{"id":4748,"date":"2026-09-21T16:37:26","date_gmt":"2026-09-21T14:37:26","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4748"},"modified":"2026-09-21T16:37:26","modified_gmt":"2026-09-21T14:37:26","slug":"rock-parodies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4748","title":{"rendered":"ROCK PARODIE\u2019S*"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/illustration553.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4750\" width=\"573\" height=\"846\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/illustration553.jpg 330w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/illustration553-203x300.jpg 203w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/illustration553-20x30.jpg 20w\" sizes=\"(max-width: 573px) 100vw, 573px\" \/><figcaption>Screamin&rsquo; Lord Sutch, comte de Harrow et sa bande d&rsquo;agit\u00e9s du bocal. Keep-A-Rockin&rsquo; kids!<br>Photo Wikip\u00e9dia.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>De tout temps, il y a eu des groupes et des chanteurs qui ont su concilier rock\u2019n\u2019roll et humour, sur le mode parodique. De Screamin\u2019 Jay Hawkins aux Dictators. On ne parle pas ici des groupes et chanteurs qui ont de l\u2019humour, il en est des dizaines, mais de ceux qui ont fait de cette dimension caricaturale un genre \u00e0 part enti\u00e8re. Des gens qui ne se prenaient pas au s\u00e9rieux pour un genre qui a trop souvent vers\u00e9 dans le tragique et le drame. D\u2019Angleterre (Screamin\u2019 Lord Sutch) aux \u00c9tats-Unis (Coasters, Sha-Na-Na, Continental Kids) en passant par la France des Charlots ou d\u2019Au bonheur des dames. C\u2019est juste un survol. Rions un peu\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oubliant volontairement les \u00ab&nbsp;h\u00e9ros oubli\u00e9s du rock\u2019n\u2019roll&nbsp;\u00bb chant\u00e9s par Nick Toshes, pionnier de la critique rock et brillant romancier, de peur de se lancer dans une arch\u00e9ologie du Rhythm\u2019n\u2019blues qui prendrait trop de place, on commencera cet article avec Screamin\u2019 Jay Hawkins et son rock de train-fant\u00f4me Il avait coutume de sortir d\u2019un cercueil pour ses entr\u00e9es de sc\u00e8ne et, si tout le monde \u00e0 en t\u00eate son fameux \u00ab&nbsp;I Put A Spell On You&nbsp;\u00bb, mille fois repris, on ignore souvent ses contributions inoubliables au rock parodique dont le fameux \u00ab&nbsp;Constipation Blues&nbsp;\u00bb qui en constitue une p\u00e9pite, peut-\u00eatre le prototype du genre.<\/p>\n\n\n\n<p>Peu apr\u00e8s, les Coasters s\u2019en inspireront. Un groupe vocal sign\u00e9 par Atlantic, l\u2019un de leurs premiers poulains, avec leurs homologues des Drifters, du label de Ahmet Ertegun et de Jerry Webster. Les Coasters, surnomm\u00e9s les \u00ab&nbsp;princes-clowns du rock\u2019n\u2019roll&nbsp;\u00bb ont laiss\u00e9 une dizaine de hits \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Charlie Brown&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Yakety Yak&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Youngblood&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Down In Mexico&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Poison Ivy&nbsp;\u00bb et le fameux \u00ab&nbsp;Along Came Jones&nbsp;\u00bb repris par Henri Salvador sous le titre de \u00ab&nbsp;Zorro est arriv\u00e9&nbsp;\u00bb. Les Coasters \u00e9taient de Los Angeles alors que leurs homologues des Drifters, moins dr\u00f4les il est vrai, venaient de Fargo (Dakota du Nord). Le groupe qui eut tour \u00e0 tour pour leaders Clyde Mc Phatter et Ben E. King laissera un hit mondial, \u00ab&nbsp;Under The Boardwalk&nbsp;\u00bb, repris par les Rolling Stones.