{"id":4162,"date":"2025-02-26T17:24:28","date_gmt":"2025-02-26T16:24:28","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4162"},"modified":"2025-02-27T22:06:26","modified_gmt":"2025-02-27T21:06:26","slug":"notes-de-lecture-69","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4162","title":{"rendered":"NOTES DE LECTURE 69"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>DAN FANTE \u2013 <em>R\u00c9GIME SEC<\/em> \u2013 13\u00b0 Note \u00e9ditions<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la famille Fant\u00e9, on conna\u00eet surtout le p\u00e8re, mais on a aussi le fils. Un fils turbulent, comme avait pu l\u2019\u00eatre celui de William S. Burroughs. Les chiens ne font pas des chats.<\/p>\n\n\n\n<p>Le livre est pr\u00e9fac\u00e9 par l\u2019auteur qui raconte ses premiers pas difficiles dans la litt\u00e9rature et la traduction est assur\u00e9e par L\u00e9on Mercadet (le pr\u00e9nom du tu\u00e9 et le nom du tueur), ex-plume de feu <em>Actuel.<\/em> On a ici huit nouvelles qui semblent beaucoup \u00e0 voir avec la vie de l\u2019auteur., lequel se d\u00e9finit comme un \u00ab&nbsp;\u00e9crivain fran\u00e7ais&nbsp;\u00bb puisque seul ce pays s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 ses \u00e9crits. Il n\u2019a pu se pr\u00e9valoir de la gloire de son p\u00e8re dans son propre pays, John Fant\u00e9 n\u2019y ayant jamais \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre et, si peu qu\u2019il l\u2019ait \u00e9t\u00e9, vite oubli\u00e9 en tout cas.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a commence moyen avec <em>Bob le macho<\/em>, un portier d\u2019h\u00f4tel qui arnaque les chauffeurs de taxi. Bruno (c\u2019est son nom tout le long de ces r\u00e9cits) est taxi et prend des clients dans cet h\u00f4tel et \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de L.A. Le macho est battu par sa femme et il est plut\u00f4t tr\u00e8s con. Bruno r\u00eave de se venger de lui pour toutes les ind\u00e9licatesses exerc\u00e9es \u00e0 son endroit comme \u00e0 tous ses coll\u00e8gues. Pas terrible, on va dire.<\/p>\n\n\n\n<p>Du sous Bukowski. \u00c7a se confirme dans<em> Mae West<\/em> o\u00f9 le narrateur, alcoolique, nous raconte son parcours de d\u00e9sintoxication exig\u00e9 par sa copine l\u2019accusant de battre son chien qu\u2019il d\u00e9teste. Il replonge, bien s\u00fbr, et la nouvelle se termine sur un show bien arros\u00e9 en l\u2019honneur de la c\u00e9l\u00e8bre actrice.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>Caveat emptor<\/em>, Bruno le chauffeur de taxi transporte une masseuse perverse d\u2019origine mexicaine, et ses rapports tarif\u00e9s lui valent un herp\u00e8s g\u00e9ant. Moyennement dr\u00f4le.<\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019homme au marbre<\/em>. Notre homme travaille maintenant dans un centre d\u2019appel et il accompagne une coll\u00e8gue pour visiter un appartement. La visite est guid\u00e9e par un couple de bourgeois amateur de marbre rare, et la sc\u00e8ne tourne \u00e0 la partouze.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Princesse<\/em> est le nom d\u2019un python poss\u00e9d\u00e9 par un couple de d\u00e9corateurs d\u2019Hollywood. Le mec est un junky qui finit dans un centre psychiatrique o\u00f9 Bruno est intern\u00e9. Rendu \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019\u00e9pave, il nourrit son serpent avec des petits animaux trouv\u00e9s par petites annonces ou dans des animaleries. \u00c0 vomir.