Le site de Didier Delinotte se charge

NOTES DE LECTURE (36)

PAUL-JEAN TOULET – LA JEUNE FILLE VERTE – Le livre de poche.

Paul-Jean Toulet est l’un de ces écrivains fin de siècle, disons de deuxième ordre, avec un Jean Lorrain ou un Jean De Tinan, loin derrière les Villiers de l’Isle-Adam, Huysmans et autres Léon Bloy, Octave Mirbeau ou Jules Renard. Ce qui n’est pas péjoratif, la postérité n’étant pas toujours équanime dans les choix auxquels elle nous condamne.

Ami de Francis Carco, mais aussi de Charles Maurras, on le connaît surtout pour sa poésie et ces Contrerimes, des poèmes facétieux et précieux à la fois, comme ses romans. Toulet était l’un des écrivains favoris de d’Ormesson, ce qui ne plaidait pas vraiment en sa faveur, mais pour ceux qui ont eu le bonheur de lire Mon amie Nane, le jugement du « con primé » (comme titrait jadis le Canard) est pertinent.

La jeune fille verte (allusion à l’absinthe dont Toulet était grand consommateur ?) est une plaisante chronique villageoise – une station thermale des Pyrénées qui ressemble à Amélie-les-Bains – où les habitants se déchirent autour d’un héritage que doit laisser « l’Onagre », le propriétaire des mines qui ont enrichi la communauté et dont tous les villageois possèdent des parts.

L’affaire se complique avec des aventures amoureuses et extra-conjugales qui ajoutent aux rivalités et aux ressentiments des uns et des autres. Une fronde s’élève contre l’Onagre et ses valets et la population tend les fourches devant la grille du château, mais celui-ci, avant de mourir, a mis ses affaires en ordre et l’héritage ira à son neveu – Vitalis – pour l’inciter à se marier avec la jeune fille verte, Sabine. Un testament qui ne fait pas que des heureux, d’autant que Vitalis est aussi l’amant du notaire et que la religion s’en mêle avec un père jésuite et un curé ambitieux désireux d’entrer à la chambre. Le tout dans une ambiance très Clochemerle et troisième République que n’aurait pas désavoué Gabriel Chevalier.

Bref, on l’aura compris, un récit embrouillé mais là n’est pas l’essentiel, même si le roman a des accents modernes, qui parle essentiellement d’argent et de sexe. Non, tout est dans le style, à la fois vieillot et charmant. Sans oublier l’humour et la drôlerie qui parcourent ce mince ouvrage. On se surprend à chercher des mots dans le dictionnaire et on n’est pas surpris de ne pas les trouver ; des mots inusités et des expressions ou des tournures d’un autre siècle, d’un autre temps. Délicieusement daté, un plaisir d’esthète.

Mais tout est aussi bien dans l’évocation de l’enfance dans un village français, avec les odeurs, les sensations, la nature et les premiers émois. Une enfance émerveillée dont la jeune fille verte constitue le plus parfait prolongement, pour une vie d’homme heureux.

ALEXANDRE DUMAS – PAULINE – Gallimard Folio classique.

Paru en 1838, Pauline est le premier roman de Dumas, écrit en même temps que Les mohicans de Paris et Le comte de Monté-Cristo qui lui sont postérieurs. Un petit livre, pour une fois (à peine 200 pages), pour un auteur qui nous a habitués à des pavés de 1000 pages.

Jusque-là, ses drames historiques avaient connu le succès au théâtre, Dumas étant un habitué des scènes parisiennes. Mais la littérature l’attend. C’est l’époque des jeunes gardes romantiques et de la bataille d’Hernani à laquelle il a participé, soutenant Hugo avec son ami Gautier.

Nés la même année (1802), les deux hommes seront amis mais des choix politiques les sépareront. Si Dumas a soutenu les journées de 1830 et de 1848, il n’en a pas moins été copain comme cochon avec Louis-Philippe et Napoléon III. Ses vrais amis sont plutôt à chercher du côté des romantiques, Théophile Gautier, Charles Nodier ou Gérard De Nerval.

C’est ici un roman à tiroirs qu’il nous donne à lire. Alexandre (l’auteur) reçoit les confidences d’Alfred De Nerval (tiens tiens…) à propos d’une jeune fille appelée Pauline ayant quitté la vie parisienne pour se marier avec le Comte Horace, un soudard criminel qui a pris le goût du meurtre en Inde. Nerval lui parle longuement de Pauline et le roman prend un tour gothique avec la lande, les châteaux en ruine, les souterrains, les culs de basse fosse et les bandits de grand chemin. Il s’inspire visiblement des maîtres anglo-saxons du genre, Ann Radcliffe ou Horace Walpole, mais son style gothique ne va pas jusqu’au surnaturel et à l’épouvante. On n’a pas trop peur et c’est plutôt d’un drame romantique qu’il s’agit.