<\/p>\n\n\n\n<p>Inspir\u00e9 par Screamin\u2019 Jay Hawkins, on aura en Angleterre Screamin\u2019 Lord Sutch, auto-proclam\u00e9 le prince de Harrow (west london). David Edward Sutch reprendra le climat des films de la Hammer avec, en t\u00eate de gondole, Jack l\u2019\u00e9ventreur dont il fera un hit, \u00ab&nbsp;Jack The Ripper&nbsp;\u00bb. Sutch fut le cr\u00e9ateur de l\u2019une des premi\u00e8res radio pirates du Royaume-Uni, \u00e9mettant depuis les c\u00f4tes de l\u2019Essex, qui sera rachet\u00e9e par<em> Radio Caroline<\/em> et il sera de toutes les comp\u00e9titions \u00e9lectorales du Royaume, affrontant notamment Harold Wilson dans une circonscription de Liverpool en 1964. M\u00eame si, musicalement, Lord Sutch n\u2019a jamais atteint des sommets, il sera l\u2019une des grandes influences de Alice Cooper et son groupe &#8211; The Savages \u2013 comptera dans ses rangs Ritchie Blackmore (Deep Purple), Matthew Fisher (Procol Harum) et le batteur Carlo Little, l\u2019idole de Keith Moon.<\/p>\n\n\n\n<p>Un peu plus tard, toujours en Angleterre, il y eut Arthur Brown et son Crazy Word. Outre sa reprise remarqu\u00e9e du \u00ab&nbsp;I Put A Spell On You&nbsp;\u00bb de Hawkins, on lui doit le classique \u00ab&nbsp;Fire&nbsp;\u00bb, n\u00b01 \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1968. Lui et son groupe (avec notamment l\u2019organiste Vincent Crane et le batteur Carl Palmer, futurs Atomic Rooster et ELP) \u00e9taient produits par Kit Lambert, \u00e9galement producteur des Who, sur leur label Track Records. Les concerts du Crazy World \u00e9taient r\u00e9put\u00e9s pour leur ambiance de folie furieuse et Arthur Brown a \u00e9t\u00e9 embastill\u00e9 pour avoir mis le feu \u00e0 un th\u00e9\u00e2tre en Allemagne apr\u00e8s l\u2019un de ses exercices de pyromane acrobatique (il portait un casque de centurion romain avec une flamme au-dessus).<\/p>\n\n\n\n<p>Qui conna\u00eet le Le Bonzo Dog Doo-Dah Band, bande d\u2019allum\u00e9s surr\u00e9alisants ayant collabor\u00e9 avec Paul Mc Cartney (ils apparaissent dans <em>Magical mystery tour,<\/em> le film) aussi bien qu\u2019avec les <em>Monty Python.<\/em> Vivian Stanshall et son complice Rodney Slater auront pratiqu\u00e9 un rock psych\u00e9d\u00e9lique teint\u00e9 de jazz et de cabaret dont l\u2019originalit\u00e9 \u00e9tait \u00e9vidente, m\u00eame si l\u2019\u00e9coute pouvait \u00eatre d\u00e9concertante. Stanshall, grand copain de beuverie de Keith Moon, va se suicider en 1995. Clowns tristes&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>On conna\u00eet maintenant le pape L\u00e9on XIV, mais Napol\u00e9on XIV \u00e9tait le pseudonyme d\u2019un songwriter am\u00e9ricain du nom de Jerry Samuels. Son \u00ab&nbsp;They\u2019re Coming To Take Me Away&nbsp;\u00bb avec sa batterie militaire et ses sir\u00e8nes d\u2019ambulance \u00e0 propos d\u2019un fou furieux intern\u00e9 dans un H.P restera m\u00e9morable et sera repris un peu plus tard par Kim Fowley, qu\u2019on aurait pu d\u2019ailleurs inclure dans cet article, sauf que Fowley, quelques fac\u00e9ties musicales mises \u00e0 part, \u00e9tait beaucoup plus qu\u2019un rigolo.