{"id":4420,"date":"2025-11-27T16:01:20","date_gmt":"2025-11-27T15:01:20","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4420"},"modified":"2025-11-27T16:01:20","modified_gmt":"2025-11-27T15:01:20","slug":"notes-de-lecture-75","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4420","title":{"rendered":"NOTES DE LECTURE 75"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>MICHAEL MOORCOCK \u2013 <em>LES TERRES CREUSES <\/em>\u2013 Pr\u00e9sence du futur \/ Deno\u00ebl<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 de Moorcock ici, l\u2019un des p\u00e8res de l\u2019Heroic and fantasy, un genre qui tient \u00e0 la fois de la f\u00e9erie, du fantastique et de la science-fiction. Moorcock a fait des sagas en plusieurs volumes du d\u00e9but des \u00e2ges, dans l\u2019inspiration des romans de chevalerie et des l\u00e9gendes nordiques, mais il a aussi fait de courts romans sur le mode humoristique, tout en respectant les canons du genre.<\/p>\n\n\n\n<p>On est ici dans le futur, \u00e0 des milliers d\u2019ann\u00e9es apr\u00e8s notre \u00e8re. Quelques personnages aristocratiques organisent des chasses, des r\u00e9gates et des rallyes dans des paysages qu\u2019il leur suffit de cr\u00e9er, en fonction de leurs techniques d\u2019imagination puissantes, des anneaux magn\u00e9tiques. Ils ont perdu tout sentiment, cyniques et frivoles. Leur civilisation a invent\u00e9 l\u2019immortalit\u00e9 \u2013 ils meurent et ressuscitent \u00e0 volont\u00e9 \u2013 et aussi la capacit\u00e9 mentale de reproduire des cit\u00e9s pourries, ces villes anciennes du XX\u00b0 si\u00e8cle comme Londres, Tokyo ou Paris. Leur quotidien est un peu troubl\u00e9 lorsqu\u2019ils voient appara\u00eetre des pirates du temps, \u00e9chou\u00e9s dans leur univers. Les barbares sont vite r\u00e9duits \u00e0 l\u2019impuissance et emprisonn\u00e9s, mais Jehred Cornelian, le personnage principal, est \u00e0 son tour pris dans un n\u0153ud du temps et bascule \u00e0 la fin du XIX\u00b0 si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>Cornelian est rest\u00e9 amoureux d\u2019une terrienne, Orelie Underwood, lors d\u2019un pr\u00e9c\u00e9dent voyage. Il a d\u00e9cid\u00e9 de la rejoindre, aid\u00e9 en cela par Mademoiselle, un robot institutrice qui enseigne \u00e0 des enfants dans un terrier \u00e0 la Lewis Carroll. C\u2019est un peu \u00e7a Moorcock, un croisement hors du temps entre Lewis Carroll et Sprague De Camp.<\/p>\n\n\n\n<p>Jehred est donc projet\u00e9 en 1896 et, dans un club de Londres, il fait la connaissance de H.G Wells qui vient de publier <em>La machine \u00e0 remonter le temps.<\/em> Wells l\u2019emm\u00e8ne \u00e0 Bromley, le village o\u00f9 vit Mme Underwood et son mari, un pasteur des plus ternes. Orelie Underwood avait connu Jehred lors d\u2019un voyage dans le temps o\u00f9 elle avait \u00e9t\u00e9 projet\u00e9e vers le futur. En 1896, Jehred avait \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 la pendaison pour meurtre mais il \u00e9tait parvenu \u00e0 s\u2019enfuir dans le futur. Il clame son amour \u00e0 Orelie qui veut rester pr\u00e8s de son mari. Les mani\u00e8res de Jehred choquent le pasteur qu\u2019il est et il doute de sa femme. Les amants n\u2019ont que la solution de fuir et ils se retrouvent \u00e0 Londres, au m\u00eame club o\u00f9 Jehred avait connu Wells. Un certain Jackson, soi-disant journaliste, veut en savoir plus sur l\u2019affaire criminelle de 1896 o\u00f9 le fugitif avait \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la pendaison. C\u2019est en fait Jagged, un voyageur du temps qui r\u00e9ussit \u00e0 faire revenir \u00e0 cette \u00e9poque tous les personnages du futur. S\u2019ensuit un final \u00e9bouriffant o\u00f9 la police poursuit Jehred soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019\u00eatre un anarchiste \u00e0 la t\u00eate des barbares voyageurs du temps. Mais la machine \u00e0 remonter le temps a trop fonctionn\u00e9 d\u2019un sens \u00e0 l\u2019autre et le tissu du temps s\u2019est d\u00e9chir\u00e9 car les voyageurs du temps \u00e9taient pri\u00e9s de ne rien faire qui puisse modifier si peu que ce soit le flux global du temps. Or, Jagged a modifi\u00e9 ce flux et il n\u2019a plus qu\u2019\u00e0 repartir vers le futur, d\u00e9finitivement.