Le site de Didier Delinotte se charge

DEUXIÈME SAISON APRÈS LE COVID

Le retour des Pitchouns en Ligue 1 au stadium de Toulouse. Putaing cong !

Le Covid avait amené quelques changements dans le football mondial : des jauges et des restrictions, plus ou moins respectées, un cinquième changement pour les équipes et, à venir, la généralisation du billet électronique, favorisé aussi par la gestion catastrophique de la finale Liverpool F.C – Réal Madrid au Stade de France. Hein Darmanin ? Ce qui ne change pas, ce sont les droits télé. Il faudra un budget conséquent pour payer les abonnements de toutes les chaînes ayant reçu les agréments de la LFP ou de l’UEFA. Amazon Prime, Canal + Sport, beIN, RMC Sport, Eurosport et on en passe… Amateurs de football, à vos portefeuilles !

Sur le plan footballistique, la saison n’annonce pas de grands changements, en revanche, et la première journée n’offre pas de surprises, si ce n’est la victoire de Lorient à Rennes, qui fait figure d’outsider dans la course au titre. Le but lorientais a été marqué contre son camp par l’international Belge de Bologne Arthur Theate, une première réussie ; comme le premier but marseillais contre le Stade de Reims a été inscrit par un autre international belge, Wout Faes, en instance de départ. On savait qu’il était en fin de contrat et s’apprêtait à quitter le club, de là à lui marquer déjà des buts…

Mais trêve de plaisanterie, on s’achemine vers une reprise sans surprise donc. Où le PSG va encore pouvoir décrocher la timbale sans trop de concurrence. Si le mercato des parisiens n’est pas terminé et s’ils ont loupé Levandowski (finalement parti au Barça), on compte quand même les deux plus gros transferts de l’intersaison, en millions d’Euros : le Portugais du F.C Porto Vitinha et le buteur rémois Étikité, plus le Lillois Renato Sanchez au milieu. Pas mal, quand on sait que Christophe Galtier n’est pas Pochettino : un homme à poigne qui a déjà fait ses preuves à Lille (champion en 2021) et à Nice qu’il a qualifié pour la Coupe Europa. Et si c’était l’année de la Champions ligue pour le PSG ? Ils n’ont jamais été aussi forts, avec le trio magique d’attaquants (M’Bappé, Neymar, Messi) qui n’a pas bougé d’un iota. Tous les espoirs sont permis.

Espoirs pour le PSG, ce qui signifie résignation pour les autres. Seul l’O.M pourrait encore espérer, avec les renforts de Luis Suarez (pas l’Uruguayen mordeur d’oreille mais l’autre, le Colombien), du Lensois Clauss, de Tavares, de Veretout et peut-être de Sanchez, un international chilien. Sinon, on retrouve les cadres, les Payet, Gerson, Guendouzi, Anders ou Balerdi. Bref du costaud et Marseille pourrait bien faire figure de rival potentiel du PSG, à condition que Tudor, le nouvel entraîneur s’impose et que le public ne soit pas au bord de la crise de nerf à chaque contre-performance, mais avec un public serein et confiant, l’O.M ne serait plus l’O.M.

Monaco a raté l’espagnol Iscio, parti finalement à Séville, a perdu Tchouameni (Real) et va sûrement perdre Badiashilé. Pas de renforts notables à part le Belge Didillon (FC Bruges) et Embolo (Moenchengladbach). Mais les Monégasques se permettent d’aller gagner à Strasbourg après avoir joué le PSV Eindhoven en éliminatoires de la Champions league. Pas mal.

On a déjà parlé du Stade Rennais, qui s’octroie les services de Mandanda, gardien sur le déclin mais qui surtout perd quelques joueurs clés : Tel (Bayern), Aguerd (West Ham), Siliki (Estoril) et Jonas Martin à Lille. Pas sûr que les Rennais soient aussi fringants que la saison dernière où ils avaient créé la surprise. D’autant que Pépé, attendu à Rennes, sera finalement à Nice.

L’Olympique Lyonnais a fait revenir ses grands anciens, Lacazette et Tolisso. Pas sûr que ça suffise à lui faire retrouver son lustre d’antan. On a aussi Tagliafico (ex Ajax) et Le Penant (ex Lorient) qu’on présente comme un espoir du football français. Mais les Lyonnais perdent aussi Dubois et le Belge Denayer, qui se retrouve sans club, plus N’Dombelé et Emerson. On fait encore confiance à Bosz comme entraîneur et l’incorrigible Aulas voit encore son équipe sur le toit de l’Europe. Voire, la courte victoire contre l’A.C Ajaccio, un promu, n’a rien de rassurant.

