen. Cela dit, on a \u00e0 faire et un polar intelligent qui en dit autant sur les difficult\u00e9s et les coulisses de la presse papier que sur les traces du conflit irlandais encore visibles \u00e0 la fois en \u00c9cosse et en Irlande du Nord, malgr\u00e9 les accords du vendredi saint qui n\u2019ont pas tout r\u00e9gl\u00e9, loin de l\u00e0. Des t\u00e9moignages insoutenables sur la haine que pouvaient se vouer les factions rivales et des familles bris\u00e9es, des individus sacrifi\u00e9s, des veuves et des orphelins. Une guerre civile men\u00e9e par des fanatiques en vertu de leurs confessions religieuses. La pire des choses.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis, il y a ces descriptions de Glasgow et de Belfast comme si on y \u00e9tait, et qui vous donneraient l\u2019envie d\u2019y aller voir, avec des tas de r\u00e9f\u00e9rence au football et au Blues. Pour Rankin, c\u2019\u00e9tait \u00c9dimbourg avec les Hibernians contre Hearts Of Midlothian&nbsp;; pour Mc Illvaney, c\u2019est Glasgow, Rangers protestants contre Celtic catholiques&nbsp;. Et des cocktails whisky \u2013 bi\u00e8re qu\u2019on aimerait inaugurer. Mais bon, on avoue pr\u00e9f\u00e9rer Rankin, notre Scotsman favori.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>DON WINSLOW \u2013 <em>LA CIT\u00c9 DES R\u00caVES <\/em>\u2013 Harper &amp; Collins Poche<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On ne vous parle pas de tous les livres qu\u2019on peut lire et on vous fera gr\u00e2ce d\u2019un recueil de nouvelles de George Pelecanos (<em>La derni\u00e8re prise)<\/em>, auteur de polar de Washington D.C. Des dialogues ineptes, des personnages sans int\u00e9r\u00eat, des situations convenues et, surtout, des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 des musiques de merde qui forment la bande sonore id\u00e9ale \u00e0 ces nouvelles sans intrigue o\u00f9 l\u2019auteur se croit au-dessus de \u00e7a en alignant lieux communs et banalit\u00e9s sous couvert de flingues, de dope et de baise. Affligeant.<\/p>\n\n\n\n<p>Winslow est \u00e9videmment diff\u00e9rent, mais sa trilogie de la cit\u00e9 (<em>Cit\u00e9 en flammes, Cit\u00e9 des r\u00eaves et Cit\u00e9 <\/em><em>sous les<\/em><em> cendres<\/em>) n\u2019est pas ce qu\u2019il a fait de mieux, quand on compare \u00e0 la trilogie mexicaine et \u00e0 ces grands polars que sont <em>La griffe du chien, Cartel <\/em>ou <em>La fronti\u00e8re<\/em>, des monuments de bruit et de fureur.<\/p>\n\n\n\n<p>On sent la fatigue et <em>La cit\u00e9 des cendres<\/em> sera son dernier livre, Winslow souhaitant \u00e0 se consacrer \u00e0 combattre Trump et son monde pour sauver du chaos l\u2019Am\u00e9rique ou du moins l\u2019id\u00e9e g\u00e9n\u00e9reuse qu\u2019il s\u2019en fait. On ne peut que le regretter tout en lui adressant tous nos encouragements. Il y aura du boulot&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u2019exode et Danny Ryan quitte Providence (Rhode Island) pour la Californie avec son fr\u00e8re et quelques rescap\u00e9s de sa bande, apr\u00e8s la mort de sa femme Terri. Les rapports se sont tendus entre les Italiens et les Irlandais et Danny, en qu\u00eate de r\u00e9demption, a largu\u00e9 40 kilos d\u2019h\u00e9ro\u00efne dans l\u2019Atlantique, pour solde de tous comptes. La mafia est \u00e0 ses trousses ainsi que les cartels mexicains et les f\u00e9d\u00e9raux, d\u2019autant que Ryan a d\u00fb abattre Jardine, en l\u00e9gitime d\u00e9fense, un flic pourri jouant double jeu.