{"id":4485,"date":"2026-01-21T15:47:36","date_gmt":"2026-01-21T14:47:36","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4485"},"modified":"2026-01-21T15:47:37","modified_gmt":"2026-01-21T14:47:37","slug":"notes-de-lecture-77","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4485","title":{"rendered":"NOTES DE LECTURE 77"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>MICHEL DEMUTH \u2013 <em>LA CL\u00c9 DES \u00c9TOILES<\/em> \u2013 Le Masque \/ Science-Fiction<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On conna\u00eet un peu Demuth pour avoir \u00e9t\u00e9 l\u2019un des pionniers (avec Klein, Andrevon ou Jeury), de la SF \u00e0 la Fran\u00e7aise. Demuth a aussi \u00e9t\u00e9 le r\u00e9dacteur en chef de la revue <em>Galaxie, <\/em>tr\u00e8s pris\u00e9e des connaisseurs, en plus d\u2019\u00eatre souvent sc\u00e9nariste des BD de Philippe Druillet et d\u2019avoir particip\u00e9 au sc\u00e9nario du<em> Dune<\/em> de Jodorowsky, d\u2019\u2019apr\u00e8s Frank Herbert. Une belle carte de visite.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont ici trois longues nouvelles situ\u00e9e dans un temps d\u2019apr\u00e8s l\u2019\u00e8re chr\u00e9tienne qui d\u00e9bute pour lui en 2060 (c\u2019est pas tr\u00e8s loin). La terre n\u2019est plus peupl\u00e9e que de 3 millions d\u2019habitants et elle est retourn\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tat de nature. 800 zones interdites couvrent un tiers de la surface du globe, des zones o\u00f9 on dispara\u00eet si on s\u2019en approche.<\/p>\n\n\n\n<p>Muen Yan est vir\u00e9 du minist\u00e8re de l\u2019information pour avoir falsifi\u00e9 ses communiqu\u00e9s. Il est en fait au service de Michael Parvold, un homme puissant qui \u00e9crit l\u2019histoire de l\u2019\u00e8re chr\u00e9tienne. L\u2019\u00eatre (c\u2019est son nom) perd le contr\u00f4le de son vaisseau spatial quand un enfant se perd dans le cosmos. Quelques vignettes fa\u00e7on puzzle o\u00f9 il est difficile de trouver une continuit\u00e9. L\u2019enfant perdu -Yorna &#8211; est s\u00e9questr\u00e9 par Hil\u00e8re de Mortague et Muen Yan a atterri sur sa plan\u00e8te. Il d\u00e9cide de renvoyer le gamin vers sa famille, sur ce qui reste de la plan\u00e8te terre. Mais Parvold et son mutant Elner n\u2019ont pas d\u00e9sarm\u00e9 et continuent de le rechercher. Vous suivez&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00eatre continue sa d\u00e9rive dans l\u2019espace, en qu\u00eate de m\u00e9tal qui pourrait faire red\u00e9marrer son engin alors que Muen Yan \u00e9choue \u00e0 Rivi\u00e8re-Port, une ville portuaire de l\u2019ancienne terre. Hil\u00e8re de Mortague a d\u00e9cid\u00e9 de tuer Parvold, qui a la m\u00e9moire de l\u2019humanit\u00e9, et le mutant accomplit le meurtre, malgr\u00e9 Muen Yan qui finit par tuer Mortague. Mais Parvold n\u2019est pas mort et il revit dans le corps d\u2019un b\u00e9b\u00e9 que vient d\u2019avoir l\u2019\u00e9pouse de du gouverneur, Alvar Merigo. Parvold donne ses derni\u00e8res consignes par \u00e9crit et Muen Yan s\u2019ex\u00e9cute, aidant l\u2019\u00eatre \u00e0 retourner dans sa plan\u00e8te. Les grands \u00e9quilibres sont sauv\u00e9s, Muen Yan \u00e9tant \u00e0 nouveau vir\u00e9 du minist\u00e8re de l\u2019alimentation mais il est nomm\u00e9 directeur des explorations spatiales.<\/p>\n\n\n\n<p>Un long r\u00e9cit embrouill\u00e9 fa\u00e7on Space opera, mais plut\u00f4t ennuyeux \u00e0 vrai dire.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a ne s\u2019arrange pas avec la deuxi\u00e8me nouvelle, fort heureusement plus courte. Arglider, une sorte de tueur \u00e0 gages de l\u2019espace, a re\u00e7u pour mission de l\u2019homme en rouge de tuer des d\u00e9mons. Les d\u00e9mons se trouvent dans un ch\u00e2teau prot\u00e9g\u00e9 par des fen\u00eatres du temps. Arglider se demande si cette mission ne contrevient pas aux vis\u00e9es de l\u2019Omnipotent, une sorte d\u2019entit\u00e9 sacr\u00e9e qui tient \u00e0 ce que les d\u00e9mons ne soient pas extermin\u00e9s car ils incarnent le mal sans lequel le bien ne peut exister.