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LIGUE 1: C’EST REPARTI POUR UN FOUR

Un Messi pour Paris. Montant du transfert en cours de négociation.

Alors qu’Amazon a raflé les droits télé dans un marché des transferts atone, les 20 équipes de Ligue 1 rechaussent les crampons après une trêve où ils ont pu suivre l’Euro 2021 (ou 2020, comme pour les Jeux Olympiques). Même si c’est à la fin du marché qu’on compte les bouses et à quelques jours de la date de clôture des transferts, revue d’effectifs avec, surtout, l’arrivée en trottinant de Lionel Messi au Paris Saint-Germain (40 millions d’€ de salaire annuel). Si pas la dream team, l’attaque de rêve en tout cas. Et le retour du public ! Trop bien.

On s’était quittés sur les droits télé, avec l’acquisition par le bien aimé Amazon (sur son offre Prime Vidéo) de 8 matchs de Ligue 1 sur 10 entre 2021 et 2024. Amazon récupère les droits du défunt Médiapro pour la modique somme de 250 millions d’Euros alors que, dans le même temps, Canal + ne peut prétendre qu’à deux matchs, sous licence BEin, pour encore plus (330 millions). Cherchez l’erreur. Il se dit que la LFP aurait été séduite par les écus sonnants et trébuchants de Amazon qui aurait payé cash et rubis sur l’ongle. Voire. L’objectif était surtout de faire payer à Canal et à BEin les ratés de l’appel d’offre de la saison dernière et le fiasco de Médiapro, rattrapé in extremis par Canal +. En tout cas, le résultat est le même : peu d’amateurs de football auront accès à une offre compliquée et onéreuse, et, en l’absence d’opérateurs capables de la relayer, on sera priés de suivre les matches à la radio ou sur le fil de l’Équipe par Internet. Tout ça pour ça.

Sinon, la saison débutait sur des augures pas très favorables, après l’élimination de l’équipe de France en huitièmes de l’Euro 2020 face à la modeste Nati suisse aux penalties. Pas brillant, surtout quand on mène 3 – 1 à vingt minutes de la fin. Mais bon, faut s’en remettre, déjà qu’on est champion du monde (au moins jusqu’à la fin de l’année 2022 après le Qatar). On va pas se plaindre.

On ne parle plus de la valse des entraîneurs mais de la ronde des entraîneurs, avec parfois de simples substitutions, comme Brest et Montpellier avec juste un échange entre Dall’ Oglio et Der Zakarian. Si ça les amuse. Autrement, Galtier, champion avec Lille, entraîne Nice ; Julien Stephan (ex Rennes) est à Strasbourg ; Jocelyn Gourvennec (ex Guingamp et Bordeaux) débarque à Lille et Baticle, qui a longtemps entraîné l’AS Monaco, arrive à Angers. Pochettino, Kovacs et Sampaoli repartent au volant des grosses cylindrées de la Ligue 1. Garcia est débarqué de Lyon au profit du néerlandais Peter Bosz (ex Borussia Dortmund et Bayer Leverkussen), quand le Serbe Petkovic (ex Lazio Rome et équipe nationale suisse) remplace Jean-Louis Gasset à Bordeaux, un club en état de faillite mais rattrapé in extremis par l’ancien dirigeant lillois Gérard Lopez. N’importe quel autre club serait descendu en National, mais certains clubs sont beaucoup plus égaux que les autres. Surtout Marseille ! Quant à Reims, les fidèles lecteurs de ce blog savent qu’on a limogé l’excellent David Guion (actuellement sans club) au profit de l’espagnol Oscar Garcia dont le palmarès ne plaide pas vraiment pour lui.

Les deux équipes issues de la Ligue 2, Clermont Foot (avec Pascal Gastien à sa tête) et l’ESTAC de Troyes (avec Laurent Battles) se sont renforcées avec, côté troyen, l’ex Nimois Ripart, l’ex Amiénois El Hajjam, l’ex Lyonnais Koné et l’ex Dijonnais Baldé. Pour Clermont, c’est encore plus modeste, mais les auvergnats ont prouvé ô combien ils étaient durs à cuire. La révélation de la saison dernière. Des recrutements en National et le départ de Sissokho pour Queen’s Park Rangers. Deux équipes en tout cas qui ne craignent personne avec, pour la première journée, la courte défaite de Troyes contre le PSG et la victoire de Clermont à Bordeaux pour qui ça commence encore en douceur. Bordeaux interdit de recrutement, mais l’effectif girondin ne fait pas pitié. Deux joueurs prêtés seulement, Mensah (Salzbourg) et Ricardo Mangas (Boavista Porto).