<\/p>\n\n\n\n<p>Un glossaire, en d\u00e9but d\u2019ouvrage, pr\u00e9sente tous les personnages et leurs rapports et degr\u00e9 de parent\u00e9. On s\u2019y perd un peu entre les familles irlandaises, les mafieux, les agents du FBI et les chefs de cartels.<\/p>\n\n\n\n<p>Un agent f\u00e9d\u00e9ral propose \u00e0 Ryan de d\u00e9tourner l\u2019argent des trafics d\u2019h\u00e9ro\u00efne de Popeye, un chef de cartel mexicain et il tente le coup, r\u00e9cup\u00e9rant l\u2019argent et b\u00e9n\u00e9ficiant de l\u2019absolution du FBI.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis c\u2019est la deuxi\u00e8me partie, la plus int\u00e9ressante. Un film se tourne \u00e0 Hollywood sur la guerre des gangs de la Nouvelle-Angleterre, entre Irlandais et Italiens. Deux ex de la bande \u00e0 Ryan essaient de racketter l\u2019\u00e9quipe du film, estimant que c\u2019est leur histoire, et Ryan tombe amoureux de Diane Carson, celle qui doit incarner Pamela, sorte de beaut\u00e9 irlandaise admir\u00e9e de tous. Leur amour fait la une des tablo\u00efds et Ryan, ancien truand craignant la lumi\u00e8re, doit y mettre fin. Elle se suicide.<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me partie est un long \u00e9pilogue o\u00f9 Ryan prend en stop une hippie qui l\u2019emm\u00e8ne dans sa communaut\u00e9 du Nevada. Il y est retrouv\u00e9 par un membre du cartel qui l\u2019\u00e9pargne comme lui l\u2019avait \u00e9pargn\u00e9 auparavant. C\u2019est la fin d\u2019une histoire de r\u00e9demption et de pardon sur fond de trag\u00e9die grecque et il n\u2019est pas anodin de trouver des phrases tir\u00e9es de Virgile (<em>L\u2019\u00c9n\u00e9ide<\/em>) avant chaque partie. Danny Ryan finira propri\u00e9taire d\u2019h\u00f4tels de luxe \u00e0 Las Vegas.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est efficace, \u00e9crit serr\u00e9 avec des dialogues au cordeau mais on peut regretter que le r\u00e9cit n\u2019a pas les subtilit\u00e9s de la trilogie mexicaine et, surtout, que les personnages n\u2019aient pas leur profondeur. Trop de truands bas de plafond avec une bite \u00e0 la place du cerveau et le fric comme seul credo. Les femmes ne sont pas meilleures, coca\u00efnomanes ou alcooliques, et toujours nymphomanes. Ryan est un peu l\u00e0 pour sauver l\u2019honneur, mais il est bien seul et c\u2019est ce combat qui le rend attachant, lui l\u2019ancien truand qui succombe sur le tard \u00e0 des bouff\u00e9es de catholicisme irlandais.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il y a tout de m\u00eame cette vision de l\u2019Am\u00e9rique et de sa face obscure, et on sent Winslow partag\u00e9 entre une \u00e9ternelle croyance na\u00efve dans le r\u00eave am\u00e9ricain et un pessimisme foncier quant \u00e0 l\u2019avidit\u00e9, le lucre et l\u2019hubris qui animent le pays, d\u2019o\u00f9 peut-\u00eatre sa croisade anti-Trump. Et, tant qu\u2019il y aura des Danny Ryan pour la faire vivre, la cit\u00e9 des r\u00eaves ne tombera pas. Des Danny Ryan et des Don Winslow.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>ANTHONY BURGESS \u2013 <em>LES PUISSANCES DES T\u00c9N\u00c8BRES<\/em> \u2013 Acropole \/ Le livre de poche. Vol 1 et 2.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce cher vieux Burgess, l\u2019un de mes auteurs favoris. C\u2019est le genre d\u2019\u0153uvres colossales qu\u2019on relit, deux lourds volumes retrouv\u00e9s dans ma biblioth\u00e8que que je ne me rappelle m\u00eame pas avoir d\u00e9j\u00e0 lus. Alzheimer guette&nbsp;; la vieillesse est un naufrage. Le seul avantage, c\u2019est qu\u2019on peut red\u00e9couvrir des livres de cette qualit\u00e9, de cette valeur, sans bourse d\u00e9lier.