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MERCATO : FRAIS D’HIVER

L’équipe du soir, sur L’Équipe TV, le dernier salon où l’on cause (football).

En football, il y a deux période de transferts. La plus intense est l’inter-saison d’été, de juin au 30 septembre. La seconde à l’hiver, de décembre au 31 janvier. Deux marchés différents. L’été, on se met en quête, avec ses moyens, de l’équipe idéale, celle avec laquelle on sera assurés de ne pas descendre pour certains ou de remporter des titres ou des places d’honneur pour d’autres. L’hiver, on répare, on remplace, on coltine. On remplace les blessés, on achète quand on est mal classés et on a tendance à vendre quand on a déjà assuré ses positions. Et le marché aux esclaves repart en tournée avec de belles affaires en vitrine et des rossignols à l’arrière-boutique qu’on essaie de fourguer malgré tout. Panorama complet pour la Ligue 1.

Parlons d’abord du Paris Saint-Germain, source intarissable d’anecdotes croustillantes et de sujets de plaisanterie. Cette fois, il s’agissait de faire venir l’international marocain Hakim Ziyech, peu satisfait par l’hypothèse de continuer à cirer le banc des Blues de Chelsea. C’était dans la poche et c’était aussi devenu le sujet de conversation principal de la bande de l’Équipe TV. Las, par suite de documents administratifs incomplets envoyés par Chelsea et de l’impossibilité de rectifier le tir dans les délais, le transfert ne se fera pas. C’était bien la peine d’en faire toute une tartine. Le PSG qui va céder Sarabia à Wolverhampton et Herrera à l’Athletico Bilbao, plus le gardien Navas en prêt à Nottingham Forest. On tremble pour la Champions League avec un 1/8° de finale contre le Bayern pour une équipe qui ne gagne même plus dans le championnat de France. Ça c’est Paris !

Pendant ce temps, Marseille se refait la cerise avec l’international marocain Ohani (venu d’Angers), Vitinha, le buteur portugais de Braga et Malinovski de l’Atalanta Bergame. À la colonne débit, Gerson retourne au Brésil (Flamengo), Dieng part à Lorient et Gueye et Suarez en Espagne (F.C Séville et Almeria, respectivement). Un mercato d’hiver plutôt réussi pour des marseillais qui gardent Guendouzi. On craint degun !

À Monaco, aucune arrivée mais quelques départs dont Badiashilé à Chelsea, Geubbels à Saint-Gall et le gardien Lecomte à Montpellier. Aurait-on des problèmes d’argent sur le rocher ? Si on ne peut plus compter sur les oligarques russes…

Et les Lensois, surprise de la saison depuis deux ans. Pas si mal avec Thomasson venu de Strasbourg, Le Cardinal du Paris F.C et surtout Fulgini, ex Angevin parti à Mayence. Les Lensois de Frank Haise gardent leur effectif. De bonne augure pour la suite, même si le club piétine un peu en championnat. Allez ches lensois !

À Rennes, on est allé chercher Toko Ekambi (ex Lyon), Spence de Tottenham et un jeune de La Gantoise, Salah (ne pas confondre avec l’Égyptien de Liverpool). En revanche, on perd Badé parti à Séville et Sulemana à Southampton. Pas sûr que ça suffise pour des Bretons qui avaient surpris avec une dizaine de victoires d’affilée, mais qui ont un peu levé le pied par la suite. Rennes d’un jour ?

La seconde partie de la saison devrait être bénéfique à l’OGC Nice, intenable ces temps-ci en championnat après le limogeage de Favre et l’arrivée de Digard, ancien joueur. Les Niçois engagent Moffi, le buteur de Lorient mais perdent Lemina (Wolverhampton), Dolberg (Hoffenheim), Schneiderlin en Australie et Delort à Nantes. Mais les Aiglons ne sont pas à leur place dans ce championnat et la triplette Moffi – Ramsey – Laborde en attaque va faire mal. Nice is nice.

Les Dogues lillois perdent le gardien Leo Jardim, reparti à Vasco De Gama, remplacé par Costil, vieux routier de la Ligue 1 venu d’Auxerre. Bref, pas de changement et les Lillois n’ont pas renoncé aux places d’honneur. Ils en ont les moyens. Allez le Losc, allez ! (sur l’air de Amazing Grace).