<\/p>\n\n\n\n<p>Les amants, eux, se retrouvent \u00e0 l\u2019aube des temps, quand tout est encore sous les eaux, comme Adam et \u00c9ve \u00e0 l\u2019aurore de l\u2019humanit\u00e9. Pas facile \u00e0 suivre pour les allergiques au genre, mais force d\u2019admettre que Moorcock, en plus de son humour et d\u2019un style inspir\u00e9, presque aristocratique, ne manque pas d\u2019imagination. Quand on pense \u00e0 nos constip\u00e9s de l\u2019imaginaire qui font fureur dans la litt\u00e9rature d\u2019aujourd\u2019hui en s\u2019appuyant sur une tonne de documentation. Pas le m\u00eame genre on dira.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c9RIC VUILLARD \u2013 <em>L\u2019ORDRE DU JOUR<\/em> \u2013 Actes Sud,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s <em>La<\/em><em> guerre des pauvres<\/em>, c\u2019est ici la fameuse conf\u00e9rence o\u00f9 le patronat allemand et les nazis ont fait alliance. Plut\u00f4t Hitler que le Front populaire, comme on disait \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Von Papen a fini par mettre Hitler au pouvoir et, en f\u00e9vrier 1933, un mois apr\u00e8s son intronisation et un mois apr\u00e8s l\u2019incendie du Reichstag, se tient une r\u00e9union au sommet chez Goering entre les dignitaires nazis et le patronat allemand. Ils sont tous l\u00e0, les Krupp, Siemens, Hoechts , Schacht et les capitaines d\u2019industrie repr\u00e9sentant Mercedes, Volkswagen, Alianz., Farben Telefunken&#8230; Tous les plus beaux fleurons de l\u2019industrie teutonne. Ils sont 24.<\/p>\n\n\n\n<p>Vuillard ne fait que mentionner cette rencontre et, chapitre apr\u00e8s chapitre, il \u00e9largit la focale \u00e0 la veulerie anglaise avec Halifax puis \u00e0 la rencontre entre Hitler et le nouveau chancelier autrichien apr\u00e8s l\u2019assassinat de Dollfus, Von Schuschnigg. Il est oblig\u00e9 de signer un document qui n\u2019est que le sc\u00e9nario de la future annexion. Von Schuschnigg nomme Seys-Inquart ministre de l\u2019int\u00e9rieur, qui va se r\u00e9v\u00e9ler l\u2019homme-lige des nazis. Les deux hommes parlent de Bruckner et de musique car on parle souvent grande musique dans ces milieux-l\u00e0&nbsp;: Wagner, Beethoven, Liszt, Haydn\u2026 Vuillard nous raconte comment ce Seys-Inquart finira pendu \u00e0 Londres pour trahison, en 1946 apr\u00e8s avoir cr\u00e9\u00e9 ses propres sections d\u2019assaut alors que Von Schuschnigg tentait de ressusciter les forces social-d\u00e9mocrates.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis c\u2019est l\u2019anschluss, malgr\u00e9 la r\u00e9sistance du pr\u00e9sident Miklas. Les Allemands attendaient un t\u00e9l\u00e9gramme qui les aurait autoris\u00e9s \u00e0 envahir l\u2019Autriche. Seys-Inquart ne l\u2019enverra pas, m\u00eame apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 chancelier, mais les \u00e9meutes fascistes dans le pays incitent l\u2019arm\u00e9e allemande \u00e0 l\u2019invasion. L\u2019Autriche, en attendant la Tch\u00e9coslovaquie et la Pologne&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un ballet de vieillards immondes qui r\u00eavent d\u2019un monde \u00e0 leur image, une farandole de maudits. \u00c0 Londres, Von Ribentrop se joue des Chamberlain, Cadogan et Churchill dans un d\u00eener interminable. Le communiqu\u00e9 n\u2019arrivera qu\u2019apr\u00e8s qu\u2019ils eurent quitt\u00e9 la table. L\u2019Autriche est annex\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que la populace attend bruyamment l\u2019arm\u00e9e allemande, celle-ci peine \u00e0 arriver. Hitler, lui, passe la fronti\u00e8re en Mercedes et se rend dans la commune o\u00f9 sont enterr\u00e9s ses parents, avant Linz puis la capitale o\u00f9 il a pass\u00e9 sa jeunesse.