<\/p>\n\n\n\n<p>Soit un vieil \u00e9crivain homosexuel et ath\u00e9e, Kenneth Toomey, qui f\u00eate ses 80 ans sur l\u2019\u00eele de Malte et \u00e0 qui un archev\u00eaque propose d\u2019\u00e9crire un t\u00e9moignage pour la canonisation d\u2019un pape r\u00e9cemment d\u00e9c\u00e9d\u00e9 qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 conna\u00eetre. Carlo Campanatti, le pape putatif au d\u00e9but du roman, est en fait son beau-fr\u00e8re, puisque Hortense, la s\u0153ur de l\u2019illustre \u00e9crivain, a \u00e9pous\u00e9 le fr\u00e8re du futur pape.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y avait un roman de Roland Topor qui s\u2019intitulait <em>M\u00e9moires d\u2019un vieux con<\/em>, et l\u2019analogie n\u2019est peut-\u00eatre pas appropri\u00e9e, si ce n\u2019est dans cet \u00e9crivain qui a connu tout ce qui compte dans le domaine des arts et des lettres (et pas que). C\u2019est aussi une histoire du XX\u00b0 si\u00e8cle qui nous est cont\u00e9e l\u00e0 avec ironie et une distanciation toute britannique. Burgess est \u00e0 la fois th\u00e9ologien, philologue, linguiste, historien, musicologue et philosophe. On sait qu\u2019il poss\u00e9dait une dizaine de langues et qu\u2019il connaissait toutes les religions dans leurs moindres subtilit\u00e9s. Le mot \u00ab&nbsp;g\u00e9nie&nbsp;\u00bb n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 pour lui, mais il en est un, sans conteste.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le premier tome, on suit avec plaisir le grand \u00e9crivain \u2013 qui pourrait \u00eatre un Somerset Maugham ou un Graham Greene \u2013 des Cornouailles \u00e0 New York en passant par Londres, la Sardaigne, Milan, Paris (le Paris des ann\u00e9es 20), la Malaisie (o\u00f9 son ami m\u00e9decin trouve la mort \u00e0 la suie d\u2019un sortil\u00e8ge, le \u00ab&nbsp;sortil\u00e8ge malais&nbsp;\u00bb?), San Francisco et Chicago o\u00f9 un autre fr\u00e8re du pr\u00e9lat a \u00e9t\u00e9 agress\u00e9 mortellement. C\u2019est aussi une r\u00e9flexion sur le mal. Des personnages hauts en couleur, des dialogues \u00e9tincelants et une \u00e9rudition permanente, sid\u00e9rante.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le second volume, on suit le futur pape Carlo en proie aux fascistes dans l\u2019Italie de Mussolini alors que la crise de 29 a pouss\u00e9 nombre d\u2019Am\u00e9ricains au suicide et que Toomey est employ\u00e9 comme sc\u00e9nariste \u00e0 Hollywood, l\u00e0 o\u00f9 son beau-fr\u00e8re compose des musiques de film. Beau-fr\u00e8re plus pour longtemps, puisque sa s\u0153ur, soup\u00e7onn\u00e9e de le cocufier, le quitte. Direction New York avec son fr\u00e8re et les jumeaux, avant, pour Toomey, l\u2019Allemagne nazie o\u00f9 on l\u2019a invit\u00e9. Un festival de cin\u00e9ma o\u00f9 est pr\u00e9sent\u00e9 un film tir\u00e9 de l\u2019un de ses romans, avec Lenni Riefenstahl et la c\u00e9r\u00e9monie d\u00e9bute par un long discours de Goebbels. La m\u00e8re des Campanatti lui transmet des t\u00e9moignages sur la barbarie nazie mais elle est ex\u00e9cut\u00e9e alors qu\u2019elle veut assassiner Himmler, et Toomey passe pour avoir sauv\u00e9 le nazi.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis c\u2019est la guerre, et Toomey doit s\u2019occuper du fils d\u2019un prix Nobel autrichien pers\u00e9cut\u00e9 par les nazis. Sauf que le Nobel \u2013 Strehler \u2013 ne veut pas partir, malgr\u00e9 le faux passeport qu\u2019on lui propose, et attend de pied ferme les SS.