Un marché des transferts atone, écrivait-on. Disons pas pour tout le monde. Lionel Messi, que le Barça n’était plus en état de payer, arrive au PSG comme le sauveur avec Sergio Ramos (ex Real), Hachimi (international marocain, star du Wyad Casablanca et grand défenseur de la cause palestinienne), le gardien Luiggi Dellarumma (ex Milan AC qui sera en concurrence avec le Costarcien Navas) et le Néerlandais de Liverpool Wijnaldum. Pas trop mal pour un club qui a eu des problèmes avec l’UEFA pour le manque de « fair-play » financier. Sinon, des seconds couteaux ont été cherché du temps de jeu ailleurs : Aerola à West Ham, Kean à Everton ou Florenzi à la Roma. Côté  lillois, le champion, pas de folies. On prend les mêmes et on recommence et on ne change pas une équipe qui gagne. Araujo est parti aux États-Unis et Amadou Onana (ex Mouscron et capitaine de l’équipe nationale belge Espoirs) a charge de le remplacer. C’est maigre pour un deuxième titre., même si deux Portugais du Boavista (Adilson et le gardien Leo Jardim) sont engagés, mais Soumaré, tour de défense, part à Leicester.

Pas de folie non plus à Monaco, qui garde ses cadres et s’enrichit du gardien remplaçant du Bayern Nübel. Retour de Baldé, prêté à la Sampdoria et arrivées de Jakobs (Cologne) et Pavlovic (Bruges), quand Ballo Touré s’en va au Milan AC et Jovetic au Hertha Berlin. Idem à Lyon où on mise sur la continuité mais où on perd quand même Depay (Barça) et Andersen (Crystal Palace) et des rumeurs de départ pour Cognet (West Ham) ou Thiago Mendes (Flamengo). Beaucoup de retours de prêt mais aussi pas mal de départs (Koné, Lucas, Bard). Bref, pas terrible et Aulas va encore pouvoir tirer la gueule. À Marseille, c’est plus fastueux, avec le Brésilien Gerson, l’Espagnol De La Fuente, Cenzig Under, Thiago Almada et le retour de Lirola plus Guendouzi et Saliba en provenance d’Arsenal. Pas mal quand même. Départs possibles de Bendetto et de Kamara, mais certains de Thauvin (Tigres), de Strootman (Cagliari) et de Cuisance au Bayern. De quoi saliver quand même.

À Rennes, on garde quasiment les mêmes avec, en plus, Badé (ex Lens) et Meling (ex Nîmes) alors que Camavinga, grand espoir du football français, est en fin de contrat. Sinon, départs de Boey (Galatasaray), de Da Silva pour Lyon, de N’Zonzi à Rome et de l’ex Rémois Siebatcheu pour les Youngs Boys de Berne. Du lourd quand même. Pour Montpellier, Mamadou Sakho – le sauveur de la France contre l’Ukraine – arrive de Crystal Palace quand les inamovibles défenseurs Congré et Hilton s’en vont, l’un pour Dijon (Ligue 2), l’autre en retraite, à plus de 40 ans. Lens a perdu Michelin (AEK Athènes), Mauricio (Sochaux) et, on l’a vu, Badé (Rennes), mais recrute les ex Toulousains Saïd et Machado, l’ex bomber de Augsburg Danso et l’international polonais Frankowski. L’exercice qui se profile devrait être aussi profitable que celui passé. Les Messins avaient surpris également, mais c’est le calme plat avec le départ de Ambrose (Ostende), Leya Iseka (Toulouse) et l’arrivée de Alakouch (Nîmes). Juste suffisant pour récidiver, peut-être. Pas sûr du tout, même si le sorcier Antonetti fait des miracles.

Mais c’est encore l’OGC Nice qui décroche la timbale avec des recrues impressionnantes : le Néerlandais Kluivert (AS Rome), son compatriote Stengs d’AZ 67, ou encore Todibo de Barcelone, même si Lees Melou s’en va à Norwich. Avec Galtier sur le banc, ça devrait faire mal.

