{"id":4784,"date":"2026-10-24T17:57:57","date_gmt":"2026-10-24T15:57:57","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4784"},"modified":"2026-10-24T17:57:57","modified_gmt":"2026-10-24T15:57:57","slug":"mazzola-linter-gauche-de-milan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4784","title":{"rendered":"MAZZOLA : L\u2019INTER GAUCHE DE MILAN"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/illustration560.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4786\" width=\"575\" height=\"768\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/illustration560.jpg 250w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/illustration560-225x300.jpg 225w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/illustration560-22x30.jpg 22w\" sizes=\"(max-width: 575px) 100vw, 575px\" \/><figcaption><em>Le grand Sandro Mazzola sous le maillot des nerazzuri de l&rsquo;Inter, son club de toujours. <br><\/em> Photo Wikip\u00e9dia.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>On voudrait revenir \u00e0 la triste actualit\u00e9 du football mais, \u00e0 chaque fois, un grand tombe et on ne peut parler foot que sur le mode n\u00e9crologique et obituaire. C\u2019est cette fois Sandro Mazzola, idole de mon enfance, un surdou\u00e9 techniquement qui menait de pied ferme l\u2019Inter de la grande \u00e9poque. Comme Baresi avant lui, Mazzola n\u2019a jamais connu qu\u2019un seul club&nbsp;: les nerazzuri de l\u2019Inter de Milan. C\u2019\u00e9tait encore le temps d\u2019avant les mercenaires d\u2019un football marchandis\u00e9. C\u2019est dire s\u2019il y a longtemps&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ma vision du grand Mazzola ne peut \u00eatre que personnelle. En 1963, les rivaux du Milan A.C avaient battu Benfica en finale de la Coupe d\u2019Europe, eux-m\u00eames ayant mis un terme \u00e0 la domination sans partage du R\u00e9al de Madrid un an plus t\u00f4t. Une domination qui avait en fait pris fin d\u00e8s 1961 quand le Bar\u00e7a avait remplac\u00e9 les Merengue en finale.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019avais suivi ces finales sur un poste de t\u00e9l\u00e9vision que mes parents venaient de se procurer, attir\u00e9 par les grands noms de joueurs qu\u2019on c\u00e9l\u00e9brait dans les <em>France Football <\/em>et les<em> Football Magazine <\/em>que lisait mon fr\u00e8re a\u00een\u00e9. J\u2019assimilais progressivement les r\u00e8gles d\u2019un jeu relativement simple o\u00f9 il s\u2019agissait de mettre le ballon dans la cage adverse, n\u00e9gligeant les milles combinaisons que requ\u00e9rait l\u2019exercice.<\/p>\n\n\n\n<p>En mai 1964, c\u2019\u00e9tait l\u2019Inter de Milan qui affrontait les Madril\u00e8nes dont c\u2019\u00e9tait le grand retour et on ne donnait pas cher de leurs chances de succ\u00e8s. On allait d\u00e9couvrir une \u00e9quipe au jeu dur, ferm\u00e9 mais qui multipliait les offensives \u00e9clairs dues au talent d\u2019un certain Sandro Mazzola.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec l\u2019Espagnol Suarez, le Br\u00e9silien Ja\u00efr, le buteur Milani et l\u2019ailier gauche Corso, l\u2019attaque de l\u2019Inter n\u2019avait rien \u00e0 envier \u00e0 sa d\u00e9fense de fer compos\u00e9e de Sarti, de Burgnich, de Facchetti et de la ligne de demis Guarneri, Picchi et Bedin. L\u2019Inter de l\u2019\u00e9poque \u00e9tait entra\u00een\u00e9 par Helenio Herrera, l\u2019inventeur du Catenaccio, soit le verrou en bon fran\u00e7ais ou les d\u00e9fenseurs marquaient l\u2019adversaire \u00e0 la culotte et fermaient le jeu d\u00e8s que l\u2019\u00e9quipe avait pris l\u2019avantage. L\u2019Inter \u00e9tait d\u2019ailleurs l\u2019une des premi\u00e8res \u00e9quipes \u00e0 adopter le 4-2-4, ce syst\u00e8me qui avait tendance \u00e0 remplacer le WM avec cinq d\u00e9fenseurs et cinq attaquants dans un jeu tourn\u00e9 vers l\u2019attaque o\u00f9 les scores fleuves n\u2019\u00e9taient pas rares.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec l\u2019Inter , les scores \u00e9taient souvent \u00e9triqu\u00e9s, m\u00eame si, \u00e0 Vienne le 27 mai 1964, Mazzola et les siens battaient le R\u00e9al par 3 buts \u00e0 1, avec deux buts du maestro.