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Allemagne a d\u00e9clar\u00e9 la guerre \u00e0 l\u2019Angleterre, Toomey est arr\u00eat\u00e9 et Strehler d\u00e9port\u00e9. Pour \u00eatre libre, Toomey doit accepter une interview pour les actualit\u00e9s allemandes. Il repasse \u00e0 Milan puis \u00e0 Londres. La guerre fait maintenant rage et les Juifs sont pers\u00e9cut\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Rentr\u00e9 \u00e0 Londres, Toomey est interrog\u00e9 par les services qui l\u2019accusent de complaisance envers les nazis. Il fait l\u2019objet de libelles offensants dans la presse de la part de son ancien amant. Carlo est tortur\u00e9 par les derniers SS cantonn\u00e9s dans une Italie qui se lib\u00e8re. Lui-m\u00eame est lib\u00e9r\u00e9 par des partisans qui torturent \u00e0 leur tour le tortionnaire. La guerre est finie.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est en fait, on l\u2019aura compris, \u00e0 une profonde r\u00e9flexion sur le mal qu\u2019on est convi\u00e9s ici. Le mal ontologique, autant dire le diable et les t\u00e9n\u00e8bres contre le Christ et l\u2019humanit\u00e9 dans une Allemagne poss\u00e9d\u00e9e, hant\u00e9e par les forces du mal. Puis c\u2019est le minist\u00e8re de l\u2019information qui demande \u00e0 Toomey d\u2019\u00e9crire sur cette trag\u00e9die historique apr\u00e8s lui avoir fait visiter les camps. Il est bloqu\u00e9 \u00e0 Londres avec son neveu qui, alors qu\u2019il photographiait la guerre, a perdu son p\u00e8re quand sa m\u00e8re \u00e9tait \u00e9borgn\u00e9e dans le cadre de ses travaux de sculpture.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis c\u2019est New York, chez sa s\u0153ur qui vit avec sa servante noire, Doty. La famille a pay\u00e9 un lourd tribut \u00e0 la guerre et leur fr\u00e8re \u2013 Tom Toomey \u2013 y a aussi trouv\u00e9 la mort. Il reprend du service \u00e0 Hollywood avec Ralph, un amant-secr\u00e9taire noir, le fr\u00e8re de Doty. Scenarii et conf\u00e9rences derechef avec son ex beau-fr\u00e8re qui lui propose d\u2019\u00e9crire un op\u00e9ra et un Carlo de plus en plus proche de la papaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ensuite l\u2019Afrique, Marrakech et Tanger dans ce roman-monde. Et encore les USA apr\u00e8s Londres o\u00f9 il est fait un proc\u00e8s \u00e0 Toomey pour avoir pr\u00e9sent\u00e9 un Christ homosexuel. L\u2019homosexualit\u00e9 qui, avec le mal, est le th\u00e8me r\u00e9current de ce livre. Mais avant Malte, c\u2019est Milan o\u00f9 il assiste \u00e0 l\u2019adaptation hollywoodienne de son op\u00e9ra sur Saint-Nicolas qui fait scandale \u00e0 la Scala. Soup\u00e7onn\u00e9 de connivences avec l\u2019\u00e9crivain comme de sympathies marxistes, Carlo est grill\u00e9 pour le Saint-si\u00e8ge et s\u2019effondre en pleine hom\u00e9lie. Il n\u2019en meurt pas et retrouve Toomey au casino de Monte-Carlo. Sera-t-il pape&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Au conclave de 1958, le pape \u00e9lu meurt d\u2019une crise cardiaque et c\u2019est Carlo qui prend la tiare. S\u2019ensuit une tourn\u00e9e am\u00e9ricaine o\u00f9 le nouveau pape part \u00e0 la conqu\u00eate de l\u2019Am\u00e9ricain moyen. C\u2019est dr\u00f4le.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque chapitre am\u00e8ne ses surprises et Ralph est devenu haut-fonctionnaire d\u2019une dictature africaine alors que le neuve de Toomey, dans le cadre de ses \u00e9tudes anthropologiques, s\u2019int\u00e9resse aux tribus primitives du m\u00eame pays. Une ma\u00eetrise parfaite de l\u2019art du roman.