Puis c’est Pauline, rescapée d’une prison soupirail qui raconte son aventure à Nerval, lui décrivant par le menu tout ce qu’elle a pu endurer avec Horace, auteur d’une dizaine de crimes sur la lande avec sa bande d’ancien militaires de l’armée des Indes. Les deux amants, qui se font passer pour frère et sœur, partent en Angleterre vers un bonheur radieux. Pas tout à fait car Horace revient dans le jeu en voulant épouser la propre sœur de Nerval. On ne dévoilera pas la fin mais on sait tout de suite que ça va mal finir pour l’héroïne, un peu moins mal pour Dorval mais pourquoi survivre à sa bien aimée ?

Comme Balzac, Dumas dit s’être inspiré de Walter Scott pour son premier roman, mais il y manque de l’action plus tranchante et des personnages plus convaincants ; Nerval en jeune amant transi et Pauline en jeune fille diaphane et éthérée, plus Horace en symbole du mal. Il y manque aussi l’arrière-plan historique et social que Dumas n’hésitera pas à mettre au premier plan de ses prochains romans. Mais bon, tel que c’est, ça se lit plutôt bien et il faut bien débuter.

GRAHAM GREENE – LA FIN D’UNE LIAISON – Pavillons Laffont

Mister Graham Greene, écrivain catholique, faux espion et vrai génie

On a beaucoup glosé sur Graham Greene et on s’épargnera les clichés sur l’écrivain catholique, le romancier métaphysique ou encore l’ancien agent secret devenu maître du roman d’espionnage. Greene est tout cela, bien sûr, mais tellement plus.

La fin d’une liaison est un roman qui date de 1951. On pourrait croire au début à un Vaudeville où l’amant et narrateur est un écrivain entre deux livres ; la maîtresse Sarah Miles, une femme fantasque qui s’ennuie et son mari un haut fonctionnaire distillant l’ennui. On est chez Greene, et les choses vont vite se complexifier. On est en 1946 et la liaison entre Maurice l’écrivain et Sarah est déjà du passé. Il rencontre le mari et celui-ci lui confie qu’il soupçonne sa femme de le tromper. Ayant évoqué la possibilité de la faire suivre par un détective privé, Maurice se propose, aux fins d’éviter le scandale, de prendre contact lui-même avec l’agence et il participe aux filatures avec un employé de l’agence nommé Parkis toujours accompagné de son petit garçon. Parkis ne trouve pas grand-chose, si ce n’est un contact qu’elle a eu avec un orateur rationaliste résolument anti-dieu dont le visage est abîmé par une tache de vin.

Parkis finit par trouver le journal de Sarah avec la complicité de la bonne, et il le donne à Maurice qui peut la voir passer par tous les états d’âme entre le début de leur liaison en 1939 et la fin en juin 1944 alors qu’elle avait fait la promesse à Dieu de rompre cette aventure au cas où son amant survivrait au bombardement de sa maison. Il n’a eu que deux dents cassées.

Piqué par la curiosité et un reste de passion, Maurice essaie de renouer le lien fort qui les a rapprochés, mais si elle accepte quelques rendez-vous, elle se refuse à lui. Jaloux, l’amant éconduit s’imagine qu’il y a quelqu’un d’autre, peut-être cet orateur à la tache de vin ? Il est jaloux et l’amour qu’il avait pour Sarah se transforme en haine.

Finalement, c’est sa conversion au catholicisme qui l’a éloignée de lui, une conversion qui doit beaucoup à l’orateur dont la tache de vin a disparu par miracle. En pleine confusion mystique, Sarah meurt d’une pneumonie et le mari et l’amant cohabitent pour évoquer leurs souvenirs d’elle, avec parfois la visite d’un pasteur que Maurice envoie au diable.

On retrouve les obsessions de Greene pour le catholicisme, l’amour, la nature humaine. On retrouve aussi l’explorateur des zones grises entre amour et haine, dieu et diable, religion et athéisme, bien et mal… Des zones qu’il explore en métaphysicien, entre haine de soi, quête d’amour, besoin d’absolu et fascination pour le mal. Il est parvenu à un rare degré de finesse et de subtilité dans ses explorations de l’âme humaine.

Greene est un géant de la littérature anglaise, et c’est une banalité de le dire, aussi important qu’un Burgess ou un Le Carré, même si ses préoccupations métaphysiques peuvent sembler appartenir à un autre âge. Mais il aura été l’un des meilleurs chroniqueurs du désarroi et du désenchantement de l’individu dans nos sociétés modernes.

Greene, ou la couleur de l’(a) (dés) espérance ?

JEAN GIRAUDOUX – LA FRANCE SENTIMENTALE – Grasset.