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est accueilli au ch\u00e2teau par une jeune femme qui joue au piano le Nocturne des d\u00e9mons. Elle se dit \u00eatre la fille de l\u2019Omnipotent. Arglider descend aux \u00e9tages inf\u00e9rieurs et rencontre plusieurs d\u00e9mons dont un nomm\u00e9 Colzid qui lui apprend que l\u2019Omnipotent et l\u2019homme en rouge ne font qu\u2019une seule et m\u00eame personne. Les d\u00e9mons ont remplac\u00e9 les \u00eatres humains, trop impr\u00e9visibles, et eux seuls sont les gardiens d\u2019une nouvelle \u00e8re de paix et de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. Arglider ne les croit pas, il redescend les \u00e9tages et \u00e9coute docilement la pianiste, assis \u00e0 ses pieds. Fin de l\u2019\u00e9pisode.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y en a un dernier, pour la route on va dire. Un voyage intersid\u00e9ral entrepris par Virgil Coria, guid\u00e9 par un ordinateur depuis la terre. On l\u2019avait pr\u00e9venu que ce serait un voyage sans retour, mais il ne l\u2019a pas cru. Il accoste d\u2019abord sur la plan\u00e8te Vigilie IV apr\u00e8s avoir fait un malaise et \u00eatre entr\u00e9 temporairement en hibernation. Puis la temp\u00e9rature s\u2019est refroidie et les villages qu\u2019il d\u00e9couvre sur cette plan\u00e8te sont vides de leurs habitants et sans v\u00e9g\u00e9tation.<\/p>\n\n\n\n<p>Il d\u00e9rive vers B\u00eata du Cygne, une autre plan\u00e8te o\u00f9 des malheureux d\u00e9p\u00e9rissent avec un gros nuage en forme de cygne au-dessus de leurs t\u00eates. Virgil veut d\u00e9truire le cygne qui en fait prend toute l\u2019\u00e9nergie des habitants mais ce n\u2019est qu\u2019une masse d\u2019\u00e9nergie en forme de cygne. Les habitants le maudissent pour avoir percut\u00e9 le cygne car il \u00e9tait en fait leur dieu qu\u2019ils repr\u00e9sentaient par des statuettes et des objets sacr\u00e9s. Mieux valait finalement une vie mis\u00e9rable que ce vide insupportable. CQFD.<\/p>\n\n\n\n<p>Bon, on ne va pas \u00e9piloguer. On peut trouver \u00e7a po\u00e9tique si on est de bonne humeur mais c\u2019est typiquement le genre de SF qu\u2019on appr\u00e9cie peu. Une sorte de Space opera \u00e9th\u00e9r\u00e9 et languide.<\/p>\n\n\n\n<p>In another land, pourquoi pas&nbsp;?\u2026 Mais avec d\u2019autres bouquins que celui-l\u00e0 pour passer le temps&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LOUIS PERGAUD \u2013 <em>LA GUERRE DES BOUTONS<\/em> \u2013 Mercure de France \/ Folio<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce livre fait partie des classiques de la litt\u00e9rature populaire avec <em>Clochemerle <\/em>de Chevalier par exemple. On conna\u00eet cette guerre des boutons par les films d\u2019Yves Robert (il a m\u00eame fait une suite avec <em>B\u00e9bert et l\u2019omnibus<\/em>). On n\u2019avait jamais lu le livre.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout le monde a v\u00e9cu, ou au moins conna\u00eet, ces querelles d\u2019enfants ou d\u2019adolescents de deux villages voisins rivaux. Ces guerres en culottes courtes se pratiquent \u00e0 coup de provocations stupides, de quolibets, de moqueries et de graffitis. On est ici au d\u00e9but du XX\u00b0 si\u00e8cle et on assiste aux pr\u00e9mices d\u2019une guerre des boutons.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire est connue et on ne va pas trop s\u2019y attarder. Les Longevernes et les Velrans, habitants de deux villages s\u00e9par\u00e9s par une for\u00eat, s\u2019affrontent. D\u2019abord des insultes, puis des graffitis et enfin l\u2019artillerie, l\u00e9g\u00e8re en l\u2019occurrence puisqu\u2019il s\u2019agit de frondes. Lebrac, Camus, La Crique, Tintin, Boulot, Grandgibus, son fr\u00e8re Petitgibus et Gambette d\u2019un c\u00f4t\u00e9 qui constituent prisonnier Migue la Lune, chef des Velrans avec Touegueule et l\u2019Aztec. Ils lui coupent boutons et ceintures et le renvoient en slip. Une guerre comporte des batailles, et les Velrans remportent la deuxi\u00e8me, Lebrac \u00e9tant rel\u00e2ch\u00e9 presque \u00e0 poil, ce qui lui permet de leur montrer son cul dans un geste bravache. Lebrac prend une correction en rentrant et d\u00e9cide de r\u00e9pliquer.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour \u00e9viter de telles avanies, ils se battront nus apr\u00e8s avoir planqu\u00e9 leurs habits dans un bosquet. La d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 vot\u00e9e et il faut savoir que les Longevernes sont socialistes quand les Velrans catholiques. C\u2019est un peu Clochemerle chez les gamins. On les suit \u00e0 l\u2019\u00e9cole et au domicile familial et les batailles se succ\u00e8dent apr\u00e8s les cours, chacun r\u00eavant d\u2019en d\u00e9coudre.