<\/p>\n\n\n\n<p>On passe rapidement sur les ann\u00e9es 1960 et 1970. Toomey ne comprend plus les jeunes g\u00e9n\u00e9rations, \u00e0 commencer par sa propre famille. Il ne comprend plus un monde dont il se sent progressivement \u00e9vinc\u00e9, comme en visite, jamais de plain-pied. C\u2019est touchant. Seul persiste le mal, sous d\u2019autres formes, et cette homosexualit\u00e9 en inad\u00e9quation avec les dogmes de sa foi chr\u00e9tienne. Il est jur\u00e9 au festival de Cannes lorsqu\u2019il apprend l\u2019assassinat de John et de sa compagne par des terroristes en m\u00eame temps que sa petite ni\u00e8ce s\u2019est enr\u00f4l\u00e9e dans une secte. Autrement, c\u2019est une adaptation au cin\u00e9ma de son Socrate, un roman de jeunesse et un incroyable Bloom Bloom Tralala, d\u2019apr\u00e8s l\u2019Ulysse de Joyce. Puis il va secourir sa filleule et le gourou le fait passer pour un satyre. Une secte dans le d\u00e9sert Mojave entre Waco et la Manson Family.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin c\u2019est la mort du pape Gr\u00e9goire 17, soit Carlo, retour d\u2019URSS et il demande un dernier entretien avec Hortense, la s\u0153ur de Toomey. Godfrey Manning, le gourou de la secte, incite ses fid\u00e8les au suicide avant d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9. \u00c0 Malte, on lui apprend que le couple d\u2019anthropologues est mort dans un rituel religieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Un roman en spirale, puisqu\u2019il revient \u00e0 la premi\u00e8re sc\u00e8ne de ses 80 ans. Son nouvel amant Geoffrey est parti. \u00c0 Malte, il se fait agresser dans une ruelle et \u00e7a ressemble \u00e0 son Orange m\u00e9canique. Geoffrey lui envoie le r\u00e9sultat d\u2019une enqu\u00eate men\u00e9e \u00e0 Chicago sur Carlo qui y a fait des miracles. Le miracul\u00e9 n\u2019est autre que le gourou God Manning\u2026 Sancto subito&nbsp;! Le m\u00eame pr\u00eatre lui confie que Carlo a voulu s\u2019entretenir avec sa s\u0153ur avant de mourir pour lui dire qu\u2019elle l\u2019aimait. Le fr\u00e8re et la s\u0153ur se retrouvent dans les Cornouailles de leur enfance et ils dormiront dans le m\u00eame lit. Miracle aussi que ce livre, et on avale goul\u00fbment ses 1300 pages. Burgess is god&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>SAN ANTONIO \u2013 <em>TOUT LE PLAISIR EST POUR MOI <\/em>\u2013 Fleuve noir<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Encore un vieux San Antonio trouv\u00e9 dans la bo\u00eete. Vieux car il date de 1959, une bonne ann\u00e9e. Pour le fan incorrigible que je suis, c\u2019est \u00e0 la fin des ann\u00e9es 50 que Dard \/ San Antonio trouve son rythme de croisi\u00e8re et les volumes des ann\u00e9es 60 et 70 sont de loin les meilleurs. Avant, c\u2019est pas encore tout \u00e0 fait \u00e7a avec des maladresses et des polars qui font un peu trop Simonin, Le Breton, Giovanni. Pas assez de fantaisie. Apr\u00e8s, \u00e0 partir des ann\u00e9es 80, c\u2019est un peu trop d\u00e9lirant et surtout trop cul pour choquer le bourgeois.