{"id":4197,"date":"2025-03-27T15:11:47","date_gmt":"2025-03-27T14:11:47","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4197"},"modified":"2025-03-27T15:11:47","modified_gmt":"2025-03-27T14:11:47","slug":"notes-de-lecture-70","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4197","title":{"rendered":"NOTES DE LECTURE 70"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>HONOR\u00c9 DE BALZAC \u2013 <em>SPLENDEUR<\/em><em>S<\/em><em> ET MIS\u00c8RE<\/em><em>S<\/em><em> DES COURTISANES<\/em> \u2013 Folio \/ Gallimard<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un roman qui fait partie de <em>La condition humaine<\/em>, quasiment l\u2019intitul\u00e9 g\u00e9n\u00e9rique des \u0153uvres compl\u00e8tes de Balzac. On peut lire tous ces volumes sans forc\u00e9ment en respecter l\u2019ordre, comme pour Zola avec ses <em>Rougon-Macquart.<\/em> Dans ces deux sagas litt\u00e9raires du XIX\u00b0 si\u00e8cle, l\u2019une pour la premi\u00e8re et l\u2019autre pour la seconde moiti\u00e9, on trouve les m\u00eames personnages, les m\u00eames lieux et seules les intrigues sont diff\u00e9rentes.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, on a Rubempr\u00e9 et son \u00e2me damn\u00e9e Vautrin devenu au hasard des circonstances l\u2019abb\u00e9 Carlos Herrera. Et des femmes v\u00e9nales au milieu de ces deux hommes avec un Vautrin cynique, Rubempr\u00e9 l\u2019encourageant par sa passivit\u00e9 et sa faiblesse. L\u2019enjeu, la belle Rachel, une courtisane au z\u00e9nith de sa beaut\u00e9. Elle est amoureuse de Rubempr\u00e9 mais un baron richissime \u2013 Nucingen &#8211; la convoite et les comp\u00e8res, par l\u2019interm\u00e9diaire de toute une s\u00e9rie d\u2019individus de sac et de corde &#8211; espions, indicateurs, flics au service des puissants \u2013 sont m\u00eal\u00e9s \u00e0 l\u2019affaire et entendent bien prendre leur part de ce qui n\u2019est finalement qu\u2019une vaste entreprise de prostitution de luxe.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme toujours chez Balzac, les arri\u00e8res-plans politiques sont omnipr\u00e9sents, ici ces temps d\u2019apr\u00e8s la restauration et Louis XVIII et la mont\u00e9e en puissance du monde de la bourse et de l\u2019argent dans les affaires de l\u2019\u00e9tat. Balzac a toujours su d\u00e9crire avec minutie les montages financiers, carambouilles et escroqueries de ces milieux interlopes.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, tout est faux-semblant, d\u00e9guisements, mascarade, simulacre et Balzac s\u2019en amuse. On est presque chez les Pieds Nickel\u00e9s et on a tendance \u00e0 se perdre entre les vrais personnages et les contrefa\u00e7ons, les imitateurs ou les usurpateurs dans leurs machinations. On est \u00e9tourdi par la virtuosit\u00e9 de Balzac \u00e0 s\u2019amuser avec des cocottes devenues des mondaines ou des voyous jouant les marquis. Tout cela semble badin, mais c\u2019est l\u2019argent qui est le vrai moteur de tout ce beau monde&nbsp;; l\u2019argent et l\u2019avidit\u00e9, la cupidit\u00e9 et la cruaut\u00e9 qui vont avec. On bascule de Feydeau \u00e0 Darien ou Mirbeau.<\/p>\n\n\n\n<p>Esther fait tourner Nucingen en bourrique, elle prend les millions mais ne couche pas. Rubempr\u00e9 convoite l\u2019h\u00e9riti\u00e8re des Grandlieu, m\u00eame s\u2019il ne l\u2019aime pas. Herrera tire les ficelles mais des aigrefins, les domestiques, ont compris le man\u00e8ge et prennent part \u00e0 ce jeu dangereux, esp\u00e9rant y trouver fortune. L\u2019argent est planqu\u00e9 pour Vautrin par Paccard, son homme de main.<\/p>\n\n\n\n<p>Coups de th\u00e9\u00e2tre&nbsp;! Esther meurt empoisonn\u00e9e et Rubempr\u00e9 est emprisonn\u00e9&nbsp;; tous deux victimes d\u2019une cabale men\u00e9e par Corentin et Contenson, deux indicateurs de police manipul\u00e9s par le procureur g\u00e9n\u00e9ral De Granville craignant pour l\u2019honneur de Mme De Cerizy. Collin \/ Herrera est lui aussi embastill\u00e9. S\u2019ensuit une longue description de l\u2019appareil judiciaire de l\u2019\u00e9poque dont Balzac semble expert.