{"id":4789,"date":"2026-10-24T18:10:41","date_gmt":"2026-10-24T16:10:41","guid":{"rendered":"http:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4789"},"modified":"2026-10-24T18:10:41","modified_gmt":"2026-10-24T16:10:41","slug":"les-ramones-blitzkrieg-dans-le-bronx","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passionschroniques.fr\/?p=4789","title":{"rendered":"LES RAMONES : BLITZKRIEG DANS LE BRONX"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"600\" height=\"600\" src=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/illustration561.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4791\" srcset=\"https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/illustration561.jpg 600w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/illustration561-300x300.jpg 300w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/illustration561-150x150.jpg 150w, https:\/\/passionschroniques.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/illustration561-30x30.jpg 30w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption><em>Les Ramones en B.D. La route \u00e0 suivre devenue la route vers la ruine. Jeu de mot. <\/em><br>Photo Discogs <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Les faux-fr\u00e8res Ramones \u2013 Joey, Johnny, Dee Dee et Tommy \u2013 ont \u00e9t\u00e9 parmi les tous premiers groupes am\u00e9ricains de Punk-rock, d\u00e8s 1974. Il \u00e9tait de bon temps de se moquer \u00e0 l\u2019\u00e9poque de cette bande de rigolos, coupes au bol, t.shirts, jeans trou\u00e9s, blousons de cuir, baskets et dark-shades. Ils ne se prenaient pas au s\u00e9rieux et mettaient dans leur Punk-rock toutes les traditions du rock am\u00e9ricain&nbsp;: rock\u2019n\u2019roll, rockabilly, surf, college, pop\u2026 Les rieurs \u00e9taient de leur c\u00f4t\u00e9 et tr\u00e8s vite, les Punks, en Angleterre, allaient les adopter comme leur groupe phare. Leur histoire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les Ramones viennent en fait de tous les quartiers de New York (Queen\u2019s, Bronx, Brooklyn, Manhattan), mais leur vrai terrain de jeu fut d\u2019abord le Bronx et son quartier maudit, le Bowery, quartier pauvre construit autour d\u2019une ancienne brasserie o\u00f9 abondent clochards, vagabonds, junkies, petits truands et prostitu\u00e9es. Dans le Bowery, est sis un club qui s\u2019appelle le CBGB (pour Country, Bluegrass et Blues) ouvert par Billy Krystal fin 1973 et qui sera l\u2019antre du Punk-rock avec le Max\u2019s Kansas City, fond\u00e9 en 1965 par Mickey Ruskin \u00e0 Manhattan.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans <em>Les bruits de l\u2019ombre,<\/em> la chronique pour \u00ab&nbsp;happy fews&nbsp;\u00bb de Paul Alessandrini dans <em>Rock &amp; Folk <\/em>que le lecteur attentif aura pu d\u00e9couvrir l\u2019existence de Patti Smith et des Ramones, d\u00e8s la fin 1974 et leurs premiers concerts du CBGB. Patti Smith rodait ses premiers morceaux (reprises de \u00ab&nbsp;Hey Joe&nbsp;\u00bb, et de \u00ab&nbsp;My Generation&nbsp;\u00bb) quand les Ramones se fendaient d\u2019un rock minimal et bruyant qui sera la matrice du punk-rock. Mais qui se cachait derri\u00e8re cette appellation, cette raison sociale originale&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Et d\u2019abord, pourquoi les Ramones&nbsp;? Deux versions s\u2019opposent, le pseudonyme de Mc Cartney (Paul Ramon) au temps des Silver Beetles ou le nom de Phil Ramone, un producteur new-yorkais fondateur de A &amp; R Recording qui a vu passer en studio tout ce qui fait de la musique aux \u00c9tats-Unis (et ailleurs).