{"id":4144,"date":"2025-01-30T15:42:38","date_gmt":"2025-01-30T14:42:38","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4144"},"modified":"2025-01-30T15:42:39","modified_gmt":"2025-01-30T14:42:39","slug":"route-75","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4144","title":{"rendered":"ROUTE 75"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"846\" height=\"597\" src=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/illustration439.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4146\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/illustration439.png 846w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/illustration439-300x212.png 300w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/illustration439-768x542.png 768w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/illustration439-600x423.png 600w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/illustration439-30x21.png 30w\" sizes=\"(max-width: 846px) 100vw, 846px\" \/><figcaption>document Wikipedia. La nuit o\u00f9 ils ont abaiss\u00e9 le vieux sud&#8230;<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>C\u2019\u00e9tait il y a pile 50 ans. Un nouveau courant musical apparaissait \u00e0 gros sons de guitare dans une Pop music \u00e0 cours d\u2019inspiration. On d\u00e9signa le ph\u00e9nom\u00e8ne sous le titre g\u00e9n\u00e9rique de \u00ab&nbsp;rock du sud&nbsp;\u00bb ou Southern rock en V.O. Apr\u00e8s les musiciens de la Nouvelle-Orl\u00e9ans et le Allman Brothers Band, on avait sous l\u2019impulsion de Al Kooper et des disques Capricorn, une palanqu\u00e9e de groupes et d\u2019artistes issus des quatre coins du vieux Sud, du Old Dixie. Rock, blues, country, soul et boogie m\u00e9lang\u00e9s pour un son original et une musique \u00e9pic\u00e9e. Revue de d\u00e9tail.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au printemps 1975, le Sud est \u00e0 la mode. Pas le midi de la France, mais le Sud des \u00c9tats-Unis. Nino Ferrer chante \u00ab&nbsp;Le Sud&nbsp;\u00bb, Claude Fran\u00e7ois ses magnolias et un inconnu du nom de Billy Swan est en t\u00eate des hit-parades avec \u00ab&nbsp;I Can Help&nbsp;\u00bb. Swan, un petit gars du Missouri, chanteur country et producteur notamment de Tony Joe White ou de Kris Kristofferson \u00e0 Nashville. Maurice Denuzi\u00e8re, ex grand reporter du <em>Monde<\/em>, remporte un succ\u00e8s de librairie avec son<em> Louisiane <\/em>et<em> Autant en emporte le vent <\/em>ressort sur les \u00e9crans. Les Fran\u00e7ais d\u00e9couvrent pour la plupart les magnolias et les bougainvilliers, les bayous de la Louisiane, les steamboats du Mississippi et la cuisine de la Nouvelle-Orl\u00e9ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Le vieux sud anciennement esclavagiste et tout juste sorti du racisme institutionnel apr\u00e8s les lois Jim Crow (tomb\u00e9es seulement en 1964 apr\u00e8s le Civil rights act), nourrit toujours des nostalgies coupables. Un Ku-Klux-Klan encore actif et des politiciens racistes comme George Wallace, candidat \u00e0 la pr\u00e9sidentielle de 1968 t\u00e9moignent de ces temps pas si r\u00e9volus o\u00f9 les lynchages et les pendaisons \u00e9taient monnaie courante.<\/p>\n\n\n\n<p>Beaucoup de pionniers du rock\u2019n\u2019roll avaient leurs racines dans ce sud&nbsp;: Buddy Holly du Texas, Elvis Presley du Mississippi, Jerry Lee Lewis de la Louisiane, Gene Vincent de Virginie ou Little Richard de la Georgie. La Georgie comme Otis Redding pour le Rhythm\u2019n\u2019blues ou encore, pour le m\u00eame genre, James Brown (Caroline du Sud), Joe Tex du Texas ou Sam Cooke de Clarksdale (Mississippi), l\u00e0 o\u00f9 Robert Johnson avait crois\u00e9 le diable au fameux carrefour.<\/p>\n\n\n\n<p>On connaissait moins, dans la musique populaire, les natifs de la Nouvelle-Orl\u00e9ans et leur musique qui devait \u00e0 la fois au Swamp, au Cajun et au folklore vaudou, piano en t\u00eate. Fats Domino mais aussi Allen Toussaint, Professor Longhair et plus tard Mac Rebennac alias Doctor John et ses envol\u00e9es psych\u00e9d\u00e9liques sur des albums aussi inspir\u00e9s que <em>Night tripper <\/em>ou <em>Gris gris. <\/em>C\u2019\u00e9tait la musique de la Louisiane ou, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, de la Nouvelle-Orl\u00e9ans, de Bourbon Street, berceau du jazz traditionnel qui vit aussi les premiers balbutiements du blues.