{"id":4393,"date":"2025-10-30T15:19:21","date_gmt":"2025-10-30T14:19:21","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4393"},"modified":"2025-10-30T15:19:21","modified_gmt":"2025-10-30T14:19:21","slug":"notes-de-lecture-74","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4393","title":{"rendered":"NOTES DE LECTURE 74"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>ALEXANDRE SOLJENiTSYNE \u2013 <em>UNE JOURN\u00c9E D\u2019IVAN DENISSOVITCH<\/em> \u2013 Julliard \/ 10-18<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce bon vieux Soljenitsyne&nbsp;! Je me souviens qu\u2019\u00e0 la sortie de son <em>Archipel du goulag <\/em>en 1974, tous les r\u00e9acs de France et de Navarre avaient trouv\u00e9 leur dieu vivant. Rescap\u00e9 du goulag, il en imposait en symbole de la lutte contre le communisme. Pas le stalinisme, le communisme dans son entier et finalement toute utopie r\u00e9volutionnaire, avant les nouveaux philosophes qui lui feront chorus.<\/p>\n\n\n\n<p>Seul un Cavanna ne s\u2019inclinait pas et le traitait de vieux con mystique, illisible et chiant comme la pluie, malgr\u00e9 son calvaire qu\u2019on ne pouvait que respecter.<\/p>\n\n\n\n<p>Un goulag du c\u00f4t\u00e9 de Vladivostok, en 1951. L\u2019histoire concerne le prisonnier Choukhov, qu\u2019on suit du petit matin jusqu\u2019au soir. Du petit-d\u00e9jeuner o\u00f9 on leur sert une soupe inf\u00e2me, au d\u00eener o\u00f9 ce n\u2019est gu\u00e8re mieux. Heureusement, on cantine et on partage les colis.<\/p>\n\n\n\n<p>On suit aussi ses compagnons de gal\u00e8re&nbsp;: Alioucha, chr\u00e9tien baptiste et d\u00e9port\u00e9 pour ce fait ou Bouynovski, opposant politique traqu\u00e9 par la milice alors qu\u2019on voulait l\u2019enr\u00f4ler dans l\u2019arm\u00e9e rouge. Il y en a d\u2019autres, C\u00e9sar ou Fetioukov l\u2019Estonien . Tous de nationalit\u00e9s diff\u00e9rentes et condamn\u00e9s \u00e0 des titres divers. Soljenitsyne les fait parler souvent dans leur patois, avec leurs tics de langage, leurs proverbes et leurs accents. On va du premier maigre repas au coucher avec rassemblement dans la nuit. Entre les deux, des travaux de ma\u00e7onnerie, des appels, des rassemblements, des r\u00e9primandes, des coups\u2026 Le froid et la faim. Choukhov est un koulak enr\u00f4l\u00e9 en 1941 dans l\u2019arm\u00e9e et soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019intelligence avec l\u2019ennemi alors que son corps d\u2019arm\u00e9e \u00e9tait affam\u00e9 et d\u00e9sarm\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le propos n\u2019est pas directement politique et \u00e0 peine fait-on une allusion \u00e0 Staline avec un dialogue sur le cin\u00e9ma d\u2019Eisenstein qui divise deux d\u00e9tenus. Il y a le b\u00e2timent Culture et Loisirs o\u00f9 on peut lire<em> La Pravda <\/em>et la Cit\u00e9 du socialisme, pour les brigadiers et les officiers.<\/p>\n\n\n\n<p>On trouve dans ce court r\u00e9cit des traits d\u2019humour et des descriptions bouffonnes dans un style parfois c\u00e9linien. On n\u2019est loin en tout cas des monuments tortur\u00e9s qui ont suivi et que je n\u2019ai jamais pu lire. C\u2019est, avec <em>Le pavillon des canc\u00e9reux<\/em>, l\u2019un de ses premiers livres, et ce Soljenitsyne l\u00e0 \u00e9tait encore lisible. Avant qu\u2019il ne devienne cet esp\u00e8ce de pape de l\u2019anti-communisme. Faudrait pas vieillir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>MANUEL VAZQUEZ MONTALBAN \u2013<em> LES MERS DU SUD<\/em> &#8211; 10\/18<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illustration486.