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Inter remettra le couvert l\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s, battant cette fois le Benfica d\u2019Eus\u00e9bio par la plus petite des marges (1-0, but de Ja\u00efr) au stade de San Siro que se sont toujours partag\u00e9s l\u2019Inter et le Milan A.C. Les Int\u00e9ristes \u00e9taient deux fois de suite sur le toit de l\u2019Europe et passaient pour la meilleure \u00e9quipe d\u2019Europe et peut-\u00eatre du monde, n\u2019\u00e9tait le F.C Santos du roi Pel\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l\u2019\u00e9dition 1966, le R\u00e9al reprenait sa place au d\u00e9triment des Partizan de Belgrade. Le R\u00e9al avait pris sa revanche sur l\u2019Inter, les \u00e9liminant en demi-finale. N\u2019emp\u00eache, l\u2019Inter aura remport\u00e9 quatre scudetto de suite, laissant les places d\u2019honneur au Milan A.C et \u00e0 la Juventus de Turin. C\u2019est d\u2019ailleurs la Juve qui prendra la suite pour la saison 1967 \u2013 1968, mais les partenaires de Sivori tomberont en demi-finale contre Benfica, finaliste malchanceux.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre temps, il y avait eu cette d\u00e9convenue de 1967 o\u00f9 l\u2019Inter, aux joueurs vieillis, avait \u00e9t\u00e9 battu \u00e0 l\u2019Estadio Nacional de Lisbonne par les \u00c9cossais du Celtic de Glasgow, malgr\u00e9 un penalty d\u2019entr\u00e9e de jeu transform\u00e9 par l\u2019in\u00e9vitable Mazzola. Mais le football anglo-saxon d\u00e9tr\u00f4nait le football latin qui allait entamer une p\u00e9riode difficile. On ne parlerait plus beaucoup de l\u2019Inter, du R\u00e9al ou de Benfica quand les rois de l\u2019Europe seront Bavarois (Bayern Munich), Amstellodamois (Ajax Amsterdam), du Merseyside (Liverpool F.C) ou du Grand Manchester (Manchester United). Les cigares avaient chang\u00e9 de bouches ou, comme on dit en rugby, les mouches avaient chang\u00e9 d\u2019\u00e2ne.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Inter r\u00e9appara\u00eetra en 1972, battu en finale par l\u2019Ajax des Cruyff et Neeskens, et Mazzola \u00e9tait encore l\u00e0, plus pour longtemps. Il raccrochera les crampons deux ans plus tard apr\u00e8s une derni\u00e8re coupe du monde en Allemagne pour faire partie du staff de l\u2019Inter comme directeur sportif.<\/p>\n\n\n\n<p>Un bilan qui parle de lui-m\u00eame&nbsp;: quatre titres de champion d\u2019Italie, deux titres de champion d\u2019Europe (et deux finales perdues), une coupe d\u2019Europe des nations et deux coupes intercontinentales.<\/p>\n\n\n\n<p>On reconnaissait Mazzola \u00e0 sa petite taille, \u00e0 sa fine moustache et \u00e0 sa chevelure crant\u00e9e coup\u00e9e court. Mazzola, plut\u00f4t petit et trapu, n\u2019avait rien du play-boy italien \u00e0 la Gianni Rivera qui occupait le m\u00eame poste au Milan A.C. Sa touche de balle et sa technique \u00e9taient impressionnantes, son centre de gravit\u00e9 assez bas lui permettant des dribbles acrobatiques qui pr\u00e9c\u00e9daient souvent des passes lumineuses. Il \u00e9tait aussi un buteur, n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 frapper de loin et sentant bien les coups en renard des surfaces.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait d\u2019abord un inter (comme int\u00e9rieur) gauche \u00e0 l\u2019ancienne, un num\u00e9ro 10 qui distillait les ballons et mettait ses partenaires dans les meilleures conditions apr\u00e8s des passes courtes, de brusques acc\u00e9l\u00e9rations et des fulgurances techniques.<\/p>\n\n\n\n<p>Son jeu avec la Squadra Azura n\u2019\u00e9tait pas identique \u00e0 celui de l\u2019Inter. L\u00e0, il avait comme rival Rivera qui jouait le m\u00eame football pr\u00e9cis et \u00e9l\u00e9gant, que lui. Les deux joueurs \u00e9taient associ\u00e9s en attaque, mais leur profil semblable desservait quelque peu une \u00e9quipe nationale souvent \u00e0 la peine et, lors de la finale de 1970 contre le Br\u00e9sil, Rivera \u00e9tait rest\u00e9 sur le banc.