{"id":4679,"date":"2026-06-20T17:45:37","date_gmt":"2026-06-20T15:45:37","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4679"},"modified":"2026-06-20T17:45:37","modified_gmt":"2026-06-20T15:45:37","slug":"punk-rock-en-ovalie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4679","title":{"rendered":"PUNK-ROCK EN OVALIE"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/illustration539.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4681\" width=\"579\" height=\"433\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/illustration539.jpg 250w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/illustration539-30x22.jpg 30w\" sizes=\"(max-width: 579px) 100vw, 579px\" \/><figcaption>Les ar\u00e8nes de Pluma\u00e7on (Mont-de-Marsan), devenues haut-lieu du Punk-rock par la gr\u00e2ce de Marc \u00ab\u00a0The Z\u00a0\u00bb Zermati. Une pens\u00e9e pour lui, in memoriam&#8230; <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>C\u2019\u00e9tait il y a pile 30 ans, la cr\u00e8me du Punk-rock anglais se produisait dans un festival \u00e0 Mont-De-Marsan (Landes). Marc Zermati, ci-devant propri\u00e9taire de l\u2019Open Market et du label Skydog et Marc Dauty son comp\u00e8re, le r\u00e9gional de l\u2019\u00e9tape, avaient \u0153uvr\u00e9 de concert pour faire venir dans une cit\u00e9 plus connue pour le rugby le Tout-Londres pr\u00e9 punk. On en restera pas l\u00e0, et il y aura une seconde \u00e9dition l\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s, en 1977, mais le Punk avait ravag\u00e9 le monde et n\u2019\u00e9tait plus l\u2019affaire de happy-fews. Retour sur un \u00e9v\u00e9nement aussi insolite que bienvenu en des temps de disette rock et de pop stars fatigu\u00e9es. Mont-de-Marsan kids, putaing cong&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Longtemps, dans les ann\u00e9es 1950 \u2013 1960, Mont-de-Marsan &#8211; ou le Stade Montois en jaune et bleu cercl\u00e9s &#8211; avait domin\u00e9 le rugby fran\u00e7ais de la t\u00eate et des \u00e9paules avec les fr\u00e8res Boniface, Lacroix, Darrouy surnomm\u00e9 la gazelle landaise et, plus tard, Beno\u00eet Dauga. Ils raflaient tous les titres, seulement concurrenc\u00e9s par les voisins de Dax, en rouge et blanc, avec d\u2019autres fr\u00e8res, les Albaladejo, plus l\u2019arri\u00e8re Lacaze et Titou Lasserre. Les deux clubs landais n\u2019\u00e9taient gu\u00e8re inqui\u00e9t\u00e9s que par Agen, Toulon, Brive et le Stade Toulousain, mais l\u2019\u00e9lite du rugby fran\u00e7ais \u00e9tait r\u00e9fugi\u00e9 dans les Landes, entre les pins et la mer. C\u2019\u00e9tait le temps o\u00f9 Roger Couderc commentait les matchs pour l\u2019<em>ORTF <\/em>puis<em> RTL<\/em> et<em> Europe 1<\/em> avec Pierre Albaladejo en consultant et, pour la presse \u00e9crite ou la litt\u00e9rature, on avait quelques belles plumes&nbsp;: Blondin, Lacouture, Nimier ou Kl\u00e9ber Haedens. Les hussards avaient la t\u00eate et les r\u00eaves en Espagne, mais les pieds et la r\u00e9alit\u00e9 en Ovalie et dans tous les stades o\u00f9 se jouait le tournoi des 5 nations&nbsp;: Colombes, Arm\u2019s Park, Murrayfield, Twickenham et Landsdowne Road.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit ici d\u2019un tout autre sport, le rock\u2019n\u2019roll dont les capitales (Londres, New York, San Francisco, Los Angeles) \u00e9taient situ\u00e9es dans le monde anglo-saxon avant le Reggae, le Kraut-rock et la World music. Marc \u00ab&nbsp;The Z&nbsp;\u00bb Zermati aura, gr\u00e2ce \u00e0 son industrie, coll\u00e9 Mont-de-Marsan sur la carte du rock gr\u00e2ce au premier festival Punk-rock de l\u2019histoire. Un Punk-rock encore balbutiant \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1976, mais tous les ingr\u00e9dients \u2013 col\u00e8re, rage, provocation, exhibitionnisme, d\u00e9sespoir \u2013 \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Marc Zermati \u00e9tait un rocker mal aimable et teigneux qui tenait donc l\u2019Open Market, une boutique sise au 58 rue des Lombards, au c\u0153ur des Halles \u2013 ou plut\u00f4t du trou des Halles \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Peu de disques dans son antre, mais des pi\u00e8ces introuvables des Flamin\u2019 Groovies, d\u2019Iggy Pop et ses Stooges et de Kim Fowley. Zermati, c\u2019\u00e9tait aussi Skydog, un label fond\u00e9 avec le photographe