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre fait tailler une pipe par un travelo dans un cin\u00e9ma, Bruno s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019il a perdu sa licence. Il court au service ad\u00e9quat pour en avoir une nouvelle et est pris \u00e0 partie par un type \u00e9norme qui l\u2019\u00e9nerve au plus au poing. Ils en viennent au main. C\u2019est<em> La nouvelle licence<\/em>, aucun int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n\n\n\n<p>Lebobby est son colocataire, lui aussi chauffeur de taxi. Ils font la tourn\u00e9e des bars et l\u2019autre lui raconte des histoires d\u00e9cousues \u00e0 base de cul, de coke et de baise. Les dialogues sont tout aussi d\u00e9cousus et on se noie dans cette histoire \u00e0 dormir debout. La chute, Lebobby a charg\u00e9 le vieux Alvin, un gars plein aux as,et l\u2019a laiss\u00e9 dans son vomi tout en raflant quelques biftons. Bruno d\u00e9sapprouve le vol et, comme Lebobby devait payer l\u2019addition fort de ses dollars tout neufs, il se barre et la laisse \u00e0 Bruno.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, on allait faire ouf, on a <em>Ocean promenade<\/em>, sans conteste la meilleure. Bruno va chercher une femme et sa fille \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Sina\u00ef. La m\u00e8re se meurt d\u2019un cancer du pancr\u00e9as et sa fille est persuad\u00e9e de ne pouvoir vivre sans elle. La fille est \u00e9mouvante dans sa d\u00e9tresse et Bruno en tombe amoureux. Il apprend le lendemain que les deux femmes se sont jet\u00e9es de la fen\u00eatre de leur immeuble et Bruno a re\u00e7u un message de la fille sur son r\u00e9pondeur. Trop tard.<\/p>\n\n\n\n<p>Je parle de ce livre car il s\u2019agit de nouvelles, un genre m\u00e9pris\u00e9 ou en tout cas peu publi\u00e9 dans l\u2019\u00e9dition, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s. Moi qui en \u00e9crit \u00e0 mes moments perdus, je sais qu\u2019il n\u2019est pas facile d\u2019\u00e9crire une histoire courte avec un th\u00e8me, un climat, une intrigue consistante et des personnages bien camp\u00e9s. Dan Fant\u00e9 ne plaide pas en tout cas pour r\u00e9habiliter le genre. Dans la famille Fant\u00e9, on pr\u00e9f\u00e9rait le p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LIAM Mc ILVANNEY \u2013 <em>LE QUAKER<\/em> \u2013 M\u00e9tailli\u00e9 noir<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"984\" src=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/illustration443.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4164\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/illustration443.jpg 1024w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/illustration443-300x288.jpg 300w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/illustration443-768x738.jpg 768w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/illustration443-900x865.jpg 900w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/illustration443-600x577.jpg 600w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/illustration443-30x30.jpg 30w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Liam Mc Ilvanney en s\u00e9ance de signature, photo Wikipedia.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>O\u00f9 l\u2019on reparle de l\u2019\u00c9cossais de Nouvelle-Z\u00e9lande, Liam Mc Ilvanney, ma grande d\u00e9couverte de cet \u00e9t\u00e9, avec Richard Price. Un auteur qu\u2019on nous pr\u00e9sente comme tr\u00e8s politique, sauf que ce roman l\u2019est moins avec retour aux fondamentaux du polar moderne&nbsp;: tueur en s\u00e9rie, organisations criminelles et flics pourris. Dieu merci, on en est pas encore aux tests ADN, \u00e0 la g\u00e9olocalisation, \u00e0 Internet et tutti quanti. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e7a. \u00c0 la place, on a un vieux voyant venu de Rotterdam \u2013 Pete Maertens \u2013 qui voit des grues , un fleuve et un ciel gris. \u00c7a n\u2019aide pas vraiment.