Lyon est inconstant, avec des résultats en dent de scie. Ils récupèrent le Croate Lovren (ex Zenith Leningrad) et recrutent le Brésilien Jeffinho (Botafogo). Au passif, Faivre repart à Lorient, Reine-Adelaïde à Troyes et le buteur maison Toko Ekambi, on l’a vu, à Rennes. Laurent Blanc a beau répéter qu’on va voir ce que l’on va voir, l’Olympique Lyonnais du bon président Aulas ne fait plus vraiment peur. Le lion rugit toujours mais ne mord plus.

Toulouse constitue l’une des bonnes surprises de la saison, seule équipe venue de Ligue 2 qui n’a pas de souci à se faire quant à une éventuelle relégation. Sylla part à Montpellier, mais le Polonais Hamulic et le Chilien Suazo (ex Colo Colo) renforcent une équipe déjà impressionnante. Les Violets de Montanier pourraient bien monter encore plus haut. Born to lose, que nenni !

À Reims, on a fait opération porte ouverte. Le club a raté un buteur maltais et n’a pu recruter que Maolida, du Herta Berlin. À côté de cela, on liquide : le gardien Pentz à Leverkussen, M’Buku à Augsbourg, Gravillon au Torino, Bradley Loko à Brest, Guitane à Estoril (Portugal), Diakité à Eupen et le jeune Adeline à Rodez. Bref, tous ceux qui se plaignaient de n’avoir pas suffisamment de temps de jeu ont pris la porte, souvent prêtés. Will Still, l’entraîneur belgo-anglais, va peut-être avoir des problèmes de profondeur de banc, même si les Rémois sont éliminés en coupe. Pas de quoi sabler le champagne !

À Lorient, on a osé se séparer du duo d’attaquants Moffi (Nice) et Ouattara (Bournemouth), plus Grbic à Valenciennes. En contrepartie, Dieng de Marseille, Faivre de Lyon et Makengo d’Udinese. Tout porte à croire que les Merlus, assurés de rester en Ligue 1, acceptent de se déplumer (si l’on ose dire à propos de merlans) pour remplir les caisses. Lorient compliqué.

L’une des surprises du championnat a aussi été le classement du Clermont Foot, qu’on voyait plutôt en bas de tableau. Là aussi, on assure avec les départs de Dossou à Sochaux, ,qui lutte pour l’accession en Ligue 1, et Mendy à Grenoble, autre candidat à la montée. Clermont, massif et central dans ce championnat.

Brest avait très mal débuté la saison, mais ça va beaucoup mieux. Les Bretons ont pris Lala, l’ex Strasbourgeois d’Olympiakos, Elis l’ex Bordelais et l’ex Rémois Bradley Locko. Mais ils perdent leur gardien Larsonneur (Saint-Étienne), Cardona à Augsbourg et surtout l’international algérien Slimani parti pour Andelecht. Sans parler de Uronen chez la lanterne rouge de Bundesliga, Schalke 04. Pas sûr que tout cela suffise aux hommes de Éric Roy pour le maintien. Tonnerre !

À Nantes, on a une coupe Europa à jouer (les Canaris affrontent la Juventus) et une réputation à défendre. Delort est arrivé de Nice, Mollet de Schalke et Joao Victor de Benfica mais on perd Fabio, retourné à Porto Allegre, et aussi Appiah et Bamba à Saint-Étienne, qui n’en finit pas de recruter pour éviter la relégation en National. Triste. Les canaris sont cuits ? Bien sûr que non.

Strasbourg a aussi été l’une des surprises de la saison, mais dans le mauvais sens. Performances médiocres, surtout à la maison, les Alsaciens pointaient encore récemment à l’avant-dernière place. Pour remettre les choses d’équerre, Guilbert et Sanson arrivent de Aston Villa, avec Sobol (de Bruges), même si Thomasson, on l’a vu, sera lensois quand Ajorque et Pierre-Gabriel partent pour l’Allemagne voisine, à Mayence où ils espèrent jouer les artilleurs. Pour Strasbourg, le maintien n’est toujours pas assuré et l’équipe pédale dans la choucroute.

L’ESTAC de Troyes non plus n’est pas assuré de se maintenir, malgré quelques belles performances en début de championnat (vainqueurs à Monaco et à Lyon notamment). Reine-Adelaïde arrive de Lyon justement et Tibidi de Stuttgart, mais les Troyens perdent Mutombo (en Roumanie) et Chadli au Havre. Pas sûr qu’on mise sur le bon cheval (de Troyes) en les voyant se maintenir.