L’OGC Nice pourrait bien être la surprise de l’année, ce que Rennes avait été la saison dernière. Les Aiglons perdent Benitez (Eindhoven), mais gagnent Schmeichel (ex Leicester), Ramsey (ex Juventus), Viti (ex Empoli), Pépé (ex Arsenal) et Bambu des Corinthians. Le tout sous la direction de Lucien Favre, ex entraîneur de la Nati suisse. 30 millions d’Euros en négatif pour la balance des transferts et l’obligation de réussite.

Les ch’tis pourraient bien cette saison créer la surprise. Lille en particulier. On ne sait pas ce que vaut leur nouvel entraîneur, le Portugais Fonseca (sûrement pas pire que Gourvennec), mais les Lillois (champions en 2021 quand même) ont recruté malin. Même s’ils perdent Renato Sanchez, l’une des plus belles plumes de leur chapeau, en plus de Celik, Yilmaz, Brodoric et Botman (quand même!), ils font venir Martin de Rennes, Cabella (ex Montpellier), Diakité (ex Toulouse) et l’ex buteur du Clermont Foot Bayo. D’autant que les Lillois gardent leurs joueurs cadres, les Fonté, André ou Bamba. On mettrait bien un billet sur leurs chances de finir dans les 5 premiers. Et puis, ça ferait tellement plaisir à mes potes de l’Amiral, resto où j’ai mes habitudes (publicité gratuite).

Comme leurs rivaux lensois, qui gardent in extremis Fofana (donné partant pour le PSG), mais laissent partir Kalimuendo à Paris. Sinon, Openda (Club Bruges) et Samba (Nottingham Forest) viennent compenser les départs de Clauss (O.M), Doucouré (Crystal Palace) ou Banza (Braga). Sera-ce suffisant ? Oui, quand on sait leur pugnacité et le talent de joueurs comme Haïdira, Sotoca ou Frankowski. Allez ches Lensois !

Suivent 7 équipes qu’on appellera le peloton, pour aller vite, et bien malin (comme disait Thierry Roland) qui pourrait deviner leur classement, à part le fait qu’ils seront très probablement dans le ventre mou, sans espoir de coupes d’Europe et sans trop subir de menaces de relégation. Strasbourg, Nantes, Angers, Toulouse, Reims, Lorient et Montpellier.

On aurait bien mis Strasbourg en place pour le sprint du peloton, mais rien de folichon côté arrivées et quelques départs (Caci, Sahi) qui risquent de compter. Pour Nantes, qui jouera la coupe Europa en tant que vainqueur de la coupe, pas un recrutement royal non plus. Si Mustapha Mohammad (ex Galatasaray) qu’on attendait ailleurs, vient renforcer l’attaque et Sissoko, (ex Watford et Tottenham) le milieu de terrain ; les Nantais risquent de perdre Blas (à Lille), Kolo Mani (Francfort) et Cyprien (Parme), les deux derniers déjà partis. Bilan pas forcément très positif pour les canaris, surtout dans la perspective des joutes européennes. Pas moins de 18 nouveaux joueurs à Angers, les plus connus étant encore les ex-Stéphanois Thioub et Diony. Presque autant de départs, dont pas mal de cadres comme Manceau, Thomas, Fulgini, Pereira Large, Bahoken, Mangani ou Cabot. Pas terrible pour la cohésion d’une équipe qui s’était effondrée en fin de championnat l’année dernière.

Le Toulouse F.C a fini premier en Ligue 2 et les Toulousains sont véritablement armés pour l’étage supérieur avec l’international suédois Zanden, le Néerlandais Dallinga et le gardien norvégien Haug. Le TéFéCé qui garde son buteur Van Boomen et la plupart des bons joueurs qui ont permis cette montée plutôt facile. À Reims, on perd Konan, parti pour les Émirats et Etikité, plus Kebbal à Caen et Cassama à Chypre. Faes est partant mais, surtout, l’excellent gardien Rajkovic à Majorque. Côté arrivées, rien de très consistant à part le gardien de l’équipe nationale autrichienne, Patrick Pentz. On a Agbadou, international ivoirien venu d’Eupen (Belgique), le Japonais Ito (du RC Gand), Balogun (prêté par Arsenal) et quelques retours de prêt dont Guitane (ex Havrais passé par le Portugal). Difficile de situer le niveau de l’équipe et le carton pris à Marseille n’est pas de bon augure (1). Oscar Garcia s’explique longuement dans Libération (6 août), mais peine à convaincre quant à sa tactique d’organiser l’insécurité parmi les joueurs. Reste à croiser les bras. Montpellier a pillé Saint-Étienne, tombé en Ligue 2 (Nordin, Khazri qui aura fait le tour de France). Plus l’Uruguayen Suarez (encore un). En revanche, on perd Mollet, Cabella et Bakayoko. Pas de quoi espérer grand-chose, si ce n’est éviter la relégation. À Lorient, Hamel part au Paris FC et Mendes à Almeria, mais on fait entrer l’international tunisien Talbi et l’international suisse Mvogo (du R.B Leipzig). Pélissier a été mis dehors et c’est Régis Le Bris, entraîneur de la réserve, qui prend les commandes. Provisoirement ?