<\/p>\n\n\n\n<p>Un ancien d\u2019Alg\u00e9rie, Z\u00e9phirin dit le B\u00e9douin, garde-chasse de son \u00e9tat, sert d\u2019arbitre au conflit mais il subit des outrages de part et d\u2019autre. Puis on d\u00e9cide de ne plus se battre \u00e0 poil mais comment faire&nbsp;? Il y aura une caisse o\u00f9 chaque gamin cotisera un ou deux sous par mois pour acheter du fil, de la ficelle, des \u00e9lastiques, des boutons\u2026 Tout pour r\u00e9parer les habits endommag\u00e9s. L\u2019argent sera le nerf de la guerre. Tintin est \u00e9lu tr\u00e9sorier par acclamation et un budget est vot\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Une nouvelle bataille s\u2019engage et cette fois les Longevernes parviennent \u00e0 capturer le chef ennemi&nbsp; Cette fois-ci, ce n\u2019est pas Migue la lune mais Aztec des Gu\u00e9s qui se fait rosser. Le pantalon de l\u2019Aztec est mis \u00e0 une statue de Saint-Joseph, \u00e0 l\u2019\u00e9glise. Scandale. L\u2019instituteur, le p\u00e8re Simon, se doute de quelque chose et les familles sont inform\u00e9es de ces trafics de boutons et de mat\u00e9riel de couture que la s\u0153ur de Tintin, Marie, utilise pour ravauder les habits d\u00e9chir\u00e9s. Marie, la fianc\u00e9e de Lebrac. Guerre contre les Velrans, guerre contre les adultes, les Longevernes d\u00e9cident de construire une cabane pour prot\u00e9ger leur tr\u00e9sor de guerre. Lebrac \u00e9pouse Marie Tintin dans une c\u00e9r\u00e9monie pa\u00efenne.<\/p>\n\n\n\n<p>Nouvelle bataille et nouvelle victoire. Les Longevernes ont maintenant un camp de base et les Velrans sont pi\u00e9g\u00e9s. Leur chef fait sous lui alors qu\u2019il est battu. La honte absolue. Pour f\u00eater la victoire, on fait la f\u00eate avec tout ce qu\u2019on a pu se procurer. On coupe les sardines en quatre, on a ramass\u00e9 des pommes et on se gave de bonbons, plus un peu de gn\u00f4le subtilis\u00e9e aux parents. \u00c0 la veill\u00e9e, on se raconte la gen\u00e8se de la haine entre les deux villages pour des histoires de vache malade \u00e0 enterrer ou de processions ennemies. Une haine farouche dont tous ont oubli\u00e9 les causes .<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a aussi des querelles intestines avec Bacaill\u00e9, un bancal qui d\u00e9nonce ses camarades pour une histoire de touche-pipi. Apr\u00e8s une \u00e9ni\u00e8me bataille, leur abri est d\u00e9vast\u00e9 et ils se demandent comment les Velrans ont pu trouver leur cachette. Il y a un tra\u00eetre et c\u2019est forc\u00e9ment Bacaill\u00e9. Bacaill\u00e9 qui finit par avouer, sous la torture, mais c\u2019est en fait une d\u00e9ception sentimentale qui est \u00e0 l\u2019origine de sa tra\u00eetrise. Une vengeance qu\u2019il paie cher. Rel\u00e2ch\u00e9, Bacaill\u00e9 d\u00e9nonce tout le monde \u00e0 ses parents et la fureur s\u2019empare des parents du village. Les gosses sont battus et enferm\u00e9s. Seul Grandgibus et Gambette, habitant des fermes recul\u00e9es, \u00e9chappent \u00e0 la punition g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils d\u00e9nichent la cabane des Velrans et r\u00e9cup\u00e8rent leur tr\u00e9sor, informant les autres que justice est faite. Les Longevernes vont entrer dans l\u2019adolescence mais ils se jurent de continuer la guerre contre les Velrans qui est devenue une qu\u00eate sans laquelle leur enfance s\u2019enfuirait \u00e0 jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un r\u00e9cit plaisant plein de cette nostalgie de l\u2019enfance que l\u2019auteur a d\u00fb \u00e9prouver. Il se revendique d\u2019un Rabelais qu\u2019il cite en exergue et il est vrai qu\u2019il y a beaucoup du p\u00e8re Fran\u00e7ois dans ce livre, avec un langage nouveau fait d\u2019emprunts aux patois de nos provinces et de mots mal prononc\u00e9s (l\u2019action se passe non loin de Besan\u00e7on).<\/p>\n\n\n\n<p>Pergaud mourra \u00e0 la guerre, pas celle des boutons mais la vraie, la grande, \u00e0 33 ans. L\u2019\u00e2ge du Christ.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>SIMENON \u2013 <em>LE GRAND BOB<\/em> \u2013 Presses de la cit\u00e9 \/ Press Pocket<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/illustration503.