<\/p>\n\n\n\n<p>Glasgow 1969. Les flics des affaires criminelles font la gueule car ils n\u2019ont toujours pas coinc\u00e9 Le Quaker, un tueur en s\u00e9rie qui a d\u00e9j\u00e0, depuis 1967, trois meurtres de jeunes filles \u00e0 son actif, tous trois \u00e0 la sortie du m\u00eame dancing. L\u2019ambiance est \u00e0 la ranc\u0153ur et au ressentiment, d\u2019autant que Duncan Mc Cormack a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 par la hi\u00e9rarchie pour secouer les puces de Cochrane et de ses hommes, passablement d\u00e9pit\u00e9s. En fait, il est charg\u00e9 d\u2019un audit, mani\u00e8re \u00e9l\u00e9gante de cl\u00f4turer une affaire inextricable, d\u2019autant qu\u2019on croit Le Quaker mort.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement, on a Alex Paton, un vieux truand exp\u00e9riment\u00e9, qui accepte de faire partie d\u2019une bande de malfrats envisageant le casse d\u2019un salle de vente aux ench\u00e8res, avec la complicit\u00e9 d\u2019une employ\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Au milieu de ces deux r\u00e9cits apparemment sans lien, on a droit aux monologues int\u00e9rieurs post-mortem des trois victimes. La construction, on le voit, est ambitieuse, au risque de brouiller les pistes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Quaker tire son sobriquet de ses impr\u00e9cations de pr\u00eacheur et de son aversion pour la modernit\u00e9, synonyme pour lui de mal. C\u2019est du moins ce qu\u2019a pr\u00e9tendu Nancy Scullion, une fille qui lui a \u00e9chapp\u00e9. Les trois fois, il \u00e9trangle la victime avec son propre collant en laissant sur le corps ce collant et une serviette hygi\u00e9nique, car elles ont leurs r\u00e8gles \u00e0 chaque agression. Un rituel. Le hold-up r\u00e9ussit et Paton se planque en attendant de regagner Londres. Mc Cormack, lui, reprend l\u2019enqu\u00eate avec un regard neuf.<\/p>\n\n\n\n<p>Un polar en tout cas qui vous tient en haleine, avec cette vision d\u2019un Glasgow r\u00e9nov\u00e9 engloutissant l\u2019ancien, ses ruelles et ses cours. Mc Ilvanney tient un peu de Ian Rankin pour les sp\u00e9cificit\u00e9s \u00e9cossaises, mais il se rapproche aussi d\u2019un David Peace pour le climat, l\u2019atmosph\u00e8re. On dit bien se rapproche, car il est encore loin des polars m\u00e9taphysiques litt\u00e9ralement hant\u00e9s de Peace avec son <em>Quatuor du Yorkshire<\/em>. Il n\u2019a pas son style heurt\u00e9, syncop\u00e9, proche parfois de la d\u00e9mence.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis, l\u2019auteur parle si bien de Glasgow qu\u2019on a envie d\u2019y aller et m\u00eame de d\u00e9guster le Haggis, la fameuse panse de brebis farcie moqu\u00e9e nagu\u00e8re par un Jacques Baudouin. Avec un bon Laphroaig&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>JEAN-JACQUES ROUSSEAU \u2013 <em>LES CONFESSIONS <\/em>\u2013 \u00c9ditions Baudelaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce cher vieux Jean-Jacques, philosophe des lumi\u00e8res dont le nom a \u00e9t\u00e9 accol\u00e9 \u00e0 un \u00ab&nbsp;isme&nbsp;\u00bb. L\u2019un des premiers, bien avant Marx, \u00e0 avoir mis au premier plan des valeurs d\u2019\u00e9galit\u00e9 \u2013 voire d\u2019\u00e9galitarisme \u2013 et de justice sociale. Plus en po\u00e8te id\u00e9aliste qu\u2019en \u00e9conomiste r\u00e9volutionnaire. On parle beaucoup, en politique et pas seulement, de Rousseau et de Rousseauisme, mais est-ce qu\u2019on l\u2019a bien lu, ou est-ce qu\u2019on l\u2019a tout simplement lu&nbsp;? Pas s\u00fbr du tout. Nietzsche dira de lui qu\u2019il aura \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;le premier homme moderne&nbsp;\u00bb, \u00e0 savoir sans religion et sans attaches, citoyen du monde \u00e9pris de justice.