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le Blitzkrieg th\u00e9oris\u00e9 par les Anglais Garderan et Fuller sous les commentaires \u00e9logieux de toute la haute aristocratie britannique. Fuller ira rejoindre les chemises noires d\u2019Oswald Mosley. Vuillard continue avec les accords de Munich et l\u2019invasion des Sud\u00e8tes l\u2019encre \u00e0 peine s\u00e9ch\u00e9e. Daladier s\u2019\u00e9tait fait acclamer comme faiseur de paix \u00e0 sa descente d\u2019avion mais il aurait dit \u00e0 ses proches \u00ables cons, &nbsp;si ils savaient&nbsp;!&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le roman se termine sur le vieux Krupp, devenu s\u00e9nile, qui c\u00e9dera devant un collectifs de citoyens am\u00e9ricains lui demandant d\u2019indemniser les Juifs, lui qui, comme les 24 du d\u00e9but, a profit\u00e9 du travail des prisonniers et d\u00e9port\u00e9s dans les camps. Il paiera un peu jusqu\u2019\u00e0 restreindre les budgets. Et puis quoi encore&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>On ne va pas souligner ici l\u2019originalit\u00e9 du talent de Vuillard, son \u00e9criture gla\u00e7ante, son style entre Emmanuel Carr\u00e8re et Jean-Jacques Schuhl et sa science du d\u00e9tail pour mettre la grande histoire en roman. Disons plut\u00f4t en pamphlet, po\u00e9tique et rageur \u00e0 la fois. Il doit se documenter dans les m\u00e9moires laiss\u00e9es par tous ces personnages mais il transcende ce mat\u00e9riau historique pour en faire un r\u00e9cit fluide entre trag\u00e9die et humour noir. Il nous faudrait le regard p\u00e9n\u00e9trant et ac\u00e9r\u00e9 de Vuillard sur Trump et son monde. Gageons que \u00e7a viendra apr\u00e8s son r\u00e8gne, quand les historiens le raconteront, et quand des Vuillard en feront la chronique indign\u00e9e et f\u00e9roce. Un peu de patience\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>POUL ANDERSON \u2013 <em>FATUM<\/em> \u2013 Le Masque \/ Science-Fiction<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Poul Anderson n\u2019a pas laiss\u00e9 une grand trace dans la S.F contemporaine. Auteur malheureusement oubli\u00e9 au profit des p\u00e8res de la Speculative Fiction, les K. Dick, Silverberg, Zelazny et autres Ballard. Il est l\u2019auteur de plusieurs sagas inspir\u00e9es de l\u00e9gendes scandinaves, des pays dont il est originaire. Anderson \u00e9tait partisan de l\u2019engagement am\u00e9ricain au Vietnam, ce qui l\u2019a rendu tricard dans le monde plut\u00f4t progressiste de la Sci-fi des ann\u00e9es 1960 et 1970. Un peu comme Robert Heinlein.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est encore une histoire autour du temps et de l\u2019espace, un th\u00e8me pas vraiment original pour le genre<strong>. <\/strong>Sauf que son approche est ici amusante. Un couple d\u2019Am\u00e9ricains fait une croisi\u00e8re jusqu\u2019au Japon. Lui est architecte et entend se mettre \u00e0 son compte et elle est m\u00e8re de famille, un peu d\u00e9prim\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Un tourbillon nous emm\u00e8ne au Moyen-\u00e2ge, dans les steppes d\u2019Europe centrale o\u00f9 vit un vieux paysan russe. Puis c\u2019est une tribu de Huns, avant Attila et enfin une famille de l\u2019antiquit\u00e9 dans l\u2019\u00eele de Chypre qui attend la venue d\u2019une divinit\u00e9 nomm\u00e9e Duncan, comme le nom de l\u2019architecte en croisi\u00e8re, Duncan Reid. Voil\u00e0 donc Uldin le Hun, Oleg le Russe, \u00c9rissa et Duncan Reid perdus dans un d\u00e9sert d\u2019o\u00f9 \u00e9merge une machine \u00e0 remonter le temps qui s\u2019est \u00e9cras\u00e9e. Le pilote se meurt et, par un syst\u00e8me inconnu aux trois autres, il a r\u00e9ussi \u00e0 expliquer le but de sa mission et le pourquoi de son accident. \u00c0 Duncan Reid en particulier, les autres \u00e9tant \u00e9trangers aux concepts qu\u2019il d\u00e9veloppe. Reid s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 comme un Am\u00e9ricain de 1970. L\u2019auteur, un physicien consomm\u00e9, explique ce qui a pu se passer avec une d\u00e9monstration \u00e0 coup d\u2019\u00e9nergie intense, de rayons X et de t\u00e9l\u00e9pathie. La machine a rafl\u00e9 les quatre individus lors de son p\u00e9riple. Toujours est-il qu\u2019ils sont quatre dans ce d\u00e9sert et qu\u2019ils doivent s\u2019organiser pour leur survie. Un d\u00e9sert qui c\u00f4toie une mer et Reid d\u00e9couvre que \u00c9rissa vient en fait de l\u2019Atlantide, persuad\u00e9e qu\u2019il va tous les sauver.