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4487\" width=\"577\" height=\"753\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/illustration503.png 360w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/illustration503-230x300.png 230w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/illustration503-23x30.png 23w\" sizes=\"(max-width: 577px) 100vw, 577px\" \/><figcaption>Georges Simenon, avec la pipe et le n\u0153ud pap. Photo un rien enjoliv\u00e9e des studios Darcourt<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Un Simenon sans Maigret, comme il y a des Fr\u00e9d\u00e9ric Dard sans San Antonio, pas forc\u00e9ment les pires. C\u00f4t\u00e9 Simenon, on a par exemple <em>Les suicid\u00e9s<\/em> ou <em>Les inconnus dans la maison<\/em>, pour ne citer qu\u2019eux. Une \u0153uvre parall\u00e8le au milieu de ses centaines de Maigret.<\/p>\n\n\n\n<p>Robert \u00ab&nbsp;Bob&nbsp;\u00bb Dandurand est mort. C\u2019\u00e9tait un ami du narrateur, le docteur Charles Coindreau. L\u2019enqu\u00eate de gendarmerie a conclu \u00e0 un suicide. Dandurand et sa femme Lulu allaient souvent au Beau dimanche, une guinguette au bord de la Seine et, depuis quelques temps, Bob se livrait \u00e0 la p\u00eache au brochet, lui qu\u2019on imaginait pourtant pas se lever \u00e0 4 heures du matin. Bob se serait li\u00e9 \u00e0 des cordages pour se jeter \u00e0 l\u2019eau depuis sa barque de p\u00eache.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, le narrateur m\u00e8ne son enqu\u00eate pour savoir pourquoi son ami s\u2019est suicid\u00e9. C\u2019est comme une enqu\u00eate polici\u00e8re, men\u00e9e chez des amis communs, chez des proches, des domestiques, les vendeuses du magasin de chapeaux de sa veuve, Lulu, qu\u2019il s\u2019arrange pour voir en t\u00eate \u00e0 t\u00eate \u00e0 plusieurs reprises.<\/p>\n\n\n\n<p>Bob n\u2019\u00e9tait pas ce qu\u2019on appelle un suicidaire, toujours gai et r\u00e9galant son monde de ses plaisanteries. Il buvait beaucoup, un d\u00e9faut qu\u2019on lui pardonnait tant sa bonne humeur \u00e9tait communicative. Lulu raconte sa vie de couple. Une rencontre dans un bistrot de Saint-Michel avec un \u00e9tudiant en droit qui va passer ses examens. Lulu et Bob iront de bars en bars et Bob ne se pr\u00e9sentera pas devant le jury que pr\u00e9side son p\u00e8re, doyen des avocats de Poitiers. Son p\u00e8re en voudra toujours \u00e0 Lulu de l\u2019avoir d\u00e9bauch\u00e9. Lui dira toujours qu\u2019il n\u2019avait pas la vocation.<\/p>\n\n\n\n<p>Il veut faire comme Charles de Foucauld, une sorte de saint la\u00efc en Afrique du Nord, puis il travaille comme man\u0153uvre chez Citro\u00ebn avant de s\u2019essayer comme comique dans un cabaret de Montmartre. Finalement, il n\u2019aura pas de profession vraiment d\u00e9finie, vivant surtout de l\u2019h\u00e9ritage de ses parents et donnant un coup de main au magasin o\u00f9 s\u2019affairent deux vendeuses dont Adeline, qui sera un personnage important du roman.<\/p>\n\n\n\n<p>Lulu, elle, a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e dans une famille nombreuse et a fait de courtes \u00e9tudes \u00e0 Paris en m\u00eame temps qu\u2019elle se prostituait occasionnellement avant de tomber sur Bob, qui sera son grand homme.<\/p>\n\n\n\n<p>En enqu\u00eatant sur Bob, sur sa vie et sur sa mort, le narrateur se penche sur lui-m\u00eame et, en m\u00eame temps que ses visites tardives \u00e0 Lulu, il fr\u00e9quente Adeline, une vendeuse qui se livre parfois \u00e0 la prostitution pour arrondir ses fins de mois. Coindreau se d\u00e9tache de sa femme, de ses enfants, tout \u00e0 son enqu\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p>Il apprend par des voisins de palier de Lulu que Bob \u00e9tait all\u00e9 voir un grand canc\u00e9rologue sur les conseils de son m\u00e9decin traitant. On lui avait diagnostiqu\u00e9 un cancer du duod\u00e9num et il avait refus\u00e9 une op\u00e9ration qui aurait prolong\u00e9 son existence. Est-ce l\u00e0 la vraie raison de son suicide&nbsp;? Coindreau, le narrateur, ne le croit pas et il voit plut\u00f4t dans les causes de son geste l\u2019impression d\u2019un ratage social comme d\u2019une s\u00e9paration trop artificielle entre Bob l\u2019amuseur, faux-nez de Bob le m\u00e9lancolique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le roman suit les r\u00e8gles du polar, sans flics et sans criminels. Simenon pose mine de rien des questions quasiment m\u00e9taphysiques&nbsp;: qu\u2019est-ce qu\u2019une vie&nbsp;? En quoi peut-on dire qu\u2019elle est r\u00e9ussie ou rat\u00e9e&nbsp;? Que sait-on des autres&nbsp;? Ne concentrons-nous pas nos efforts \u00e0 montrer aux autres un visage diff\u00e9rent de ce que nous sommes vraiment&nbsp;? Et, plus profond encore, la vie est-elle une destin\u00e9e qui doit nous amener \u00e0 un but&nbsp;? N\u2019est-on que des animaux dou\u00e9s de raison&nbsp;? Vit-on pour les autres&nbsp;? Laisse-t-on des traces&nbsp;? \u00c0 travers un r\u00e9cit simple et sans fioritures, Simenon nous am\u00e8ne dans des ab\u00eemes de r\u00e9flexion.