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TRANSFERTS : ESCLAVES DE LUXE

Mostafa Mohamed, le nouveau Salah ? Convoité par Reims, Toulouse, Nice, Saint-Étienne…

photo Wikipedia / beIN

Tous les ans à la même période, alors que les palmarès sont tombés et que les messes sont dites, on assiste à la grande transhumance des Sud-Américains et des Africains vers l’Europe, ainsi qu’aux acquisitions onéreuses de ses clubs phares ; anglais, espagnols, italiens ou allemands. Et aussi français avec le PSG, Marseille, Monaco ou Lyon. Parler de marché aux esclaves paraîtra abusif à beaucoup, car les sommes en jeu sont considérables et on parlera plutôt d’esclaves de luxe. Mais, aussi choquant que puissent paraître ces tractations somptuaires, l’amateur de football y trouve un intérêt certain qui réside dans les aspects sportifs (équipes, performances à venir, pronostics…). Allez, faisons taire nos consciences pour un petit tour d’horizon avant la reprise et le Qatar, dont on parlera la prochaine fois.

C’est fait: l’un des premiers transferts de cette intersaison plutôt calme cette année (on parle de marché des transferts comme on parle de marché aux esclaves) a été l’arrivée certifiée de l’international français et joueur de l’A.S Monaco Tchouaméni au Real de Madrid. Gageons qu’il risque de connaître le sort de l’ex Rennais Camavinga condamné à jouer les utilités sur le banc prestigieux du stade Santiago Bernabeu.

Le Real se sépare de Eden Hazard (qui pourrait revenir à Lille), de Gareth Bale (dans son Cardiff City de cœur) (1) et de Isco donné partant (on parle de lui à Monaco). Par ailleurs, clip de fin pour Marcello qui sera en pré-retraite. Les Merengues ne vont pas en rester là et vont recruter cher. Pas content, le président du Real, l’éternel Florentino Perez, veut attaquer ses rivaux du PSG et de Manchester City devant les instances de l’UEFA pour non respect du fair-play financier. Perez n’a pas apprécié de lui voir échappé M’ Bappé (resté au PSG) et Haaland, parti chez les Citizens. Caramba !

Manchester City pourra donc compter dans son attaque canon le Norvégien Haaland, transféré du Borussio Dortumund où le canonnier faisait des étincelles. Même si le Brésilien Fernandiho est retourné au Brésil, et que Jesus est parti (à Arsenal) après l’Argentin Aguero, il reste Grealish (venu d’Aston Villa ; plus gros transfert de l’année dernière), Mahrez, Sterling (et maintenant Haaland), plus Philips (ex Leeds United). Excusez du peu.

À la Juventus, on liquide après la retraite de Ciellini. De Ligt veut partir, Rabiot aussi ainsi que Dybala, étonnamment poussé vers la sortie, le retour de prêt de l’Atletico Madrid de Morata pourrait déboucher sur un transfert définitif et, seule bonne nouvelle pour l’instant, le retour de Paul Pogba qui a dû revoir ses prétentions à la baisse, entorse oblige. Marché aux esclaves on vous dit.

Au Paris Saint-Germain, on va donc se séparer de Di Maria mais on est fiers de garder M’ Bappé qui devrait former une triplette de choix avec Neymar – finalement resté – et Messi. Comme l’année dernière ?

C’est presque fait : pas tout à fait puisqu’il est question du Polonais Lewandowski, que le Bayern refuse de laisser partir, mais l’attaquant est ferme sur sa volonté d’émarger au club parisien. Quand le Barça est aussi sur les rangs, alors… Autre transfert quasiment dans dans la poche, celui du Lillois international portugais Renato Sanches qui devrait signer au PSG comme l’ex Lensois Fofana. Belles prises, surtout avec un nouvel entraîneur nommé Christophe Galtier, contacté après les départs – licenciements de Leonardo et de Pochettino. Un profil plus réaliste qui a réussi avec Lille, même si un peu moins bien avec l’OGC Nice. Ce qui est sûr à ce stade, c’est que l’international portugais du F.C Porto Vitinha vient de signer.

En renfort au R.C Lens, Jimmy Cabot (ex Lorient et Angers). Pas de quoi faire aboyer de joie les supporters, surtout que Ganago pourrait partir à Newcastle, même si Lens a fait signer l’ex Clermontois Abdul Samel. Newcastle très actif sur le marché des transferts, puisque les Magpies pourront aussi compter sur le Lillois Botman, et le Rémois Etikité.