Sale temps aussi pour Montpellier, mal classé, qui perd le gardien Omlin (Moenchengladbach), remplacé par Lecomte, Cozza à Wolfsburg et Souquet aux Chicago Fire, soit quasiment en retraite. Kouyaté (ex Metz) et Sylla (ex Toulouse) ne vont peut-être pas suffire pour la bande à Nicolin.

On termine avec les 3 A, déjà quasiment en Ligue 2. Et Der Zakarian qui revient. Putaing cong !

L’AJ Auxerre, cher au cœur de Guy Roux, a perdu le buteur Gaëtan Charbonnier (à Saint-Étienne lui aussi) et leur gardien Costil. Un recrutement abondant mais pas sûr que la qualité soit là, même si Radu le gardien roumain a évolué à l’Inter de Milan. À part ça, Touré de Marseille, Abline de Rennes, Dembélé de Bournemouth et Massengo de Bristol. Là non plus, pas certain du tout que cela suffise au maintien, surtout après une élimination en coupe par Rodez (Ligue 2) et un entraîneur, Pélissier (ex Amiens et Lorient) de plus en plus contesté. Auxerre les fesses !

Et les Corses de Pantaloni ? L’A.C Ajaccio ? On est allé chercher un joueur aux États-Unis (Djitté de Austin, Texas) mais on perd Moussoti-Oko et Laci au Sparta Prague. Ça se corse (chef lieu Ajaccio comme disait fort justement San Antonio), avec une équipe plutôt faiblarde, en dépit de la présence de l’international algérien Belaïli. Ayaccio !

Angers a déjà un pied et demi en Ligue 2, après 13 défaites de rang, une mauvaise série qui a pris fin après un nul inespéré à Lorient. Les Noirs et Blancs comptaient pourtant deux internationaux marocains, Ohani (parti à Marseille) et Boufal (parti au Qatar). En lieu et place, on aura Ghoulam, un jeune algérien venu de Naples, et l’ex Troyen et Messin Niane. Mais la messe est dite pour le SCO et les Angevins vont terminer n°20. En plus ça rime.

Voilà, et comme d’habitude, on nous promet un beau suspense et une seconde partie de championnat « passionnante ». Voire, ou plutôt ne pas voir, puisque la totalité des matchs sont diffusés par des chaînes payantes. Des droits TV qui seront eux aussi remis aux enchères au mercato d’été. The money go round, et c’est ça l’important !