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans faire de la psychanalyse \u00e0 deux balles, on peut aussi rapprocher la double personnalit\u00e9 de Bob \u00e0 celle de Simenon lui-m\u00eame, \u00e9crivain sensible et humaniste d\u2019un c\u00f4t\u00e9, anar de droite libertin de l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours les m\u00eames histoires de Dr Jekyll et de Mr Hyde. Montmartre n\u2019a fait que remplacer Londres.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>DAVID LODGE \u2013 <em>UN TOUT PETIT MONDE \u2013<\/em> Rivages<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On a parl\u00e9 de romans de campus pour des livres se situant en milieux universitaires. Pour David Lodge, l\u2019un des \u00e9crivains anglais contemporains les plus connus, la cat\u00e9gorie ne s\u2019applique pas vraiment.<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9face est de Umberto Ecco et ce n\u2019est pas un hasard. Lodge, comme Ecco, sont avant tout des universitaires brillants qui se piquent de litt\u00e9rature avec un brio et une facilit\u00e9 d\u00e9concertante.<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois il neige en avril, chantait Prince. C\u2019est le cas ici, pour un congr\u00e8s universitaire sur la langue anglaise \u00e0 Rummidge (en fait Birmingham). Un congr\u00e8s rat\u00e9 qui ne r\u00e9unit qu\u2019une cinquantaine de personnes. On suit un groupe de professeurs d\u2019universit\u00e9 dans leurs conversations mondaines. On cause linguistique, structuralisme, art po\u00e9tique, postmodernisme et on a l\u2019air de s\u2019ennuyer ferme (et le lecteur aussi). Le personnage principal, Persse Mc Garrigle, de l\u2019universit\u00e9 de Limerick (Irlande) se rapproche de Morris Zapp, un Am\u00e9ricain venu faire une conf\u00e9rence en m\u00eame temps qu\u2019il tombe amoureux d\u2019Angelica, une jeune femme s\u00e9duisante. Co\u00efncidence, Mc Garrigle veut visiter une vieille tante \u00e0 Rummidge et Zapp se fait conduire au m\u00eame endroit pour saluer son ancien logeur, qui n\u2019est autre que le mari de la dame. On a aussi, dans le genre comique, Angelica qui fixe rendez-vous au m\u00eame endroit et \u00e0 la m\u00eame heure \u00e0 la fois \u00e0 Mc Garrigle et \u00e0 Dempsey. Du pur Vaudeville. Mc Garrigle se dit puceau et il va voir un film porno pour se mettre en condition et s\u2019ach\u00e8te des pr\u00e9servatifs avant son rendez-vous avec Angelica. Mais la belle est partie sans laisser ses coordonn\u00e9es et elle n\u2019appartient \u00e0 aucune universit\u00e9. Le congr\u00e8s s\u2019ach\u00e8ve sur un repas m\u00e9di\u00e9val.<\/p>\n\n\n\n<p>Morris Zapp est h\u00e9berg\u00e9 par les Swallow. Alors que Hillary Swallow, son ancienne ma\u00eetresse, lui parle des infid\u00e9lit\u00e9s de son mari avec des \u00e9tudiantes&nbsp;; Philip Swallow lui raconte l\u2019une de ses aventures \u00e0 G\u00eanes, avec la femme de son logeur. Swallow souhaite que Zapp fasse une critique de son livre sur Hazliit, un \u00e9crivain turc. Zapp quitte au petit matin le domicile de ses h\u00f4tes et fonce vers Heathrow en taxi. C\u2019est ensuite un d\u00e9fil\u00e9 de personnages autour du monde dans des situations diverses, comme si le microcosme de Rummidge s\u2019\u00e9tendait au monde entier. Des personnages qui ont tous \u00e0 voir avec la litt\u00e9rature&nbsp;: \u00e9crivains, universitaires, critiques\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Des personnages qui ne tardent pas \u00e0 entrer en action. L\u2019Italienne Fulvia Morgana voyage c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te en avion avec Zapp et ils finissent au lit, avec son mari qui veut participer aux \u00e9bats. Il est question d\u2019un poste d\u2019une chaire de litt\u00e9rature \u00e0 l\u2019Unesco et tous les personnages y sont int\u00e9ress\u00e9s. Desiree Zapp peine \u00e0 \u00e9crire son roman comme Akira Sakazaki peine \u00e0 traduire en Japonais le roman de Ronald Frobisher, vieille gloire des lettres anglaises. \u00c0 Heathrow, avant de retourner en Irlande, Mc Garrigle retrouve sa cousine devenue strip-teaseuse \u00e0 Londres. Elle refuse de repartir avec lui qui pense toujours \u00e0 Angelica, son grand amour. On saute d\u2019un personnage \u00e0 l\u2019autre dans un entrelacs de r\u00e9cits assez confus qui ont pour d\u00e9nominateur commun la litt\u00e9rature et ses pouvoirs.