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SAN ANTONIO : LE STEAK – FRITES DE LA LITTÉRATURE

le grand Frédéric Dard, alias San Antonio, photo Wikipedia. La classe, Fredo !

Ça faisait bien une trentaine d’années que je n’avais pas ouvert un San Antonio. Surtout pas les San Antonio écrits par son fils Patrice, comme si ce genre de talent était héréditaire. J’ai raflé récemment une demi-douzaine de San-A dans une boîte à livres et je suis reparti pour un tour, éprouvant le même bonheur, la même jubilation, les mêmes fous rires qu’autrefois. Le grand Frédéric Dard, mariant Rabelais et Céline pour notre plus grande joie, qui a inventé ce genre littéraire à lui tout seul : le polar humoristique tendance foutraque et loufoque. La petite histoire du commissaire San Antonio et de ses acolytes ci-dessous.

La jeunesse de Frédéric Dard, né à Bourgoin-Jallieu (Isère) en 1921, a été marquée par la guerre. C’est l’âge des mauvaises fréquentations où il fraie avec des voyous proches de la milice. Erreur de jeunesse dont il se disculpera en rejoignant la résistance, un peu tard. Frédéric Dard pige pour des journaux locaux dont Le Progrès, plutôt rubrique Chiens écrasés. Un début.

À la libération, il écrit des romans policiers pour les éditions Fleuve noir, des drames sombres et malsains écrits dans un style qui doit beaucoup aux maîtres du genre américains, James Hadley Chase ou Carter Brown. On remarque des libertés prises avec la langue, même si ça reste dans la lignée du polar français des fils de Céline : Albert Simonin, Auguste Le Breton, José Giovanni, plus, pour l’humour, Alphonse Boudart ou Michel Audiard aussi bien le dialoguiste que le futur romancier.

À la fin des années 1940, Frédéric Dard propose à son éditeur des petits livres (220 pages maximum) sous le pseudonyme de San Antonio, des livres qui seraient un peu le versant lumineux du romancier, des polars humoristiques vite écrits et vite lus avec une invasion de la langue argotique et des dialogues cocasses entre l’auteur et le lecteur, plus des personnages caricaturaux du milieu parisien et des scènes hilarantes mêlant le sexe (assez peu au début) à la bâfrerie et à l’hénaurme. San Antonio est né.

Les premiers romans sont encore de facture assez classiques (Laisse tomber la fille, Les souris ont la peau tendre, Mes hommages à la donzelle), mais le miracle opère vite avec des personnages haut-z- en couleurs, comme il écrirait lui-même ; j’ai nommé Alexandre-Benoît Bérurier, brute épaisse sentimentale toujours en train de picoler et de se goinfrer, et César (Césarin pour les intimes)-Auguste Pinaud, un vieux flic (Pinaud a toujours été vieux) un peu vieille France aussi discret que valétudinaire. Pinaud sera surtout chargé des filatures, discrétion oblige et des missions de confiance quand Bérurier sauvera moult situations compromises par sa force physique et sa ruse. San Antonio, lui, est un homme dans la fleur de l’âge, beau, fort et intelligent qui, lorsqu’il n’enquête pas et n’est pas embarqué dans d’invraisemblables aventures, se réfugie chez sa mère, la douce Félicie, parangon des valeurs maternelles, ou dans le lit de ses conquêtes.

La sauce prend et les « petits » San Antonio se vendent comme des petits pains. Dard en sort un tous les trois mois, à vitesse grand « v » comme il dirait. Des histoires vite torchées (il est vain de chercher le moindre intérêt à ces intrigues qui font néanmoins preuve d’une grande imagination), avec des dialogues percutants, des scènes hilarantes et des calembours à chaque ligne. Victor Hugo disait que le calembour était « la fiente de l’esprit qui vole » ; San Antonio semble avoir la diarrhée.

Le personnage est relativement imbuvable, sûr de lui, dans sa voiture de sport où il emmène ses conquêtes, méprisant pour ses collègues et d’un naturel plutôt cynique, ses rares moments de tendresse étant réservés à sa brave femme de mère (toutes des salopes sauf elle).

Hormis Bérurier et Pinaud, on trouve un tas de personnages secondaires tels Achille, alias le vieux, soit le patron, un chauve mondain qui confie les missions. Il y a Mathias Mangin (qui deviendra Xavier Mathias), le rouquin du labo, dont la chevelure évoque un incendie peint par Van Gogh ; Berthe Bérurier, la femme de…, qui fait cocu son mari complaisant avec Alfred le coiffeur, Julie-Berthe, leur fille, une gamine délurée maligne comme une guenon (comme quoi les lois de la génétique…), Marie-Marie, la nièce des Béru dite La musaraigne, éternelle fiancée du bel Antoine, Toinet, le fils d’un truand adopté par San-A et, plus tard, il y aura le brigadier Poilala, Jérémie Blanc, un Antillais qui deviendra sous-directeur quand San-A remplacera Achille. Et Claudette, la secrétaire accorte d’une agence de détectives privés fondée en 1975 (en fait une ruse, puisque l’agence est en lien avec la police officielle), avant Violette et bien d’autres encore.

