{"id":4282,"date":"2025-05-22T16:11:02","date_gmt":"2025-05-22T14:11:02","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4282"},"modified":"2025-05-22T16:11:03","modified_gmt":"2025-05-22T14:11:03","slug":"damned-damned-damned","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4282","title":{"rendered":"DAMNED! DAMNED! DAMNED!"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"600\" height=\"600\" src=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/illustration465.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4284\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/illustration465.jpg 600w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/illustration465-300x300.jpg 300w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/illustration465-150x150.jpg 150w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/illustration465-30x30.jpg 30w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption>Premier album de<em> Damned<\/em>, celui dit de la tarte \u00e0 la cr\u00e8me. First offense ! Brian james \u00e0 droite qui reste digne, au milieu des pires d\u00e9pravations. iPhoto Discogs, avec leur aimable&#8230;<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Une interjection de bande dessin\u00e9e anglo-saxonne, mais aussi un groupe de la vague punk anglaise ayant d\u00e9ferl\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1976. La mort de leur premier guitariste Brian James nous oblige \u00e0 reparler de ce combo exceptionnel qui fut certainement, peut-\u00eatre plus que pour les institutions Clash ou Sex Pistols l\u2019aboutissement musical de ce que le Punk-rock aurait pu \u00eatre. Portrait des damn\u00e9s et de l\u2019\u00e9cho fracassant de leur court passage sur terre.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce devait \u00eatre en novembre 1976, un concert au Victoria Theatre avec, \u00e0 l\u2019affiche, Graham Parker And The Rumour, le Sean Tyla Gang et Damned. J\u2019en garde un souvenir ineffa\u00e7able, tout de puissance et de hargne. C\u2019\u00e9tait le premier groupe de punk-rock qu\u2019il m\u2019\u00e9tait donn\u00e9 de voir, si on excepte nos Bijou et Little Bob Story nationaux (l\u2019\u00e9taient-ils vraiment?) et j\u2019avais rat\u00e9 les Sex Pistols au Chalet du lac \u00e0 Vincennes, un peu plus t\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<p>Il me revient en m\u00e9moire les quelques lignes \u00e9crites par Norman Mailer apr\u00e8s le concert du MC5 \u00e0 la convention d\u00e9mocrate de Chicago en ao\u00fbt 1968, et j\u2019aurais pu le paraphraser&nbsp;: \u00ab&nbsp;un vortex nihiliste, le son du chaos et l\u2019expression de la folie pure&nbsp;\u00bb. Qui \u00e9taient ces dynamiteurs bard\u00e9s de cuir qui m\u2019avaient mis k.o&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ils \u00e9taient tous originaires de Croydon, un quartier au sud du Grand Londres. Leur histoire commence justement avec le d\u00e9funt Brian Robertson, alias Brian James, guitariste des London SS, l\u2019un des premiers groupes punk de l\u2019histoire qui aura aussi pour pensionnaire un certain Mick Jones, futur Clash. Autre membre de ces SS Londoniens d\u2019op\u00e9rette, le batteur Chris Millar alias Rat Scabbies qui s\u2019est d\u00e9j\u00e0 illustr\u00e9 dans un obscur combo manag\u00e9 par Dick Taylor, des Pretty Things.<\/p>\n\n\n\n<p>Les SS n\u2019ont pas bonne presse et leurs provocations attirent plus l\u2019attention que leurs qualit\u00e9s musicales. Ce sera ensuite les Subterraneans (d\u2019apr\u00e8s Kerouac) avec les renforts de Ray Burns, alias Captain Sensible de son nom de guerre punk, \u00e0 la basse et le journaliste du <em>New Musical Express <\/em>Nick Kent au chant. Nick Kent sera aussi des premiers Sex Pistols, v\u00e9ritable Z\u00e9lig du punk-rock anglais.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Nick Kent est plus dou\u00e9 de la plume que du micro et il est vite remplac\u00e9 par Dave Vanian, David Letts de son vrai nom. Vanian, avec Scabbies et Sensible avaient d\u00e9j\u00e0 jou\u00e9 ensemble avec la belle Chrissie Hynde (alors girl-friend de Kent) chez les Masters of the backside, groupe en son temps manag\u00e9 par le sulfureux Malcolm Mc Laren. Vanian se distingue par son look vampire avec costard cravate, visage crayeux et l\u00e8vres peintes. Les autres sont plut\u00f4t pantalons de cuir et t.shirts rapi\u00e9c\u00e9s, soit la panoplie punk.