de chez Decca Jean-Claude Lamblin tout au service des Groovies et de Kim Fowley. Au mur, une grande affiche \u00ab&nbsp;Free Wayne Kramer&nbsp;\u00bb militait pour la lib\u00e9ration du guitariste du MC5 quand Bijou r\u00e9p\u00e9tait parfois dans l\u2019 arri\u00e8re-salle &#8211; avant l\u2019Asphalt Jungle de Eudeline &#8211; alors que les critiques rock Yves Adrien puis Patrick Eudeline s\u2019\u00e9taient succ\u00e9d\u00e9 au comptoir. Toute une \u00e9poque&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Mont-de-Marsan est donc le premier festival Punk de l\u2019histoire, un mois avant celui du 100 Club de Londres. Outre Zermati, on trouve au rang des organisateurs Pierre Thiollay, celui qui avait fait venir les Groovies Porte de Pantin, Larry Debay, cofondateur du label Bizarre Distribution avec Zermati et Andr\u00e9-Marc Dubos, le Montois qui a obtenu de la ville le droit de tenir son festival aux ar\u00e8nes de Pluma\u00e7on.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re \u00e9dition, le 21 ao\u00fbt 1976, se tient sur une journ\u00e9e, de midi tapante \u00e0 trois heures du matin, sous un soleil de plomb. Le maire de la ville et le Pr\u00e9fet des Landes avaient \u00e9mis de s\u00e9rieuses r\u00e9serves sur la tenue d\u2019un \u00e9v\u00e9nement qu\u2019on soup\u00e7onnait fauteur de d\u00e9sordres, mais Zermati et les siens n\u2019allaient pas se laisser intimider. Un millier de personnes environ r\u00e9unis pour voir Damned, le groupe punk anglais le plus en vue de l\u2019\u00e9poque avec les Sex Pistols, le gang de Johnny Rotten ayant refus\u00e9 de participer \u00e0 cause de la programmation d\u2019Eddie And The Hot Rods qu\u2019ils jugeaient ringards.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Damned sont d\u2019ailleurs le seul groupe punk \u00e0 proprement parler, l\u2019affiche r\u00e9servant la part belle aux rescap\u00e9s du Pub-rock, genre o\u00f9 s\u2019illustr\u00e8rent Doctor Feelgood ou les Ducks Deluxe, entre autres. On trouve en effet les Ducks Deluxe ou ce qu\u2019il en reste, Eddie And The Hot Rods dont la s\u00e9rie de 45 tours (\u00ab&nbsp;Horseplay&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Get Out Of Denver&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Teenage Depression&nbsp;\u00bb) a marqu\u00e9 l\u2019ann\u00e9e 1975, Brinsley Schwarz, ex Ducks Deluxe comme Bob Andrews (avec Nick Lowe) et le Sean Tyla Gang, lui aussi ancien canard de luxe. Plus original, The Roogalators de Danny Adler, un groupe qui se rapprochera de la New wave anglaise. Autres invit\u00e9s britons, les Hammersmith Gorillas et Kursaal Flyers de Southend-On-Sea, la ville baln\u00e9aire de l\u2019Essex ch\u00e8re \u00e0 Procol Harum.<\/p>\n\n\n\n<p>Pas mal de Fran\u00e7ais aussi dont les Havrais de Little Bob Story, Bijou, Kalfon Roc Chaud, dernier avatar rock de l\u2019acteur Jean-Pierre Kalfon et Il Biarritz, le groupe de Philippe Debarge, le jeune homme de bonne famille qui fut l\u2019h\u00f4te des Pretty Things sur la C\u00f4te d\u2019Azur. Il y aura un album \u00e0 la cl\u00e9, enregistr\u00e9 en 1969 et sorti en 2009 (<em>Debarge<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les autres invit\u00e9s, les l\u00e9gendaires Pink Fairies ou les quelques survivants du groupe mythique de Ladbroke Grove form\u00e9 par le critique anglais Mick Farren avec Twink (ex batteur fou des Pretty Things, Steve \u00ab&nbsp;Peregrin&nbsp;\u00bb Took (fondateur du Tyrannosaurus Rex avec Marc Bolan) et Larry Wallis, futur Mot\u00f6rhead. Plus quelques seconds couteaux comme Railroad ou Passion Force et, dans le public, le jeune Ian Curtis qui allait fonder Joy Division.<\/p>\n\n\n\n<p>Fort d\u2019un relatif succ\u00e8s public et critique, Zermati et sa bande d\u00e9cident de remettre \u00e7a, en plus grand, l\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette fois, le festival se tient sur deux jours, les 5 et 6 ao\u00fbt 1977 au m\u00eame endroit et 4000 personnes se sont tass\u00e9es dans les ar\u00e8nes. Beaucoup de groupes fran\u00e7ais pour la deuxi\u00e8me \u00e9dition&nbsp;: les Bordelais de Strychnine, Lou\u2019s, 1984, Asphalt Jungle, le groupe de Patrick Eudeline et Rikky Darling, Shakin\u2019 Street, Marie et les gar\u00e7ons plus les in\u00e9vitables Little Bob Story et Bijou.