C’est en cours : en cours, hélas, pour l’attaquant Rémois Etikité, en partance pour les Magpies de Newcastle passés sous pavillon émirati. À la place, un Égyptien évoluant à Galatasaray convoité par les plus grands clubs d’Europe : Mostafa Mohamed, peut-être le nouveau Salah qui, lui, reste au Liverpool F.C. Autre transfert rémois, Emmanuel Agbadou, milieu ivoirien qui a brillé dans la Jupiler ligue avec le club de Eupen.

Puisqu’on est en France, restons-y avec le Montpellier Hérault qui va puiser dans l’effectif de l’A.S Saint-Étienne (Nordin et Khazri, entre autres), les Stéphanois, relégués en Ligue 2 avec 3 points de pénalité. À Saint-Étienne, on renforce la défense avec l’ex Troyen Giraudon et, surtout, l’ancien Nîmois Briançon. Les Verts auront un nouvel entraîneur, Laurent Battles, qui aura la lourde tâche de faire oublier une saison en tous points lamentable, sur le terrain et dans les tribunes.

Chez leurs voisins lyonnais, on enregistre le retour de Lacazette (ex Arsenal), toujours à négocier et, puisqu’on en est aux grands anciens, il serait aussi question du come-back à Gerland de Fékir (ex Betis Séville) et de Tolisso (ex Bayern). Comme au bon vieux temps, sauf qu’ils ont pris de l’âge. Et pourquoi pas Depay, en délicatesse avec le Barça, qui pourrait venir rejoindre le club des ex. Mais là, rien n’est fait. L’O.L espère beaucoup dans le recrutement de Johann Lepenant, un espoir du football français qui s’est distingué la saison dernière avec le S.M Caen. Voire. Jusqu’ici, les paris lyonnais sur la jeunesse n’ont pas souvent été concluants.

C’est fort probable : Mané, l’attaquant des Reds, devrait se diriger vers le Bayern Munich où il pourrait remplacer Lewandowski que les Bavarois rechignent toujours à laisser partir au PSG. Sabitzer, l’ex attaquant du R.B Leipzig qui n’a pas convaincu au Bayern, pourrait se retrouver à Nice avec l’ex Brestois et Lyonnais Favre. Nice qui enregistre l’arrivée de l’espoir lillois Bouanani, un futur Ben Arfa, aux dires des connaisseurs (on plaisante).

L’ex Clermontois Bayo devrait rejoindre le Hertha Berlin où un ultra vient de prendre la direction du club. Bon courage à lui ! Et, selon Mathieu (mon neveu supporter du F.C Nantes, pas l’évangéliste), Kolo Muani irait à l’Eintracht de Francfort. De toute façon, c’est porte ouverte à Nantes (Blas, Lafond le gardien et le Nigérien Moses Simon qui devrait atterrir à Nice). Un canari chez les aiglons. Précisons que le F.C Nantes va disputer la coupe Europa et, même avec le renfort de l’international Moussa Sissokho (ex Watford), ça sera dur.

Un cas intéressant est aussi celui du Belge Lukaku qui veut quitter Chelsea alors que les Blues le veulent le retenir à coup de millions de livres, mais il s’entête et souhaite ardemment revenir à l’Inter de Milan, son ancien club. Fidélité ? Pas sûr quand on passe en revue tous les clubs visités par lui.

C’est bien possible : on parle de Pépé, ex Arsenal et ex Lille, à Rennes quand son ex compagnon de club au LOSC, Ikoné, est déjà parti à la Fiorentina. Jonas Martin (ex Rennes) arrive à Lille, mais le Turc Celik part pour l’A.S Rome. Olivier Létang maintient que Renato Sanches ne partira pas au PSG. Voire. La guerre des communiqués a commencé. Puisqu’on parle de Rennes, le club enregistre aussi l’arrivée de Umtiti, éternel remplaçant du Barça. Pépé, Umtiti ; pourquoi pas Coco ou Lala ?

Sur le front des transferts, on aurait tort de négliger l’Olympique de Marseille, toujours actif à l’intersaison. Il était question du Belge Witsel, mais l’Atletico Madrid est aussi sur les rangs et fait monter les enchères. En revanche, la venue de l’ex Red Oxlade-Chamberlain est tout à fait possible, mais il faudra sortir le carnet de chèque. Sampaoli, quant à lui, est poussé vers la sortie car l’O.M ne saurait se contenter d’une deuxième place en championnat. Ambitieux sans être transcendant.

Mais revenons au PSG, toujours bouillonnant en cette période de l’année, avec le départ quasi certain de l’Argentin Sarabia, probablement à l’Atletico Madrid si les deux clubs parviennent à s’entendre sur le montant.