<\/p>\n\n\n\n<p>De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la baie, c\u00f4t\u00e9 Texas, on avait deux natifs d\u2019Austin dont l\u2019une \u2013 Janis Joplin \u2013 faisait rimer blues et acide rock quand l\u2019autre \u2013 Roky Eriksson, mariait psych\u00e9d\u00e9lisme et \u00e9pouvante avec ses 13th Floor Elevators. On \u00e9tait encore loin du rock du sud et de son style particulier \u00e0 base de blues, de rock, de country et de soul music. Un melting pot de toutes les musiques populaires am\u00e9ricaines cuisin\u00e9es dans les chaudrons bouillants du vieux sud, avec souvent l\u2019influence du rock anglais dans ses versions Yardbirds ou Cream, soit une large part faite aux soli de guitare et \u00e0 l\u2019improvisation.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier combo \u00e0 avoir r\u00e9uni ces ingr\u00e9dients est le groupe des fr\u00e8res Allman, Duane et Greg. Des albums remarquables comme ce <em>Idlewild south<\/em> (1970) ou le double <em>Eat a peach<\/em> (1972) o\u00f9 on peut entendre une version distendue du \u00ab&nbsp;There Is A Mountain&nbsp;\u00bb de Donovan enregistr\u00e9e au Fillmore East. Les fr\u00e8res sont de Macon (Georgie), entour\u00e9s de musiciens chevronn\u00e9s comme Berry Oakley ou Dicky Betts. Duane Allman trouvera la mort dans un accident de moto et son fr\u00e8re deviendra le boy-friend de l\u2019actrice Cher, la Cl\u00e9op\u00e2tre du rock. Le Allman Brothers Band aura \u00e9t\u00e9 le pionniers de ce rock du sud dont l\u2019explosion sera favoris\u00e9e par la cr\u00e9ation du label Capricorn Records fond\u00e9 par Al Kooper (ex Dylan, Blues Project ou Blood Sweat &amp; Tears), pas sudiste pour un sous lui, mais juif new-yorkais.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les pionniers, on citera aussi, mais dans un genre diff\u00e9rent, Tony Joe White (du Tennessee) qu\u2019on a pu pr\u00e9senter comme le nouveau Presley \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960 avec des hits comme \u00ab&nbsp;Rainy Night In Georgia&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Save Your Sugar&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Polk Salad Annie&nbsp;\u00bb, ou encore J.J Cale, le loir d\u2019Oklahoma City avec des albums comme <em>Really, Naturally, Okie<\/em> (mon pr\u00e9f\u00e9r\u00e9) ou <em>Troubadour<\/em>. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 la recette du Southern rock, avec tous les ingr\u00e9dients, mais sous une forme volontairement lente, \u00ab&nbsp;laid back&nbsp;\u00bb on dira, avec guitares en demi-teinte et voix de rogomme.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est en 1973 que na\u00eet vraiment le ph\u00e9nom\u00e8ne avec deux groupes importants&nbsp;: Lynyrd Skynyrd et ZZ Top. On ne va pas trop s\u2019attarder sur Lynyrd Skynyrd, de Jacksonville (Floride). Une bande de racistes d\u00e9complex\u00e9s, dont plusieurs ex Hell\u2019s Angels, autour du leader Ron Van Zant. On retiendra d\u2019eux ce \u00ab&nbsp;Sweet Home Alabama&nbsp;\u00bb (sur leur album <em>Second helping <\/em>en 1974) qui \u00e9tait en fait une r\u00e9plique au \u00ab&nbsp;Alabama&nbsp;\u00bb de Neil Young sur <em>Harvest<\/em>. Un titre qui sera controvers\u00e9 pour ses relents racistes dans la nostalgie assum\u00e9e du vieux sud s\u00e9gr\u00e9gationniste. Une bonne partie du combo, dont Van Zant, dispara\u00eetra dans l\u2019accident d\u2019un avion de tourisme lou\u00e9 par eux pour faire, plus rapidement qu\u2019en camion, une soixantaine de dates dans tout le pays. C\u2019\u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment le 20 octobre 1977, ann\u00e9e punk, pas forc\u00e9ment une date \u00e0 comm\u00e9morer.<\/p>\n\n\n\n<p>Le fr\u00e8re cadet de Ron Van Zant \u2013 Donnie \u2013 et le chanteur guitariste Don Barnes, tous deux \u00e9galement de Jacksonville, vont aussi sortir quelques albums estampill\u00e9s \u00ab&nbsp;rock du sud&nbsp;\u00bb sous le nom de 38 Special, fleuron de la marque Smith &amp; Wesson. Rien de bien fameux cela dit.