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est alors qu\u2019arrivent d\u2019autres voyageurs du temps, des Grecs de l\u2019antiquit\u00e9. Des Cr\u00e9tois en fait, avec leur chef Dior\u00e8s qui h\u00e9site entre les sauver et les faire p\u00e9rir. Ce sont des anciens Grecs, des Ach\u00e9ens et ils prennent les quatre \u00e0 bord. Le Russe leur parle de Constantinople et passe pour un fou. \u00c9rissa raconte \u00e0 Reid qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 avec son fils otage des Ach\u00e9ens revenus de Sparte et l\u2019homme qui l\u2019a sauv\u00e9e n\u2019est autre que Ducan Reid, son dieu vivant. La machine \u00e0 traduire laiss\u00e9e par le pilote mort impressionne \u00c9g\u00e9e, Th\u00e9s\u00e9e et tous les personnages de la Gr\u00e8ce antique qui accueillent les naufrag\u00e9s du temps en h\u00e9ros. Il est question d\u2019une guerre qui se pr\u00e9pare contre la Cr\u00e8te et son roi Minos. \u00c9rissa, la seule de cette \u00e9poque, est consid\u00e9r\u00e9e comme suspecte.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon les calculs de Reid, ils sont \u00e0 la veille de la guerre entre la Gr\u00e8ce et la Cr\u00e8te et pr\u00e8s de la catastrophe qui, selon Platon, d\u00e9truisit l\u2019Atlantide. Peuvent-ils changer quoi que ce soit pour \u00e9viter ce qui serait un d\u00e9sastre pour \u00c9rissa&nbsp;? Gr\u00e2ce \u00e0 la ruse, les voyageurs convainquent Th\u00e9s\u00e9e de laisser l\u2019un des leurs, Duncan, partir pour Cnossos. Il fait l\u2019amour avec \u00c9rissa avant d\u2019embarquer. Pour eux, seule l\u2019Atlantide maintenue peut les sauver de la cage du temps o\u00f9 ils sont enferm\u00e9s. En Cr\u00e8te, Ariane \u2013 Lydra, la reine, re\u00e7oit ce qu\u2019il pr\u00e9sente comme des oracles sur la fin de l\u2019Atlantide. Intrigu\u00e9es, elles d\u00e9cident de le garder sur leur \u00eele en leur donnant \u00c9rissa comme compagne. Une autre \u00c9rissa. La jeune fille dresse des taureaux.<\/p>\n\n\n\n<p>On ne prend pas au s\u00e9rieux les oracles de Duncan qui a quand m\u00eame la permission de demander aux charpentiers de construire un navire de guerre, selon ses plans. Alors que Th\u00e9s\u00e9e et Dior\u00e8s veulent renforcer leurs relations diplomatiques avec la Cr\u00e8te, Reid pr\u00e9vient la reine qu\u2019il vient du futur et qu\u2019il sait ce qui va se passer. Cela ne change rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Allez, on vous la fait courte. C\u2019est plut\u00f4t de la SF P\u00e9plum, si le genre a jamais exist\u00e9. On a tout&nbsp;: la thalassocratie, les Attrides, l\u2019Atlantide, Minos, Ariane, le labyrinthe\u2026 On revoit Uldin et son arc et Oleg et son bateau quand Duncan ne peut rien contre l\u2019engloutissement de l\u2019Atlantide et l\u2019assassinat de Minos par Th\u00e9s\u00e9e. \u00c9rissa est sauv\u00e9e, les deux \u00c9rissa qui n\u2019en font qu\u2019une, la jeune et la vieille. L\u2019avenir de la Gr\u00e8ce et de la civilisation occidentale sont sauv\u00e9s. Hourra&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Bien qu\u2019amoureux de \u00c9rissa, Duncan Reid revient sur son bateau de croisi\u00e8re, au XX\u00b0 si\u00e8cle. La tour de contr\u00f4le leur a finalement envoy\u00e9 un message leur annon\u00e7ant qu\u2019un accident spatio-temporel les a fait d\u00e9vier de leur route mais qu\u2019ils retrouveront tous leur \u00e9poque et leur lieu de vie. Duncan retrouve donc Pamela et, transcend\u00e9 par cette aventure abracadabrantesque, il a d\u00e9cid\u00e9 de rendre sa femme heureuse. En toute simplicit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Bon, disons que \u00e7a ne se lit pas trop mal et que l\u2019intrigue est assez solide pour qu\u2019on s\u2019accroche \u00e0 un roman assez proche de l\u2019\u00e9cole des Bradbury ou des Sturgeon, sans la po\u00e9sie de l\u2019un ni l\u2019imagination de l\u2019autre. Passable, on va dire. Roule mon Poul&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>ATTICA LOCKE \u2013 <em>BLUEBIRD, BLUEBIRD<\/em> \u2013 Liana L\u00e9vi \u00c9ditions<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/illustration492.