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u00f4t\u00e9 anglais, Clash les Damned, Police, les Maniacs, The Boys, Rings et encore Eddie And The Hot Rods et le Sean Tylan Gang. Doctor Feelgood \u00e9tait pr\u00e9sent cette fois, mais sans Wilko Johnson remplac\u00e9 par John Mayo. Pour la petite histoire, Jam \u00e9tait pr\u00e9sent aussi mais n\u2019a pas pu jouer pour d\u2019obscures raisons, de m\u00eame que Electric Callas.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1977, le Punk-rock a envahi la plan\u00e8te et les Sex Pistols, comme Clash, Jam, Damned et autres Stranglers sont devenus des groupes qui, de petits labels underground, ont migr\u00e9 vers des major-companies. L\u2019esprit de r\u00e9volte et d\u2019anarchie du punk anglais s\u2019est beaucoup \u00e9rod\u00e9 sous la pluie de livres sterling, mais les Punks auront fait souffler un vent frais sur une pop acad\u00e9mique fossilis\u00e9e et les groupes les plus politiquement conscients seront pr\u00eats \u00e0 d\u00e9fendre les causes sociales et antiracistes de Rock against racism.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y aura une derni\u00e8re tentative l\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s, en 1978, mais cette fois le maire de Mont-de-Marsan et le Pr\u00e9fet ont refus\u00e9 cat\u00e9goriquement et c\u2019est \u00e0 La Rochelle qu\u2019eurent lieu les festivit\u00e9s. Il faudra l\u2019\u00e9lection du socialiste Philippe Labeyrie en 1983 pour qu\u2019on puisse remettre \u00e7a avec trois nouvelles \u00e9ditions pour 1984, 1985 et 1986.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus vraiment punk, ces revoyures du milieu des ann\u00e9es 1980, mais le Punk est mort, remplac\u00e9 par la New wave et ses avatars Cold wave, Rock industriel, Power pop, N\u00f6v\u00f6, Ska et on en passe. On a pu trouver du beau monde tout au long de ces trois ann\u00e9es&nbsp;: Nina Hagen, les Pogues, Echo &amp; The Bunnymen, Rory Gallagher, les Inmates, Lloyd Cole And The Commotions, Siouxsie And The Banshees et les in\u00e9vitables Doctor Feelgood. C\u00f4t\u00e9 Fran\u00e7ais, Rita Mitsouko, Stephan Eicher, Paul Personne ou les Dogs de Rouen, entre beaucoup d\u2019autres. En pleine vague World music, il y aura aussi Manu Dibango, Tour\u00e9 Kunka, Aswad et Steel Pulse pour le Reggae.<\/p>\n\n\n\n<p>40 ans plus tard, on f\u00eatera l\u2019anniversaire du festival de Mont-de-Marsan avec un unique concert de Eddie And The Hot Rods le week-end du 15 ao\u00fbt 2016, mais tout le monde avait oubli\u00e9 Mont-de-Marsan depuis longtemps, autant pour le rugby que pour le rock.<\/p>\n\n\n\n<p>Le journaliste Alain Gardinier publiera <em>Punk sur la ville <\/em>chez Atlantica (2014) et, pour m\u00e9moire, Marc Zermati fera un long s\u00e9jour en prison pour d\u00e9tention et trafic de coca\u00efne. Il mourra d\u2019une crise cardiaque, dans son sommeil, le 13 juin 2020, \u00e0 74 ans. On ne l\u2019oublie pas car on lui doit beaucoup.<\/p>\n\n\n\n<p><em>17 mai 2026<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019\u00e9tait il y a pile 30 ans, la cr\u00e8me du Punk-rock anglais se produisait dans un festival \u00e0 Mont-De-Marsan (Landes). Marc Zermati, ci-devant propri\u00e9taire de l\u2019Open Market et du label Skydog et Marc Dauty son comp\u00e8re, le r\u00e9gional de l\u2019\u00e9tape, avaient \u0153uvr\u00e9 de concert pour faire venir dans une cit\u00e9 plus connue pour le rugby&#8230;<\/p>\n<div class=\" [&hellip;]\"><a href=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4679\">Read More <i class=\"os-icon os-icon-angle-right\"><\/i><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4681,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[38,33],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4679"}],"collection":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4679"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4679\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4683,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4679\/revisions\/4683"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4681"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4679"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4679"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/passionschroniques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4679"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}