<\/p>\n\n\n\n<p>Le groupe ainsi d\u00e9finitivement form\u00e9 commence \u00e0 se produire au 100 Club, une bo\u00eete d\u2019Oxford Street o\u00f9 ils jouent parfois en premi\u00e8re partie des Pistols. Ils sont du festival punk de Mont-de-Marsan organis\u00e9 par Zermati en ao\u00fbt 1976 et sortent \u00ab&nbsp;New Rose&nbsp;\u00bb, leur premier single, en octobre. C\u2019est quasiment la premi\u00e8re galette de l\u2019\u00e8re punk avec un riff mortel de basse et un martellement monstrueux de batterie sur une m\u00e9lodie dont la rusticit\u00e9 n\u2019exclut pas la puissance. Le single est sorti chez Stiff Records, la marque qui monte, celle qui signera Costello et d\u2019autres p\u00e9pites du punk. Damned est invit\u00e9 par John Peel \u00e0 s\u2019illustrer lors de ses <em>Peel sessions <\/em>sur <em>BBC1<\/em>. Ils sont programm\u00e9s pour suivre la tourn\u00e9e des Pistols, mais l\u2019incident entre Steve Jones et l\u2019animateur de l\u2019\u00e9mission <em>Today<\/em> Bill Grundy dissuade l\u2019entourage du groupe de se commettre avec eux.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est en f\u00e9vrier 1977 que para\u00eet leur premier album <em>(Damned, damned, damned),<\/em> produit par Nick Lowe et dont les chansons ont \u00e9t\u00e9 compos\u00e9es par Brian James, le leader du groupe. Outre une reprise du \u00ab&nbsp;1970&nbsp;\u00bb des Stooges rebaptis\u00e9e \u00ab&nbsp;I Feel Alright&nbsp;\u00bb, on trouve 11 compositions originales qui impressionnent par leur qualit\u00e9 m\u00e9lodique comme par leur puissance rythmique. La premi\u00e8re face est parfaite avec \u00ab&nbsp;Neat Neat Neat&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Fan Club&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Born To Kill&nbsp;\u00bb. Premi\u00e8re offense.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la sortie de leur premier opus, ils partent en tourn\u00e9e avec T. Rex dont&nbsp; c\u2019est le dernier tour de piste avant un engagement au CBGB, La Mecque du punk am\u00e9ricain.<\/p>\n\n\n\n<p>Leur deuxi\u00e8me album, <em>Music for pleasure<\/em>, est d\u00e9concertant. Moins de bonnes chansons \u00e0 part leur \u00ab&nbsp;Problem Child&nbsp;\u00bb, l\u2019un de leurs morceaux les plus connus. Une pochette art abstrait, une production Nick Mason (Pink Floyd) et la pr\u00e9sence de Lol Coxhill, saxophoniste plut\u00f4t jazz. On s\u2019y perd. Les compositions de James se font plus rares et il part rejoindre les Lords of the new church de Stiv Bators (ex Dead Boys). Fin du premier acte. En 1978, le groupe n\u2019existe plus. Le c\u00f4t\u00e9 \u00e9ph\u00e9m\u00e8re du punk\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>En 1979, Lemmy Kilmister (Mot\u00f6rhead) prend provisoirement la basse et Sensible permute \u00e0 la guitare. Lemmy ne fait gu\u00e8re qu\u2019une panouille et il est remplac\u00e9 \u00e0 son tour par l\u2019ex Saints, l\u2019Australien Algy Ward.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils enregistrent chez Picwick Records un troisi\u00e8me album, <em>Machine gun etiquette.<\/em> \u00ab&nbsp;Love Song&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Smash It Up&nbsp;\u00bb font autant de hits et le groupe reprend le \u00ab&nbsp;Looking At You&nbsp;\u00bb du MC5. Captain Sensible est devenu le compositeur prolixe du groupe et leur musique a vir\u00e9 vers un psych\u00e9d\u00e9lisme baroque d\u2019une belle richesse musicale.