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4395\" width=\"577\" height=\"373\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illustration486.jpg 443w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illustration486-300x194.jpg 300w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illustration486-30x19.jpg 30w\" sizes=\"(max-width: 577px) 100vw, 577px\" \/><figcaption>Montalban au travail, en train de nous fabriquer un de ces romans qu&rsquo;on d\u00e9vore. Wikipedia<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Un Montalban, toujours bon \u00e0 prendre avec ses enqu\u00eates millim\u00e9tr\u00e9es, son Barcelone, ses recettes de cuisine et ses personnages truculents, \u00e0 commencer par P\u00e9p\u00e9 Carvalho, son fid\u00e8le Biscuter, Bromure l\u2019indicateur et Charo, sa prostitu\u00e9e bien aim\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier chapitre nous montre une bande de jeune en train de faire la f\u00eate. Ils volent une voiture et sont poursuivis par la police. On suit l\u2019un d\u2019eux qui s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9 dans un chantier en construction et, planqu\u00e9 en attendant que \u00e7a se tasse, il d\u00e9couvre un cadavre, poignard\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>On apprend que c\u2019est le corps d\u2019un architecte en vue de Barcelone, un intellectuel mondain du nom de Stuart Pedrell. On l\u2019apprend quand sa veuve et son avocat viennent supplier Carvalho d\u2019enqu\u00eater sur ce meurtre. Pedrell avait tout plaqu\u00e9 pour partir sur les traces de Gauguin dans les mers du sud, mais la mort a annul\u00e9 ses projets de voyage. Il avait disparu depuis un an et on le croyait parti tr\u00e8s loin&nbsp;; la question est maintenant de savoir ce qu\u2019il a bien pu faire durant toute cette ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Carvalho vient d\u2019adopter un chien \u2013 Blette -et, entre deux repas bien arros\u00e9s concoct\u00e9s par lui-m\u00eame ou par Biscuter, il m\u00e8ne l\u2019enqu\u00eate. D&nbsp;\u2018abord son \u00e9pouse, puis quelques-unes de ses ma\u00eetresses, des membres de sa famille, des associ\u00e9s, des artistes amis sans oublier un commer\u00e7ant dont il tenait les comptes \u00e0 titre gracieux. En creux se d\u00e9tache le portrait d\u2019un homme singulier&nbsp;: un grand bourgeois sentimental, un dandy masochiste, un esth\u00e8te romantique, une sorte de saint la\u00efc en qu\u00eate de r\u00e9demption. Pas du tout adapt\u00e9 \u00e0 son milieu.<\/p>\n\n\n\n<p>Montalban prom\u00e8ne Carvalho dans le Barcelone r\u00e9nov\u00e9, ces anciens quartiers ouvriers et populaires devenus la proie des promoteurs. Le roman date de 1979, et l\u2019apr\u00e8s-Franquisme a laiss\u00e9 place \u00e0 une caste d\u2019affairistes cul et chemise avec les politiciens. Voil\u00e0 pour le contexte, et Carvalho, l\u2019ancien gauchiste, nous r\u00e9gale de sa vision pessimiste et truculente \u00e0 la fois de la soci\u00e9t\u00e9 espagnole.<\/p>\n\n\n\n<p>En enqu\u00eatant dans ce quartier en voie de r\u00e9novation, il apprend que Pedrell a v\u00e9cu, sous un faux nom, dans l\u2019un de ces appartements avec une fille, une ouvri\u00e8re politis\u00e9e, Ana. Carvalho la retrouve et ils se donnent rendez-vous.<\/p>\n\n\n\n<p>Rentr\u00e9 au bureau, Biscuter a fait entrer un boulanger cocu qui lui dit que son \u00e9pouse est partie avec un homme se pr\u00e9tendant membre de l\u2019ETA. Les deux affaires sont-elles li\u00e9es&nbsp;? Pas vraiment et \u00e0 la fin le d\u00e9tective retrouvera l\u2019amant au lit de la dame et lui conseillera de retrouver son mari.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors d\u2019une r\u00e9union mondaine o\u00f9 il est convi\u00e9, la veuve lui demande o\u00f9 il en est. Pas grand-chose en v\u00e9rit\u00e9. Il a n\u00e9anmoins une liaison avec la fille du couple, Yes (pour Jessica), une gamine qui idol\u00e2trait son p\u00e8re et maudissait son entourage&nbsp;. C\u2019est elle qui lui apprend le plus de choses sur cette famille en or. Ils deviennent amants mais Carvalho se m\u00e9fie de son caract\u00e8re romanesque comme de son addiction \u00e0 la coca\u00efne.