<\/p>\n\n\n\n<p>Une lettre de Esther innocente Rubempr\u00e9. Il a charg\u00e9 Herrera avant de se r\u00e9tracter et se suicide en prison avec sa cravate&nbsp;; l\u2019administration judiciaire parle de rupture d\u2019an\u00e9vrisme. Toute cette partie est remarquable sur le fonctionnement de la justice et de sa police et Balzac en conna\u00eet tous les rouages. Les belles personnes sont trop mouill\u00e9es avec les voyous pour cacher la v\u00e9rit\u00e9, et c\u2019est l\u00e0 toute l\u2019histoire&nbsp;: l\u2019alliance du crime et de la bourgeoisie couronn\u00e9e par l\u2019argent.<\/p>\n\n\n\n<p>La derni\u00e8re partie nous conduit sur les pas de Vautrin et de quelques personnages aussi peu recommandables. Le juge Camusot veut sa peau et est pr\u00eat \u00e0 convoquer tous les malandrins qui ont fray\u00e9 avec lui quand sa femme entend bien venger toutes ses amies et \u00e0 la fois ma\u00eetresses de Rubempr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Vautrin \/ Herrera est inconsolable de la mort de Rubempr\u00e9. Le crocodile verse de vraies larmes et m\u00eame le mal ne le concerne plus. Il tire sa peine, identifi\u00e9 comme Jacques Collin&nbsp;; Balzac en profite pour nous faire un cours sur l\u2019argot, les prisons et ses prisonniers. Vautrin ne pense plus qu\u2019\u00e0 sauver un jeune corse de ses amis menac\u00e9 de la guillotine et \u00e0 se venger du procureur De Granville. Pour cela, il exerce un chantage avec les lettres enamour\u00e9es envoy\u00e9es \u00e0 Lucien par des dames du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme jadis un Fran\u00e7ois Vidocq, Vautrin finira chef de la police, en couronnement d\u2019une vie de sc\u00e9l\u00e9rat de haut vol. Balzac met dans le m\u00eame sac voleurs et gendarmes, que le hasard met d\u2019un c\u00f4t\u00e9 ou de l\u2019autre. Et la morale dans tout cela&nbsp;? Pas son affaire, c\u2019est un cynique.<\/p>\n\n\n\n<p>Trop de digressions et des intrigues par trop rocambolesques. Ce n\u2019est pas le meilleur Balzac, loin de mes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s (<em>Le cousin Pons <\/em>ou <em>La duchesse de Langeais)<\/em>, mais bon, c\u2019est Balzac et ce n\u2019est pas rien.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>GEORGES SIMENON \u2013 <em>LE FOU DE BERGERAC <\/em>\u2013 Fayard \/ Le livre de poche<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Encore Simenon, toujours Simenon. On ne va pas r\u00e9it\u00e9rer ici les pr\u00e9ventions qu\u2019on a contre le bonhomme, mais il faut bien avouer que peu de gens ont su si bien que lui raconter des histoires passionnantes dans des petits livres \u00e9crits sans fioritures, avec des mots simples. Simenon n\u2019a jamais jou\u00e9 au grand \u00e9crivain, et c\u2019est ainsi qu\u2019il l\u2019est devenu.<\/p>\n\n\n\n<p>Un Maigret de 1932, l\u2019un des premiers. Maigret se rend chez un ami retrait\u00e9 \u00e0 Bergerac, Leduc. Dans le train, il est surpris par son compagnon de wagon-lit qui d\u00e9lire et saute en marche. Maigret \u00e0 sa poursuite, le fugitif lui tire une balle dans le bras. Maigret m\u00e8nera l\u2019enqu\u00eate depuis sa chambre de l\u2019h\u00f4tel d\u2019Angleterre \u00e0 Bergerac o\u00f9 il est soign\u00e9. Une enqu\u00eate qui porte sur le meurtre de deux filles avec une aiguille plant\u00e9e dans le c\u0153ur. Le fou, c\u2019est peut-\u00eatre Maigret qui soup\u00e7onne tous les notables de la ville venus lui rendre visite. Le m\u00e9decin Rivaud puis le procureur Duhourceau, et d\u2019autres encore.