<\/p>\n\n\n\n<p>Mc Garrigle a gagn\u00e9 un concours de po\u00e9sie et demande un cong\u00e9 sans solde pour assister \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie sur la Tamise. Zapp se rend \u00e0 Milan pour sa conf\u00e9rence. Dempsey confie son mal de vivre \u00e0 un ordinateur. Rudyard Parkinson, un critique, d\u00e9cide de se servir du livre de Swallow sur l\u2019influence de Shakespeare sur T.S Elliot pour se placer dans la course \u00e0 l\u2019Unesco et nuire \u00e0 Zapp. On retrouve la plupart des personnages sur le bateau et Frobisher se bat avec Parkinson pour une mauvaise critique d\u2019un de ses livres. Avec Mc Garrigle, il quitte le bateau et lui r\u00e9v\u00e8le comment l\u2019analyse informatique de son \u0153uvre par Dempsey l\u2019a d\u00e9go\u00fbt\u00e9 de la cr\u00e9ation litt\u00e9raire. Mc Garrigle voit une photographie d\u2019Angelica \u00e0 la devanture d\u2019une bo\u00eete de strip-tease \u00e0 Soho, mais le portier lui dit qu\u2019elle est partie. Swallow arrive \u00e0 Ankara pour sa conf\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<p>Mc Garrigle part \u00e0 Amsterdam \u00e0 la recherche d\u2019Angelica et il y rencontre Zapp dans le cadre d\u2019une conf\u00e9rence. L\u00e0, ils interpellent l\u2019Allemand Von Turptiz qu\u2019ils accusent de plagiat. Mc Garrigle croit voir Angelica dans une vitrine mais elle a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par une autre qui lui dit qu\u2019Angelica est sa baby-sitter. Elle exerce en fait dans un club de spectacle porno du nom du Blue Heaven. Mc Garrigle, effondr\u00e9, revient en Irlande et on suit Swallow \u00e0 Ankara. Il y rencontre Joy, la femme de G\u00eanes qu\u2019il croyait morte et ils partent \u00e0 Istanbul o\u00f9 elle travaille pour le British Council. Ils filent le parfait amour. Il apprend que sa petite fille est de lui et il d\u00e9cide de divorcer. Rentr\u00e9 en Angleterre, il renonce alors qu\u2019un flot de critiques \u00e9logieuses s\u2019est abattu sur son livre.<\/p>\n\n\n\n<p>On prend beaucoup l\u2019avion dans ce roman o\u00f9 les personnages descendent dans tous les Hilton de la terre. C\u2019est la saison des congr\u00e8s et tous les personnages se croisent. \u00c7a baise beaucoup et \u00e7a p\u00e9rore encore plus. Mc Garrigle a entam\u00e9 un cours sur Yeats et il d\u00e9masque lors d\u2019une excursion le suborneur de sa cousine qu\u2019il veut retrouver \u00e0 Londres pour lui verser des indemnit\u00e9s. Il retrouve la trace de Angelica et est persuad\u00e9 qu\u2019elles sont deux&nbsp;: Angelica et Lily. Elle \u00e9tait \u00e0 un colloque \u00e0 Lausanne et s\u2019est envol\u00e9e pour Gen\u00e8ve avant de prendre un vol pour Los Angeles.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant ce temps, Zapp est enlev\u00e9 par des terroristes. Des Italiens d\u2019extr\u00eame-gauche qui connaissent Fulvia Morgana et son mari. La demande de ran\u00e7on s\u2019adresse \u00e0 son ex-\u00e9pouse Desiree, auteur d\u2019un best-seller. Elle revoir la ran\u00e7on \u00e0 la baisse et les ravisseurs, press\u00e9s par les Morgana, finissent par le rel\u00e2cher. Mc Garrigle continue sa qu\u00eate d\u2019Angelica. Il apprend que le pilote d\u2019avion qui serait son p\u00e8re n\u2019est que son p\u00e8re adoptif. Il a adopt\u00e9 les jumelles se trouvant par hasard dans son avion. Lily a toujours \u00e9t\u00e9 rebelle, port\u00e9e sur le sexe et la drogue alors qu\u2019Angelica s\u2019est passionn\u00e9e pour les \u00e9tudes universitaires et les colloques. Mc Garrigle va de Los Angeles \u00e0 Honolulu, de Tokyo \u00e0 S\u00e9oul et de S\u00e9oul \u00e0 Hong Kong avant de d\u00e9barquer \u00e0 J\u00e9rusalem o\u00f9 se tient le congr\u00e8s de l\u2019ann\u00e9e, organis\u00e9 par Zapp. Alors que Wainwright doit y faire une importante communication, Swallow, qui file toujours le parfait amour avec Joy, rencontre par hasard son fils qui travaille dans un kibboutz voisin et il attrape la maladie du l\u00e9gionnaire. Tout le congr\u00e8s s\u2019\u00e9parpille devant la menace de contagion.