Très vite, le personnage de Bérurier va devenir l’acteur principal des San Antonio et les hors-série qui se succèdent dans les années 1960 et 1970 le mettent au premier plan. Des Vacances de Bérurier à Si queue d’âne m’était contée en passant par Béru et ses dames et L’histoire de France par Bérurier ou Le Standinge, c’est toujours lui la vedette. Il est gras, cocu, inculte, incapable d’aligner trois mots sans une faute de français, toujours à grattouiller de quoi se goinfrer et picoler plus que de raison. Un estomac à toute épreuve et une grande gueule dont il n’est pas maître.

Pinaud, à côté, fait pitié et c’est pourtant un personnage délicat, plein de tendresse, subissant les humeurs de sa marâtre ou la colère de son chef tout en parlant un Français châtié avec imparfaits du subjonctif et liaisons bien à propos. Pinaud est un peu l’objet de l’affection de San Antonio : un vieux flic dépassé par l’époque qui se réfugie dans ses nostalgies d’avant-guerre.

À l’instar du Tintin de Hergé, San Antonio voyage beaucoup, dans tous les pays et sur tous les continents, en globe-trotter au service des intérêts de la France. Il côtoie les grands de ce monde et rencontre des succès féminins avec les plus belles. Un play-boy international dont le rire résonne aux quatre coins du monde.

Les hors-série finiront par supplanter les San Antonio « ordinaires », même si les petits San Antonio qui sortent dans les années 1970 sont parmi les meilleurs. Des intrigues bien ficelées, des personnages à leur meilleur et des digressions de plus en plus philosophiques, politiques et poétiques. Dard est un anar de droite, comme ses confrères cités au début. Il stigmatise l’État et ses institutions (police, justice, armée, impôts), mais se moque aussi des syndicats, de la gauche et des avancées sociales et sociétales unanimement condamnées devant un conservatisme mêlé de nostalgie. Une génération marquée par la guerre qui regrette les maisons closes, se moque du féminisme, souvent homophobe avec quelques saillies racistes. San Antonio n’a pas digéré Mai 68 et, déjà marqué par un anti-gaullisme et un anti-communisme virulents, il sera l’un des plus beaux fleurons, quoi qu’il s’en défende, de cette anarchisme de droite où il côtoie les Jean Yanne, Robert Beauvais, Philippe Bouvard et autres Michel Audiard. Dans les années 1980, il aura pourtant les yeux de Chimène pour Mitterrand, peut-être pas si surprenant quand on connaît le passé du bonhomme.

Dans les années 1980 justement, les San Antonio s’ouvrent de plus en plus au sexe et aux sous-entendus égrillards qu’on trouve pratiquement à chaque ligne. Les couvertures sont de plus en plus consacrées aux représentantes du beau sexe vues sur toutes les coutures : strings, porte-jarretelles, bas résilles, bustiers, guêpières… Les couvertures des « petits » San Antonio ressemblent de plus en plus à des catalogues de lingerie fine. Les intrigues s’en ressentent, devenues vagues prétextes à des scènes gaillardes où notre héros s’illustre en majesté, laissant les restes à son ami Bérurier. Césarin Pinaud est de moins en moins présent, comme un personnage encombrant dont on ne sait plus trop quoi faire dans ce contexte hyper-sexué. On imagine mal Pinaud dans une partouze. Encore que… On finit par se lasser, et il faut bien avouer que les San-A des années 1990 finissent par nous tomber des mains, même s’il reste quand même des fous rires et des occasions de se dilater la rate (au court-bouillon).

Au cinéma, on a eu droit à des épisodes insipides avec Gérard Barray dans le rôle titre, Jean Richard ou Pierre Doris as Béru et Paul Préboist ou Jean Lefebvre en Pinaud. Quelques films navrants sous la direction des plus ringards des metteurs en scène français, genre Bernard Borderie ou Guy Lefranc. Il y aura quand même une version cinématographique de Béru et ses dames en 1968, l’histoire d’un Bérurier qui hérite d’une maison close (décidément une obsession chez Dard).