<\/p>\n\n\n\n<p>Ana lui r\u00e9v\u00e8le des choses sur Pedrell, une cr\u00e8me d\u2019homme int\u00e9ress\u00e9 par ses luttes politiques. Elle est enceinte de lui. Carvalho va ensuite rendre visite \u00e0 ses parents. Leur fille \u00e9tait intenable mais rien de comparable avec leur fils Pedrito, qui int\u00e9resse le d\u00e9tective. \u00c0 nouveau, l\u2019entourage lui conseille de laisser tomber l\u2019enqu\u00eate, voire de le payer pour \u00e7a mais Carvalho a vu juste.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est Pedrito qui a fait le coup avec deux de ses copains pour venger l\u2019honneur de sa s\u0153ur. Lard\u00e9 de coups de couteau, Pedrell s\u2019est tra\u00een\u00e9 jusqu\u2019au domicile de sa derni\u00e8re ma\u00eetresse, laquelle \u00e9tait au lit avec l\u2019avocat du d\u00e9but. Pour \u00e9viter le scandale, ils l\u2019ont mis dans une voiture et d\u00e9charg\u00e9 le corps sans vie \u00e0 San Mangin, le quartier qu\u2019il avait r\u00e9nov\u00e9 en tant qu\u2019architecte.<\/p>\n\n\n\n<p>Carvalho s\u2019en va r\u00e9v\u00e9ler les tenants et aboutissants de l\u2019affaire \u00e0 la veuve et celle-ci a d\u00e9cid\u00e9 de rejoindre son deuxi\u00e8me fils \u00e0 Bali, l\u00e0 o\u00f9 Pedrell avait l\u2019intention de se rendre. Carvalho n\u2019a plus qu\u2019\u00e0 rentrer chez lui se cuisiner quelque chose. Le petit chien ne vient pas \u00e0 a rencontre. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9gorg\u00e9, on le devine, par Pedrito ou quelqu\u2019un de sa bande. Le d\u00e9tective, sous des dehors cyniques et revenu de tout, est un grand sentimental qui s\u2019effondre en larmes en enterrant son chien. Fin de l\u2019\u00e9pisode.<\/p>\n\n\n\n<p>On aime Carvalho pour son romantisme de vieil anar d\u00e9sabus\u00e9, pour la vie qu\u2019il insuffle \u00e0 ses r\u00e9cits, pour son avidit\u00e9 de bouche et de sexe, pour sa bande d\u2019\u00e9clop\u00e9s qui lui servent d\u2019amis et, surtout, pour sa vision de l\u2019Espagne de l\u2019apr\u00e8s Franquisme et d\u2019une classe politique qui s\u2019est vautr\u00e9e dans la corruption. La guerre d\u2019Espagne s\u2019est termin\u00e9e \u00e0 la mort de Franco, et les salauds ont gagn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>PAUL F\u00c9VAL \u2013 <em>LE CHEVALIER DE LAGARD\u00c8RE<\/em> \u2013 Hemma \/ Livre club jeunesse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ah, le bossu de F\u00e9val&nbsp;! On revoit Bourvil et Jean Marais dans ce film de cape et d\u2019\u00e9p\u00e9es d\u2019Andr\u00e9 Hunebelle (ah ce qu\u2019on est heureux d\u2019avoir Hunebelle comme r\u00e9alisateur, chantait Francis Blanche). Le livre n\u2019\u00e9tait pas mal non plus et F\u00e9val, parmi une cinquantaine d\u2019ouvrage, a tenu \u00e0 \u00e9crire une suite \u00e0 son plus grand succ\u00e8s avec ce livre, puis <em>Le fils de Lagard\u00e8re<\/em> et quelques autres. F\u00e9val est un peu le Dumas du pauvre, \u00e0 la rude \u00e9cole du feuilleton, comme Z\u00e9vaco, Malot ou Eug\u00e8ne Sue.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est donc la suite du Bossu et le roman d\u00e9bute par une f\u00eate chez le r\u00e9gent, Philippe d\u2019Orl\u00e9ans. Le bossu demande \u00e0 voir le r\u00e9gent et tous deux \u00e9voquent l\u2019assassinat du duc de Nevers. Lagard\u00e8re a d\u00e9cid\u00e9 de la venger et, parmi les neuf coupables, il en a tu\u00e9 sept de son \u00e9p\u00e9e. Il a aussi pris la tutelle d\u2019Aurore de Nevers, la fille du duc. Le Bossu informe le r\u00e9gent de cette situation , comme pour le pr\u00e9venir de ce qui va arriver. Le r\u00e9gent promet sa protection.