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ann\u00e9es 1980 s\u2019annoncent plut\u00f4t bien pour Damned, m\u00eame si l\u2019heure du Punk est pass\u00e9e depuis longtemps et que les temps sont \u00e0 la New wave. Ils sortent <em>The black album<\/em> en octobre 1980, renfor\u00e7ant le caract\u00e8re gothique du chanteur Dave Vanian au d\u00e9triment de l\u2019humour surr\u00e9aliste de Captain Sensible, lequel amorcera une carri\u00e8re solo. C\u2019est n\u00e9anmoins un album de grande classe, ou plut\u00f4t un double album avec une face en public. Le disque \u00e0 la pierre tombale dont le titre fait r\u00e9f\u00e9rence au double album blanc des Beatles d\u00e9concerte par sa diversit\u00e9 et s\u00e9duit par sa richesse. Comme le double blanc, il fourmille de trouvailles, de fausses pistes, de faux d\u00e9parts, de collages et de fragments. Le morceau de choix n\u2019en reste pas moins ce \u00ab&nbsp;\u00abCurtain Call&nbsp;\u00bb de 17 minutes, d\u2019apr\u00e8s Rimski-Korsakov. Ces punks seraient-ils devenus m\u00e9lomanes&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019album, trop original pour leur public, fait un bide et Damned n\u2019a plus de maison de disque. Ils enregistrent quelques singles sur des labels ind\u00e9pendants dans la p\u00e9riode. Paul Gray (ex Eddie &amp; The Hot Rods) a pris la place de Captain Sensible qui triomphe en solo ((\u00ab&nbsp;Said captain&nbsp;? He said wot&nbsp;?&nbsp;\u00bb) et Dave Vanian s\u2019est rebaptis\u00e9 Billy Karloff, toujours sous influence vampiresque et Nosferatu.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ensuite ce qui reste peut-\u00eatre leur chef-d\u2019\u0153uvre, <em>Strawberries<\/em> (automne 1982), l\u2019album au porc. Le disque est une merveille, enregistr\u00e9 aux studios gallois Rockfield sous la direction de Hugh Jones pour le label Bronze. 11 chansons subtiles et ent\u00eatantes, moiti\u00e9 psych\u00e9d\u00e9lique, moiti\u00e9 punk-rock&nbsp;; le tout tr\u00e8s m\u00e9lodique et on pense parfois au rock symphonique (Peter Fripp est pass\u00e9 en studio). Un OVNI discographique qui tend \u00e0 prouver que Damned n\u2019a rien du groupe punk lambda.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis tout va se d\u00e9glinguer avec d\u2019incessants changements de personnel (encore). Gray quitte le navire et, plus grave, est suivi par Captain Sensible qui se donne \u00e0 plein \u00e0 sa carri\u00e8re solo. Dave Vanian est maintenant seul ma\u00eetre \u00e0 bord et on recrute chez les Damned&nbsp;: Bryan Merrick (basse) et Roman Jugg (guitare). Le groupe a la chance de signer chez MCA et \u2013 Vanian oblige \u2013 va sortir encore deux albums dans le genre gothique et caverneux&nbsp;: <em>Phantasmagoria <\/em>en 1985 et <em>Anything<\/em> l\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s, sans pr\u00e9judice d\u2019un album de reprises de hits des ann\u00e9es 1960 sous le nom improbable de Naz Nomad And The Nightmares (<em>Give daddy the knife, Cindy<\/em>, en 1984).<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, la messe (noire) est dite. Il y aura d\u2019autres dissolutions et d\u2019autres reformations et le groupe aura exist\u00e9 jusqu\u2019au moins les ann\u00e9es 2010 avec encore d\u2019incessants changements dont une certaine Patricia Morrisson, ex du Gun Club. M\u00eame Captain Sensible est retourn\u00e9 au bercail apr\u00e8s le relatif \u00e9chec de son envol en solo. Les Damned ont encore commis deux albums en 2018 et 2023, c\u2019est assez dire si la b\u00eate refuse de mourir.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour notre part, on retiendra surtout la p\u00e9riode 1976 \u2013 1982 o\u00f9 le groupe, se r\u00e9inventant sans cesse. Il aura \u00e9t\u00e9, peut-\u00eatre avec Jam, le plus s\u00e9duisant et le plus original du Punk-rock anglais, bien meilleurs \u00e0 mon humble avis que les Clash ou les Sex Pistols (et quand bien m\u00eame je doive en faire hurler d\u2019aucuns).<\/p>\n\n\n\n<p>Car une fois oubli\u00e9s l\u2019\u00e9pouvante \u00e0 deux balles et le grand-guignol made in Vanian, on a eu avec eux l\u2019une des plus belles illustrations et des plus originales aventures du rock anglais. Damned&nbsp;! Voil\u00e0 que je me fais lyrique maintenant. It\u2019s only rock\u2019n\u2019roll, apr\u00e8s tout. But I still like it&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><em>28 avril 2025<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une interjection de bande dessin\u00e9e anglo-saxonne, mais aussi un groupe de la vague punk anglaise ayant d\u00e9ferl\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1976. 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