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4421\" width=\"575\" height=\"863\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/illustration492.jpg 250w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/illustration492-200x300.jpg 200w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/illustration492-20x30.jpg 20w\" sizes=\"(max-width: 575px) 100vw, 575px\" \/><figcaption>Attica Locke, photo Wikipedia. Le Sud profond, le blues et la cuisine de la Louisiane.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Une amie qui m\u2019a conseill\u00e9 cette autrice que je ne connaissais pas. Du polar f\u00e9ministe, si j\u2019en crois le suppl\u00e9ment Livres de<em> Lib\u00e9ration.<\/em> C\u2019est heureusement un peu plus que \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019action se passe au Texas, en 2016, avec en exergue du roman une citation du bluesman Lightnin\u2019 Hopkins. C\u2019est pas courant. Darren Matthews, un noir des Texas Rangers, est appel\u00e9 \u00e0 t\u00e9moigner lors du proc\u00e8s de son ami Rutherford \u00ab&nbsp;Mack&nbsp;\u00bb Mc Millan accus\u00e9 d\u2019avoir tu\u00e9 un blanc, Ronnie \u00ab&nbsp;Redrum&nbsp;\u00bb Malvo, appartenant \u00e0 une fraternit\u00e9 aryenne. Dans le m\u00eame temps, dans le comt\u00e9 voisin de Shelby, une femme blanche est retrouv\u00e9e morte et on d\u00e9terre le corps d\u2019un jeune noir noy\u00e9 dans un bayou.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que son oncle l\u2019a incit\u00e9 \u00e0 reprendre ses \u00e9tudes de droit et qu\u2019il est pr\u00eat \u00e0 rendre son insigne, Darren part \u00e0 Fark nanti des informations d\u2019un avocat qui travaille sur l\u2019affaire. Il rejoint le comt\u00e9 de Shelby, pour enqu\u00eater sur ce double meurtre. D\u2019abord Missy Dale, serveuse dans un bar louche, le Jeff\u2019s Juice House, et mari\u00e9e avec un ancien taulard proche des fraternit\u00e9s aryennes. Puis, un peu plus tard, Michael Wright, un noir venu de Chicago pour on ne sait trop quelle raison. Son \u00e9pouse, Randie, avec qui il \u00e9tait s\u00e9par\u00e9, vient aussi \u00e0 Fark pour comprendre ce qui s\u2019est pass\u00e9..<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enqu\u00eate commence dans les bars de la ville, d\u2019abord au Geneva , tenu par Geneva Sweet, une femme noire dont le mari, un bluesman nomm\u00e9 John Sweet, a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9. \u00c0 l\u2019autre bout de la ville, il y a le Jeff\u2019s Juice House o\u00f9 Darren peut s\u2019entretenir avec la veuve Wright. C\u2019est l\u00e0 que Missy Dale \u00e9tait serveuse. La nuit, Darren manque de tomber dans le bayou et il en acquiert la certitude que Wright a \u00e9t\u00e9 noy\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut dire qu\u2019il n\u2019est pas le bienvenu \u00e0 Falk. Le chef des Rangers veut lui retirer l\u2019enqu\u00eate, il empi\u00e8te sur le terrain du sh\u00e9riff local et il est en proie \u00e0 l\u2019animosit\u00e9 des rednecks locaux. Mais il s\u2019obstine.<\/p>\n\n\n\n<p>Booker Wright, le p\u00e8re de Michael, \u00e9tait aussi un bluesman qui jouait avec John Sweet pour accompagner des pointures comme Buddy Guy, Bobby Bland, Freddie King ou Little Walter. On pense que Wright est revenu chez Geneva pour lui restituer la guitare mythique de son p\u00e8re. Les g\u00e9n\u00e9alogies sont compliqu\u00e9es avec de vieux planteurs blancs qui ont mis enceintes des servantes noires ou, \u00e0 l\u2019inverse, des musiciens noirs qui ont s\u00e9duit des femmes blanches. Il y a un peu de Faulkner dans tout cela, m\u00eame si c\u2019est moins complexe et moins profond, vu le genre.