10 février 2023

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VINGINCES 8DAGONNETJ’avais écrit ça en à peine trois mois, en écrivain du dimanche. J’avais commencé un lundi, après un week-end avec des amis où on avait passé notre temps à picoler et à se raconter entre deux fous rires des anecdotes et des souvenirs communs sur nos années passées à Paris, dans les années 70. J’allais avoir 30 ans et je m’étais réveillé la bouche pâteuse et la gueule de bois avec un sentiment de vide et de mélancolie qui exigeait, nécessité intérieure, que je me mesure à la page blanche, sous la tutelle supposée bienveillante de tous les auteurs que j’admirais. Ça s’appelait Réverbérations (d’après le titre d’un morceau du 13th Floor Elevators, groupe psychédélique texan), sous-titré Passés simples, et se voulait être une chronique des années 60 et 70 à travers l’itinéraire de quelques personnages dont les histoires finissaient par se rejoindre. Un manuscrit de 230 pages qu’il me fallait proposer aux professionnels de la profession, à savoir aux grandes maisons d’édition parisiennes, puisque les quelques éditeurs indépendants dont on m’avait parlé avaient déjà leurs parutions ficelées pour des années. C’est en tout cas ce qu’ils m’avaient tous dit. Mon ami Luc avait été l’un des premiers enthousiasmés par ce roman et il l’avait recommandé, en tant qu’auteur publié de quelques romans sur le Vietnam, à Simone Gallimard, directrice du Mercure de France, du Mercure François, comme disait le Cyrano de Rostand. La dame lui avait fait part de ses réticences, arguant que, si le roman avait des qualités indéniables, son langage jeune et un tantinet démagogique ne permettait pas une publication chez elle. À moins de revoir le manuscrit, sans donner la moindre indication pour ce faire. « Un bon brouillon », m’avait dit Luc, qui semblait d’accord avec elle, mais un brouillon quand même qu’il s’agissait de retravailler pour lui donner une forme publiable correspondant aux critères exigeants de l’édition. Je ne voyais pas trop par quoi commencer et les bras m’en tombaient lorsque je me mettais à retravailler, comme ils disaient, sans savoir exactement ce qu’il y avait à modifier. J’envoyais donc mon manuscrit tel quel chez les principaux éditeurs. Une dizaine de copies étaient tapies dans un grand sac de sport et j’arpentais le quartier de l’Odéon en frappant aux portes des doges de la république des lettres, de ceux qui décidaient si vous étiez un auteur digne d’être publié ou un écrivaillon condamné à n’écrire que pour ses tiroirs. Humble mortel, j’avais l’audace de m’en remettre au jugement des dieux et je ne fus pas déçu, recevant les unes après les autres des lettres de refus stéréotypées avec toujours les mêmes formules hypocrites. Un bon livre assurément, mais qui ne correspondait à aucune de leurs collections, ou qui n’avait pas reçu la majorité des avis positifs du comité de lecture avec des « malheureusement » à longueur de bras et des encouragements pour la suite. J’en étais venu à les collectionner. Ne voulant pas rester sur un échec, j’en avais commencé un autre, Les journées de plomb (en référence aux années de plomb italiennes), dans un genre différent. Un retraité que j’avais baptisé Adrien Ménard et qui passait son temps à aller aux putes et à supporter un club de football. L’intrigue, assez mince, tournait autour de son fils, gibier de psychiatrie mêlé à une tentative d’enlèvement d’un patron de choc. Quelque chose en phase avec la montée du Front National et les exploits d’Action Directe. Même punition, avec des lettres de refus en pagaille, pile trois mois après mes envois. On ne s’embarrassait même plus de formules de politesse et de petits mots de consolation. Le roman n’était tout simplement pas convaincant, faute d’une intrigue solide qui seule aurait pu lui donner de la consistance. J’avais fait appel à un haut placé de la CFDT qui connaissait du monde dans la maison d’édition proche du syndicat et il n’avait même pas daigné recommander mon manuscrit, pas convaincu lui non plus. Sauf que lui, je ne le savais pas critique littéraire. Déçu dans mes ambitions du même nom, je décidais d’en rester là quand mon ami Luc m’adressa une publicité émanant de la société Icare, qui se faisait fort de relire et de corriger les manuscrits qu’elle estimait publiables et, par ses relations avec les éditeurs, de les faire éditer moyennant quelques retouches sur la base de leurs précieux conseils. Tout cela évidemment moyennant aussi finance, car leurs services n’étaient pas gratuits, va sans dire. J’avais pris rendez-vous avec Yves Dagonnet, le directeur de ladite société. Dans les bureaux d’Icare, deux pièces obscures dans un immeuble de rapport du quartier latin. Dagonnet était un grand barbu débonnaire et volubile, avec un gros nez et un regard franc. Il verrait ce qu’il pouvait faire pour mon manuscrit, mon enfant de papier qui l’appelait au secours. Sa secrétaire, une jeune femme accorte au décolleté provoquant, nous servit le champagne et nous trinquâmes à ma réussite. Quinze jours plus tard, Dagonnet me renvoyait mon manuscrit avec ses propositions de réécriture, ses recommandations. Une dizaine de feuillets tapés à la machine où, chapitre par chapitre, paragraphe par paragraphe et ligne par ligne, il me proposait ses reformulations et ses corrections. Il me demandait également un chèque de 6000 francs pour ce travail avec l’assurance que, à condition de me conformer à ses prescriptions, le manuscrit serait publié dès la rentrée. Je profitais de quelques jours de vacances début juin pour revoir le manuscrit, en respectant les consignes. Avec les coupes, les conseils de réécriture pour certains passages, les innombrables notes en bas de page et les explications sur tout ce qui concernait les faits et les personnages de l’époque ; mon roman me paraissait formaté, banalisé, appauvri. Les 230 pages étaient passées à 300 mais j’avais la douloureuse impression d’avoir affadi une histoire qui perdait beaucoup de son intérêt, avec un approfondissement psychologique des personnages et des tas de précisions redondantes.

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