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Les Confessions<\/em>, c\u2019est un peu sa biographie, tous les \u00e9v\u00e9nements, y compris les moins glorieux, qui ont fait du jeune Jean-Jacques un individu hors norme, d\u00e9vou\u00e9 \u00e0 la cause des plus humbles. Une biographie sous forme de roman picaresque, \u00e0 la mani\u00e8re des m\u00e9moires de Casanova ou du <em>Barry Lyndon<\/em> de Thackeray&nbsp;; de la petite enfance \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9criture grand si\u00e8cle et style un peu ampoul\u00e9, pas toujours d\u2019une grande clart\u00e9 pour le lecteur d\u2019aujourd\u2019hui. Mais quel style&nbsp;! Un maniement de la langue qui se joue de tous les obstacles avec une grande \u00e9loquence. \u00c0 rapprocher du Cardinal de Retz ou d\u2019un Saint-Simon.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa m\u00e8re morte quelques jours apr\u00e8s sa naissance \u00e0 Gen\u00e8ve et son p\u00e8re devant fuir apr\u00e8s une mauvaise querelle, le jeune Jean-Jacques est \u00e9lev\u00e9 par une tante avant d\u2019\u00eatre recueilli par une les Lambercier puis d\u2019\u00eatre livr\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame. Il conna\u00eet sa premi\u00e8re volupt\u00e9 en \u00e9tant fess\u00e9 par Mme Lambercier. Freud aurait du travail avec Jean-Jacques que l\u2019on r\u00e9putera masochiste et parano\u00efaque. La dromomanie est une affection psychiatrique consistant \u00e0 vagabonder, dans l\u2019incapacit\u00e9 de se fixer. Rousseau en \u00e9tait-il victime&nbsp;? On le suit de ville en ville, en Suisse ou en Italie, au service de diverses familles auxquelles il est recommand\u00e9. Il est amoureux d\u2019une dame de Warens qu\u2019il appelle \u00ab&nbsp;maman&nbsp;\u00bb ou plut\u00f4t il l\u2019aime en secret \u2013 tous ses amours sont platoniques et il aime la compagnie des jeunes filles &#8211; et se convertit au catholicisme, issu d\u2019une famille de protestants ayant fui la France. Apr\u00e8s divers m\u00e9tiers, il va se consacrer \u00e0 la musique, sans conna\u00eetre le solf\u00e8ge, et monte \u00e0 Paris chez un autre protecteur. Puis c\u2019est Lyon, toujours la bougeotte. Ce qui frappe dans ce r\u00e9cit, c\u2019est sa na\u00efvet\u00e9 et sa candeur, ne voyant le mal nulle part et toujours pr\u00eat \u00e0 s\u2019\u00e9merveiller de tout. Le bon sauvage&nbsp;? Un innocent&nbsp;? Un id\u00e9aliste, un r\u00eaveur, un romantique jamais \u00e0 l\u2019aise avec le moment pr\u00e9sent et la r\u00e9alit\u00e9, mais ivre de bonheur dans ses pens\u00e9es et dans ses r\u00eaves.<\/p>\n\n\n\n<p>Retour \u00e0 Chamb\u00e9ry, chez maman. Occup\u00e9 comme employ\u00e9 du cadastre, il d\u00e9cide \u00e0 la trentaine d\u2019enseigner la musique et d\u2019en jouer. Il est d\u00e9pucel\u00e9 par \u00ab&nbsp;maman&nbsp;\u00bb &#8211; \u0153dipe roi \u2013 et commence \u00e0 s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la philosophie et \u00e0 la politique par les \u00e9crits de Voltaire. Il tombe malade, ou est-ce de l\u2019hypocondrie, et profite de sa convalescence pour d\u00e9vorer tout ce qui est disponible en philosophie. Rousseau devient Rousseau. D\u2019autant plus qu\u2019il a une aventure en allant se faire soigner \u00e0 Montpellier et que, \u00e0 son retour, \u00ab&nbsp;maman&nbsp;\u00bb l\u2019a remplac\u00e9. Son univers s\u2019effondre. Fin de la premi\u00e8re partie.<\/p>\n\n\n\n<p>On le retrouve \u00e0 Paris o\u00f9 il essaie d\u2019imposer une m\u00e9thode de lecture de la musique avec des chiffres plut\u00f4t que des notes et des port\u00e9es, sans r\u00e9ussite. Puis il part \u00e0 Venise comme secr\u00e9taire d\u2019ambassade.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Venise en temps de guerre, il est m\u00eal\u00e9 \u00e0 quelques intrigues amoureuses et diplomatiques qui lui valent l\u2019inimiti\u00e9 de l\u2019ambassadeur. Il est chass\u00e9, victime d\u2019une cabale, mais garde la t\u00eate haute.