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis on revoit tous les personnages du roman&nbsp;: Gonzague, son homme de main Peyrolles et leurs sbires d\u2019un c\u00f4t\u00e9&nbsp;; Lagard\u00e8re, le bossu et Passepoil et Cocardasse de l\u2019autre. La lutte est sans merci. Lagard\u00e8re vient ramener Aurore \u00e0 sa m\u00e8re, Madame de Gonzague \u00e0 qui il avait promis de la rendre. Gonzague veut d\u00e9jouer ses plans et \u00e9chapper \u00e0 sa vengeance, car c\u2019est lui qui avait donn\u00e9 le coup fatal \u00e0 Nevers. Passsepoil et Cocardasse, sortes de caricatures de mousquetaires, font croire \u00e0 Philippe De Gonzague que Lagard\u00e8re est mort dans une embuscade mais le Bossu, lui, est toujours l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Gonzague veut marier son complice Chaverny \u00e0 Aurore car une sombre histoire d\u2019h\u00e9ritage lie tous ces nobles autour de la fortune l\u00e9gu\u00e9e par Nevers. Le Bossu lance, par plaisanterie, le d\u00e9fi de remplacer Chaverny et d\u2019\u00e9pouser Aurore. On rit beaucoup de la bravade, mais Le Bossu prend l\u2019affaire au s\u00e9rieux et il se pr\u00e9sente en Lagard\u00e8re \u00e0 sa bien aim\u00e9e. Le Bossu et Lagard\u00e8re ne font qu\u2019un. Incroyable&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Gonzague et Peyrolles font enfermer Lagard\u00e8re au Chatelet o\u00f9 il doit \u00eatre condamn\u00e9 \u00e0 mort, mais il s\u2019\u00e9vade avec la complicit\u00e9 de Chaverney qui, s\u2019estimant tromp\u00e9, a rejoint son camp.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La veuve Nevers se rend compte \u00e9galement que Gonzague, son nouveau mari, a voulu exiler sa fille en la faisant \u00e9lever en Espagne par une dame stipendi\u00e9e par lui, Dona Cruz. Reste \u00e0 en appeler au r\u00e9gent qui, bon prince, gracie Lagard\u00e8re et lui permet de se marier avec Aurore dans une chapelle au clair de lune (in the chapel on the moonlight\u2026 Ouh ouh ouh, ouh ouh ouh).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9pilogue, Lagard\u00e8re pr\u00e9sente au r\u00e9gent un parchemin o\u00f9 est \u00e9crit le nom de l\u2019assassin de Nevers. Gonzague s\u2019en empare et le br\u00fble. Il n\u2019y avait aucun nom sur le papier et Gonzague s\u2019est trahi. Fin de l\u2019histoire qui se poursuivra avec <em>Le fils de Lagard\u00e8re<\/em>.. Bon, c\u2019est du sous Dumas, paru dans une collection \u00ab&nbsp;jeunesse\u00bb, autant dire la biblioth\u00e8que verte, mais \u00e7a se lit bien, c\u2019est pas long et \u00e7a fait pas mal \u00e0 la t\u00eate. Si tu ne viens pas \u00e0 Lagard\u00e8re\u2026 Lagard\u00e8re viendra-t-\u00e0 toi. J\u2019y suis-t-all\u00e9&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c9MILE ZOLA \u2013 <em>LA B\u00caTE HUMAINE<\/em> \u2013 Prestige du livre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un livre qui \u00e9voque immanquablement Gabin dans le film de Renoir. Gabin \/ Lantier, m\u00e9canicien de la Lison, sa locomotive qui fait Paris-Le Havre, travaill\u00e9 par des pulsions homicides. On conna\u00eet l\u2019histoire, mais on se doit d\u2019avouer qu\u2019on n\u2019avait jamais lu le livre. C\u2019est maintenant chose faite.<\/p>\n\n\n\n<p>Roubaud, un chef de gare, et sa femme S\u00e9verine sont dans leur appartement parisien que leur loue la m\u00e8re Victoire. La belle S\u00e9verine avoue, sous la menace des coups de Roubaud, qu\u2019elle a menti \u00e0 propos d\u2019une bague offerte et qu\u2019elle a couch\u00e9 avec un notable, le sous-pr\u00e9fet Grandmorin, alors qu\u2019elle \u00e9tait bonne dans une riche demeure pr\u00e8s de Rouen. Roubaud redouble de col\u00e8re apr\u00e8s l\u2019aveu. Drame de la jalousie. Finalement, il fait \u00e9crire une lettre \u00e0 son \u00e9pouse et ils repartent tous deux au Havre. La lettre fixe en fait un rendez-vous \u00e0 Granmorin, pour qu\u2019il prenne le m\u00eame train qu\u2019eux.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis c\u2019est Jacques Lantier, conducteur de locomotive, sa locomotive, La Lison qu\u2019il soigne comme une femme. Il vient rendre visite \u00e0 sa tante Phasie qui soup\u00e7onne son deuxi\u00e8me mari, Misard, de l\u2019empoisonner. Le couple lui offre l\u2019hospitalit\u00e9 mais Lantier est travaill\u00e9 par des pulsions sadiques qu\u2019il tient d\u2019une h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 alcoolique. Alors qu\u2019il batifole avec Flore, la fille de la maison, il lui prend l\u2019envie de l\u2019\u00e9gorger et il court vers un train pour \u00e9chapper \u00e0 ses pulsions. Un train d\u2019o\u00f9 il croit voir un homme en \u00e9gorger un autre. C\u2019est le sous-pr\u00e9fet Grandmorin qu\u2019on retrouve ensanglant\u00e9 sur la voie. Misard avertit la gare et la police. Un juge se rend sur place.