<\/p>\n\n\n\n<p>On va s\u2019apercevoir qu\u2019il avait de bonnes raisons de le soup\u00e7onner et, une fois n\u2019est pas coutume, Madame Maigret va \u00eatre utile \u00e0 son enqu\u00eate en chambre. Un billet de seconde classe retrouv\u00e9 dans une chambre de l\u2019h\u00f4tel et le fait que Rivaud dit avoir \u00e9t\u00e9 m\u00e9decin \u00e0 Alger le mettent sur une piste. Le billet a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 sur le corps du fugitif du train, que l\u2019un des notables connaissait, et aucun Rivaud n\u2019a jamais exerc\u00e9 la m\u00e9decine \u00e0 Alger. Il s\u2019agit en fait d\u2019un certain Meyer dont le p\u00e8re \u2013 Samuel \u2013 trafiquait des faux-papiers pour des r\u00e9fugi\u00e9s de toute l\u2019Europe. Un p\u00e8re devenu fou qui, r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 Chicago alors que son fils a fait courir le bruit qu\u2019il \u00e9tait mort, est pris de d\u00e9mence et tue des femmes. Samuel Meyer revient au pays de son fils, \u00e0 Bergerac, et tue encore deux femmes. Meyer devenu Rivaud doit le faire dispara\u00eetre avant que le scandale n\u2019\u00e9clate. Avec la complicit\u00e9 de sa ma\u00eetresse, qui n\u2019est autre que sa belle-s\u0153ur, il maquille le meurtre du p\u00e8re en suicide et fait tout pour brouiller les pistes, exer\u00e7ant un chantage sur Duhourceau, collectionneur de livres cochons qui aurait mis enceinte la belle-s\u0153ur de Rivaud, celui-ci lui faisant croire que l\u2019enfant est de lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Maigret tendra un pi\u00e8ge en faisant revenir la m\u00e8re de Rivaud, une ex-chanteuse lyrique attir\u00e9e par une promesse d\u2019h\u00e9ritage. Les notables sont d\u00e9masqu\u00e9s et la v\u00e9rit\u00e9 \u00e9clate. Maigret, r\u00e9tabli, n\u2019a plus qu\u2019\u00e0 aller d\u00e9guster \u00ab&nbsp;truffes en serviette et foie gras du pays&nbsp;\u00bb au restaurant de l\u2019h\u00f4tel, avec madame et le bon vieux retrait\u00e9 Leduc, le r\u00e9gional de l\u2019\u00e9tape, qui aura \u00e9t\u00e9 indispensable \u00e0 l\u2019enqu\u00eate par sa connaissance du terrain, des notables du coin et de leurs lourds secrets.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ce ne sont pas les intrigues, souvent embrouill\u00e9es m\u00eame si toujours rigoureuses, qui sont les plus importantes chez Simenon, c\u2019est cette fameuse atmosph\u00e8re, ces ambiances qui sentent la vieille France, la bourgeoisie rance, la vie qui va et quelques figures attachantes, souvent venues des milieux populaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, des truffes, du foie gras et un Maigret de canard, pour faire local.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>ROGER MARTIN DU GARD \u2013 <em>LES THIBAULT<\/em> \u2013 Gallimard \/ Le livre de poche<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On avait quelque r\u00e9ticence \u00e0 s\u2019attaquer \u00e0 ce qui reste un monument de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise et surtout le prototype du fameux roman familial dont on nous rebat les oreilles avec des sagas sans trop d\u2019int\u00e9r\u00eat. Il faut dire que l\u2019\u0153uvre intimide avec pas moins de cinq \u00e9pais volumes en livre de poche. On en a lu deux et on s\u2019en contentera.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a commence par une fugue de deux adolescents dont le \u00abCahier gris&nbsp;\u00bb &#8211; un journal o\u00f9 ils s\u2019\u00e9changeaient leurs confidences entre amiti\u00e9 et amour \u2013 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert par l\u2019institution scolaire comme par leurs parents. Le fils Thibault d\u2019abord, Jacques, qui \u00e9touffe avec un p\u00e8re autoritaire, un notable catholique d\u2019extr\u00eame-droite respect\u00e9 dans la soci\u00e9t\u00e9 et candidat \u00e0 l\u2019Institut. La m\u00e8re est morte \u00e0 sa naissance. Il a aussi un fr\u00e8re a\u00een\u00e9, Antoine, un m\u00e9decin p\u00e9diatre qui le d\u00e9daigne, le consid\u00e9rant encore comme un gosse. Plus une petite s\u0153ur encore gamine \u2013 Gis\u00e8le dit Gise &#8211; en fait une petite fille orpheline prot\u00e9g\u00e9e de Mademoiselle, la bonne. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, c\u2019est Daniel de Fontanin, fils de Th\u00e9r\u00e8se et de J\u00e9r\u00f4me, un mari volage. Ils sont protestants et ont aussi une petite fille &#8211; Jenny \u2013 que la fugue du grand fr\u00e8re a perturb\u00e9e. Les deux enfants sont partis \u00e0 Marseille et, apr\u00e8s avoir voulu s\u2019embarquer pour l\u2019Afrique du Nord, sont rentr\u00e9s piteusement chez eux entre deux gendarmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le retour est difficile dans les deux familles et, pour Jacques, c\u2019est la pension. Ou plut\u00f4t un bagne pour enfants, un p\u00e9nitencier sis aux bords de l\u2019Oise et dont le p\u00e8re Thibault \u2013 Oscar &#8211; fondateur de l\u2019\u00e9tablissement, pr\u00e9side le conseil d\u2019administration. Antoine a d\u00e9cid\u00e9 de lib\u00e9rer son jeune fr\u00e8re, et sa visite \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement sera d\u00e9terminante. Apr\u00e8s avoir vant\u00e9 les bienfaits de l\u2019\u00e9tablissement sur lui, Jacques fond en larmes et fait part de certaines pratiques peu compatibles avec la stricte morale de l\u2019endroit. Antoine essaie de convaincre le p\u00e8re de reprendre son fr\u00e8re, mais celui-ci s\u2019obstine jusqu\u2019\u00e0 se laisser convaincre par un abb\u00e9 proche de la famille, V\u00e9card. Jacques et Antoine prendront leur ind\u00e9pendance, hors du toit familial.<\/p>\n\n\n\n<p>Changement de d\u00e9cor, Madame de Fontanin re\u00e7oit la visite de sa ni\u00e8ce Nicole. C\u2019est sa s\u0153ur, No\u00e9mie, qui avait suivi son ex-mari J\u00e9r\u00f4me jusqu\u2019\u00e0 Bruxelles avant de le quitter, laissant sa fille \u00e0 l\u2019abandon.<\/p>\n\n\n\n<p>On retourne chez les Thibault et le m\u00e9decin a am\u00e9nag\u00e9 le rez-de-chauss\u00e9e de la maison familiale pour y vivre avec son fr\u00e8re, une d\u00e9cision qu\u2019il regrette d\u00e9j\u00e0. Et puis ils am\u00e9nagent et Antoine fait tout pour que Jacques se reprenne, qu\u2019il retrouve la fiert\u00e9, l\u2019orgueil des Thibault. Puis Jacques tombe amoureux de la bonne, une Alsacienne qui est la ni\u00e8ce de la concierge, mais il semble que son fr\u00e8re a\u00een\u00e9 a \u00e9t\u00e9 plus r\u00e9compens\u00e9 pour ses travaux d\u2019approche.<\/p>\n\n\n\n<p>Jacques revoit enfin Daniel mais l\u2019entrevue est sp\u00e9ciale. Il est accompagn\u00e9 par son fr\u00e8re a\u00een\u00e9 qui s\u00e9duit Th\u00e9r\u00e8se de Fontanin quand lui se prend un r\u00e2teau avec Jenny pour se consoler avec l\u2019Alsacienne venue enterrer sa m\u00e8re. Daniel, lui, a plus de succ\u00e8s avec Nicole. Les adolescents deviennent des adultes.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est tout le propos de <em>La belle saison<\/em> ou plut\u00f4t la saison des amours qui se situe cinq ans plus tard. On est en 1910. Jacques est admis \u00e0 Normale Sup mais n\u2019y va pas et est toujours amoureux de Jenny qui se fait d\u00e9sirer. Il part \u00e0 Londres d\u2019o\u00f9 il envoie des roses \u00e0 Gise dont il est aussi \u00e9pris. On finit par perdre sa trace et on le croit disparu. Son fr\u00e8re Antoine vit des amours tumultueuses avec Rachel, une aventuri\u00e8re et, \u00e0 peine remis de cet \u00e9chec, songe lui aussi \u00e0 Gise, la sauvageonne recueillie par la famille qu\u2019ils consid\u00e9raient alors tous deux comme leur petite s\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La consultation <\/em>d\u00e9crit la vie professionnelle d\u2019Antoine