Un autre Gérard (Lanvin) incarnera le fringuant commissaire San Antonio en 2004, dans un film de Frédéric Auburtin avec cette fois Depardieu en Béru et Luis Rego en Pinaud (plus Michèle Bernier en Berthe Bérurier). Pas fameux non plus, mais l’intérêt des San Antonio réside dans son verbe imaginatif qu’il est impossible de rendre à l’écran. Le travail sur la langue est sidérant et les néologismes et barbarismes sont nombreux. Un nouveau langage, rien moins.

Quelques réussites quand même, avec l’adaptation par Mocky de Y a-t-il un Français dans la salle suivi des Clés du pouvoir sont dans la boîte à gants , sans parler du Mari de Léon. Mais on est plus chez Dard que chez San Antonio.

Mocky, Hossein, Marina Vlady… Les vieux amis et les nouveaux, de Carlos à Patrick Sébastien (deux fois hélas) en passant par Antoine De Caunes ou Guy Carlier qui épousera sa fille. Écrire dans le style de San Antonio deviendra un exercice prisé par les comiques de tous poils.

« San Antonio, c’est le steak-frites de la littérature », disait-il lui-même ; comme ses amis Jean-Pierre Mocky pour le cinéma ou Robert Hossein pour le théâtre, il aura été le turlupin de la littérature française, moquant à longueur de livres les grandes plumes et les académiciens, les importants. Des universitaires se seront penchés sur son œuvre, de Robert Escarpit à Roland Barthes, et il aura été un peu oublié jusqu’à sa mort, le 6 juin 2000.

On ne s’interdira pas de relire des vieux San Antonio, comme autant de témoignages d’un pays disparu où on savait encore rire « à gorge d’employés », comme aurait dit Béru. C’était autre chose que les comiques d’aujourd’hui et leurs tristes stand-up. Mais bon, je m’arrête là, au risque de passer pour un nostalgique indécrottable (ce que je suis d’ailleurs). Rétro, pas réac, comme disait quelqu’un. Allez, Y’a bon San Antonio !

19 juin 2022

Comments:

Merci Didier pour ce rappel magistral qui me rappelle mes 14-15 ans et que les San-A étaient ma lecture favorite au lycée au début des années soixante. J’ai surnommé “Béru” un de mes meilleurs amis qui habite en Floride, ce qui le fait rire quand on se voit, et que personne d’autre ne comprend l’allusion, car il faut avoir un âge avancé pour être familier avec ça.

J’en ai relu 4 à la suite et c’est encore un vieux des années 1950 que j’ai préféré. La tombola des voyous où ils trouvent une tête au rayon abats des Halles, alors que Béru cherchait des couilles de taureau pour ses appâts de pêche. Rien que le début…

Bravo Pour ce très
Bon article sur ce commissaire qui fut logtemps un membre à part entière de notre famille. Une fois les enfants couches, nous retrouvions chacun une aventure du commissaire . Pendant un temps s’envolaient dans des éclats de rire tous les soucis de la journée

Je vais passer pour pire qu’un rétro: un antédiluvien… J’avoue n’avoir jamais lu un seul San Antonio. Mais si j’en trouve un dans la cabane à livres de mon village, je vais m’y mettre.

Tu me donnes envie de les relire ! Moi, j’avais une vingtaine d’années quand je rigolais bien avec les « San Antonio »… J’en ai gardé d’excellents souvenirs. C’est décidé, je vais m’y remettre…

Bonjour,
je suis curieux d’apprendre d’où est extrait ce mot « San Antonio, c’est le steak-frites de la littérature » Merci Cordialement