On connaît Giraudoux surtout par l’admiration que lui portait Blondin, c’est dire un peu par hasard, tant nous était rébarbatif ce diplomate très à droite, recycleur de tragédies antiques et gardien du temple vieillot de la littérature française (avec majuscules). Notre opinion a changé quand on s’est mis à le lire vraiment et après une visite à son musée entretenu à sa gloire dans une sous-préfecture de la Haute-Vienne, Bellac.

Quel Giraudoux d’ailleurs ? Le styliste, le fin connaisseur du théâtre grec, le germaniste zélé, le diplomate de haut vol, le Pétainiste (avant de se repentir), le mondain ? Tout cela et plus, l’Apollon de Bellac (c’est le titre d’un de ses livres) est avant tout un écrivain. Et quel ! Un pur styliste. La France sentimentale aurait aussi bien pu s’intituler L’Europe sentimentale, à mi-chemin entre l’Europe buissonnière de Blondin et Les destinées sentimentales de Chardonne. Dix petites histoire, on n’ose parler de nouvelles, des portraits de femme, des souvenirs d’enfance, des chroniques familiales, des évocations de personnages pittoresques, des récits de la vie de têtes couronnées dans toutes les cours d’Europe et surtout des histoires d’amour rarement conclues, en suspens, dans l’air. Des femmes de toute l’Europe, Bella, Anne, Hélène et un narrateur qui prend divers prénoms pour les séduire, pour les aimer.

Et puis il y a ce Limousin qui hante la mémoire de Giraudoux, de Bessines à Bellac, du Poitou à la Corrèze. Un Limousin mythique d’où ont même surgi les héros de la mythologie teutonne (Siegfried et le Limousin est son livre le plus fameux). Il y a plus généralement cette passion pour la géographie, pour les lieux, les noms de hameaux, de communes, de villes, de fleuves et de montagnes. Giraudoux est avant tout un amoureux de la France, de cette France éternelle, de ses villages et de ses églises. Au point de s’égarer lorsqu’il prônait une Europe allemande ou dissertait sur le génie français et l’inégalité des races (l’Arabe arrivant tout en bas de l’échelle humaine), et le Juif ? Guère mieux. D’ailleurs, ceux qui ont le plus pleuré sa mort, en 1944, étaient des écrivains collaborationnistes comme Brasillach, Rebatet ou Chardonne. Du beau monde !

De quoi se tenir éloigné de ce genre d’auteur, même en excipant de sa passion pour la littérature. Mais on oubliera jamais cet extrait de son Électre (1937) :

Narsès : « Comment cela s’appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd’hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l’air pourtant se respire, et qu’on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s’entre tuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève?

Électre. − Demande au mendiant. Il le sait.

Le mendiant. − Cela a un très beau nom, femme Narsès… Cela s’appelle l’aurore. » Même si le talent n’excuse pas tout, de quoi recevoir l’absolution.

15 octobre 2022

Comments:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Catégories

Tags

Share it on your social network:

Or you can just copy and share this url
Posts en lien

GROOVY!