<\/p>\n\n\n\n<p>Rentr\u00e9 en France, il copine avec d\u2019Altuna, un Espagnol qui mourra jeune et est admis dans une maison dont il s\u2019\u00e9prend de Th\u00e9r\u00e8se, la blanchisseuse \u00e0 qui il fera deux enfants directement amen\u00e9s \u00e0 l\u2019assistance publique. Il lui en fera d\u2019autres, qui subiront le m\u00eame sort. Il s\u2019en explique en disant qu\u2019il vaut mieux les confier \u00e0 l\u2019\u00e9tat plut\u00f4t que les \u00e9lever mal en famille. Il compose des op\u00e9ras qui sont d\u00e9test\u00e9s par Rameau mais auxquels les nobles parisiens trouvent du charme. Le public lui trouve du talent, mais Rameau et sa coterie font tout pour le calomnier et lui nuire. Autant Rousseau a pu \u00eatre gai et insouciant dans sa jeunesse, autant cette seconde partie, \u00e9crite \u00e0 60 ans, montre un vieillard aigri et amer se m\u00e9fiant de tout et de tous.<\/p>\n\n\n\n<p>Il rencontre Condillac puis Diderot et d\u2019Alembert, ces derniers lui proposent d\u2019\u00e9crire le chapitre musique de l\u2019encyclop\u00e9die. Un travail qu\u2019il accomplit vite et pour lequel il ne sera pas pay\u00e9. Pauvre Rousseau.<\/p>\n\n\n\n<p>Il accueille Diderot \u00e0 sa sortie de prison, copine avec l\u2019un des fr\u00e8res Grimm et se met en m\u00e9nage avec Th\u00e9r\u00e8se apr\u00e8s avoir particip\u00e9 \u00e0 un concours de philosophie lanc\u00e9 par le Mercure de France. Apr\u00e8s Rousseau musicien, Rousseau philosophe. Malgr\u00e9 ses premiers succ\u00e8s litt\u00e9raires, il se fait copiste de musique, log\u00e9 chez Mme Dupin. Loin de le r\u00e9jouir, ses premiers succ\u00e8s publics (l\u2019op\u00e9ra <em>Le devin du village <\/em>et <em>Le trait\u00e9 sur l\u2019in\u00e9galit\u00e9<\/em>) le f\u00e2chent avec ses amis et, apr\u00e8s un dernier saut \u00e0 Gen\u00e8ve o\u00f9 il se reconvertit au protestantisme, Mme de L\u00e9pinay lui trouve une demeure \u2013 L\u2019ermitage &#8211; \u00e0 Montmorency.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une solitude farouche qu\u2019il d\u00e9fend contre le monde ext\u00e9rieur, Rousseau s\u2019isole et va publier ses livres les plus fameux&nbsp;: <em>L\u2019\u00c9mile<\/em> ou<em> La nouvelle H\u00e9lo\u00efse,<\/em> plus le <em>Contrat social <\/em>qui n\u2019est qu\u2019une synth\u00e8se des deux premiers trait\u00e9s philosophiques.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 45 ans, il tombe amoureux de Mme Houdetot, d\u00e9j\u00e0 \u00e9pris de Saint-Lambert, parti \u00e0 la guerre. Son grand amour qui se limitera \u00e0 une amiti\u00e9 amoureuse. Il vieillit mal et se f\u00e2che avec Grimm, avec Diderot, avec Holbach et toutes ses protectrices, puisant dans sa correspondance les motifs de f\u00e2cherie.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pour finir un long lamento. Rousseau se sent pers\u00e9cut\u00e9, une humeur ou une pathologie, laquelle s\u2019apparente \u00e0 la parano\u00efa. \u00ab&nbsp;Hypertrophie du je&nbsp;\u00bb, disait \u00e0 son sujet mon prof de philo. Il se f\u00e2che m\u00eame avec Voltaire, par correspondance.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais rien n\u2019est simple chez lui et il aime \u00e0 fr\u00e9quenter l\u2019aristocratie qui s\u00e9journe dans l\u2019actuel Val d\u2019Oise, se pr\u00e9tendant misanthrope et ours, mais ne d\u00e9daignant pas les mondanit\u00e9s. On croirait parfois lire Proust. Qu\u2019on se rassure, il finit toujours par se f\u00e2cher.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les parano\u00efaques ont aussi des ennemis, et, apr\u00e8s la parution du <em>Contrat social,<\/em> les j\u00e9suites m\u00e8nent une cabale incitant les puissants \u00e0 lancer contre lui une \u00ab&nbsp;prise de corps&nbsp;\u00bb, ce qui l\u2019am\u00e8ne \u00e0 fuir en Suisse. \u00c0 Berne puis \u00e0 Neufch\u00e2tel avant l\u2019\u00eele de Saint-Pierre o\u00f9 il a d\u00fb se r\u00e9fugier alors que l\u2019on lui jetait des pierres. Rousseau \u00e9crit pour le peuple, mais le peuple, manipul\u00e9, lui en veut. Tr\u00e8s actuel.