<\/p>\n\n\n\n<p>La derni\u00e8re partie est consacr\u00e9e au colloque de New York sur la fonction de la critique, et tout le monde est pr\u00e9sent, plus besoin d\u2019inventer des co\u00efncidences et des quiproquo. Le colloque new-yorkais est aussi un march\u00e9 o\u00f9 les universit\u00e9s recrutent. Dans ce tout petit monde, Mc Garrigle retrouve Zapp. Les contributions se succ\u00e8dent et l\u2019une porte sur la romance, par Angelica. \u00c0 la fin de son expos\u00e9, Mc Garrigle lui saute dessus et ils font enfin l\u2019amour. Sauf que ce n\u2019est pas Angelica, mais sa jumelle Lily. Angelica quant \u00e0 elle, doit se marier avec un Mc Garrigle qui n\u2019est pas lui. On apprend aussi que Arthur Kingfisher aura la chaire de critique litt\u00e9raire \u00e0 l\u2019Unesco et qu\u2019il a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00e9pouser sa secr\u00e9taire. Sybil Maiden, son ancienne ma\u00eetresse, lui annonce qu\u2019ils sont les parents des jumelles. La boucle est boucl\u00e9e. Mc Garrigle n\u2019a plus qu\u2019\u00e0 aller chercher son vrai amour, Cheryl Summerbee qui est employ\u00e9e \u00e0 British Airways. Au moment o\u00f9 il d\u00e9barque \u00e0 Heathrow pour lui d\u00e9clarer enfin sa flamme, elle s\u2019est fait licenci\u00e9e et on lui dit qu\u2019elle vient de partir \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Mc Garrigle n\u2019a pu qu\u2019\u00e0 refaire toutes les destinations qui s\u2019affichent au tableau d\u2019embarquement. Une qu\u00eate infinie jamais satisfaite. Une m\u00e9taphore du roman&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est plaisant, agr\u00e9able \u00e0 lire et bien trouss\u00e9. Beaucoup d\u2019ironie et d\u2019humour, m\u00eame si ce n\u2019est pas non plus hilarant. On a quand m\u00eame une vision du monde et de l\u2019humanit\u00e9 \u00e0 travers un microcosme d\u2019universitaires vaniteux et libidineux. Avec les jeux de l\u2019amour et du hasard. On pense \u00e0 un Roland Barthes en se disant que ce livre est le roman qu\u2019il aurait pu \u00e9crire s\u2019il en avait \u00e9crit, comme il en avait l\u2019intention. Ce n\u2019est pas forc\u00e9ment un compliment et je garde l\u2019impression que Lodge \u00e9blouit surtout les snobs et les happy fews. Un tout petit monde, l\u00e0 aussi. Enfin, pas si petit que \u00e7a\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>HENRY POURRAT \u2013 <em>LE CHASSEUR DE NUIT<\/em> \u2013 Albin Michel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Il parlait toujours \u00e0 voix basse, un pan de sa cape devant sa bouche, quand le vent soufflait, pareil \u00e0 un conspirateur&nbsp;\u00bb.<\/em> De Pourrat, c\u2019est encore son pays Vialatte qui en parle le mieux, dans la pr\u00e9face de ce livre. Pourrat qu\u2019on aurait tort de ne prendre que pour un auteur r\u00e9gionaliste. C\u2019est un po\u00e8te des champs, de la nature, qui n\u2019oublie pas celles et ceux qui peuplent les monts et les vall\u00e9es de sa si ch\u00e8re Auvergne. On pourrait voir en lui un barde, un peu sorcier.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon la l\u00e9gende, \u00ab&nbsp;le chasseur de la nuit&nbsp;\u00bb a fait un pacte avec les humains : \u00ab&nbsp;\u00e0 toi le jour, \u00e0 moi la nuit&nbsp;\u00bb. On suit l\u2019\u00e9volution de quelques paysans dans les monts du Forez, surpris par l\u2019orage. Parmi les gens du village, une femme qui aurait empoisonn\u00e9 son mari mais c\u2019est surtout Am\u00e9lie et C\u00e9lestin qui attirent l\u2019attention, deux bergers amoureux. L\u2019action, si on peut utiliser le mot car il ne se passe pas grand-chose, se situe pendant la premi\u00e8re guerre mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u00e9lestin est vacher dans la ferme des Banhle .avec Am\u00e9lie, berg\u00e8re et fille de Damien De Luco, marchand de bois. Elle a deux s\u0153urs et un fr\u00e8re. La m\u00e8re de C\u00e9lestin, veuve, habite un hameau dans une maison appel\u00e9e La Di\u00e8tre, qui \u00e9tait le surnom de son mari mort \u00e0 la chasse quelque part en Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019automne venu, La Banhle, la femme de la ferme, d\u00e9cide que C\u00e9lestin et sa Am\u00e9lie iront \u00e0 l\u2019\u00e9cole, maintenant que le printemps et l\u2019\u00e9t\u00e9 sont pass\u00e9s. La ma\u00eetresse d\u2019\u00e9cole vante les dons de C\u00e9lestin et l\u2019incite \u00e0 le mettre en apprentissage. Am\u00e9lie se verrait bien partir avec lui, mais son p\u00e8re n\u2019appr\u00e9cie pas La Di\u00e8tre, C\u00e9lestin s\u2019est procur\u00e9 un fusil et on craint la mal\u00e9diction familiale. La guerre est finie.