On passe au ventre mou avec Angers, lui aussi interdit de recrutement. Pas interdit de départs avec le gardien remplaçant Butelle qui part au Red Star et Diony recruté par l’Etoile Rouge de Belgrade. Chez les Brestois, Charbonnier rejoint Auxerre et Perraud Southampton. Sinon, pas grand-chose à se mettre sous la dent à part le Finlandais Uronen. Pareil pour le voisin lorientais avec des recrutements dans les divisions inférieures et le départ du turc Bozok et de Chalobah à Chelsea. Autant dire que Brestois et Lorientais ne partent pas avec la faveur du pronostic, pas plus que les Angevins.

Les Nantais ont frisé la correctionnelle la saison dernière (barragiste victorieux) et on a tenu à étoffer l’effectif avec notamment Cyprien (ex Parme) et le gardien Alban Lafont dont c’est le retour (ex Fiorentina). Pas de départs notables si ce n’est celui de Louza à Watford. Pas vraiment rassurant mais mieux que rien. Calme plat à Saint-Étienne où on enregistre le départ du gardien Moulin à Troyes et son remplacement par le jeune Green (un nom prédestiné pour les Verts). À Strasbourg, Gameiro revient en Alsace en provenance du F.C Séville mais Zohi et Carole prennent la porte. Pas rassurant non plus.

On termine avec le Stade de Reims – on se demande bien pourquoi – avec une dizaine de retours de prêts et autant de prêts de joueurs en quête de temps de jeu. Surtout, le départ de Boulaye Dia à Villareal, récent vainqueur de la Coupe Europa où il va retrouver l’ex Rémois Aïssa Mandi et l’arrivée de Gravillon en défense (ex Inter et Lorient). Pas vraiment de quoi se rassurer mais des jeunes comme Kebbal (retour de prêt Dunkerque) ou Brahimi (prêté au Mans) semblent prêts à éclore. Sans parler des M’Buku et Bilal Touré, provisoirement en délicatesse avec le club.

L’exercice ne serait pas complet si on ne se livrait pas à un petit pronostic, dont on aura toutes les chances de rougir à la fin de la saison . Allons-y quand même : PSG de loin pour le sacre, Marseille, Nice et Monaco pour les places d’honneur. Lyon, Lille, Rennes et Lens en outsiders. Montpellier et Metz juste derrière. Troyes, Clermont, Brest et Lorient pour les dernières places. Les autres pour le ventre mou avec Bordeaux , Angers et Nantes plutôt dans le bas-ventre ; Saint-Étienne, Strasbourg et Reims plutôt vers l’estomac.

Mais, on le répète, on a toujours été très mauvais pour les pronostics alors dites-vous bien que ça risque d’être complètement l’inverse (pas trop quand même, faut pas rêver), ce qui redonne espoir aux supporters des mal classés, Reims par exemple…