<\/p>\n\n\n\n<p>On a d\u2019abord Douglas Colvin, le bassiste, dit Dee Dee. Il est le seul \u00e0 avoir un pedigree pour avoir jou\u00e9 de la basse dans les premiers Heartbreakers de Johnny Thunders (ex- guitare h\u00e9ro et ch\u00e9rubin des New York Dolls). Un court moment, puisque son incomp\u00e9tence notoire l\u2019a fait remplacer par Richard Hell avant que celui-ci ne laisse la place \u2013 le si\u00e8ge \u00e9jectable \u2013 \u00e0 Billy Rath pour leur premier album en 1977.<\/p>\n\n\n\n<p>Issu d\u2019une famille dysfonctionnelle avec un p\u00e8re militaire autoritaire, le jeune Colvin fugue et deale de la coca\u00efne \u00e0 Central Park avant de travailler au service courrier d\u2019une entreprise. \u00c0 l\u2019occasion, il se prostitue pour payer sa came jusqu\u2019\u00e0 aller braquer une station service dans l\u2019Indiana et de purger trois mois de prison, avant de rencontrer John \u00ab&nbsp;Johnny Ramone&nbsp;\u00bb Cummings.<\/p>\n\n\n\n<p>Pas d\u2019ant\u00e9c\u00e9dents musicaux pour lui, si ce n\u2019est dans les Tangerine Puppets de Tommy Erdelyi, futur Tommy Ramone. Fils d\u2019ouvrier en b\u00e2timent, il supporte les Yankees et veut devenir un grand sportif. Il travaille dans une entreprise de nettoyage et voit un concert des New York Dolls en 1973. Sa voie est trac\u00e9e et, avec Dee Dee, ils font le constat que toute la musique en vogue \u00e0 l\u2019\u00e9poque (Jazz-rock, rock symphonique, hard-rock, blues-rock) les emmerde et qu\u2019ils vouent un culte commun aux Stooges et aux New York Dolls, les pionniers du Punk-rock. Dee Dee et Johnny sympathisent, tous deux alcooliques et sniffeurs de colle. Ils effraient les petites vieilles et leur sp\u00e9cialit\u00e9 est de balancer dans la rue des vieux t\u00e9l\u00e9viseurs r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s avant le passage des \u00e9boueurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Jeffrey \u00ab&nbsp;Joey Ramone&nbsp;\u00bb Hyman a jou\u00e9 dans un groupe, The Sniper. Fugueur et renvoy\u00e9 du domicile par ses parents, il est pass\u00e9 par l\u2019institution psychiatrique et s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019art, vouant un culte morbide \u00e0 Alice Cooper et \u00e0 Charles Manson. Il rejoint le duo de d\u00e9linquants juv\u00e9niles.<\/p>\n\n\n\n<p>Tamas Erdelyi &#8211; Tommy Ramone \u2013 est n\u00e9 \u00e0 Budapest. Il a jou\u00e9 dans les Tangerine Puppets avec Johnny. Lui a \u00e9t\u00e9 ing\u00e9nieur du son aux studios Record Plant et, \u00e0 ce titre, il s\u2019improvisera manager du groupe avant de remplacer Joey \u00e0 la batterie qui, incapable de suivre le rythme et gu\u00e8re plus probant \u00e0 la guitare, passera au chant. Voil\u00e0 pour les pr\u00e9sentations.