21 janvier 2026

MAROC CAN

21 janvier 2026

MÉDIATONIQUES 14

21 janvier 2026

L’ONCLE SAM ET SA BASSE-COUR

21 janvier 2026

VINGINCES 8DAGONNETJ’avais écrit ça en à peine trois mois, en écrivain du dimanche. J’avais commencé un lundi, après un week-end avec des amis où on avait passé notre temps à picoler et à se raconter entre deux fous rires des anecdotes et des souvenirs communs sur nos années passées à Paris, dans les années 70. J’allais avoir 30 ans et je m’étais réveillé la bouche pâteuse et la gueule de bois avec un sentiment de vide et de mélancolie qui exigeait, nécessité intérieure, que je me mesure à la page blanche, sous la tutelle supposée bienveillante de tous les auteurs que j’admirais. Ça s’appelait Réverbérations (d’après le titre d’un morceau du 13th Floor Elevators, groupe psychédélique texan), sous-titré Passés simples, et se voulait être une chronique des années 60 et 70 à travers l’itinéraire de quelques personnages dont les histoires finissaient par se rejoindre. Un manuscrit de 230 pages qu’il me fallait proposer aux professionnels de la profession, à savoir aux grandes maisons d’édition parisiennes, puisque les quelques éditeurs indépendants dont on m’avait parlé avaient déjà leurs parutions ficelées pour des années. C’est en tout cas ce qu’ils m’avaient tous dit. Mon ami Luc avait été l’un des premiers enthousiasmés par ce roman et il l’avait recommandé, en tant qu’auteur publié de quelques romans sur le Vietnam, à Simone Gallimard, directrice du Mercure de France, du Mercure François, comme disait le Cyrano de Rostand. La dame lui avait fait part de ses réticences, arguant que, si le roman avait des qualités indéniables, son langage jeune et un tantinet démagogique ne permettait pas une publication chez elle. À moins de revoir le manuscrit, sans donner la moindre indication pour ce faire. « Un bon brouillon », m’avait dit Luc, qui semblait d’accord avec elle, mais un brouillon quand même qu’il s’agissait de retravailler pour lui donner une forme publiable correspondant aux critères exigeants de l’édition. Je ne voyais pas trop par quoi commencer et les bras m’en tombaient lorsque je me mettais à retravailler, comme ils disaient, sans savoir exactement ce qu’il y avait à modifier. J’envoyais donc mon manuscrit tel quel chez les principaux éditeurs. Une dizaine de copies étaient tapies dans un grand sac de sport et j’arpentais le quartier de l’Odéon en frappant aux portes des doges de la république des lettres, de ceux qui décidaient si vous étiez un auteur digne d’être publié ou un écrivaillon condamné à n’écrire que pour ses tiroirs. Humble mortel, j’avais l’audace de m’en remettre au jugement des dieux et je ne fus pas déçu, recevant les unes après les autres des lettres de refus stéréotypées avec toujours les mêmes formules hypocrites. Un bon livre assurément, mais qui ne correspondait à aucune de leurs collections, ou qui n’avait pas reçu la majorité des avis positifs du comité de lecture avec des « malheureusement » à longueur de bras et des encouragements pour la suite. J’en étais venu à les collectionner. Ne voulant pas rester sur un échec, j’en avais commencé un autre, Les journées de plomb (en référence aux années de plomb italiennes), dans un genre différent. Un retraité que j’avais baptisé Adrien Ménard et qui passait son temps à aller aux putes et à supporter un club de football. L’intrigue, assez mince, tournait autour de son fils, gibier de psychiatrie mêlé à une tentative d’enlèvement d’un patron de choc. Quelque chose en phase avec la montée du Front National et les exploits d’Action Directe. Même punition, avec des lettres de refus en pagaille, pile trois mois après mes envois. On ne s’embarrassait même plus de formules de politesse et de petits mots de consolation. Le roman n’était tout simplement pas convaincant, faute d’une intrigue solide qui seule aurait pu lui donner de la consistance. J’avais fait appel à un haut placé de la CFDT qui connaissait du monde dans la maison d’édition proche du syndicat et il n’avait même pas daigné recommander mon manuscrit, pas convaincu lui non plus. Sauf que lui, je ne le savais pas critique littéraire. Déçu dans mes ambitions du même nom, je décidais d’en rester là quand mon ami Luc m’adressa une publicité émanant de la société Icare, qui se faisait fort de relire et de corriger les manuscrits qu’elle estimait publiables et, par ses relations avec les éditeurs, de les faire éditer moyennant quelques retouches sur la base de leurs précieux conseils. Tout cela évidemment moyennant aussi finance, car leurs services n’étaient pas gratuits, va sans dire. J’avais pris rendez-vous avec Yves Dagonnet, le directeur de ladite société. Dans les bureaux d’Icare, deux pièces obscures dans un immeuble de rapport du quartier latin. Dagonnet était un grand barbu débonnaire et volubile, avec un gros nez et un regard franc. Il verrait ce qu’il pouvait faire pour mon manuscrit, mon enfant de papier qui l’appelait au secours. Sa secrétaire, une jeune femme accorte au décolleté provoquant, nous servit le champagne et nous trinquâmes à ma réussite. Quinze jours plus tard, Dagonnet me renvoyait mon manuscrit avec ses propositions de réécriture, ses recommandations. Une dizaine de feuillets tapés à la machine où, chapitre par chapitre, paragraphe par paragraphe et ligne par ligne, il me proposait ses reformulations et ses corrections. Il me demandait également un chèque de 6000 francs pour ce travail avec l’assurance que, à condition de me conformer à ses prescriptions, le manuscrit serait publié dès la rentrée. Je profitais de quelques jours de vacances début juin pour revoir le manuscrit, en respectant les consignes. Avec les coupes, les conseils de réécriture pour certains passages, les innombrables notes en bas de page et les explications sur tout ce qui concernait les faits et les personnages de l’époque ; mon roman me paraissait formaté, banalisé, appauvri. Les 230 pages étaient passées à 300 mais j’avais la douloureuse impression d’avoir affadi une histoire qui perdait beaucoup de son intérêt, avec un approfondissement psychologique des personnages et des tas de précisions redondantes.

21 janvier 2026

NOTES DE LECTURE 77

21 janvier 2026

JIMMY CLIFF : DE KINGSTON À LONDON (ET RETOUR)

20 décembre 2025

RETOUR À REIMS 7

20 décembre 2025

ASSOCIATIONS : LES SOLIDARITÉS EN PÉRIL

20 décembre 2025

MÉDIATONIQUES 13

20 décembre 2025