Thibault, m\u00e9decin en clinique comme en lib\u00e9ral et souvent au chevet de son p\u00e8re malade. Il se rend aussi au chevet de Nicole, \u00e0 l\u2019article de la mort, et reprend contact avec Th\u00e9r\u00e8se de Fontanin. On croise des malades, plusieurs d\u00e9j\u00e0 apparus dans les pages, d\u2019autres non. Tous les petits secrets, les hontes et les mis\u00e8res qui d\u00e9filent \u00e0 sa porte. On va m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 lui demander l\u2019euthanasie pour Nicole, ce qui ne va pas sans cas de conscience et doutes \u00e9thiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Le p\u00e8re se meurt d\u2019un cancer de la prostate et d\u2019ur\u00e9mie, soign\u00e9 par Antoine et s\u0153ur C\u00e9line. Il s\u2019enfonce dans la s\u00e9nilit\u00e9. Antoine d\u00e9couvre par hasard une lettre d\u2019un certain J\u00e9licourt, professeur de litt\u00e9rature \u00e0 Normale Sup, et il s\u2019agit d\u2019encouragements pour des po\u00e8mes de Jacques. Il va le voir et celui-ci lui remet une longue nouvelle de Jacques publi\u00e9e dans une revue litt\u00e9raire en Suisse,<em> La Sorellina.<\/em> Antoine lit la nouvelle \u00e0 la lumi\u00e8re de ce qu\u2019il sait de Jacques. Il croit y d\u00e9celer les amours de Giuseppe, un Italien catholique avec Sybil, une Anglaise protestante. En fait, un portrait composite de la petite Jenny et de Gise. La nouvelle d\u00e9crit aussi m\u00e9taphoriquement le p\u00e8re et lui-m\u00eame. Cette d\u00e9marche du lecteur connaissant l\u2019auteur et y percevant mille choses de leur vie commune n\u2019est pas sans int\u00e9r\u00eat. Il y a aussi d\u00e9crit les amours passionn\u00e9es avec la sorellina, la petite s\u0153ur, qui n\u2019est autre que Gise. Le p\u00e8re s\u2019oppose \u00e0 ces amours incestueuses comme \u00e0 une possible m\u00e9salliance avec une h\u00e9r\u00e9tique, une protestante. Antoine retrouve la trace de Jacques \u00e0 Lausanne.<\/p>\n\n\n\n<p>Il le retrouve et les deux fr\u00e8res semblent s\u2019apprivoiser. Antoine apprend au d\u00e9tour d\u2019une conversation dans un caf\u00e9 que Jacques m\u00e8ne des activit\u00e9s politiques. Jacques lui raconte son p\u00e9riple depuis son entrevue avec Jalicourt. Il est pass\u00e9 par la Tunisie puis l\u2019Allemagne, l\u2019Autriche et enfin la Suisse, vivant d\u2019exp\u00e9dients. Jacques accepte de suivre son fr\u00e8re \u00e0 Paris quand celui-ci lui confie que leur p\u00e8re avait beaucoup d\u2019affection pour lui. C\u2019est la derni\u00e8re partie du deuxi\u00e8me tome,<em> La mort du p\u00e8re.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019abb\u00e9 V\u00e9card accompagne l\u2019agonie du vieux, en attendant le retour des fils. Les fils, le pr\u00eatre, le m\u00e9decin, les religieuses et la domesticit\u00e9 sont r\u00e9unis autour du lit de douleur. La petite s\u0153ur est revenue d\u2019Angleterre et les fr\u00e8res se d\u00e9cident \u00e0 mettre fin aux souffrances du p\u00e8re avec une piq\u00fbre ultime. C\u2019est fini. S\u2019ensuivent les visites, le testament et les lettres laiss\u00e9es par le grand homme qui laissent un \u00e9clairage sur ses doutes, ses faiblesses, en d\u00e9pit d\u2019une image de force et de certitudes. Gise se rend compte que Jacques ne l\u2019aime plus et Antoine, \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019enterrement de son p\u00e8re, se sent proche de lui, le comprend enfin. Jacques qui fond en larmes sur la tombe de son p\u00e8re avant de regagner Paris boulevers\u00e9. Au retour, il lit une lettre de Fontanin qui lui fait renouvelle son amiti\u00e9 et veut absolument le voir. Il s\u2019en \u00e9meut.<\/p>\n\n\n\n<p>Le tome se referme sur une longue conversation th\u00e9ologique entre l\u2019abb\u00e9 V\u00e9card et Antoine. Celui qui croit au ciel et celui qui n\u2019y croit pas. Plut\u00f4t ennuyeux. On est en 1913 et la guerre arrive.