Restent 5 équipes dont 4 devraient faire le grand saut à l’étage inférieur. Peut-être que l’A.C Ajaccio va se sauver mais on n’en mettrait pas sa main au feu. Ils ont recruté Hamouma (Saint-Étienne encore) et Mangani (Angers), sans perdre grand-chose et il sera toujours difficile de s’imposer en Corse. Pour Brest, ça semble plus compliqué. Les départs de Faussurier, Bain, Lasne ou du gardien Larsonneur mal compensés par quelques arrivées comme Lees-Melou (ex Norwich), Pereira-Lage, Slimani ou l’attaquant Fadiga. On ne parierait pas grand-chose non plus sur les chances de Troyes de s’en sortir. Déjà en effectif moyen l’an dernier, rien de très convaincant cette année à part un Brésilien de l’Atletico Minero (Olliveira). Sinon, une dizaine de joueurs sur le départ dont Koné, Mathiba et Chadli. Là aussi, bilan globalement négatif. De même à Clermont, où on brade les meilleurs, Bayo (Lille) et Hountondji (à Angers) et rien de bien fameux à l’arrivée (deux joueurs venus de l’est, Wieteska et Andric). Quant à Auxerre, les hommes de Furlan joueront Mission impossible, malgré les arrivées de l’ex Rémois Jeanvier, du Lensois Pereira et du gardien Costil. Pas sûr que ça suffise aux ex protégés de Guy Roux.

Rappelons juste que, côté transferts, la fin du marché (où on compte les bouses) n’aura lieu que le 30 septembre. Voilà, on est sûr en écrivant ces lignes que ça ne se passera pas comme ça (ça ne se passe jamais comme on l’imagine), et que des surprises vont venir se glisser dans ce classement improvisé. Espérons seulement que le sort ou la foudre ne tomberont pas sur nos favoris Rémois, en attendant les remontées de pensionnaires du National comme Sedan ou le Red Star. On ne vit plus que pour ça. Nostalgie, quand tu nous tiens !

(1) : et défaite à domicile contre Clermont la semaine d’après. Ça commence bien !

8 août 2022

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Catégories

Tags

Share it on your social network:

Or you can just copy and share this url
Posts en lien

GROOVY!