<\/p>\n\n\n\n<p>Les d\u00e9convenues de la Squadra n\u2019\u00e9taient pas rares \u00e0 l\u2019\u00e9poque, \u00e9limin\u00e9e en poule de qualification en 1962 comme en 1966 (battue par la Cor\u00e9e du Nord), et la Coupe d\u2019Europe des Nations de 1968 s\u2019inscrit comme une belle \u00e9claircie dans un ciel pluvieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Alessandro \u00ab&nbsp;Sandro&nbsp;\u00bb Mazzola \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 Turin en 1942. Son p\u00e8re, joueur du Torino \u2013 rival turinois de la Juve \u2013 a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9 douze fois en \u00e9quipe nationale. Les chiens ne font pas des chats. Divorc\u00e9 dans un pays o\u00f9 c\u2019est encore interdit, le p\u00e8re meurt dans l\u2019accident d\u2019avion dit de Superga qui transportait l\u2019\u00e9quipe de Torino, un peu la m\u00eame histoire que les Busby boys de Manchester United.<\/p>\n\n\n\n<p>La famille d\u00e9m\u00e9nage \u00e0 Milan sur les conseils de Benito Lorenzi, joueur de l\u2019Inter qui organise des stages de football, et Giuseppe Meazza, qui donnera son nom au stade, prend le jeune Sandro sous sa coupe. La suite est connue, racont\u00e9e ci-dessus. 400 matchs en s\u00e9rie A et 116 buts rien qu\u2019en championnat d\u2019Italie. Il manquera le ballon d\u2019or de peu face \u00e0 Johan Cruyff, en 1971.<\/p>\n\n\n\n<p>Sandro Mazzola a jou\u00e9 son premier match avec l\u2019Inter contre la Juventus de Turin, le 10 juin 1961 et il l\u2019a jou\u00e9 avec le num\u00e9ro 10 qui \u00e9tait aussi le num\u00e9ro de son p\u00e8re. Il le gardera toute sa carri\u00e8re, termin\u00e9e en 1974, \u00e0 32 ans. 15 ans pass\u00e9s \u00e0 l\u2019Inter, officiellement appel\u00e9 le F.C Internazionale Milano, un club fond\u00e9 en 1908 par des dirigeants dissidents du Milan A.C. Le Milan A.C toujours consid\u00e9r\u00e9 comme un club plut\u00f4t \u00e0 droite alors que l\u2019Inter \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un club de gauche. Des rivalit\u00e9s politiques qui ont aussi lieu \u00e0 Turin avec la Juve et le Torino ou \u00e0 Rome avec la Roma et la Lazio.<\/p>\n\n\n\n<p>Mazzola, on l\u2019a dit, va int\u00e9grer le staff de son club de c\u0153ur, veillant \u00e0 en garder la stature, tant dans la p\u00e9ninsule italienne qu\u2019\u00e0 l\u2019international. Il sera ensuite pr\u00e9sident du club de son paternel, le Torino, avant de devenir consultant \u00e0 la RAI.<\/p>\n\n\n\n<p>On se souviendra longtemps de Sandro Mazzola, artisans d\u2019un football technique et l\u00e9ch\u00e9 et qui est rest\u00e9 un amoureux du beau jeu, m\u00eame avec une \u00e9quipe aux tendances ultra-d\u00e9fensives. Ciao Sandro, mort \u00e0 83 ans, quelque part en Lombarde. Ciao et grazie mille, Senior Sandro, le Turinois qui a enchant\u00e9 Milan.<\/p>\n\n\n\n<p><em>26 septembre 2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>PS: une pens\u00e9e aussi pour Andr\u00e9 Guy, que j\u2019ai vu jou\u00e9 \u00e0 Lille au milieu des ann\u00e9es 1960. Ses tirs puissants faisaient trembler les balustrades du vieux stade Henri Joris. Plusieurs fois s\u00e9lectionn\u00e9 en \u00e9quipe de France, entre 1964 et 1968, o\u00f9 il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s heureux, Guy avait jou\u00e9 successivement \u00e0 Sochaux, Saint-\u00c9tienne, Lille, Lyon et Rennes avant de jouer en amateur \u00e0 Toulon et \u00e0 Nevers. Il aura remport\u00e9 deux coupes de France, la premi\u00e8re avec Lyon en 1967 et l\u2019autre avec Rennes (contre Lyon) en 1971 et un championnat avec Saint-\u00c9tienne en 1964. Un type sensible qui, comme le disait Thierry Rolland, jouait \u00ab&nbsp;au moral&nbsp;\u00bb. Salut D\u00e9d\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On voudrait revenir \u00e0 la triste actualit\u00e9 du football mais, \u00e0 chaque fois, un grand tombe et on ne peut parler foot que sur le mode n\u00e9crologique et obituaire. C\u2019est cette fois Sandro Mazzola, idole de mon enfance, un surdou\u00e9 techniquement qui menait de pied ferme l\u2019Inter de la grande \u00e9poque. 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