<\/p>\n\n\n\n<p>Les tomes 3 et 4 ont tous deux pour titre<em> L\u2019\u00e9t\u00e9 1914<\/em> et on s\u2019est arr\u00eat\u00e9 au tome 2. Ce n\u2019est pas que Martin Du Gard soit un pi\u00e8tre romancier, mais ses romans sont trop bavards, trop verbeux et on sent trop l\u2019\u00e9crivain catholique derri\u00e8re le canevas romanesque, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un Mauriac ou d\u2019un Julien Green.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame s\u2019il a \u00e9t\u00e9 un grand ami de Gide, il n\u2019a pas son ironie ni son aisance&nbsp;; pas plus qu\u2019il n\u2019a la profondeur et le d\u00e9sespoir d\u2019un Bernanos.<\/p>\n\n\n\n<p>On a juste un portrait, ou une fresque si l\u2019on est indulgent, de la bourgeoisie fran\u00e7aise catholique de la Belle-\u00e9poque, une classe sociale qui sera engloutie par la guerre, celle-ci donnant naissance \u00e0 une autre bourgeoisie, capitaliste et cynique, mais c\u2019est une autre histoire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>PATRICK DEVILLE \u2013 <em>KAMPUCH\u00c9A<\/em> \u2013 Points Seuil<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/illustration449.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4199\" width=\"576\" height=\"866\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/illustration449.jpg 480w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/illustration449-199x300.jpg 199w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/illustration449-399x600.jpg 399w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/illustration449-20x30.jpg 20w\" sizes=\"(max-width: 576px) 100vw, 576px\" \/><figcaption>Patrick DEVILLE \u00e9crivain, photo Wikip\u00e9dia. Une bonne gueule en plus.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Tout autre chose avec Patrick Deville dont on a d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 ici. C\u2019\u00e9tait alors le Mexique de Frida Kahlo, B. Traven, Trotski et Artaud. C\u2019est maintenant le Cambodge (qui s\u2019est appel\u00e9 Kampuch\u00e9a d\u00e9mocratique aux temps funestes des Khmers rouges) des Conrad, des Malraux et des Loti. On sait la dilection de Deville pour ces fictions inspir\u00e9es de personnages et de situations r\u00e9elles. Un exercice qui va comme un gant \u00e0 son \u00e9criture. Sauf qu\u2019ici, la fiction ne na\u00eet pas de ces personnages mais il les \u00e9voque tour \u00e0 tour, comme pour les ins\u00e9rer dans un r\u00e9cit apocalyptique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le narrateur se rend au Cambodge pour suivre le proc\u00e8s de Douch, chef du camp S21 de sinistre m\u00e9moire, l\u00e0 o\u00f9 des milliers de Cambodgiens ont trouv\u00e9 la mort au bout des plus horribles tortures. Douch n\u2019\u00e9tait pas du nombre des \u00ab&nbsp;Parisiens&nbsp;\u00bb, soit la bande \u00e0 Pol Pot, jeunes gens ayant fait leurs \u00e9tudes au quartier latin et adh\u00e9r\u00e9 au PCF avant de faire r\u00e9gner un totalitarisme de l\u2019horreur dans leur pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Khmers prennent le contr\u00f4le du pays le 17 avril 1975, quelques jours apr\u00e8s la chute de Sa\u00efgon, et ils seront chass\u00e9s par l\u2019arm\u00e9e vietnamienne en janvier 1979. Quatre ans de malheur.<\/p>\n\n\n\n<p>Accompagn\u00e9 successivement de deux interpr\u00e8tes, le vieux Liem et la belle Nali, le narrateur s\u2019enfonce dans cette histoire, aid\u00e9 par un vieux policier local qu\u2019il appelle \u00ab&nbsp;le commissaire Maigret&nbsp;\u00bb. Le r\u00e9cit nous emm\u00e8ne du Cambodge au Vietnam et enfin au Laos en passant par la Tha\u00eflande. C\u2019est tout le Sud-est asiatique et son histoire qui d\u00e9file dans ces pages, car Deville se fait \u00e0 la fois historien et g\u00e9ographe. Il parle beaucoup du Fran\u00e7ais Henri Mouhot, d\u00e9couvreur du temple d\u2019Angkor mais aussi d\u2019explorateurs moins connus tel Auguste Pavie ou un certain Garnier, tous morts tragiquement.