<\/p>\n\n\n\n<p>En France et \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, on aura les parodies d\u2019un Jean Yanne (\u00ab&nbsp;J\u2019aime Pas Le Rock&nbsp;\u00bb), de Jean-Michel Rivat alias \u00c9douard, sans remonter aux plaisanteries, pas toujours tr\u00e8s dr\u00f4les du duo Boris Vian \u2013 Henri Salvador. On retiendra surtout les Charlots de G\u00e9rard Rinaldi qui, apr\u00e8s avoir dialogu\u00e9 avec leur ex-leader Antoine (\u00ab&nbsp;Les Contre-\u00e9lucubrations Probl\u00e9matiques&nbsp;\u00bb) ont repris le \u00ab&nbsp;Hey Joe&nbsp;\u00bb de Jimi Hendrix (\u00ab&nbsp;Hey Max&nbsp;\u00bb) entre autres chansons-gags.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es 1970, Alice Cooper (n\u00e9 Vincent Furnier) fut vraiment la quintessence du genre. Ancien soci\u00e9taire du label Straight de Zappa, autre grand comique mais pas que, la sorci\u00e8re Alice sortira quelques albums fameux et quelques hits pr\u00e9cieux (\u00ab&nbsp;I\u2019m Eighteen&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;School\u2019s Out&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;No More Mr Nice Guy&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Hello Hooray&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Be My Baby&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Elected&nbsp;\u00bb\u2026) et surtout des concerts jeux du cirque o\u00f9 on pouvait le voir avec son boa, ses collants trou\u00e9s et ses faux-cils, inspir\u00e9 par Screamin\u2019 Lord Sutch mais fa\u00e7on travelo (Alice \u00e9tait une sorci\u00e8re du Massachusetts). Cooper \/ Furnier s\u2019est lui aussi pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 une \u00e9lection \u00e0 New York sous le slogan \u00ab&nbsp;des gens louches pour des \u00e9poques troubl\u00e9es&nbsp;\u00bb. Plusieurs fois d\u00e9sintoxiqu\u00e9 de ses addictions (alcool et h\u00e9ro\u00efne), Furnier \/ Cooper n\u2019\u00e9tait pas qu\u2019un clown triste.<\/p>\n\n\n\n<p>On passe \u00e0 Sha-Na-Na, un groupe d\u2019\u00e9tudiants de l\u2019universit\u00e9 de Columbia (New York) qui ont longtemps rod\u00e9 leur num\u00e9ro de caricatures de rock\u2019n\u2019roller dans un club de Greenwich Village, sur une chor\u00e9graphie de leur leader George Leonard. Ils feront la m\u00eame chose en plus grand, \u00e0 Woodstock, juste avant Jimi Hendrix et ce sera un triomphe qui leur permettra de continuer et de sortir plusieurs albums d\u2019un faible int\u00e9r\u00eat quand on est priv\u00e9s de la dimension sc\u00e9nique.<\/p>\n\n\n\n<p>Un peu pareil avec Flash Cadillac And The Continental Kids, des cr\u00e9atures de Kim Fowley pour un groupe form\u00e9 pour le film <em>American Graffiti<\/em> de George Lucas. Sauf que les Kids s\u2019affranchiront de leur Pygmalion pour sortir un album tout \u00e0 fait estimable&nbsp;:<em> There\u2019s no face like chrome<\/em> en 1974. En outre, ce sont aussi eux qui joueront la version de \u00ab&nbsp;Suzie Q&nbsp;\u00bb dans l\u2019<em>Apocalypse now<\/em> de Coppola.