<\/p>\n\n\n\n<p>Wozniak, un pigiste du<em> Chicago Tribune <\/em>qui avait enqu\u00eat\u00e9 sur l\u2019affaire, d\u00e9barque lui aussi \u00e0 Fark alors que Darren a obtenu la permission d\u2019interroger l\u2019ex-taulard des FAT (Fraternit\u00e9s Aryennes du Texas) Keith Dale. Dale avoue \u00e0 demi avoir tu\u00e9 Missy par accident, mais il nie farouchement le meurtre de Wright. Il n\u2019a fait que le tabasser mais il \u00e9tait encore en vie. Missy Dale avait faut\u00e9 avec le fils m\u00e9tis de Geneva et Dale, s\u2019il avait fini par l\u2019adopter, lui en tenait rigueur.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019affaire est plus compliqu\u00e9e et on ne va pas divulg\u00e2cher, comme on dit maintenant. Disons seulement que ce n\u2019est pas seulement une question de fraternit\u00e9 blanche et de crime raciste, mais d\u2019un crime qui prend ses racines dans les histoires familiales des uns et des autres, dans les crimes des p\u00e8res et des a\u00efeux. Ce n\u2019est pas tant le racisme que la haine et m\u00eame parfois de cette haine issue de l\u2019amour incompris ou d\u00e9\u00e7u. Ainsi, on ne peut pas dire que ces rednecks d\u00e9testent les Noirs, disons qu\u2019ils les obs\u00e8dent. Jusqu\u2019au meurtre. L\u2019\u00e9pilogue r\u00e9sout aussi la premi\u00e8re affaire, celle du premier chapitre.<\/p>\n\n\n\n<p>Un roman bien trouss\u00e9 avec une intrigue remarquablement construite et des personnages forts, surtout les femmes d\u2019ailleurs. Et puis le blues, le bayou, le soleil et la cuisine du sud. Un r\u00e9gal. Miss Locke va entrer dans le petit nombre des grands polareux du sud, de Jim Thompson \u00e0 James Lee Burke. Gageons qu\u2019elle saura s\u2019y faire respecter.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>JEAN DUVIGNAUD \u2013 <em>LA PLAN\u00c8TE DES JEUNES<\/em> \u2013 Stock<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un peu de sociologie ne nuit pas, surtout lorsqu\u2019il s\u2019agit de Duvignaud, un dr\u00f4le de corps \u00e0 la fois \u00e9crivain, philosophe et critique de th\u00e9\u00e2tre dont il \u00e9tait passionn\u00e9. Une \u00e9tude consacr\u00e9e \u00e0 la jeunesse, celle des ann\u00e9es 1970, soit la mienne. Une \u00e9tude men\u00e9e entre l\u2019automne 1972 et l\u2019automne 1973, d\u2019abord \u00e0 Paris puis en province. Ce n\u2019est pas la jeunesse de 68 et c\u2019est d\u00e9j\u00e0 celle de ses suites&nbsp;: de la politique, de la sexualit\u00e9 puis du premier choc p\u00e9trolier et de la crise qui vient. Des dizaines d\u2019interviews faites par des sociologues et une synth\u00e8se due \u00e0 Duvignaud, en anthropologue.<\/p>\n\n\n\n<p>On lit la s\u00e9rie d\u2019entretiens avec int\u00e9r\u00eat tant les tranches de vie sont \u00e9mouvantes et les questions pertinentes. D\u2019abord Fr\u00e9d\u00e9ric, un d\u00e9linquant devenu cascadeur, puis Marcelle, une semi-d\u00e9linquante consommatrice de drogues ou Ren\u00e9e, fille d\u2019immigr\u00e9s qui a choisi de vivre en communaut\u00e9, d\u00e9racin\u00e9e et marginale. D\u2019autres profils, un jeune militant de l\u2019Action Fran\u00e7aise mais pas sp\u00e9cialement d\u2019extr\u00eame-droite, Brigitte, une jeune bourgeoise r\u00e9volt\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 qui tourne le dos \u00e0 la vie par ses institutions ou encore Robert, ouvrier gauchiste. Il a eu des crises d\u2019\u00e9pilepsie et a \u00e9t\u00e9 intern\u00e9 en regrettant que ses camarades ne l\u2019aient pas beaucoup aid\u00e9. Il remet en cause le c\u00f4t\u00e9 authentiquement r\u00e9volutionnaire de ces groupuscules finalement complices objectifs de la bourgeoisie. Un t\u00e9moignage poignant.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9velyne est plut\u00f4t conseilliste, au sens o\u00f9 elle r\u00eave d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 autog\u00e9r\u00e9e o\u00f9 les travailleurs auraient le pouvoir \u00e9conomique et politique. En m\u00eame temps, elle lorgne vers la Chine de Mao et vers le socialisme r\u00e9el, pleine d\u2019espoir dans l\u2019avenir. En attendant le grand soir, elle fait des petits boulots alimentaires et milite pour faire advenir le monde auquel elle aspire. Les derniers interrog\u00e9s ne regardent pas la t\u00e9l\u00e9, \u00e9coutent peu la radio et ne lisent pas de journaux, sauf <em>Charlie Hebdo<\/em> qui trouve gr\u00e2ce \u00e0 leurs yeux au sens o\u00f9 il exprime leur r\u00e9volte, tout en les faisant rire.