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux barbus de ZZ Top (Billy Gibbons et Dusty Hill guitares) plus le batteur Frank Beard, le seul \u00e0 ne pas porter la barbe malgr\u00e9 son patronyme sont du Texas (Houston et Dallas). Ils se feront conna\u00eetre en Europe avec leur hit de 1973, \u00ab&nbsp;La grange&nbsp;\u00bb, tir\u00e9 de leur album <em>Tres Hombres. Fandango&nbsp;!, <\/em>en 1975, lui fera suite avec une reprise du \u00abJailhouse Rock&nbsp;\u00bb de Lieber et Stoller. Les trois Tops adorent par-dessus tout Presley, B.B King et Jimi Hendrix dont ils reprennent \u00e0 l\u2019envie des plans de guitare dans d\u2019interminables soli pl\u00e9biscit\u00e9s par leurs fans. Il est vrai que le groupe assure sur sc\u00e8ne avec son boogie effr\u00e9n\u00e9 et ses envol\u00e9es de guitare. En d\u00e9pit du d\u00e9c\u00e8s de Hill en 2021, le groupe est toujours en activit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre soci\u00e9taire du label Capricorn, le Marshall Tucker Band a pu incarner un temps la quintessence du rock du sud. Ils viennent de Caroline du Sud (Spartanburg) et ont pris leur nom \u00e0 un vieil accordeur de piano aveugle de leur patelin. Six albums entre 1973 et 1976 dont on retiendra surtout <em>Long hard ride<\/em> (1976) avec la pr\u00e9sence de Charlie Daniels et de John Mc Euen (Nitty Gritty Dirt Band).<\/p>\n\n\n\n<p>Le Charlie Daniels Band justement, le groupe du chanteur violoniste Charles Edwards Daniels de Wilmington (Caroline du Nord). C\u2019est un musicien respect\u00e9 de Nashville \u2013 capitale de la Country \u2013 et il a jou\u00e9 de la basse derri\u00e8re Dylan sur <em>Nashville skyline<\/em> et ses autres albums de la fin des ann\u00e9es 1960. Il joue du violon sur des albums du Marshall Tucker Band et obtient un hit inesp\u00e9r\u00e9 en 1975 avec son groupe pour son \u00ab&nbsp;The South\u2019s Gonna Do It Again&nbsp;\u00bb, hymne du rock sudiste, sur l\u2019album <em>Fire on the mountain<\/em> (1974). Revenu en solo, il prendra une derni\u00e8re fois la lumi\u00e8re avec \u00ab&nbsp;The Devil Went Down To Georgia&nbsp;\u00bb, chanson du film<em> Urban cowboy<\/em> (1979).<\/p>\n\n\n\n<p>Signalons aussi, de Black Oak (Arkansas), et comme son nom l\u2019indique, Black Oak Arkansas, la formation de Jim \u00ab&nbsp;Dandy&nbsp;\u00bb Mangrum. Le groupe a pondu une demi-douzaine d\u2019albums sur la marque Atco, plut\u00f4t orient\u00e9e Soul music, avant de signer lui aussi pour Capricorn pour les albums <em>Race with the devil<\/em> (1977) et <em>I\u2019d rather be sailing<\/em> (1978).<\/p>\n\n\n\n<p>On citera juste pour m\u00e9moire Point Blank, des Texans qui d\u00e9laisseront vite le rock du sud pour s\u2019orienter vers un Hard-rock FM assez banal, comme d\u2019ailleurs Molly Hatchet, \u00e9galement de Jacksonville (Floride). Il devait y avoir un nid\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>On va s\u2019arr\u00eater l\u00e0, m\u00eame si d\u2019autres groupes du sud nous reviennent en m\u00e9moire (Bruce Joyner &amp; The Plantations ou les Black Crowes pour ne citer qu\u2019eux, mais rien \u00e0 voir avec le rock du sud).<\/p>\n\n\n\n<p>Pas \u00e9tonnant si ce courant musical aura eu les honneurs du public au milieu des ann\u00e9es 1970, une p\u00e9riode o\u00f9 le rock conna\u00eetra l\u2019une de ses pires p\u00e9riodes de disette. Le Southern rock sera balay\u00e9, d\u00e8s 1977, par le Punk et les diff\u00e9rentes tendances New wave qui s\u2019ensuivirent, et c\u2019en sera termin\u00e9 des rockers sudistes, de leurs motos, de leurs Stetsons, de leurs barbiches et de leurs insignes glorifiant le vieux sud contre les m\u00e9chants yankees. The night they drove old Dixie down (again).<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>31 d\u00e9cembre 2024<\/strong><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019\u00e9tait il y a pile 50 ans. Un nouveau courant musical apparaissait \u00e0 gros sons de guitare dans une Pop music \u00e0 cours d\u2019inspiration. On d\u00e9signa le ph\u00e9nom\u00e8ne sous le titre g\u00e9n\u00e9rique de \u00ab&nbsp;rock du sud&nbsp;\u00bb ou Southern rock en V.O. 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