<\/p>\n\n\n\n<p>On retrouve ensuite Roubaud et S\u00e9verine en Normandie. On suit Roubaud dans ses activit\u00e9s professionnelles, donnant des ordres et s\u2019occupant de la formation des trains. Les rivalit\u00e9s professionnelles aussi et les comm\u00e9rages sur les uns et sur les autres. La gare apprend la mort de Grandmorin et c\u2019est la consternation. Roubaud \u00e9tait dans le m\u00eame train que le sous-pr\u00e9fet.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019affaire fait grand bruit et les r\u00e9publicains en tirent profit pour tirer sur le gouvernement. L\u2019enqu\u00eate est men\u00e9e et les t\u00e9moins sont appel\u00e9s chez le juge Denizet. Tout semble accuser Roubaud, le testament en faveur de sa femme comme son ressentiment pour Grandmorin, mais les preuves manquent. Au fil des t\u00e9moignages, on ressort l\u2019affaire de Louisette, cette bonne viol\u00e9e et morte dans les bras de son amant, un repris de justice homme des bois du nom de Cabuche. Grandmorin avait \u00e9t\u00e9 soup\u00e7onn\u00e9 du viol.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est naturellement Cabuche qui fait le coupable id\u00e9al, au grand soulagement de Roubaud.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais S\u00e9verine n\u2019est pas tranquille. Elle veut \u00eatre au clair avec Lantier qui la croit coupable, mais il en tombe amoureux et ne ressent plus ses pulsions homicides. Elle va aussi rendre visite \u00e0 Camy-Lamotte, le secr\u00e9taire du juge qui d\u00e9tient la lettre et fait \u00e9crire S\u00e9verine pour comparer les \u00e9critures. Il s\u2019entretient avec Denizet. Lui pense qu\u2019elle et son mari sont coupables, mais Denizet en tient pour Cabuche car avec lui le scandale sera moins grand.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9verine repart \u00e0 Rouen dans le train conduit par Lantier \u00abla Lison&nbsp;\u00bb Il croit en la possibilit\u00e9 de son amour, un amour qui ne serait pas souill\u00e9 par ses d\u00e9sirs de meurtre. Le couple h\u00e9rite d\u2019une maison de Grandmorin, La Croix-de-Maufras o\u00f9 il demeure. Lantier voit r\u00e9guli\u00e8rement S\u00e9verine pour des rendez-vous galants alors que Roubaud perd des sommes importantes au jeu. Lantier peut se livrer aux volupt\u00e9s sans ses envies de meurtre. Elle s\u2019abandonne dans ses bras mais surprend son mari en train de dilapider l\u2019argent vol\u00e9 dans le train de la mort pour faire croire \u00e0 un meurtre v\u00e9nal, lui sait qu\u2019elle le trompe mais tout semble fini entre eux si ce n\u2019est la culpabilit\u00e9 diffuse d\u2019un crime partag\u00e9. Il est cocu le chef de gare.<\/p>\n\n\n\n<p>Un jour d\u2019hiver, le couple prend place dans le train conduit par Lantier. Son coll\u00e8gue, Pecqueux, est encore saoul et a fait la noce toute la nuit. La visibilit\u00e9 est mauvaise et la m\u00e9canique se d\u00e9r\u00e8gle. On pressent l\u2019accident. Le train est immobilis\u00e9 dans la neige, \u00e0 quelques m\u00e8tres de La Croix-de-Maufras, entre Rouen et Paris. Quelques voyageurs restent dans le train mais la plupart se r\u00e9fugient dans la maison des garde-barri\u00e8res. \u00c0 l\u2019aide de la troupe et de quelques r\u00e9servistes, on d\u00e9neige et fait repartir le train le lendemain. Flore, la sauvageonne amoureuse de Lantier, s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019il file le parfait amour avec S\u00e9verine.