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est pers\u00e9cut\u00e9 jusqu\u2019en Suisse et ce sera, apr\u00e8s avoir envisag\u00e9 la Corse, l\u2019Angleterre avant Ermenonville o\u00f9 il \u00e9crira la suite de ses <em>Confessions <\/em>et <em>Les r\u00eaveries d\u2019un promeneur solitaire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait question d\u2019un troisi\u00e8me tome aux <em>Confessions,<\/em> mais sa mort, \u00e0 65 ans, a ruin\u00e9 l\u2019entreprise.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment un jeune homme na\u00eff et confiant, un peu ben\u00eat, devient un homme mur puis un vieillard soup\u00e7onneux, misanthrope et aigri. \u00ab&nbsp;Toute vie est un processus de d\u00e9molition&nbsp;\u00bb (F. Scott Fitzgerald).<\/p>\n\n\n\n<p>Sauf que sa vie \u00e0 lui aura donn\u00e9 des id\u00e9es aux r\u00e9volutionnaires de 1789. Pas si mal, le Jean-Jacques&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>HONOR\u00c9 DE BALZAC \u2013 <em>SPLENDEUR<\/em><em>S<\/em><em> ET MIS\u00c8RE<\/em><em>S<\/em><em> DES COURTISANES<\/em> \u2013 Folio \/ Gallimard<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un roman qui fait partie de <em>La condition humaine<\/em>, quasiment l\u2019intitul\u00e9 g\u00e9n\u00e9rique des \u0153uvres compl\u00e8tes de Balzac. On peut lire tous ces volumes sans forc\u00e9ment en respecter l\u2019ordre, comme pour Zola avec ses <em>Rougon-Maquart.<\/em> Dans ces deux sagas litt\u00e9raires du XIX\u00b0 si\u00e8cle, l\u2019une pour la premi\u00e8re et l\u2019autre pour la seconde moiti\u00e9, on trouve les m\u00eames personnages, les m\u00eames lieux et seules les intrigues sont diff\u00e9rentes.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, on a Rubempr\u00e9 et son \u00e2me damn\u00e9e Vautrin devenu au hasard des circonstances l\u2019abb\u00e9 Carlos Herrera. Et des femmes v\u00e9nales au milieu de ces deux hommes avec un Vautrin cynique, Rubempr\u00e9 l\u2019encourageant par sa passivit\u00e9 et sa faiblesse. L\u2019enjeu, la belle Rachel, une courtisane au z\u00e9nith de sa beaut\u00e9. Elle est amoureuse de Rubempr\u00e9 mais un baron richissime \u2013 Nucingen &#8211; la convoite et les comp\u00e8res, par l\u2019interm\u00e9diaire de toute une s\u00e9rie d\u2019individus de sac et de corde &#8211; espions, indicateurs, flics au service des puissants \u2013 sont m\u00eal\u00e9s \u00e0 l\u2019affaire et entendent bien prendre leur part de ce qui n\u2019est finalement qu\u2019une vaste entreprise de prostitution de luxe.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme toujours chez Balzac, les arri\u00e8res-plans politiques sont omnipr\u00e9sents, ici ces temps d\u2019apr\u00e8s la restauration et Louis XVIII et la mont\u00e9e en puissance du monde de la bourse et de l\u2019argent dans les affaires de l\u2019\u00e9tat. Balzac a toujours su d\u00e9crire avec minutie les montages financiers, carambouilles et escroqueries de ces milieux interlopes.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, tout est faux-semblant, d\u00e9guisements, mascarade, simulacre et Balzac s\u2019en amuse. On est presque chez les Pieds Nickel\u00e9s et on a tendance \u00e0 se perdre entre les vrais personnages et les contrefa\u00e7ons, les imitateurs ou les usurpateurs dans leurs machinations. On est \u00e9tourdi par la virtuosit\u00e9 de Balzac \u00e0 s\u2019amuser avec des cocottes devenues des mondaines ou des voyous jouant les marquis. Tout cela semble badin, mais c\u2019est l\u2019argent qui est le vrai moteur de tout ce beau monde&nbsp;; l\u2019argent et l\u2019avidit\u00e9, la cupidit\u00e9 et la cruaut\u00e9 qui vont avec. On bascule de Feydeau \u00e0 Darien ou Mirbeau.