21 janvier 2026

MAROC CAN

21 janvier 2026

MÉDIATONIQUES 14

21 janvier 2026

L’ONCLE SAM ET SA BASSE-COUR

21 janvier 2026

VINGINCES 8DAGONNETJ’avais écrit ça en à peine trois mois, en écrivain du dimanche. J’avais commencé un lundi, après un week-end avec des amis où on avait passé notre temps à picoler et à se raconter entre deux fous rires des anecdotes et des souvenirs communs sur nos années passées à Paris, dans les années 70. J’allais avoir 30 ans et je m’étais réveillé la bouche pâteuse et la gueule de bois avec un sentiment de vide et de mélancolie qui exigeait, nécessité intérieure, que je me mesure à la page blanche, sous la tutelle supposée bienveillante de tous les auteurs que j’admirais. Ça s’appelait Réverbérations (d’après le titre d’un morceau du 13th Floor Elevators, groupe psychédélique texan), sous-titré Passés simples, et se voulait être une chronique des années 60 et 70 à travers l’itinéraire de quelques personnages dont les histoires finissaient par se rejoindre. Un manuscrit de 230 pages qu’il me fallait proposer aux professionnels de la profession, à savoir aux grandes maisons d’édition parisiennes, puisque les quelques éditeurs indépendants dont on m’avait parlé avaient déjà leurs parutions ficelées pour des années. C’est en tout cas ce qu’ils m’avaient tous dit. Mon ami Luc avait été l’un des premiers enthousiasmés par ce roman et il l’avait recommandé, en tant qu’auteur publié de quelques romans sur le Vietnam, à Simone Gallimard, directrice du Mercure de France, du Mercure François, comme disait le Cyrano de Rostand. La dame lui avait fait part de ses réticences, arguant que, si le roman avait des qualités indéniables, son langage jeune et un tantinet démagogique ne permettait pas une publication chez elle. À moins de revoir le manuscrit, sans donner la moindre indication pour ce faire. « Un bon brouillon », m’avait dit Luc, qui semblait d’accord avec elle, mais un brouillon quand même qu’il s’agissait de retravailler pour lui donner une forme publiable correspondant aux critères exigeants de l’édition. Je ne voyais pas trop par quoi commencer et les bras m’en tombaient lorsque je me mettais à retravailler, comme ils disaient, sans savoir exactement ce qu’il y avait à modifier. J’envoyais donc mon manuscrit tel quel chez les principaux éditeurs. Une dizaine de copies étaient tapies dans un grand sac de sport et j’arpentais le quartier de l’Odéon en frappant aux portes des doges de la république des lettres, de ceux qui décidaient si vous étiez un auteur digne d’être publié ou un écrivaillon condamné à n’écrire que pour ses tiroirs. Humble mortel, j’avais l’audace de m’en remettre au jugement des dieux et je ne fus pas déçu, recevant les unes après les autres des lettres de refus stéréotypées avec toujours les mêmes formules hypocrites. Un bon livre assurément, mais qui ne correspondait à aucune de leurs collections, ou qui n’avait pas reçu la majorité des avis positifs du comité de lecture avec des « malheureusement » à longueur de bras et des encouragements pour la suite. J’en étais venu à les collectionner. Ne voulant pas rester sur un échec, j’en avais commencé un autre, Les journées de plomb (en référence aux années de plomb italiennes), dans un genre différent. Un retraité que j’avais baptisé Adrien Ménard et qui passait son temps à aller aux putes et à supporter un club de football. L’intrigue, assez mince, tournait autour de son fils, gibier de psychiatrie mêlé à une tentative d’enlèvement d’un patron de choc. Quelque chose en phase avec la montée du Front National et les exploits d’Action Directe. Même punition, avec des lettres de refus en pagaille, pile trois mois après mes envois. On ne s’embarrassait même plus de formules de politesse et de petits mots de consolation. Le roman n’était tout simplement pas convaincant, faute d’une intrigue solide qui seule aurait pu lui donner de la consistance. J’avais fait appel à un haut placé de la CFDT qui connaissait du monde dans la maison d’édition proche du syndicat et il n’avait même pas daigné recommander mon manuscrit, pas convaincu lui non plus. Sauf que lui, je ne le savais pas critique littéraire. Déçu dans mes ambitions du même nom, je décidais d’en rester là quand mon ami Luc m’adressa une publicité émanant de la société Icare, qui se faisait fort de relire et de corriger les manuscrits qu’elle estimait publiables et, par ses relations avec les éditeurs, de les faire éditer moyennant quelques retouches sur la base de leurs précieux conseils. Tout cela évidemment moyennant aussi finance, car leurs services n’étaient pas gratuits, va sans dire. J’avais pris rendez-vous avec Yves Dagonnet, le directeur de ladite société. Dans les bureaux d’Icare, deux pièces obscures dans un immeuble de rapport du quartier latin. Dagonnet était un grand barbu débonnaire et volubile, avec un gros nez et un regard franc. Il verrait ce qu’il pouvait faire pour mon manuscrit, mon enfant de papier qui l’appelait au secours. Sa secrétaire, une jeune femme accorte au décolleté provoquant, nous servit le champagne et nous trinquâmes à ma réussite. Quinze jours plus tard, Dagonnet me renvoyait mon manuscrit avec ses propositions de réécriture, ses recommandations. Une dizaine de feuillets tapés à la machine où, chapitre par chapitre, paragraphe par paragraphe et ligne par ligne, il me proposait ses reformulations et ses corrections. Il me demandait également un chèque de 6000 francs pour ce travail avec l’assurance que, à condition de me conformer à ses prescriptions, le manuscrit serait publié dès la rentrée. Je profitais de quelques jours de vacances début juin pour revoir le manuscrit, en respectant les consignes. Avec les coupes, les conseils de réécriture pour certains passages, les innombrables notes en bas de page et les explications sur tout ce qui concernait les faits et les personnages de l’époque ; mon roman me paraissait formaté, banalisé, appauvri. Les 230 pages étaient passées à 300 mais j’avais la douloureuse impression d’avoir affadi une histoire qui perdait beaucoup de son intérêt, avec un approfondissement psychologique des personnages et des tas de précisions redondantes.

21 janvier 2026

NOTES DE LECTURE 77

21 janvier 2026

JIMMY CLIFF : DE KINGSTON À LONDON (ET RETOUR)

20 décembre 2025

RETOUR À REIMS 7

20 décembre 2025

ASSOCIATIONS : LES SOLIDARITÉS EN PÉRIL

20 décembre 2025

MÉDIATONIQUES 13

20 décembre 2025