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a change un peu avec Arlette, une jeune paysanne du Sud-ouest qui, sans \u00eatre malheureuse dans la ferme familiale, r\u00eave \u00e0 une autre vie o\u00f9 elle serait infirmi\u00e8re dans un h\u00f4pital psychiatrique voisin. Pour aider les autres, dit-elle, et c\u2019est touchant. Il y a aussi Thierry, le viticulteur, plut\u00f4t bien dans l\u2019exploitation familiale, mais r\u00eavant d\u2019autre chose. \u00c9velyne, travailleuse sociale, qui critique le monde des adultes et r\u00eave elle aussi d\u2019ailleurs, mais tout en se satisfaisant d\u2019une profession qui vient en aide aux tout petits. Et puis Lucien, gauchiste, qui vit dans la nostalgie du Front populaire et de Mai 68. Lui est l\u2019un des seuls \u00e0 penser pouvoir changer la soci\u00e9t\u00e9, quand d\u2019autres la contestent mais se jugent incapables de la modifier si peu que ce soit.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est d\u2019ailleurs, \u00e0 travers tous ces entretiens, ce que retient Duvignaud dans une premi\u00e8re synth\u00e8se. La g\u00e9n\u00e9ration 68 pensait en finir avec les institutions et avec la soci\u00e9t\u00e9. Les jeunes interrog\u00e9s ici voient la soci\u00e9t\u00e9 comme quelque chose d\u2019immuable et les seules fa\u00e7ons d\u2019y \u00e9chapper sont le voyage, la communaut\u00e9 ou les addictions. C\u2019est la Bof G\u00e9n\u00e9ration telle que l\u2019ont d\u00e9crit de nombreux journalistes. Contre, mais tout contre car il s\u2019agit quand m\u00eame de profiter des miettes de la consommation. Une vision de la soci\u00e9t\u00e9 structuraliste o\u00f9 l\u2019heure est plus \u00e0 la d\u00e9brouille qu\u2019\u00e0 la r\u00e9volte. L\u2019individu doit garder son quant-\u00e0-soi et ne s\u2019embarquer dans une aventure collective qu\u2019apr\u00e8s s\u2019\u00eatre assur\u00e9 qu\u2019il y trouvera un certain profit personnel. Tout au plus Duvignaud voit quelques traits g\u00e9n\u00e9rationnels&nbsp;: l\u2019\u00e9cologie, le r\u00e9gionalisme, la critique de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation, de l\u2019\u00c9tat centralis\u00e9 et le refus d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 scl\u00e9ros\u00e9e.<em> L\u2019An 01<\/em> de G\u00e9b\u00e9 est parfois cit\u00e9, certes comme une utopie libertaire, et pas comme un grand soir. Ce qui frappe, c\u2019est la constante volont\u00e9 de placer la vie au-dessus de la soci\u00e9t\u00e9 et de ses contraintes. Les Soixante-huitards et les hippies sont loin et il importe avant tout de se faire une petite niche afin de pouvoir vivre en marginal dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019abondance, m\u00eame si les questions de la raret\u00e9 de l\u2019\u00e9nergie et de la crise commencent \u00e0 se poser.<\/p>\n\n\n\n<p>Duvignaud parle \u00e0 juste titre d\u2019\u00e9gotisme, apr\u00e8s Stendhal, soit le choix du bonheur individuel avant toute perspective de changement collectif. Chacun sa niche, son trou, son cr\u00e9neau comme on dirait aujourd\u2019hui, et tant pis pour celles et ceux qui ne parviennent pas \u00e0 les trouver. \u00c9gotiste, \u00e9go\u00efste&nbsp;? Plus que des communaut\u00e9s, ce sont des abris, des micro-soci\u00e9t\u00e9s bas\u00e9es sur le m\u00e9tier, le couple ou l\u2019id\u00e9ologie. Une recherche du bonheur \u00e0 quelques-uns, sans engagement pour un changement de masse ou de structure. On parle de la drogue comme de la p\u00eache \u00e0 la ligne et on se livre \u00e0 une sociologie tr\u00e8s instructive du bal ou de la bo\u00eete de nuit.<\/p>\n\n\n\n<p>Certes, on parle souvent des Lip ou du Larzac, mais cette jeunesse, tirant la le\u00e7on des faillites ou des impasses des id\u00e9ologies, s\u2019est comme exclue volontairement l\u2019histoire en se cherchant des \u00eelots ou des refuges, plus proche en cela d\u2019un Proudhon que d\u2019un Marx.