<\/p>\n\n\n\n<p>Esther fait tourner Nucingen en bourrique, elle prend les millions mais ne couche pas. Rubempr\u00e9 convoite l\u2019h\u00e9riti\u00e8re des Grandlieu, m\u00eame s\u2019il ne l\u2019aime pas. Herrera tire les ficelles mais des aigrefins, les domestiques, ont compris le man\u00e8ge et prennent part \u00e0 ce jeu dangereux, esp\u00e9rant y trouver fortune. L\u2019argent est planqu\u00e9 pour Vautrin par Paccard, son homme de main.<\/p>\n\n\n\n<p>Coups de th\u00e9\u00e2tre&nbsp;! Esther meurt empoisonn\u00e9e et Rubempr\u00e9 est emprisonn\u00e9&nbsp;; tous deux victimes d\u2019une cabale men\u00e9e par Corentin et Contenson, deux indicateurs de police manipul\u00e9s par le procureur g\u00e9n\u00e9ral De Granville craignant pour l\u2019honneur de Mme De Cerizy. Collin \/ Herrera est lui aussi embastill\u00e9. S\u2019ensuit une longue description de l\u2019appareil judiciaire de l\u2019\u00e9poque dont Balzac semble expert.<\/p>\n\n\n\n<p>Une lettre de Esther innocente Rubempr\u00e9. Il a charg\u00e9 Herrera avant de se r\u00e9tracter et se suicide en prison avec sa cravate&nbsp;; l\u2019administration judiciaire parle de rupture d\u2019an\u00e9vrisme. Toute cette partie est remarquable sur le fonctionnement de la justice et de sa police et Balzac en conna\u00eet tous les rouages. Les belles personnes sont trop mouill\u00e9es avec les voyous pour cacher la v\u00e9rit\u00e9, et c\u2019est l\u00e0 toute l\u2019histoire&nbsp;: l\u2019alliance du crime et de la bourgeoisie couronn\u00e9e par l\u2019argent.<\/p>\n\n\n\n<p>La derni\u00e8re partie nous conduit sur les pas de Vautrin et de quelques personnages aussi peu recommandables. Le juge Camusot veut sa peau et est pr\u00eat \u00e0 convoquer tous les malandrins qui ont fray\u00e9 avec lui quand sa femme entend bien venger toutes ses amies et \u00e0 la fois ma\u00eetresses de Rubempr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Vautrin \/ Herrera est inconsolable de la mort de Rubempr\u00e9. Le crocodile verse de vraies larmes et m\u00eame le mal ne le concerne plus. Il tire sa peine, identifi\u00e9 comme Jacques Collin&nbsp;; Balzac en profite pour nous faire un cours sur l\u2019argot, les prisons et ses prisonniers. Vautrin ne pense plus qu\u2019\u00e0 sauver un jeune corse de ses amis menac\u00e9 de la guillotine et \u00e0 se venger du procureur De Granville. Pour cela, il exerce un chantage avec les lettres enamour\u00e9es envoy\u00e9es \u00e0 Lucien par des dames du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme jadis un Fran\u00e7ois Vidocq, Vautrin finira chef de la police, en couronnement d\u2019une vie de sc\u00e9l\u00e9rat de haut vol. Balzac met dans le m\u00eame sac voleurs et gendarmes, que le hasard met d\u2019un c\u00f4t\u00e9 ou de l\u2019autre. Et la morale dans tout cela&nbsp;? Pas son affaire, c\u2019est un cynique.<\/p>\n\n\n\n<p>Trop de digressions et des intrigues par trop rocambolesques. Ce n\u2019est pas le meilleur Balzac, loin de mes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s (<em>Le cousin Pons <\/em>ou <em>La duchesse de Langeais)<\/em>, mais bon, c\u2019est Balzac et ce n\u2019est pas rien.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>GEORGES SIMENON \u2013 <em>LE FOU DE BERGERAC <\/em>\u2013 Fayard \/ Le livre de poche<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Encore Simenon, toujours Simenon. On ne va pas r\u00e9it\u00e9rer ici les pr\u00e9ventions qu\u2019on a contre le bonhomme, mais il faut bien avouer que peu de gens ont su si bien que lui raconter des histoires passionnantes dans des petits livres \u00e9crits sans fioritures, avec des mots simples. Simenon n\u2019a jamais jou\u00e9 au grand \u00e9crivain, et c\u2019est ainsi qu\u2019il l\u2019est devenu.