<\/p>\n\n\n\n<p>On revit la premi\u00e8re sc\u00e8ne qu\u2019au d\u00e9but chez la m\u00e8re Victoire \u00e0 Paris, sauf que c\u2019est Lantier qui est dans le lit de S\u00e9verine, Roubaud ayant d\u00fb s\u2019absenter pour le service. Pour qu\u2019il ne subsiste pas de zone d\u2019ombre entre eux, S\u00e9verine br\u00fble de lui faire des aveux \u00e0 propos de l\u2019assassinat de Grandmorin. Elle finit par tout lui raconter dans le d\u00e9tail, et il retrouve au fil du r\u00e9cit ses pulsions sadiques. Il lui prend m\u00eame le besoin de sortir dans la rue pour assouvir son envie de meurtre, mais il se r\u00e9tracte et regagne la chambre dans la confusion. L\u2019id\u00e9e de tuer utile, \u00e0 savoir Roubaud, lui vient en t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p>Roubaud joue et perd. Il se sert sur l\u2019h\u00e9ritage de sa femme qui n\u2019en finit pas de le traiter de voleur. Il faut qu\u2019il meurt et S\u00e9verine a des r\u00eaves d\u2019Am\u00e9rique avec Lantier qui doit maintenant tuer avant qu\u2019ils entrevoient le bonheur. Mais Lantier n\u2019y arrive pas, m\u00eame au coin d\u2019une rue o\u00f9 Roubaud appara\u00eet vuln\u00e9rable. La lutte fait rage entre l\u2019homme civilis\u00e9 et la b\u00eate assoiff\u00e9e de sang qui sommeille en lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Il se promet de r\u00e9essayer, il donne en tout cas sa parole \u00e0 S\u00e9verine qui n\u2019attend que \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>Tante Phasie meurt, bel et bien empoisonn\u00e9e \u00e0 la mort aux rats par Misard qui cherche le magot. Leur fille, Flore, lui dit qu\u2019il peut chercher longtemps car il a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 dans la campagne&nbsp;. Flore a dans l\u2019id\u00e9e de faire d\u00e9railler le train venant de Paris que prennent r\u00e9guli\u00e8rement Lantier et S\u00e9verine. Elle en veut \u00e0 S\u00e9verine de lui avoir vol\u00e9 Lantier. Elle compte sur la complicit\u00e9 de l\u2019aiguilleur Ozil, son amoureux mais qu\u2019elle n\u2019aime pas. Finalement, elle croise Cabuche qui transporte des pierres dans sa carriole et, au dernier moment, elle l\u00e2che les chevaux et les pierres s\u2019amoncellent sur la voie. Pecqueux saute du train en marche et les wagons s\u2019entrechoquent, c\u2019est la catastrophe et Lantier ne peut que freiner.. Des morts, des bless\u00e9s, des mutil\u00e9s\u2026 S\u00e9verine n\u2019a qu\u2019une \u00e9gratignure et Jacques est retrouv\u00e9 au bord d\u2019un foss\u00e9, pris sous un essieu mais sain et sauf. Il regarde Flore et la sait coupable. Elle va se jeter sous un autre train et on mettra son cadavre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa m\u00e8re morte. Misard cherche toujours le magot. La Lison ne survivra pas \u00e0 l\u2019accident, et c\u2019est bien ce qui fait le d\u00e9sespoir de Lantier.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9verine soigne Jacques qui con\u00e7oit de la jalousie pour le m\u00e9canicien Dauvergne, soign\u00e9 lui aussi apr\u00e8s l\u2019accident. M\u00eame Cabuche est soup\u00e7onn\u00e9. S\u00e9verine d\u00e9ment mais elle avoue qu\u2019elle ne se voit pas continuer leur relation. Lantier se reprend \u00e0 parler du meurtre de Roubaud et le couple est persuad\u00e9 qu\u2019un tel \u00e9v\u00e9nement pourrait ranimer la flamme. S\u00e9verine tend un pi\u00e8ge \u00e0 Roubaud, pr\u00e9textant sa pr\u00e9sence indispensable \u00e0 La Croix-de-Maufras. En crise, c\u2019est elle que Lantier assassine.<\/p>\n\n\n\n<p>Misard et Roubaud d\u00e9couvrent le corps. Lantier s\u2019est enfui. Le dernier chapitre nous am\u00e8ne trois mois plus tard. Lantier a enfin tu\u00e9 et il a pris une autre ma\u00eetresse, la femme de Pecqueux. Le pauvre Cabuche est inculp\u00e9 car il a chez lui des objets ayant appartenu \u00e0 la morte qu\u2019il gardait par f\u00e9tichisme. On trouve la montre de Grandmorin et on fait la relation entre les deux affaire. Cabuche n\u2019est, selon le juge Denizet, que le bras arm\u00e9 de Roubaud, le cerveau. L\u2019empire respire, Camy-Lamotte n\u2019a plus qu\u2019\u00e0 d\u00e9truire la lettre de S\u00e9verine et Denizet est f\u00eat\u00e9 en h\u00e9ros. Puis c\u2019est le proc\u00e8s et justice est faite.