<\/p>\n\n\n\n<p>Un jour de paie, Dee Dee s\u2019ach\u00e8te une basse Danelectro et Johnny une Mosrite bleue ciel. Tommy leur pr\u00eate un local \u00e0 Manhattan et les r\u00e9p\u00e9titions commencent. Les premiers engagements au CBGB ne tardent pas \u00e0 venir, remarqu\u00e9s qu\u2019ils sont pas la rock-critic Lisa Robinson. C\u2019est elle qui les pr\u00e9sente \u00e0 Danny Fields qui deviendra leur premier manager, lui-m\u00eame les introduit aupr\u00e8s de Seymour Stein et de Richard Gottehrer, les hommes de Sire Records, une filiale de Warner Bros. Avec le producteur Craig Leon, ils enregistrent leur premier album <em>The Ramones,<\/em> qui sort en avril 1976 et produit un effet foudroyant. C\u2019est historiquement le premier disque de punk-rock de l\u2019histoire avec des morceaux d\u2019une moyenne de 2\u2019, sans interruption, une basse continue et des morceaux qui se ressemblent dans un minimalisme assum\u00e9. Tous les morceaux sont sign\u00e9s The Ramones \u00e0 part une reprise du \u00ab&nbsp;Let\u2019s Dance&nbsp;\u00bb de Chris Montez et \u00ab&nbsp;Blitzkrieg Bop&nbsp;\u00bb sort en 45 tours en m\u00eame temps que \u00ab&nbsp;I Wanna Be Your Boyfriend&nbsp;\u00bb, non class\u00e9s dans les charts. On a aussi leur \u00ab&nbsp;Now I Wanna Sniff Some Glue&nbsp;\u00bb qui sent le v\u00e9cu et, au final, un magistral \u00ab&nbsp;Today Your Love, Tomorrow The World&nbsp;\u00bb plein de d\u00e9rision, m\u00eame si on sent qu\u2019ils n\u2019en resteront pas l\u00e0. Ils partent en tourn\u00e9e en Angleterre et passent en premi\u00e8re partie des Flamin\u2019 Groovies \u00e0 la Roundhouse \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 76. Les Punks anglais les adoptent et ils font la connaissance des Clash et des Sex Pistols. Ils retrouvent les Groovies au Roxy de Los Angeles. Leur jeu de sc\u00e8ne, lui aussi minimal, et leurs prestations au cordeau commencent \u00e0 attirer les foules.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Leave home <\/em>sort d\u00e9but 1977 avec l\u2019\u00e9ternelle reprise (ici le \u00ab&nbsp;California Sun&nbsp;\u00bb des Rivieras) et leur titre f\u00e9tiche \u00ab&nbsp;Pinhead&nbsp;\u00bb accompagn\u00e9 de leur cri de guerre, Gabba gabba hey&nbsp;! \u00ab&nbsp;Gimme Gimme Shock Treatment&nbsp;\u00bb \u00e9voque l\u2019enfermement psychiatrique quand d\u2019autres chansons parlent explicitement de sexe et de drogue. L\u2019album fait un flop et il faudra attendre <em>Rocket to Russia<\/em>, fin 1977, pour qu\u2019ils connaissent un petit succ\u00e8s (n\u00b049 au <em>Billboard<\/em>). Dave Marsh, dans le magazine <em>Rolling Stone<\/em>, parle du meilleur album de rock am\u00e9ricain de l\u2019ann\u00e9e. Les Ramones se piquent de g\u00e9opolitique dans ce qui est encore la guerre froide avec un dessin au verso de John Holstrom. C\u2019est maintenant Tony Bongiovi (le fr\u00e8re de) qui produit et on se r\u00e9gale de morceaux enlev\u00e9s et dr\u00f4les comme \u00ab&nbsp;Sheena Is A Punk Rocker&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Teenage Lobotomy&nbsp;\u00bb avec pour le coup deux reprises&nbsp;: le \u00ab&nbsp;Surfin\u2019 Bird&nbsp;\u00bb des Trashmen et le \u00ab&nbsp;Do You Wanna Dance&nbsp;\u00bb de Bobby Freeman. Toujours les racines Surf rock et Rockabilly.