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VINGINCES 8DAGONNETJ’avais écrit ça en à peine trois mois, en écrivain du dimanche. J’avais commencé un lundi, après un week-end avec des amis où on avait passé notre temps à picoler et à se raconter entre deux fous rires des anecdotes et des souvenirs communs sur nos années passées à Paris, dans les années 70. J’allais avoir 30 ans et je m’étais réveillé la bouche pâteuse et la gueule de bois avec un sentiment de vide et de mélancolie qui exigeait, nécessité intérieure, que je me mesure à la page blanche, sous la tutelle supposée bienveillante de tous les auteurs que j’admirais. Ça s’appelait Réverbérations (d’après le titre d’un morceau du 13th Floor Elevators, groupe psychédélique texan), sous-titré Passés simples, et se voulait être une chronique des années 60 et 70 à travers l’itinéraire de quelques personnages dont les histoires finissaient par se rejoindre. Un manuscrit de 230 pages qu’il me fallait proposer aux professionnels de la profession, à savoir aux grandes maisons d’édition parisiennes, puisque les quelques éditeurs indépendants dont on m’avait parlé avaient déjà leurs parutions ficelées pour des années. C’est en tout cas ce qu’ils m’avaient tous dit. Mon ami Luc avait été l’un des premiers enthousiasmés par ce roman et il l’avait recommandé, en tant qu’auteur publié de quelques romans sur le Vietnam, à Simone Gallimard, directrice du Mercure de France, du Mercure François, comme disait le Cyrano de Rostand. La dame lui avait fait part de ses réticences, arguant que, si le roman avait des qualités indéniables, son langage jeune et un tantinet démagogique ne permettait pas une publication chez elle. À moins de revoir le manuscrit, sans donner la moindre indication pour ce faire. « Un bon brouillon », m’avait dit Luc, qui semblait d’accord avec elle, mais un brouillon quand même qu’il s’agissait de retravailler pour lui donner une forme publiable correspondant aux critères exigeants de l’édition. Je ne voyais pas trop par quoi commencer et les bras m’en tombaient lorsque je me mettais à retravailler, comme ils disaient, sans savoir exactement ce qu’il y avait à modifier. J’envoyais donc mon manuscrit tel quel chez les principaux éditeurs. Une dizaine de copies étaient tapies dans un grand sac de sport et j’arpentais le quartier de l’Odéon en frappant aux portes des doges de la république des lettres, de ceux qui décidaient si vous étiez un auteur digne d’être publié ou un écrivaillon condamné à n’écrire que pour ses tiroirs. Humble mortel, j’avais l’audace de m’en remettre au jugement des dieux et je ne fus pas déçu, recevant les unes après les autres des lettres de refus stéréotypées avec toujours les mêmes formules hypocrites. Un bon livre assurément, mais qui ne correspondait à aucune de leurs collections, ou qui n’avait pas reçu la majorité des avis positifs du comité de lecture avec des « malheureusement » à longueur de bras et des encouragements pour la suite. J’en étais venu à les collectionner. Ne voulant pas rester sur un échec, j’en avais commencé un autre, Les journées de plomb (en référence aux années de plomb italiennes), dans un genre différent. Un retraité que j’avais baptisé Adrien Ménard et qui passait son temps à aller aux putes et à supporter un club de football. L’intrigue, assez mince, tournait autour de son fils, gibier de psychiatrie mêlé à une tentative d’enlèvement d’un patron de choc. Quelque chose en phase avec la montée du Front National et les exploits d’Action Directe. Même punition, avec des lettres de refus en pagaille, pile trois mois après mes envois. On ne s’embarrassait même plus de formules de politesse et de petits mots de consolation. Le roman n’était tout simplement pas convaincant, faute d’une intrigue solide qui seule aurait pu lui donner de la consistance. J’avais fait appel à un haut placé de la CFDT qui connaissait du monde dans la maison d’édition proche du syndicat et il n’avait même pas daigné recommander mon manuscrit, pas convaincu lui non plus. Sauf que lui, je ne le savais pas critique littéraire. Déçu dans mes ambitions du même nom, je décidais d’en rester là quand mon ami Luc m’adressa une publicité émanant de la société Icare, qui se faisait fort de relire et de corriger les manuscrits qu’elle estimait publiables et, par ses relations avec les éditeurs, de les faire éditer moyennant quelques retouches sur la base de leurs précieux conseils. Tout cela évidemment moyennant aussi finance, car leurs services n’étaient pas gratuits, va sans dire. J’avais pris rendez-vous avec Yves Dagonnet, le directeur de ladite société. Dans les bureaux d’Icare, deux pièces obscures dans un immeuble de rapport du quartier latin. Dagonnet était un grand barbu débonnaire et volubile, avec un gros nez et un regard franc. Il verrait ce qu’il pouvait faire pour mon manuscrit, mon enfant de papier qui l’appelait au secours. Sa secrétaire, une jeune femme accorte au décolleté provoquant, nous servit le champagne et nous trinquâmes à ma réussite. Quinze jours plus tard, Dagonnet me renvoyait mon manuscrit avec ses propositions de réécriture, ses recommandations. Une dizaine de feuillets tapés à la machine où, chapitre par chapitre, paragraphe par paragraphe et ligne par ligne, il me proposait ses reformulations et ses corrections. Il me demandait également un chèque de 6000 francs pour ce travail avec l’assurance que, à condition de me conformer à ses prescriptions, le manuscrit serait publié dès la rentrée. Je profitais de quelques jours de vacances début juin pour revoir le manuscrit, en respectant les consignes. Avec les coupes, les conseils de réécriture pour certains passages, les innombrables notes en bas de page et les explications sur tout ce qui concernait les faits et les personnages de l’époque ; mon roman me paraissait formaté, banalisé, appauvri. Les 230 pages étaient passées à 300 mais j’avais la douloureuse impression d’avoir affadi une histoire qui perdait beaucoup de son intérêt, avec un approfondissement psychologique des personnages et des tas de précisions redondantes.

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