<\/p>\n\n\n\n<p>Am\u00e9lie se remet d\u2019une mauvaise grippe alors que C\u00e9lestin travaille en for\u00eat puis comme terrassier. Joseph B\u00e9al, son employeur, lui a dit qu\u2019il fallait de l\u2019argent pour se marier, surtout pour \u00e9pouser une fille comme Camille. Quand il ne travaille pas, C\u00e9lestin chasse et il a d\u00e9cid\u00e9, pour faire un cadeau \u00e0 Am\u00e9lie, de chasser des martres, l\u2019hiver. Il r\u00e9ussit \u00e0 en attraper une avec son chien Fanfare et l\u2019envoie \u00e0 Saint-\u00c9tienne pour en faire un v\u00eatement \u00e9l\u00e9gant, mais son cadeau est refus\u00e9 au motif que ce serait trop compliqu\u00e9 d\u2019expliquer aux parents ce col de martre et son exp\u00e9diteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Il rencontre Pierre de Ruhle \u00e0 la p\u00eache, et celui-ci lui propose de lui vendre sa scierie. Am\u00e9lie veut vivre avec lui mais elle se fait une entorse le jour de leurs fian\u00e7ailles. De Luco s\u2019oppose au mariage, craignant que C\u00e9lestin en veuille \u00e0 ses biens. \u00c9lise, son \u00e9pouse, n\u2019est pas d\u2019accord. Nonobstant, Am\u00e9lie rejoint C\u00e9lestin \u00e0 la scierie et, sur les conseils de Joseph B\u00e9al, ils passent la nuit dans un relais pour berger, un buron.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u00e9lestin part au service militaire, \u00e0 Grenoble, dans les chasseurs alpins. La m\u00e8re d\u2019Am\u00e9lie, \u00c9lise, meurt comme une de ses cousines agress\u00e9e par une vache. Am\u00e9lie est prise en pension chez les Clouvel, des voisins. La Di\u00e8tre est toujours seule, attendant le retour de son fils.<\/p>\n\n\n\n<p>Le p\u00e8re envisage d\u2019autres partis pour ses filles. Jean-Baptiste de Como pour Am\u00e9lie et un lointain cousin qui a des terres pour Camille, mais Camille est amoureuse de Jean-Baptiste et Am\u00e9lie n\u2019en d\u00e9mord pas pour C\u00e9lestin qui veut \u00e9lectrifier la vall\u00e9e. Le p\u00e8re s\u00e9questre Camille qui attend que Jean-Baptiste vienne la d\u00e9livrer. Il doit faire son service militaire au moment o\u00f9 C\u00e9lestin en revient. C\u00e9lestin essaie de convaincre sa s\u0153ur de ne pas persister dans son attitude, en Antigone des campagnes.<\/p>\n\n\n\n<p>Parti \u00e0 la chasse avec B\u00e9al, C\u00e9lestin a une soudaine vision de Am\u00e9lie et il craint pour sa vie. Il s\u2019allonge sur un rocher et remue de telle fa\u00e7on que son compagnon de chasse croit en la pr\u00e9sence d\u2019un animal et lui tire dessus.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9pilogue&nbsp;: le p\u00e8re meurt. La petite Marie, s\u0153ur du lointain cousin Jacques de Come, se meurt aussi. Am\u00e9lie la soigne et la gu\u00e9rit. Elle \u00e9pouse Jacques de Come et sa s\u0153ur Camille se marie avec son fr\u00e8re Jean-Baptiste. La Di\u00e8tre finit par r\u00e9v\u00e9ler que son mari s\u2019est suicid\u00e9 par jalousie maladive et qu\u2019il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 lors d\u2019un accident de chasse. Au chasseur de nuit la nuit, mais le jour est au soleil et \u00e0 la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>On raconte l\u2019histoire, mais il n\u2019y a pas grand-chose \u00e0 raconter en v\u00e9rit\u00e9. Simplement la chronique d\u2019un amour, les travaux et les jours, la nature et les b\u00eates, au rythme des saisons. Pas besoin d\u2019histoires tant la po\u00e9sie bucolique et tellurique de Pourrat en fait une sorte de Giono des Monts d\u2019Auvergne. Pour un autre chant du monde.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MICHEL DEMUTH \u2013 LA CL\u00c9 DES \u00c9TOILES \u2013 Le Masque \/ Science-Fiction On conna\u00eet un peu Demuth pour avoir \u00e9t\u00e9 l\u2019un des pionniers (avec Klein, Andrevon ou Jeury), de la SF \u00e0 la Fran\u00e7aise. 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