9 août 2021

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VINGINCES 8DAGONNETJ’avais écrit ça en à peine trois mois, en écrivain du dimanche. J’avais commencé un lundi, après un week-end avec des amis où on avait passé notre temps à picoler et à se raconter entre deux fous rires des anecdotes et des souvenirs communs sur nos années passées à Paris, dans les années 70. J’allais avoir 30 ans et je m’étais réveillé la bouche pâteuse et la gueule de bois avec un sentiment de vide et de mélancolie qui exigeait, nécessité intérieure, que je me mesure à la page blanche, sous la tutelle supposée bienveillante de tous les auteurs que j’admirais. Ça s’appelait Réverbérations (d’après le titre d’un morceau du 13th Floor Elevators, groupe psychédélique texan), sous-titré Passés simples, et se voulait être une chronique des années 60 et 70 à travers l’itinéraire de quelques personnages dont les histoires finissaient par se rejoindre. Un manuscrit de 230 pages qu’il me fallait proposer aux professionnels de la profession, à savoir aux grandes maisons d’édition parisiennes, puisque les quelques éditeurs indépendants dont on m’avait parlé avaient déjà leurs parutions ficelées pour des années. C’est en tout cas ce qu’ils m’avaient tous dit. Mon ami Luc avait été l’un des premiers enthousiasmés par ce roman et il l’avait recommandé, en tant qu’auteur publié de quelques romans sur le Vietnam, à Simone Gallimard, directrice du Mercure de France, du Mercure François, comme disait le Cyrano de Rostand. La dame lui avait fait part de ses réticences, arguant que, si le roman avait des qualités indéniables, son langage jeune et un tantinet démagogique ne permettait pas une publication chez elle. À moins de revoir le manuscrit, sans donner la moindre indication pour ce faire. « Un bon brouillon », m’avait dit Luc, qui semblait d’accord avec elle, mais un brouillon quand même qu’il s’agissait de retravailler pour lui donner une forme publiable correspondant aux critères exigeants de l’édition. Je ne voyais pas trop par quoi commencer et les bras m’en tombaient lorsque je me mettais à retravailler, comme ils disaient, sans savoir exactement ce qu’il y avait à modifier. J’envoyais donc mon manuscrit tel quel chez les principaux éditeurs. Une dizaine de copies étaient tapies dans un grand sac de sport et j’arpentais le quartier de l’Odéon en frappant aux portes des doges de la république des lettres, de ceux qui décidaient si vous étiez un auteur digne d’être publié ou un écrivaillon condamné à n’écrire que pour ses tiroirs. Humble mortel, j’avais l’audace de m’en remettre au jugement des dieux et je ne fus pas déçu, recevant les unes après les autres des lettres de refus stéréotypées avec toujours les mêmes formules hypocrites. Un bon livre assurément, mais qui ne correspondait à aucune de leurs collections, ou qui n’avait pas reçu la majorité des avis positifs du comité de lecture avec des « malheureusement » à longueur de bras et des encouragements pour la suite. J’en étais venu à les collectionner. Ne voulant pas rester sur un échec, j’en avais commencé un autre, Les journées de plomb (en référence aux années de plomb italiennes), dans un genre différent. Un retraité que j’avais baptisé Adrien Ménard et qui passait son temps à aller aux putes et à supporter un club de football. L’intrigue, assez mince, tournait autour de son fils, gibier de psychiatrie mêlé à une tentative d’enlèvement d’un patron de choc. Quelque chose en phase avec la montée du Front National et les exploits d’Action Directe. Même punition, avec des lettres de refus en pagaille, pile trois mois après mes envois. On ne s’embarrassait même plus de formules de politesse et de petits mots de consolation. Le roman n’était tout simplement pas convaincant, faute d’une intrigue solide qui seule aurait pu lui donner de la consistance. J’avais fait appel à un haut placé de la CFDT qui connaissait du monde dans la maison d’édition proche du syndicat et il n’avait même pas daigné recommander mon manuscrit, pas convaincu lui non plus. Sauf que lui, je ne le savais pas critique littéraire. Déçu dans mes ambitions du même nom, je décidais d’en rester là quand mon ami Luc m’adressa une publicité émanant de la société Icare, qui se faisait fort de relire et de corriger les manuscrits qu’elle estimait publiables et, par ses relations avec les éditeurs, de les faire éditer moyennant quelques retouches sur la base de leurs précieux conseils. Tout cela évidemment moyennant aussi finance, car leurs services n’étaient pas gratuits, va sans dire. J’avais pris rendez-vous avec Yves Dagonnet, le directeur de ladite société. Dans les bureaux d’Icare, deux pièces obscures dans un immeuble de rapport du quartier latin. Dagonnet était un grand barbu débonnaire et volubile, avec un gros nez et un regard franc. Il verrait ce qu’il pouvait faire pour mon manuscrit, mon enfant de papier qui l’appelait au secours. Sa secrétaire, une jeune femme accorte au décolleté provoquant, nous servit le champagne et nous trinquâmes à ma réussite. Quinze jours plus tard, Dagonnet me renvoyait mon manuscrit avec ses propositions de réécriture, ses recommandations. Une dizaine de feuillets tapés à la machine où, chapitre par chapitre, paragraphe par paragraphe et ligne par ligne, il me proposait ses reformulations et ses corrections. Il me demandait également un chèque de 6000 francs pour ce travail avec l’assurance que, à condition de me conformer à ses prescriptions, le manuscrit serait publié dès la rentrée. Je profitais de quelques jours de vacances début juin pour revoir le manuscrit, en respectant les consignes. Avec les coupes, les conseils de réécriture pour certains passages, les innombrables notes en bas de page et les explications sur tout ce qui concernait les faits et les personnages de l’époque ; mon roman me paraissait formaté, banalisé, appauvri. Les 230 pages étaient passées à 300 mais j’avais la douloureuse impression d’avoir affadi une histoire qui perdait beaucoup de son intérêt, avec un approfondissement psychologique des personnages et des tas de précisions redondantes.

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