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est mon avis et je le partage. On a ici une jolie femme \u2013 Genevi\u00e8ve Coras &#8211; qui s\u2019adresse au commissaire pour sauver de la guillotine un jeune homme qu\u2019elle pr\u00e9tend \u00eatre son amant et le couple \u00e9tait soi-disant en train de s\u2019\u00e9battre au moment du vol de bijoux ayant donn\u00e9 lieu \u00e0 l\u2019assassinat du bijoutier Coras. Elle fabrique un alibi pour le futur d\u00e9capit\u00e9, Meyssonnier, et San Antonio n\u2019a qu\u2019une nuit pour trouver des \u00e9l\u00e9ments nouveaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Une nuit folle qui emm\u00e8ne San-A et B\u00e9ru \u00e0 Neauphle-le-Chateau (Seine et Oise \u00e0 l\u2019\u00e9poque), pas encore connue pour avoir abrit\u00e9 l\u2019ayatollah Khomeini. B\u00e9ru a des lointains cousins dans le village. C\u2019est dans une villa \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la ferme que se trouve la cl\u00e9 de l\u2019\u00e9nigme. Meyssonnier, depuis sa cellule, s\u2019est converti au christianisme et il attend une mort l\u00e9gale devant lui faire expier sa jeunesse dissolue.<\/p>\n\n\n\n<p>La Genevi\u00e8ve est une coca\u00efnomane dont le fourgue n\u2019est autre que Meyssonnier. Ils ne sont pas amants mais subissent le chantage d\u2019un avocat marron bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 extorquer du fric au bijoutier qui se rebiffe, d\u2019o\u00f9 le meurtre. On ne va pas continuer \u00e0 r\u00e9sumer l\u2019intrigue qui n\u2019a qu\u2019une importance relative dans les San Antonio. Juste des pr\u00e9textes pour savourer le texte et son feu d\u2019artifice d\u2019inventions verbales, de situations cocasses et de bouffonnerie. Inutile de faire l\u2019article, ceux qui liront cette chronique connaissent Fr\u00e9d\u00e9ric Dard et son monde fait d\u2019absurde et d\u2019humour d\u00e9capant et de saine rigolade. Les autres ont tout le temps de le d\u00e9couvrir \u00e0 la faveur d\u2019une brocante.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me souviens avoir fait une \u00e9mission de radio sur l\u2019Am\u00e9rique latine avec, comme invit\u00e9e, Fran\u00e7oise Escarpit, la fille de Robert, l\u2019ancien billettiste du <em>Monde <\/em>qui avait fait une th\u00e8se sur San Antonio. Nous avions \u00e9voqu\u00e9 la m\u00e9moire de son p\u00e8re et celle de Fr\u00e9d\u00e9ric Dard, mort en 2000. Il nous manque et ce ne sont pas les nouveaux humoristes, la plupart path\u00e9tiques et navrants, qui vont nous consoler.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut encore trouver quelques traces du grand Fr\u00e9d\u00e9ric Dard chez des gens comme Guillaume Meurice, Fran\u00e7ois Morel ou dans la s\u00e9rie <em>Kaamelott<\/em>. Des traces seulement, tant \u00e9tait vaste le g\u00e9nie du bonhomme, celui qui pr\u00e9tendait n\u2019\u00eatre que \u00ab&nbsp;le steak-frites&nbsp;\u00bb de la litt\u00e9rature. Et modeste avec \u00e7a&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>PIERRE LEMA\u00ceTRE \u2013 <em>ALEX <\/em>\u2013 Albin Michel \/ Le livre de poche<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Toujours dans la bo\u00eete, m\u00eame si je n\u2019y trouve plus grand-chose et que j\u2019ai d\u00fb retourner \u00e0 la biblioth\u00e8que pour nourrir mon vice impuni, comme disait Claude Roy,&nbsp;: la lecture. De Lema\u00eetre, j\u2019avais lu <em>Au revoir l\u00e0-haut<\/em>, j\u2019allais dire comme tout le monde. Bof. Le bougre a aussi et surtout \u00e9crit des polars qui tiennent la route, dont celui-ci.<\/p>\n\n\n\n<p>Le commissaire Camille Verhoeven complex\u00e9 par sa petite taille, toujours hant\u00e9 par le souvenir de sa femme Ir\u00e8ne, enlev\u00e9e puis assassin\u00e9e, et de sa m\u00e8re, une artiste peintre dominatrice qui ne lui a pas laiss\u00e9 beaucoup de place. Un enl\u00e8vement justement, une jeune femme dont on suit les m\u00e9saventures depuis son rapt jusqu\u2019\u00e0 son placement dans une cage, une fillette \u00e0 la Louis XI, accroch\u00e9e au toit d\u2019un entrep\u00f4t en banlieue. Elle lutte pour sa survie parmi les rats.