C’est raté : le plus gros raté de l’intersaison, c’est quand même le non transfert de M’Bappé au Real, une transaction que les Madrilènes croyaient assurée. Merci Kylian, même si on se doute que les garanties financières ont été colossales pour le petit-fils d’Henri Salvador (c’est un scoop).

Et la valse des entraîneurs qui se poursuit. Le Portugais Fonseca, prêt à signer à Tottenham, sera le coach de Lille trop heureux de se séparer d’un Jocelyn Gourvennec honni du côté du stade Pierre Mauroy qui va d’ailleurs changer de nom.

À Lorient, c’est Pelissier qui dégage, ayant pourtant bien du mérite d’avoir maintenu en Ligue 1 une équipe aussi médiocre. Côté lorientais, on enregistre aussi l’arrivée de Bafunta en provenance du Borussia Dortumund où il a très peu joué. Laurienté le Lorientais, lui, devrait partir au Torino.

Mais c’est en Ligue 2 qu’a lieu l’hécatombe. Rares sont les clubs n’ayant pas monté qui ne changent pas d’entraîneur. Guégan passe de Valenciennes à Sochaux qui se sépare de Omard Diaf parti, lui, à Dijon. On pourrait multiplier les exemples qui tendent à prouver que le poste d’entraîneur est de plus en plus un siège éjectable. L’éternel fusible.

Surprise, les Girondins de Bordeaux, qui vont sûrement jouer en National (voir National 2) conservent l’ex Rémois David Guion, même s’ils perdent les trois-quarts de leur effectif, soit à peu près tous les joueurs professionnels, à commencer par Briand. Vu la saison calamiteuse qu’ils viennent de faire, il n’est pas certain qu’ils leur soient facile de trouver un club.

Voilà, ce n’est qu’un premier tour d’horizon, à la fin juin, mais ça ne devrait plus changer beaucoup ; les équipes reprenant l’entraînement fin juin avant d’enchaîner les matchs amicaux courant juillet et de reprendre une saison que tous les clubs se promettent plus belle que celle d’avant. On sait qu’il y a loin de la coupe aux lèvres et que, aux premières défaites, les entraîneurs se sentiront menacés et des joueurs seront poussés vers les vestiaires avant la sortie. C’est la règle, et le milieu n’est pas tendre. Malheur aux vaincus ! C’est pourquoi l’intersaison est le moment de l’espoir, où chaque club se dit que tout est possible, avant de devoir s’incliner devant les réalités. Quelques semaines des virtualités, d’espérance. On fera un dernier point au 30 septembre, date limite.

Au fait, Zidane a 50 ans. Pas trop eu envie d’écrire sur un joueur qui ne m’a jamais fait rêver. Sans doute trop de réalisme et de sérieux. Je le voyais un peu comme le Johnny Hallyday du football (c’est dire!). Allez, quand même, tournée générale de coups de boule, pour fêter ça.

(1) : finalement, ce sera le Los Angeles F.C. Gallois de cœur, mais pas au point de laisser s’échapper la grosse galette.