<\/p>\n\n\n\n<p>Un Maigret de 1932, l\u2019un des premiers. Maigret se rend chez un ami retrait\u00e9 \u00e0 Bergerac, Leduc. Dans le train, il est surpris par son compagnon de wagon-lit qui d\u00e9lire et saute en marche. Maigret \u00e0 sa poursuite, le fugitif lui tire une balle dans le bras. Maigret m\u00e8nera l\u2019enqu\u00eate depuis sa chambre de l\u2019h\u00f4tel d\u2019Angleterre \u00e0 Bergerac o\u00f9 il est soign\u00e9. Une enqu\u00eate qui porte sur le meurtre de deux filles avec une aiguille plant\u00e9e dans le c\u0153ur. Le fou, c\u2019est peut-\u00eatre Maigret qui soup\u00e7onne tous les notables de la ville venus lui rendre visite. Le m\u00e9decin Rivaud puis le procureur Duhourceau, et d\u2019autres encore.<\/p>\n\n\n\n<p>On va s\u2019apercevoir qu\u2019il avait de bonnes raisons de le soup\u00e7onner et, une fois n\u2019est pas coutume, Madame Maigret va \u00eatre utile \u00e0 son enqu\u00eate en chambre. Un billet de seconde classe retrouv\u00e9 dans une chambre de l\u2019h\u00f4tel et le fait que Rivaud dit avoir \u00e9t\u00e9 m\u00e9decin \u00e0 Alger le mettent sur une piste. Le billet a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 sur le corps du fugitif du train, que l\u2019un des notables connaissait, et aucun Rivaud n\u2019a jamais exerc\u00e9 la m\u00e9decine \u00e0 Alger. Il s\u2019agit en fait d\u2019un certain Meyer dont le p\u00e8re \u2013 Samuel \u2013 trafiquait des faux-papiers pour des r\u00e9fugi\u00e9s de toute l\u2019Europe. Un p\u00e8re devenu fou qui, r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 Chicago alors que son fils a fait courir le bruit qu\u2019il \u00e9tait mort, est pris de folie et tue des femmes. Samuel Meyer revient au pays de son fils, \u00e0 Bergerac, et tue encore deux femmes. Meyer devenu Rivaud doit le faire dispara\u00eetre avant que le scandale n\u2019\u00e9clate. Avec la complicit\u00e9 de sa ma\u00eetresse, qui n\u2019est autre que sa belle-s\u0153ur, il maquille le meurtre du p\u00e8re en suicide et fait tout pour brouiller les pistes, exer\u00e7ant un chantage sur Duhourceau, collectionneur de livres cochons qui aurait mis enceinte la belle-s\u0153ur de Rivaud, celui-ci lui faisant croire que l\u2019enfant est de lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Maigret tendra un pi\u00e8ge en faisant revenir la m\u00e8re de Rivaud, une ex-chanteuse lyrique attir\u00e9e par une promesse d\u2019h\u00e9ritage. Les notables sont d\u00e9masqu\u00e9s et la v\u00e9rit\u00e9 \u00e9clate. Maigret, r\u00e9tabli, n\u2019a plus qu\u2019\u00e0 aller d\u00e9guster \u00ab&nbsp;truffes en serviette et foie gras du pays&nbsp;\u00bb au restaurant de l\u2019h\u00f4tel, avec madame et le bon vieux retrait\u00e9 Leduc, le r\u00e9gional de l\u2019\u00e9tape, qui aura \u00e9t\u00e9 indispensable \u00e0 l\u2019enqu\u00eate par sa connaissance du terrain, des notables du coin et de leurs lourds secrets.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ce ne sont pas les intrigues, souvent embrouill\u00e9es m\u00eame si toujours rigoureuses, qui sont les plus importantes chez Simenon, c\u2019est cette fameuse atmosph\u00e8re, ces ambiances qui sentent la vieille France, la bourgeoisie rance, la vie qui va et quelques figures attachantes, souvent venues des milieux populaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, des truffes, du foie gras et un Maigret de canard, pour faire local.<\/p>\n\n\n\n<p><em>20 septembre 2024<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DAN FANTE \u2013 R\u00c9GIME SEC \u2013 13\u00b0 Note \u00e9ditions Dans la famille Fant\u00e9, on conna\u00eet surtout le p\u00e8re, mais on a aussi le fils. 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