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019oublie pas les situations coloniales \u2013 Anglais, Fran\u00e7ais puis Am\u00e9ricains &#8211; et les invasions \u2013 Japonais puis Chinois \u2013 qu\u2019ont connu ses contr\u00e9es, comme s\u2019il pesait une mal\u00e9diction sur les deux rives du M\u00e9kong.<\/p>\n\n\n\n<p>Une mal\u00e9diction qui fascine, et le plus int\u00e9ressant dans ce roman est l\u2019\u00e9vocation de tous ces \u00e9crivains attir\u00e9s par cette r\u00e9gion du monde comme la phal\u00e8ne sur la lampe. Malraux et sa <em>Voie royale<\/em>, condamn\u00e9 pour avoir d\u00e9rob\u00e9 des tr\u00e9sors arch\u00e9ologiques, Conrad et son <em>Lord Jim<\/em> comme son <em>Au c\u0153ur des t\u00e9n\u00e8bres<\/em>, m\u00eame s\u2019il se situait au Congo mais le film de Coppola <em>Apocalypse now<\/em> n\u2019avait-il pas \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9 au Cambodge&nbsp;? Graham Green et son <em>Am\u00e9ricain bien tranquille<\/em>, Pierre Loti et son <em>P\u00e8lerin d\u2019Angkor<\/em> ou encore Kipling.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme le Carlos Fuentes du <em>Vieux gringo <\/em>sur Ambrose Pierce, Deville semble nous dire que tous ces auteurs sont venus l\u00e0 pour y mourir ou du moins pour y laisser une part d\u2019eux-m\u00eames, comme s\u2019ils avaient voulu capturer une beaut\u00e9 insoutenable leur ayant \u00e9chapp\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>On remarquera le style de Deville, proche d\u2019un Nicolas Bouvier pour le c\u00f4t\u00e9 \u00e9crivain \u2013 voyageur, mais tout aussi voisin des Michon ou Bergougnoux pour la profondeur de sa pens\u00e9e avec \u00e7a et l\u00e0 des fulgurances po\u00e9tiques elles aussi d\u2019une beaut\u00e9 rare. Un livre qui interroge les r\u00e9volutions (il parle aussi du Nicaragua), le colonialisme, la barbarie, la chute des civilisations et, plus largement, la condition humaine et sa part d\u2019absurdit\u00e9. Un livre gla\u00e7ant par les faits qu\u2019il \u00e9voque, m\u00eame si le ton n\u2019est pas toujours grave et qu\u2019un humour discret y affleure souvent. Un livre-monde inoubliable tant il est marquant et fort. Ce gars-l\u00e0 n\u2019\u00e9crit visiblement pas pour passer le temps et c\u2019est ce qui fait le prix de son \u0153uvre. Un prix inestimable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>VICTOR HUGO \u2013 <em>BUG-JARGAL<\/em> \u2013 Folio \/ Gallimard<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un roman m\u00e9connu du grand Totor, le plus grand \u00e9crivain fran\u00e7ais selon l\u2019opinion g\u00e9n\u00e9rale. Loin d\u2019\u00eatre mon favori, souvent trop lyrique, pompeux, digressif, mais tellement plus qu\u2019un \u00e9crivain, en regard de l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p><em>B<\/em><em>ug-Jargal <\/em>est en fait, nous dit la pr\u00e9face, son premier roman. Comme dans <em>Les contes de la b\u00e9casse<\/em> de Maupassant o\u00f9 des chasseurs y allaient chacun de leur r\u00e9cit, le principe est que chaque soldat d\u2019un campement raconte son anecdote pour passer la nuit. C\u2019est donc le capitaine Leopold D\u2019Auverney qui s\u2019y colle alors qu\u2019il \u00e9tait encore jeune homme amoureux dans la plantation de son oncle, \u00e0 la Dominique.