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enqu\u00eate patine, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019identification d\u2019une camionnette et du ravisseur, Trarieux, le p\u00e8re d\u2019un ex-amant de la dame. L\u2019oiseau s\u2019est envol\u00e9 lorsque les flics d\u00e9barquent et le p\u00e8re, poursuivi par la police, a jet\u00e9 son v\u00e9hicule du haut d\u2019un pont sur l\u2019autoroute. Fin de la premi\u00e8re partie.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout va tr\u00e8s vite ensuite et les chapitres alternent la cavale meurtri\u00e8re de la fille et l\u2019enqu\u00eate de police aupr\u00e8s de ses proches. Six meurtres, tous identiques&nbsp;: cr\u00e2ne fracass\u00e9 par un objet contondant et un flacon d\u2019acide sulfurique dans le cornet. Elle tue ainsi une patronne d\u2019h\u00f4tel libidineuse, un dragueur sensible \u00e0 ses charmes, un chauffeur-routier et une dame qui l\u2019a pris en auto-stop. \u00c0 cela s\u2019ajoutent des crimes anciens avec le m\u00eame mode op\u00e9ratoire, dont celui du fils Trarieux, la premi\u00e8re victime qui l\u2019a connue sous le pr\u00e9nom de Nathalie, avant L\u00e9a, Julia, Laura\u2026 Un pr\u00e9nom par crime, mais le vrai est Alex. Fin du deuxi\u00e8me acte.<\/p>\n\n\n\n<p>Alex est retrouv\u00e9e suicid\u00e9e dans une chambre d\u2019h\u00f4tel apr\u00e8s un dernier m\u00e9fait. Suicid\u00e9e, Verhoeven et ses adjoints n\u2019y croient pas. Les soup\u00e7ons s\u2019orientent vers le demi-fr\u00e8re qui l\u2019aurait viol\u00e9e \u00e9tant enfant et prostitu\u00e9e adolescente. Un sc\u00e9nario machiav\u00e9lique qu\u2019on ne va pas d\u00e9voiler. On en a d\u00e9j\u00e0 trop dit.<\/p>\n\n\n\n<p>On a un personnage de flic attachant poursuivi par ses fant\u00f4mes, des adjoints pittoresques, une intrigue solide et bien charpent\u00e9e et une enqu\u00eate haletante. Bref, un bon polar \u00e0 la Fran\u00e7aise, assez proche de l\u2019univers cruel et pervers d\u2019un Thierry Jonquet. Rien d\u2019exceptionnel non plus, \u00e0 peine meilleur qu\u2019un t\u00e9l\u00e9film policier du genre qu\u2019on a l\u2019habitude de regarder d\u2019un \u0153il distrait.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un peu le probl\u00e8me, l\u00e0 o\u00f9, c\u00f4t\u00e9 am\u00e9ricain, un Richard Price ou un James Lee Burke semblent avoir \u00e9t\u00e9 immerg\u00e9s dans le crime et la violence depuis leur plus jeune \u00e2ge, Lema\u00eetre doit inventer des intrigues compliqu\u00e9es pas toujours cr\u00e9dibles et des personnages de cauchemar pour convoquer l\u2019horreur. C\u2019est le drame du policier fran\u00e7ais et c\u2019est tout ce qui le diff\u00e9rencie de son pendant anglo-saxon, \u00e0 de rares exceptions pr\u00e8s, comme Jean-Patrick Manchette ou Thierry Jonquet justement.<\/p>\n\n\n\n<p>Le ma\u00eetre du myst\u00e8re&nbsp;? On n\u2019allait pas la louper celle-l\u00e0. Trop facile Achille.<\/p>\n\n\n\n<p><em>3 septembre 2024<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>RICHARD PRICE \u2013 THE WHITES \u2013 Presses de la cit\u00e9s Et encore un Price, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9puisement. Ici, on suit Bill Graves, un flic du Bronx qui manage une \u00e9quipe de nuit apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9trograd\u00e9 \u00e0 la suite d\u2019une fusillade o\u00f9 un enfant a trouv\u00e9 la mort. 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