<\/p>\n\n\n\n<p>1977, ann\u00e9e punk, est leur ann\u00e9e et ils sortent <em>Road to ruin<\/em> en 1978. Ed Stasium remplace Bongiovi aux manettes et le r\u00e9sultat est convaincant avec des m\u00e9lodies plus travaill\u00e9es (\u00ab&nbsp;I Wanna Be Sedated&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;I\u2019m Against It&nbsp;\u00bb) et la traditionnelle reprise, le \u00ab&nbsp;Needle And Pins&nbsp;\u00bb des Searchers. Qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas, sous leurs allures de charlots, les Ramones ont une immense culture rock. Dans<em> It\u2019s alive<\/em>, le groupe compile la plupart de ses morceaux dans un double album live enregistr\u00e9 au Rainbow de Londres, et c\u2019est prodigieusement jouissif. J\u2019ai eu l\u2019occasion de les voir \u00e0 l\u2019\u00e9poque au Macumba d\u2019Englos, avec les Talking Heads, et j\u2019en suis longtemps rest\u00e9 sur le cul.<\/p>\n\n\n\n<p>Tommy prend ses distances avec le groupe et est remplac\u00e9 par Marc \u00ab&nbsp;Marky Ramone&nbsp;\u00bb Bell, batteur des Voidoids de Richard Hell. Ce sera le d\u00e9but d\u2019une querelle d\u2019\u00e9gos entre Johnny et Dee Dee. Ils enregistrent <em>End of the century<\/em> avec Phil Spector \u00e0 L.A et c\u2019est un cauchemar avec coke et revolver. Spector veut les faire enregistrer \u00ab&nbsp;Be My Baby&nbsp;\u00bb avec Joey qui ferait Ronnie Bennett, mais ce sera \u00ab&nbsp;Baby I Love You&nbsp;\u00bb plus une poign\u00e9e de hits fracassants tels \u00ab&nbsp;Do You Remember Rock\u2019n\u2019roll Radio&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Rock\u2019n\u2019roll Highschool&nbsp;\u00bb compos\u00e9 pour le film \u00e9ponyme de Allan Arkush o\u00f9 joue le groupe. C\u2019est en tout cas leur meilleur album, tout juste concurrenc\u00e9 par<em> Pleasant dreams <\/em>qui sort l\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s, en 1981. Un album produit par Graham Gouldman (ex Ten CC) o\u00f9, exceptionnellement, les douze morceaux sont d\u2019eux. Rien \u00e0 jeter pour un album bourr\u00e9 d\u2019\u00e9nergie et de finesse o\u00f9 ils sont \u00e0 leur meilleur. Faut-il continuer&nbsp;? M\u00eame si on continue \u00e0 les acheter, les albums sont moins bons \u00e0 partir de 1983 et le groupe, produit par Tommy et Stasium, prend souvent les chemins du psych\u00e9d\u00e9lisme sur les bris\u00e9es des Cramps (<em>Subtearranan jungle, Too tough to die, Animal boy, Halfway to sanity <\/em>jusqu\u2019\u00e0 leur dernier, <em>Adios amigos,<\/em> en 1995). On a pu les voir dans un festival au fin fond du Limbourg, \u00e0 la m\u00eame affiche que les Cramps, en 1990. Souvenir inoubliable, m\u00eame dans la boue et sous une pluie battante.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Ramones se s\u00e9parent , d\u00e9finitivement en 1996, chacun menant une courte et discr\u00e8te carri\u00e8re solo. La mort les rattrape les uns apr\u00e8s les autres, entre 2001 et 2014 et seul Marky, la pi\u00e8ce rapport\u00e9e, est encore en vie.<\/p>\n\n\n\n<p>50 ans apr\u00e8s, il \u00e9tait grand temps de leur rendre hommage. Gabba gabba hey&nbsp;!!!<\/p>\n\n\n\n<p><em>27 septembre 2026<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les faux-fr\u00e8res Ramones \u2013 Joey, Johnny, Dee Dee et Tommy \u2013 ont \u00e9t\u00e9 parmi les tous premiers groupes am\u00e9ricains de Punk-rock, d\u00e8s 1974. Il \u00e9tait de bon temps de se moquer \u00e0 l\u2019\u00e9poque de cette bande de rigolos, coupes au bol, t.shirts, jeans trou\u00e9s, blousons de cuir, baskets et dark-shades. 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