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019Auverney et le sergent Thad\u00e9e arrivent \u00e0 Saint-Domingue o\u00f9 il sont h\u00e9berg\u00e9s par l\u2019oncle, un colon planteur. Il se marie avec sa promise \u2013 Marie \u2013 \u00e0 qui un myst\u00e9rieux esclave nomm\u00e9 Pierrot donne l\u2019aubade nuitamment. Le mariage a lieu le 22 ao\u00fbt 1791, qui marque l\u2019incendie des plantations et l\u2019insurrection des esclaves men\u00e9e par Bug-Jargal, un colosse noir qui a sauv\u00e9 Marie des dents d\u2019un crocodile et a \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 par l\u2019oncle avant de s\u2019\u00e9vader. Bug-Jargal est bien s\u00fbr Pierrot. Bien que D\u2019Auverney e\u00fbt de l\u2019estime et de l\u2019amiti\u00e9 pour lui, la lutte les oppose. Les insurg\u00e9s s\u2019attaquent \u00e0 un fort o\u00f9 Marie est r\u00e9fugi\u00e9e mais Bug-Jargal la sauve des combattants d\u00e9cha\u00een\u00e9s. L\u2019oncle est tu\u00e9 dans la bataille et D\u2019Auverney est fait prisonnier d\u2019un autre chef insurg\u00e9, Biassou. Hugo d\u00e9crit les insurg\u00e9s comme on d\u00e9peignait \u00e0 l\u2019\u00e9poque les sauvages d\u2019Afrique avec sorciers, griots, chefs \u00e0 plume, tam-tams et poteaux de torture.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le rapport de force s\u2019inverse. Bouckmann, un leader insurg\u00e9, est tu\u00e9 et le sorcier Obi pr\u00e9dit la mort imminente de D\u2019Auverney toujours sans nouvelles de son \u00e9pouse.<\/p>\n\n\n\n<p>Biassou s\u2019amuse \u00e0 terroriser ses prisonniers mais il promet la vie sauve \u00e0 D\u2019Auverney pour le peu qu\u2019il corrige en bon fran\u00e7ais une lettre de reddition \u00e9crite par lui-m\u00eame, estimant possible un revers des esclaves et la victoire finale des colons. D\u2019Auverney refuse. Il est sauv\u00e9 par Pierrot alias Bug-Jarval qui le lib\u00e8re et l\u2019emm\u00e8ne dans une grotte o\u00f9 il a abrit\u00e9 Marie. Les deux amants se retrouvent au grand dam de Pierrot, amoureux fou de la dame. Mais D\u2019Auverney avait promis \u00e0 Biassou de revenir et il en fait une affaire d\u2019honneur, bien que Marie comme Pierrot lui interdisent de les quitter.<\/p>\n\n\n\n<p>Biassou veut sa mort qui pourtant signifierait l\u2019ex\u00e9cution de dix autres noirs dans un autre endroit. Le sorcier s\u2019av\u00e8re \u00eatre l\u2019ancien bouffon de l\u2019oncle qu\u2019il avoue avoir tu\u00e9. Il veut maintenant prendre la vie de D\u2019Auverney qui sera sauv\u00e9 d\u2019abord par le chien de Bug-Jargal \u2013 Rask \u2013 puis par Bug-Jarval lui-m\u00eame. \u00c9pilogue&nbsp;: D\u2019Auverney tuera Bug-Jarval accidentellement dans le feu des combats.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le Victor Hugo romantique \u2013 et encore monarchiste &#8211; qui r\u00eave d\u2019Espagne. Dans un roman d\u2019aventure proche d\u2019un genre plut\u00f4t ma\u00eetris\u00e9 jusque-l\u00e0 par les Anglo-Saxons (de Defoe \u00e0 Stevenson en passant par Melville ou m\u00eame Poe), il restitue ce qu\u2019ont d\u00fb \u00eatre les r\u00e9voltes d\u2019esclaves d\u2019apr\u00e8s la R\u00e9volution, avec des personnages comme Toussaint Louverture en Ha\u00efti. On sent le Hugo lyrique et humaniste, m\u00eame si ce court roman n\u2019a pas encore toutes les qualit\u00e9s qu\u2019on lui conna\u00eet. Une \u0153uvre de jeunesse, on l\u2019a dit, mais d\u00e9j\u00e0 le grand Hugo perce sous le jeune romancier, comme \u00ab&nbsp;Napol\u00e9on d\u00e9j\u00e0 per\u00e7ait sous Bonaparte&nbsp;\u00bb (<em>La l\u00e9gende des si\u00e8cles<\/em>). \u00ab&nbsp;T\u2019as tort Totor tu t\u2019ent\u00eates et t\u2019as tort&nbsp;\u00bb, dit la chanson. Elle ne s\u2019applique pas \u00e0 Hugo, lui qui a toujours concili\u00e9 le vrai, le bon et le beau (comme l\u2019antique!).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>HONOR\u00c9 DE BALZAC \u2013 SPLENDEURS ET MIS\u00c8RES DES COURTISANES \u2013 Folio \/ Gallimard Un roman qui fait partie de La condition humaine, quasiment l\u2019intitul\u00e9 g\u00e9n\u00e9rique des \u0153uvres compl\u00e8tes de Balzac. 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