27 juin 2022

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VINGINCES 8DAGONNETJ’avais écrit ça en à peine trois mois, en écrivain du dimanche. J’avais commencé un lundi, après un week-end avec des amis où on avait passé notre temps à picoler et à se raconter entre deux fous rires des anecdotes et des souvenirs communs sur nos années passées à Paris, dans les années 70. J’allais avoir 30 ans et je m’étais réveillé la bouche pâteuse et la gueule de bois avec un sentiment de vide et de mélancolie qui exigeait, nécessité intérieure, que je me mesure à la page blanche, sous la tutelle supposée bienveillante de tous les auteurs que j’admirais. Ça s’appelait Réverbérations (d’après le titre d’un morceau du 13th Floor Elevators, groupe psychédélique texan), sous-titré Passés simples, et se voulait être une chronique des années 60 et 70 à travers l’itinéraire de quelques personnages dont les histoires finissaient par se rejoindre. Un manuscrit de 230 pages qu’il me fallait proposer aux professionnels de la profession, à savoir aux grandes maisons d’édition parisiennes, puisque les quelques éditeurs indépendants dont on m’avait parlé avaient déjà leurs parutions ficelées pour des années. C’est en tout cas ce qu’ils m’avaient tous dit. Mon ami Luc avait été l’un des premiers enthousiasmés par ce roman et il l’avait recommandé, en tant qu’auteur publié de quelques romans sur le Vietnam, à Simone Gallimard, directrice du Mercure de France, du Mercure François, comme disait le Cyrano de Rostand. La dame lui avait fait part de ses réticences, arguant que, si le roman avait des qualités indéniables, son langage jeune et un tantinet démagogique ne permettait pas une publication chez elle. À moins de revoir le manuscrit, sans donner la moindre indication pour ce faire. « Un bon brouillon », m’avait dit Luc, qui semblait d’accord avec elle, mais un brouillon quand même qu’il s’agissait de retravailler pour lui donner une forme publiable correspondant aux critères exigeants de l’édition. Je ne voyais pas trop par quoi commencer et les bras m’en tombaient lorsque je me mettais à retravailler, comme ils disaient, sans savoir exactement ce qu’il y avait à modifier. J’envoyais donc mon manuscrit tel quel chez les principaux éditeurs. Une dizaine de copies étaient tapies dans un grand sac de sport et j’arpentais le quartier de l’Odéon en frappant aux portes des doges de la république des lettres, de ceux qui décidaient si vous étiez un auteur digne d’être publié ou un écrivaillon condamné à n’écrire que pour ses tiroirs. Humble mortel, j’avais l’audace de m’en remettre au jugement des dieux et je ne fus pas déçu, recevant les unes après les autres des lettres de refus stéréotypées avec toujours les mêmes formules hypocrites. Un bon livre assurément, mais qui ne correspondait à aucune de leurs collections, ou qui n’avait pas reçu la majorité des avis positifs du comité de lecture avec des « malheureusement » à longueur de bras et des encouragements pour la suite. J’en étais venu à les collectionner. Ne voulant pas rester sur un échec, j’en avais commencé un autre, Les journées de plomb (en référence aux années de plomb italiennes), dans un genre différent. Un retraité que j’avais baptisé Adrien Ménard et qui passait son temps à aller aux putes et à supporter un club de football. L’intrigue, assez mince, tournait autour de son fils, gibier de psychiatrie mêlé à une tentative d’enlèvement d’un patron de choc. Quelque chose en phase avec la montée du Front National et les exploits d’Action Directe. Même punition, avec des lettres de refus en pagaille, pile trois mois après mes envois. On ne s’embarrassait même plus de formules de politesse et de petits mots de consolation. Le roman n’était tout simplement pas convaincant, faute d’une intrigue solide qui seule aurait pu lui donner de la consistance. J’avais fait appel à un haut placé de la CFDT qui connaissait du monde dans la maison d’édition proche du syndicat et il n’avait même pas daigné recommander mon manuscrit, pas convaincu lui non plus. Sauf que lui, je ne le savais pas critique littéraire. Déçu dans mes ambitions du même nom, je décidais d’en rester là quand mon ami Luc m’adressa une publicité émanant de la société Icare, qui se faisait fort de relire et de corriger les manuscrits qu’elle estimait publiables et, par ses relations avec les éditeurs, de les faire éditer moyennant quelques retouches sur la base de leurs précieux conseils. Tout cela évidemment moyennant aussi finance, car leurs services n’étaient pas gratuits, va sans dire. J’avais pris rendez-vous avec Yves Dagonnet, le directeur de ladite société. Dans les bureaux d’Icare, deux pièces obscures dans un immeuble de rapport du quartier latin. Dagonnet était un grand barbu débonnaire et volubile, avec un gros nez et un regard franc. Il verrait ce qu’il pouvait faire pour mon manuscrit, mon enfant de papier qui l’appelait au secours. Sa secrétaire, une jeune femme accorte au décolleté provoquant, nous servit le champagne et nous trinquâmes à ma réussite. Quinze jours plus tard, Dagonnet me renvoyait mon manuscrit avec ses propositions de réécriture, ses recommandations. Une dizaine de feuillets tapés à la machine où, chapitre par chapitre, paragraphe par paragraphe et ligne par ligne, il me proposait ses reformulations et ses corrections. Il me demandait également un chèque de 6000 francs pour ce travail avec l’assurance que, à condition de me conformer à ses prescriptions, le manuscrit serait publié dès la rentrée. Je profitais de quelques jours de vacances début juin pour revoir le manuscrit, en respectant les consignes. Avec les coupes, les conseils de réécriture pour certains passages, les innombrables notes en bas de page et les explications sur tout ce qui concernait les faits et les personnages de l’époque ; mon roman me paraissait formaté, banalisé, appauvri. Les 230 pages étaient passées à 300 mais j’avais la douloureuse impression d’avoir affadi une histoire qui perdait beaucoup de son intérêt, avec un approfondissement psychologique des personnages et des tas de précisions redondantes.

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