<\/p>\n\n\n\n<p>Pecqueux surprend Philom\u00e8ne et Jacques que ses envies de meurtre ont repris. Ils se prennent de querelle dans leur locomotive et se jettent sur les voies, morts tous les deux. Le train fou, qui transportait des militaires pour l\u2019Alsace, prend feu. Ils ne mourront pas \u00e0 la guerre, mais dans un accident de chemin de fer.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est presque un polar que Zola nous livre, avec deux meurtres et de nombreux coupables possibles. Ce qui marque toutefois dans ce livre, c\u2019est un Zola qui se fait anthropologue. Il r\u00e9fute les th\u00e8ses rousseauistes du bon sauvage et nous dit que l\u2019homme est mauvais et que ses peurs et ses haines remontent au fond des \u00e2ges, dans les cavernes o\u00f9 seule importait la survie. Le vernis civilisationnel s\u2019effrite lorsqu\u2019il s\u2019agit de la reproduction et de la satisfaction des besoins vitaux.<\/p>\n\n\n\n<p>On n\u2019est pas oblig\u00e9s de le suivre sur ce terrain, d\u2019autant que moult th\u00e8ses inverses ont mis en avant la coop\u00e9ration et l\u2019entraide, m\u00eame dans le r\u00e8gne animal. Mais, comme disait le p\u00e8re Gide, on ne fait pas de la bonne litt\u00e9rature avec de bons sentiments. En tout cas, de litt\u00e9rature, c\u2019est de la bonne&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>GUY DE MAUPASSANT \u2013<em> PIERRE ET JEAN <\/em>&#8211; \u00c9ditions de Cr\u00e9mille<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019un des romans les plus connus de Maupassant. C\u2019est, aux dires de l\u2019auteur, un roman naturaliste, ou plut\u00f4t ce qu\u2019il appelle du r\u00e9alisme psychologique. Maupassant \u00e0 l\u2019\u00e9cole des Goncourt et du premier Huysmans. Une longue pr\u00e9face de l\u2019auteur (1887) traite de la th\u00e9orie litt\u00e9raire et des tendances diverses de cette fin de si\u00e8cle. Maupassant plaide pour la simplicit\u00e9 et l\u2019originalit\u00e9 qu\u2019on peut appeler naturalisme mais qu\u2019il pr\u00e9f\u00e8re appeler r\u00e9alisme. Il se d\u00e9fie de la litt\u00e9rature psychologique, des tournures de phrase absconses et des mots rares. C\u2019est dans l\u2019observation et le reflet de la vie que doit r\u00e9sider le talent, pas dans la virtuosit\u00e9 et l\u2019esbroufe. Il cite Zola, Hugo et bien s\u00fbr Flaubert parmi ses mod\u00e8les et rejette toute forme de psychologisme, choisissant ce qu\u2019on appelait pas encore behaviourisme, \u00e0 savoir montrer la nature d\u2019un personnage et sa complexit\u00e9 par ses attitudes, ses fa\u00e7ons de se comporter, ses tics, ses manies\u2026 C\u2019est la vie qui doit transpara\u00eetre dans le roman, pas le savoir-faire de l\u2019auteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre et Jean, c\u2019est l\u2019histoire d\u2019une jalousie entre fr\u00e8res. Les \u00e9poux Roland se sont retir\u00e9s au Havre et ils font une partie de canotage avec leurs deux fils et Madame Ros\u00e9milly, la jeune veuve d\u2019un marin. Ils ont tous deux l\u2019id\u00e9e que la dame serait un beau parti pour leurs fils, l\u2019a\u00een\u00e9, Pierre, m\u00e9decin et le cadet, Jean, avocat. Les deux fr\u00e8res n\u2019ont pas vraiment d\u2019inclination pour cette personne.<\/p>\n\n\n\n<p>En rentrant, un notaire annonce \u00e0 Roland qu\u2019un ami parisien -Mar\u00e9chal &#8211; d\u00e9c\u00e9d\u00e9 a laiss\u00e9 un h\u00e9ritage \u00e0 son fils Jean. Pierre s\u2019en va errer au port et est rejoint par son fr\u00e8re. Il le quitte et va voir un pharmacien polonais de ses amis qui lui dit que ces histoires d\u2019h\u00e9ritage \u00e0 l\u2019un et pas \u00e0 l\u2019autre n\u2019augurent rien de bon.