<\/p>\n\n\n\n<p>On passera vite sur les Dictators dont il fut question il y a peu ici. Ils auront eu le grand m\u00e9rite de ridiculiser les louches fascinations de l\u2019esth\u00e9tique nazie sur les Punks. De m\u00eame qu\u2019on ne s\u2019\u00e9tendra pas sur les Ramones, dont il sera question le mois prochain. Les faux-fr\u00e8res Ramones, outre leurs ind\u00e9niables qualit\u00e9s intrins\u00e8ques, auront tenu une grande place dans le genre avec des textes \u00e0 la fois dr\u00f4les et politiques sur des musiques rock\u2019n\u2019roll, College rock et Surf-rock. Gabba Gabba Hey&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>On pourrait aussi parler des Tubes, de Phoenix (Arizona), critiques caustiques de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation, des m\u00e9dias et de la jeunesse branch\u00e9e (\u00ab&nbsp;White Punks On Dope&nbsp;\u00bb). 8 albums au compteur, quand m\u00eame, entre 1975 et 1985.<\/p>\n\n\n\n<p>On aurait tort de ranger les Cramps dans la cat\u00e9gorie, tant leur talent transcende le genre, mais le groupe de Lux Interior, Poison Ivy Rorchach et Bryan Gregory aura quand m\u00eame beaucoup surf\u00e9 sur les parodies de Rockabilly, de Rock\u2019n\u2019roll ou de Rhythm\u2019n\u2019Blues, sur des musiques de g\u00e9henne et des rythmes d\u2019enfer, garage et punk. Des bandes de leurs d\u00e9buts sont disponibles sous le titre<em> Gravest Gravy<\/em>, enregistr\u00e9 en 1977 et \u00ab&nbsp;restaur\u00e9e&nbsp;\u00bb par Harry Rollins et Harry Mc Kaye. Divine surprise &nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>La France n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 en reste dans le genre parodique. Des intellectuels soixante-huitards des beaux-arts fondent Albert et sa fanfare poliorc\u00e9tique en 1970, en l\u2019honneur du jazzman Albert Ayler, mort cette ann\u00e9e-l\u00e0. <em>La mal\u00e9diction des rockers <\/em>(featuring les Chacals de B\u00e9thune) sort en 1972 et ils reprennent des classiques du rock\u2019n\u2019roll avec un final free-jazz. Hilarant.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, plus commercial, Au bonheur des dames, de Vincent Lamy (alias Eddick Ritchell) et Jacques Pradel (Rita Brantalou) et leur bande. Quelques albums franchement marrants et un hit inattendu (\u00ab&nbsp;Oh les filles!&nbsp;\u00bb, reprise des Pingouins), ces lecteurs de Zola feront les beaux soirs du Golf-Drouot avec leur humour potache. Ramon Pipin\u2019s Odeurs lui fera suite avec sa reprise du \u00ab&nbsp;I Want To Hold Your Hand&nbsp;\u00bb des Beatles en marche militaire, au pas de l\u2019oie. Dans le genre, on aura aussi les Olivensteins des fr\u00e8res Tandy (Gilles et \u00c9ric) qui, eux aussi, brocarderont les s\u00e9ductions nazies des Punks pour les transposer avec humour dans le p\u00e9tainisme \u00e0 b\u00e9ret basque. \u00c9clats de rire garantis.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus trop de place pour parler des groupes fran\u00e7ais parodiques encore en activit\u00e9&nbsp;: les Wampas (\u00ab&nbsp;Manu Chao&nbsp;\u00bb), les Fatal Picards, les Bidochons ou les ch\u2019tis de Marcel et son orchestre, parmi beaucoup d\u2019autres car les rockers frenchies sont friands du genre. \u00c0 d\u00e9faut d\u2019\u00eatre vraiment originaux, mais c\u2019est une opinion qui n\u2019engage que moi. Ailleurs, la rigolade n\u2019exclut pas le talent.<\/p>\n\n\n\n<p><em>30 ao\u00fbt 2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>* mauvais jeu de mot en souvenir du magasin de disques Rock Paradise de l\u2019ami Renassia.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De tout temps, il y a eu des groupes et des chanteurs qui ont su concilier rock\u2019n\u2019roll et humour, sur le mode parodique. De Screamin\u2019 Jay Hawkins aux Dictators. 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