<\/p>\n\n\n\n<p>La fin du livre proc\u00e8de par th\u00e9matiques. Sur l\u2019information, on sent une d\u00e9fiance, m\u00eame vis-\u00e0-vis des publications qui sont le plus souvent cit\u00e9es (<em>Nouvel Obs, Le Monde, Charlie Hebdo<\/em>\u2026). Une information trop g\u00e9n\u00e9rale qui ne parle pas d\u2019eux. La t\u00e9l\u00e9 et la radio, c\u2019est encore pire&nbsp;: des spots publicitaires, des vari\u00e9t\u00e9s et des d\u00e9bats assommants. Rien ne trouve gr\u00e2ce \u00e0 leurs yeux. Plus de leaders d\u2019opinion, plus d\u2019intellectuels incontestables ou de consciences morales. On zappe.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la culture, l\u00e0 aussi, d\u00e9fiance vis-\u00e0-vis de la culture institutionnelle, de celle des mass-m\u00e9dias. On lit les classiques et on cherche des formes plus appropri\u00e9es \u00e0 ce que l\u2019on vit, \u00e0 ce que l\u2019on cherche.<\/p>\n\n\n\n<p>Troisi\u00e8me volet, la vie sexuelle. On en est plus \u00e0 la lib\u00e9ration sexuelle, d\u00e9voy\u00e9e dans la pornographie. On cherche plut\u00f4t son bonheur dans le couple, m\u00eame si le mariage est d\u00e9cri\u00e9. Dernier chapitre, la consommation. M\u00eame si on conteste la soci\u00e9t\u00e9 de consommation, on consomme beaucoup, selon ses moyens, des disques, des motos, des livres, des voyages, m\u00eame si ces achats sont parfois honteux.<\/p>\n\n\n\n<p>En guise d\u2019\u00e9pilogue, on a Le proc\u00e8s des p\u00e8res, le dernier chapitre en forme de conclusion. Conflit de g\u00e9n\u00e9ration, certes, mais apais\u00e9. On a des relations plut\u00f4t affectueuses avec ses parents bien qu\u2019on ne les comprenne pas et la r\u00e9ciproque est vraie. Ils parlent de leur guerre et des efforts qu\u2019ils ont d\u00fb accomplir pour le confort de leurs enfants, mais 68 est pass\u00e9 par l\u00e0 et leurs valeurs n\u2019ont plus cours. On se cherche d\u2019autres voies, loin d\u2019eux. Mai 68 est d\u00e9j\u00e0 loin, le dernier \u00e9chec pour changer une vie qu\u2019on se contentera de vivre le moins mal possible, loin des utopies et des r\u00e9volutions. Les p\u00e8res ont eu 36 la r\u00e9sistance, les grands fr\u00e8res Mai 68. On aura cette \u00ab&nbsp;immigration int\u00e9rieure&nbsp;\u00bb auquel le livre fait souvent allusion, soit se bricoler sa vie personnelle loin du regard des adultes et des grands fr\u00e8res. Tout au plus, l\u2019\u00e9cologie est-elle pr\u00e9gnante dans beaucoup d\u2019entretiens.<\/p>\n\n\n\n<p>Un bouquin int\u00e9ressant \u00e0 plus d\u2019un titre et on n\u2019est plus ici dans la sociologie mais dans l\u2019histoire des soci\u00e9t\u00e9s, \u00e0 le lire 50 ans apr\u00e8s sa parution. L\u2019histoire d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration, la mienne. \u00ab&nbsp;My generation, my generation baby&nbsp;\u00bb&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><em>23 mars 2025<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MICHAEL MOORCOCK \u2013 LES TERRES CREUSES \u2013 Pr\u00e9sence du futur \/ Deno\u00ebl D\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 de Moorcock ici, l\u2019un des p\u00e8res de l\u2019Heroic and fantasy, un genre qui tient \u00e0 la fois de la f\u00e9erie, du fantastique et de la science-fiction. Moorcock a fait des sagas en plusieurs volumes du d\u00e9but des \u00e2ges, dans l\u2019inspiration des&#8230;<\/p>\n<div class=\" [&hellip;]\"><a href=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4420\">Read More <i class=\"os-icon os-icon-angle-right\"><\/i><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4421,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[42],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4420"}],"collection":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4420"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4420\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4423,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4420\/revisions\/4423"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4421"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4420"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4420"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4420"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}