<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019ouvrir un cabinet au Havre et de devenir riche. Inconsciemment, il jalouse son fr\u00e8re et va jusqu\u2019\u00e0 se demander si l\u2019h\u00e9ritage ne viendrait pas d\u2019une infid\u00e9lit\u00e9 de sa m\u00e8re avec le donateur. Pens\u00e9e qu\u2019il rejette mais qui le trouble. Un repas est servi pour f\u00eater l\u2019h\u00e9ritage de Jean et Pierre semble bouder l\u2019\u00e9v\u00e9nement, ressassant ses ranc\u0153urs.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa m\u00e8re parle d\u2019acheter un cabinet \u2018avocat pour son fr\u00e8re au m\u00eame endroit qu\u2019il envisageait d\u2019ouvrir son cabinet. C\u2019en est trop. Il s\u2019efforce \u00e0 convoquer les souvenirs d\u2019enfance de ce Mar\u00e9chal, le g\u00e9n\u00e9reux donateur, jusqu\u2019\u00e0 se persuader qu\u2019il pourrait bien \u00eatre le p\u00e8re de Jean, son fr\u00e8re. Pens\u00e9e qu\u2019il rejette toujours eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019amour qu\u2019il a pour sa m\u00e8re, mais qui l\u2019obs\u00e8de.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9cit, commenc\u00e9 sous des affects joyeux, vire au sombre. Pierre demande \u00e0 sa m\u00e8re le portrait qu\u2019elle garde de ce Mar\u00e9chal au retour d\u2019une promenade \u00e0 Trouville et il ne peut qu\u2019accuser la ressemblance entre Mar\u00e9chal et son fr\u00e8re Jean. Il en vient \u00e0 m\u00e9priser son p\u00e8re et \u00e0 se d\u00e9fier de sa m\u00e8re, nourrissant du ressentiment pour son fr\u00e8re. Au-del\u00e0 de sa famille, c\u2019est sa vision du monde qui est \u00e9branl\u00e9e. D\u2019autant que sa m\u00e8re est victime de crises de nerf. Est-ce un signe&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>La famille et Madame Ros\u00e9milly partent pour une partie de campagne et Jean avoue son amour \u00e0 la dame. La d\u00e9claration est accueillie chaleureusement et fait le bonheur de la m\u00e8re, mais Pierre s\u2019assombrit encore et devient cynique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux fr\u00e8res finissent par avoir une discussion orageuse. Pierre reproche \u00e0 Jean de s\u2019amouracher de la Ros\u00e9milly en plus de son h\u00e9ritage quand Jean lui jette \u00e0 la figure sa jalousie et sa haine. La m\u00e8re a tout entendu et elle avoue \u00e0 Jean sa faute, tout en lui confiant que Mar\u00e9chal fut son seul amour.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean pense \u00e0 renoncer \u00e0 l\u2019h\u00e9ritage et \u00e0 rompre ses fian\u00e7ailles avec Mme Ros\u00e9milly mais il se ressaisit et renoncera plut\u00f4t \u00e0 l\u2019h\u00e9ritage familial. Il va chez Mme Ros\u00e9milly avec sa m\u00e8re et le mariage est convenu. Jean se sent le fils de Mar\u00e9chal et assume cette parent\u00e9 quand son fr\u00e8re souhaite s\u2019engager comme m\u00e9decin dans un Transatlantique. Il n\u2019 a plus rien \u00e0 faire l\u00e0. Il fait ses adieux \u00e0 ceux qu\u2019il croyait ses amis et la famille suit son embarquement et le d\u00e9part du Lorraine. Sa m\u00e8re pleure avant d\u2019annoncer le mariage de Jean avec Mme Ros\u00e9milly. C\u2019est la fin.<\/p>\n\n\n\n<p>On a l\u00e0 un beau roman dans sa simplicit\u00e9 et sa justesse de ton. Un roman qui vaut autant par ses non-dits que par ce qui y est exprim\u00e9. Subtil et grave. J\u2019avais tendance \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer les nouvelles aux romans chez Maupassant, mais<em> Pierre et Jean<\/em> est aussi bon que le Flaubertien<em> Une vie<\/em> ou le Balzacien<em> Bel ami<\/em>. Allez, chez Maupassant, on prend tout.<\/p>\n\n\n\n<p><em>10 f\u00e9vrier 2025<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ALEXANDRE SOLJENiTSYNE \u2013 UNE JOURN\u00c9E D\u2019IVAN DENISSOVITCH \u2013 Julliard \/ 10-18 Ce bon vieux Soljenitsyne&nbsp;! Je me souviens qu\u2019\u00e0 la sortie de son Archipel du goulag en 1974, tous les r\u00e9acs de France et de Navarre avaient trouv\u00e9 leur dieu vivant. 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